Amazon devrait continuer à commercialiser sa technologie de reconnaissance faciale, car rien ne l’y interdit pour l’instant, en tout cas pas le vote des actionnaires qui a eu lieu le mercredi, lors de l'assemblée annuelle du géant du commerce électronique. Amazon a déclaré que ses actionnaires ont rejeté deux propositions qui auraient demandé à l'entreprise de ne pas vendre sa technologie de reconnaissance faciale aux clients gouvernementaux, selon Reuters. Toutefois, Amazon n'a pas publié les totaux des votes des actionnaires mercredi, mais a déclaré que l'information serait déposée auprès de la Securities and Exchange Commission des États-Unis plus tard dans la semaine.En effet, avant l'assemblée des actionnaires d'Amazon, deux propositions non contraignantes sur la reconnaissance faciale ont été soumises au vote le mardi, avec le soutien des groupes de défense des libertés civiles. L’une des propositions aurait interdit Amazon de continuer de vendre « Rekognition », son système de reconnaissance faciale, aux gouvernements à moins que son conseil d'administration n'ait déterminé que les ventes ne violaient pas les libertés civiles. Une deuxième résolution aurait exigé un examen indépendant des droits civils sur l'utilisation de la technologie.
Selon Reuters, l’ACLU avait écrit aux investisseurs d’Amazon avant la réunion du mercredi. Le groupe de défense des droits civils, pour motiver le vote des investisseurs pour les résolutions, a déclaré dans son courrier que la vente de la technologie de reconnaissance faciale d'Amazon aux agences gouvernementales « modifie fondamentalement l'équilibre du pouvoir entre le gouvernement et les individus, donnant aux gouvernements un pouvoir sans précédent pour suivre, contrôler et nuire aux gens ». Mais malgré le soutien de l’ACLU, les résolutions ont largement échoué mercredi, selon une porte-parole d'Amazon.
L’échec des propositions n’est, tout de même, pas très surprenant. En effet, le géant du commerce électronique avait essayé, bien avant l’assemblée annuelle, de mettre fin aux votes, mais la Securities and Exchange Commission a rejeté cette décision, selon Reuters. Ensuite, les deux propositions sur la reconnaissance faciale soutenues par l’ACLU et soumises aux votes le mercredi étaient non contraignantes. Même si elles n’avaient pas été rejetées par les votes, la société pouvait toujours rejeter les résultats du vote. Rappelons également que Jeff Bezos, fondateur et PDG d'Amazon, conserve toujours 12 % des actions de la société, ainsi que les droits de vote dans la participation restante de son ex-femme. Et les quatre principaux actionnaires institutionnels de la société détiennent collectivement environ le même nombre de droits de vote que Bezos.
La technologie de reconnaissance faciale d’Amazon a fait la une des journaux durant une bonne partie de l’année dernière. « Rekognition » et la technologie de reconnaissance faciale en général ont été taxées l’an dernier d’avoir un taux élevé de faux positifs et Amazon était accusée de vendre sa technologie de reconnaissance faciale au gouvernement américain qui en faisait une mauvaise utilisation. Les organismes de protection des libertés craignaient les fausses correspondances et les arrestations arbitraires, pendant que les partisans de la technologie soutenaient qu’elle assure la sécurité publique.
Une vingtaine d’actionnaires de l’entreprise, dans une correspondance adressée à Jeff Bezos en date du 15 juin, ont demandé à Amazon d’arrêter de vendre son IA de reconnaissance faciale aux forces de l'ordre : « Nous sommes préoccupés par le fait qu’une telle infrastructure de surveillance pourrait non seulement porter atteinte à la vie privée des consommateurs, mais également introduire des risques importants pour notre entreprise en impactant négativement sur sa valeur en bourse et en augmentant le péril financier pour les actionnaires », avaient-ils écrit. Bien avant cette action des actionnaires d’Amazon, une pétition de l’ACLU où on pouvait lire « Amazon, sors du business de la surveillance » avait déjà engrangé déjà 150 000 signatures.
Rappelons aussi qu'en octobre dernier, un employé d'Amazon avait demandé à son patron d'arrêter de vendre le système de...
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