Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Le port d'un masque n'empêchera plus la reconnaissance faciale,
Le coronavirus ayant incité les sociétés à développer des solutions pour les personnes dont le visage est partiellement couvert

Le , par Stan Adkens

81PARTAGES

16  0 
Pendant que le coronavirus, rebaptisé Covid-19 par l’Organisation mondiale de la santé, continue de faire des morts en Chine et dans d’autres pays, les entreprises chinoises de reconnaissance faciale innovent pour faire évoluer leur technologie. South China Morning Post, un quotidien chinois, a rapporté qu’un masque ne permet plus d’échapper aux caméras de reconnaissance faciale. De nouvelles formes de reconnaissance faciale permettent désormais de reconnaître non seulement les personnes portant un masque sur la bouche, mais aussi celles qui portent un foulard et même une fausse barbe. Abacus News, un site Web chinois de l'actualité technologique, a été le premier à publier ces informations.

En Chine, où le Covid-19 a émergé en décembre dans la ville de Wuhan et a déjà tué plus de 2 000 personnes, plusieurs provinces et plusieurs grandes villes ont imposé le port des masques chirurgicaux et des respirateurs N95 à leurs habitants pour tenter d’endiguer sa propagation. Ce changement a conduit SenseTime, le champion chinois de l'IA, à adapter son produit de reconnaissance faciale pour identifier les personnes portant ces masques, selon une annonce de la société la semaine dernière. D’après le quotidien chinois, cette nouvelle technologie est déjà déployée en Chine en raison d’une des pires urgences sanitaires que Pékin n’ait jamais connues.


SenseTime a annoncé le lancement de son outil de reconnaissance faciale la semaine dernière, cependant, selon le journal, cette technologie n'est pas vraiment nouvelle. Amarjot Singh, chercheur postdoctoral à l'université de Stanford, et son équipe ont publié des recherches sur l'identification faciale déguisée (DFI) en 2017. Selon le journal, leur algorithme a fait une percée dans la reconnaissance des personnes portant des lunettes, de fausses barbes, des écharpes et des casques.
« La reconnaissance faciale identifie une personne en localisant plusieurs points clés sur le visage et en les reliant entre eux pour former une signature unique spécifique à la personne », a expliqué M. Singh.

Ces points clés se trouvent généralement autour des yeux, du nez et des lèvres. Mais les systèmes de reconnaissance faciale développés par M. Singh et d'autres sont capables de reconnaître les personnes masquées en obtenant suffisamment de points clés à partir des seuls yeux et du nez. Selon M. Singh, « Bien que cela soit moins précis, une correspondance peut toujours être établie ».

À l’époque, lorsque le travail a été publié pour la première fois, l'équipe de Singh a décrit l'identification des visages masqués comme étant extrêmement difficile, a rapporté South China Morning Post. Le modèle des chercheurs a été formé pour détecter les 14 points clés sur les photos, mais la précision diminuait en fonction du déguisement et de la complexité de l'arrière-plan de l'individu. Mais depuis lors, d'autres recherches ont été menées pour améliorer la reconnaissance faciale avec des masques, et il semble que beaucoup cherchent maintenant à la commercialiser, d’après le quotidien.

La technologie de SenseTime peut reconnaître un visage en utilisant uniquement les parties du visage visibles

D'une manière générale, plus l'algorithme peut inclure de points clés, meilleurs sont les résultats. Mais selon Yufei Wei, directeur du marketing de la société de reconnaissance faciale Qingfei Technologies, d'autres facteurs entrent également en jeu. M. Wei a expliqué, selon le journal, qu'un système de reconnaissance faciale n'a pas nécessairement besoin de plus de données, mais il a besoin de données plus précises. « Il y aura une conception d'algorithme plus spécifique pour reconnaître et faire correspondre la base de données spéciale », a-t-il déclaré.

Les chercheurs de l'Université de Bradford, dirigés par le professeur Hassan Ugail, ont amélioré leur modèle de reconnaissance faciale en l'alimentant avec des images faciales partielles et ont obtenu une identification correcte à 90 %, d’après le quotidien. Quant à la société SenseTime, elle a expliqué que son algorithme de détection des masques faciaux est conçu pour lire 240 points clés des caractéristiques faciales autour des yeux, de la bouche et du nez. Mais il peut établir une correspondance en utilisant uniquement les parties du visage qui sont visibles.


Une autre société chinoise de reconnaissance faciale prétend également pouvoir désormais reconnaître les personnes masquées en se basant sur peu de données. Selon le quotidien chinois, face à l'impact du Covid-19, la société Minivision de Nanjing, capitale de Jiangsu, a lancé une campagne de collecte de données d'urgence. La direction a mobilisé d'urgence les employés et leurs proches pour collecter un ensemble de données à petite échelle en deux jours. L'information clé que le système a enregistrée sur les visages masqués était basée sur les yeux.

Le journal a rapporté que la collecte précipitée et en urgence était due aux mesures strictes prises par la Chine pour lutter contre la propagation de l'épidémie. De nombreuses communautés résidentielles, en particulier dans les zones les plus touchées par le virus, ayant limité l'entrée chez elles aux seuls résidents. Minivision a introduit le nouvel algorithme dans ses systèmes de reconnaissance faciale des serrures de portes dans les communautés de Nanjing afin de reconnaître rapidement les résidents sans avoir à enlever leurs masques.

Mais ce type de systèmes a encore des limites. Le président de l'institut de recherche en IA de Minivision, Hu Jianguo, a expliqué dans un entretien avec l'édition chinoise de Synced qu'il serait difficile d'étendre ce système à un plus grand nombre de personnes. En effet, lorsqu'une population atteint une certaine échelle, le système est susceptible de rencontrer des personnes ayant un regard similaire.

Selon le quotidien, c'est peut-être la raison pour laquelle la plupart des systèmes commerciaux de reconnaissance faciale qui peuvent identifier les visages masqués semblent limités à des applications à petite échelle. SenseTime a déclaré que son propre système est utilisé dans les bureaux pour pointer les employés. FaceGo, une autre entreprise basée à Pékin qui se vante de ses nouvelles compétences en matière de reconnaissance faciale, note également que ses systèmes sont utilisés dans des logiciels de pointage.

Reuters a rapporté plus tôt ce mois que le coronavirus a fait sortir de l'ombre l'état de surveillance de la Chine. Parmi les sociétés de reconnaissance faciale qui vantent leur technologie, il y a Megvii, une société qui a déclaré qu'elle avait développé une nouvelle méthode pour repérer et identifier les personnes atteintes de fièvre, avec le soutien des ministères de l'Industrie et des Sciences. Son nouveau « système IA de mesure de la température », qui détecte la température avec des caméras thermiques et utilise les données du corps et du visage pour identifier les personnes, est déjà testé dans un quartier de Pékin, d’après Reuters.

Une société de caméras de surveillance, Zhejiang Dahua, a affirmé, selon Reuters, qu'elle peut détecter les fièvres avec des caméras infrarouges avec une précision de 0,3°C. Reste à savoir si ces données collectées sur des millions de Chinois seront supprimées et ces nouvelles technologies intrusives de reconnaissance faciale rangées une fois que l’urgence sanitaire due au virus sera passée.

Source : South China Morning Post

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Selon vous, l’urgence sanitaire due au coronavirus justifie-t-elle ce déploiement de technologies de reconnaissance faciale en Chine ?
Qu’est-ce qui se passera avec les données collectées et les technologies développées dans le cadre de l’urgence sanitaire, une fois que la crise sera terminée ?

Lire aussi

Quelles pourraient être les conséquences du coronavirus sur l'industrie technologique ? Les analystes parlent d'un effet boule de neige
Le coronavirus fait sortir de l'ombre l'état de surveillance de la Chine, les sociétés d'IA se targuant de pouvoir identifier dans la rue des personnes ayant même une faible fièvre, selon un rapport
Des archivistes ont publié un répertoire de plus de 5000 études sur le coronavirus pour contourner les paywalls, un exemple à suivre pour toutes les publications scientifiques ?
Le coronavirus fait sortir de l'ombre l'état de surveillance de la Chine, les sociétés d'IA se targuant de pouvoir identifier dans la rue des personnes ayant même une faible fièvre, selon un rapport

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Aiekick
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/02/2020 à 13:00
a mon avis le nombre de faux positifs va exploser, mais bon on chine il s'en fichent des faux positif, il leur font la mème chose
2  0 
Avatar de eric44000
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 09/03/2020 à 20:30
Ils sont trop forts ces chinois. A quand une reconnaissance de dos, par nuit noire, avec un casque de moto, dissimulé par un mur et tout ça au-delà l'horizon ?
0  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/03/2020 à 9:35
Citation Envoyé par eric44000 Voir le message
A quand une reconnaissance de dos
Il existe des projets d'implant de puce RFID, par exemple il y a eu ça en 2015 :
LE PHÉNOMÈNE IMPLANT PARTY ARRIVE À PARIS
C’est une soirée où l’homme de demain est déjà une réalité. Après Stockholm, Copenhague, Miami ou Londres, Paris a accueilli samedi dernier sa première implant party dans le cadre de l’opération Futur en Seine à La Gaîté Lyrique.
Peut-être que dans le futur chaque citoyen devra avoir une puce RFID, ça fera carte vitale + carte bancaire + carte d'identité + badge pour ouvrir la porte de l'immeuble.
Après si un individu passe à proximité d'un capteur le gouvernement connaîtra son identité. Il faudra "badger" pour réaliser différentes actions.
0  0