DeepMind prépare son premier produit commercial : l'entreprise a mis au point un prototype d'IA
Pour diagnostiquer les maladies oculaires complexes

Le , par Bill Fassinou

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L’adoption des techniques basées sur l’intelligence artificielle s'accroît de plus en plus dans les différents domaines de la vie que ce soit l’éducation, la santé, le commerce et bien d’autres encore. La médecine du futur sera sans doute celle-là qui fera intervenir les nouvelles technologies pour aider les médecins et les cliniciens à faire des diagnostics exacts et précis tout en réduisant les biais et d’une façon plus rapide. C’est une vision partagée par de nombreuses startups spécialistes de la santé dans le monde comme DeepMind. Le groupe britannique d'intelligence artificielle a mis au point un prototype fonctionnel qui permet de diagnostiquer en temps réel des maladies oculaires complexes.

Au fur et à mesure que les technologies intelligentes se démocratisent, le secteur de la santé a la possibilité de se transformer et de s’orienter vers des modèles plus préventifs et plus personnalisés. Cela permettra d’offrir un meilleur accompagnement au patient et une assistance précieuse au personnel soignant. Ainsi, à travers DeepMind Health, Google veut être parmi les premières entreprises du monde à proposer aux hôpitaux et centre de santé des outils simples et puissants pour une assistance plus pratique au personnel médical. Pour rappel, Google se préparait déjà depuis l’année passée à plus se positionner dans le domaine de la santé.

En novembre 2018, dans le cadre de la réorganisation de ses activités dans le domaine des soins de santé, Google avait annoncé son intention d’absorber DeepMind Health, une partie de son laboratoire d’IA pour la recherche, DeepMind, basé à Londres pour transformer son application mobile Streams en assistant boosté par l’IA pour les infirmières et les médecins. Dans un billet de blog, les fondateurs de DeepMind avaient déclaré qu'il s'agissait d'une « étape majeure » pour la société, qui allait transformer son application Streams, développée pour aider le service national de santé britannique (NHS), en un assistant pour les infirmières et docteurs qui combine les meilleurs algorithmes avec une conception intuitive.


Un peu plus tôt avant cette déclaration de Google et des fondateurs de DeepMind en 2018, une intelligence artificielle du nom de BioMind AI développée par la société fille de Google avait battu 15 médecins humains dans un concours de diagnostic de tumeurs cérébrales. Un test qui a prouvé que l’intelligence artificielle pouvait être d’une grande importance dans le domaine de la santé. Le système BioMind AI développé par le centre de recherche sur les troubles neurologiques de l'hôpital Tiantan de Pékin en Chine et une équipe de recherche de la Capital Medical University, avait établi des diagnostics corrects dans 87 % des 225 cas en 15 minutes, alors qu'une équipe de 15 médecins n’avait obtenu qu’une précision de 66 %. L'IA avait également donné des prédictions correctes dans 83 % des cas d'expansion d'hématome cérébral surpassant la précision de 63 % d'un groupe de médecins d'hôpitaux de renom en Chine.

Cette fois, la société fille de Google vient avec ce qui pourrait bientôt devenir son premier produit commercial. Le dispositif auquel DeepMind n’a pas encore donné un nom permet de diagnostiquer en temps réel certaines maladies oculaires complexes. Plus encore, d’après des propos de DeepMind rapportés par Financial Times (FT), le dispositif ne fournir pas seulement un diagnostic, mais il prend également la peine d’expliquer dans les détails comment il est parvenu à sa conclusion et comment il est certain du résultat qu’il a obtenu. Ce qui peut s’avérer être d’une grande aide pour les médecins ou encore tout autre professionnel de la santé.

« Nous devons apporter le même niveau de rigueur à la manière dont nous validons les algorithmes que nous le ferions avec n'importe quel dispositif médical, mais mon préjugé personnel est que l'ophtalmologie sera la première spécialité de la médecine transformée fondamentalement par l'IA », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à ce propos. Il a continué en disant que si la recherche aboutissait à un produit satisfaisant aux essais cliniques et aux autorisations réglementaires, les médecins de Moorfields, l’entreprise avec laquelle DeepMind a travaillé sur le dispositif fonctionnel, seraient en mesure de l’utiliser gratuitement pendant une période initiale de cinq ans.

De son côté, Alan Karthikesalingam, responsable du projet et chercheur clinicien principal chez DeepMind a déclaré qu'il s'agissait d'un jalon majeur vers un outil de chevet pouvant être utilisé par les médecins généralistes. « Ce sur quoi nous travaillons vraiment, c'est comment utiliser ce type de système de recherche à un stade précoce et le transformer en une technologie cloud, en construisant un prototype d'un système réellement utilisé dans la pratique », a ajouté Karthikesalingam lors de l’événement de présentation du dispositif. D’après Financial Times, l’entreprise dispose d’autres projets liés à la santé. Le média informe également que le transfert du contrôle de son service de santé à la division Google Health en Californie en novembre dernier montre que DeepMind à l’intention de développer et de commercialiser ses efforts.

Pour certains internautes, l’introduction de l’IA dans le domaine la santé est une bonne idée, mais cela ne rendra pas les soins meilleurs et l’accès aux soins va continuer dans ce cas à coûter plus cher et risque de faire l’objet de discrimination. « L’explosion des coûts dans les soins de santé n’est pas due au diagnostic ou aux soins, mais aux coûts administratifs. Toutes ces IA de diagnostic ne réduiront pas de manière significative le coût des soins de santé et n'amélioreront pas la qualité des soin. L’IA dans la santé, c’est plus un goulot d’étranglement humain que de la technologie », a déclaré l’un d’entre eux.

D’autres évoquent le problème de la responsabilité en cas d’erreur de diagnostic ou d’une prise de décision médicale par un engin intelligent. Selon eux, même si l’on cherche à limiter les erreurs humaines, les machines ne feront pas mieux que les hommes, car ils sont aussi conçus pas des hommes. Pour eux, les cas d’erreurs ne risquent pas de baisser, mais plutôt de monter. Si l’IA induit un personnel soignant en erreur, qui sera tenu pour responsable ? L’IA elle-même, ses concepteurs ou le médecin traitant ?

Cela dit, pour de nombreux spécialistes, l’IA reste l’avenir du métier, car elle possède le potentiel nécessaire pour révolutionner la pratique médicale telle qu’on l’a connaît aujourd’hui. Andrew McAfee, chercheur du MIT et coauteur du livre The Second Machine Age, a déclaré dans une interview accordée au journal Smart Planet il y a deux ans : « si ce n’est pas encore le meilleur spécialiste du diagnostic au monde, ça (NDLR l’IA) le sera bientôt ». En tant qu’outil d’assistance, l’IA peut aider à réduire les erreurs de diagnostic médical et même découvrir très tôt certaines pathologies qui échappent aux médecins. Ce fut le cas par exemple pour IBM Watson qui, en août 2016, a découvert chez une patiente une leucémie rare, qui n'avait pas pu être détectée par les médecins. Google, pour sa part, utilise depuis un moment l'intelligence artificielle pour détecter la rétinopathie diabétique, une maladie qui expose près de 415 millions de diabétiques à la cécité.

Source : Financial Times

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Selon vous, si l’IA induit un personnel soignant en erreur, qui sera tenu pour responsable ? L’IA, ses concepteurs ou le médecin traitant ?

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