À Lyon, un professeur a remarqué de curieuses similitudes dans les copies rendues par la moitié de ses étudiants; il leur avait donné une semaine pour rédiger leurs devoirs. Si les mots différaient, leurs structures démonstratives et leurs exemples sont restés constamment les mêmes. C’est en se renseignant auprès de ses élèves que l’un d’eux a fini par avouer l’utilisation de ChatGPT dans la rédaction.À en croire des témoignages de professeurs d'université, les étudiants confient à ChatGPT la résolution de leurs devoirs de maison, notamment en dissertation. « Le monde universitaire n'a rien vu venir. Nous sommes donc pris au dépourvu », explique Darren Hudson Hick, professeur adjoint de philosophie à l'université Furman.
« Je l'ai signalé sur Facebook, et mes amis [professeurs] ont dit : "ouais ! J'en ai attrapé un aussi" », a-t-il ajouté. Au début du mois, Hick aurait demandé à sa classe d'écrire un essai de 500 mots sur le philosophe écossais du 18e siècle David Hume et le paradoxe de l'horreur, qui examine comment les gens peuvent tirer du plaisir de quelque chose qu'ils craignent, pour un test à la maison. Mais selon le professeur de philosophie, l'une des dissertations qui lui sont parvenus présentait quelques caractéristiques qui ont "signalé" l'utilisation de l'IA dans la réponse "rudimentaire" de l'étudiant. Hick explique que cela peut être détecté par un œil avisé.
« C'est un style propre. Mais il est reconnaissable. Je dirais qu'il écrit comme un élève de terminale très intelligent », a expliqué Hick à propos des réponses apportées par ChatGPT aux questions. « Il y avait une formulation particulière qui n'était pas fausse, mais juste étrange. Si vous deviez enseigner à quelqu'un comment écrire des essais, c'est ce que vous lui diriez avant qu'il crée son style », a-t-il ajouté. Malgré sa connaissance de l'éthique du droit d'auteur, Hick a déclaré qu'il était presque impossible de prouver que le document avait été concocté par ChatGPT. Le professeur affirme avoir fait appel à un logiciel de vérification de plagiat.
Être capable de distinguer l'écriture produite par un humain ou une machine changera la façon dont ils peuvent être utilisés dans le milieu universitaire. Les écoles seraient en mesure d'appliquer plus efficacement l'interdiction des essais générés par l'IA, ou peut-être seraient-elles plus disposées à accepter des articles si elles pouvaient voir comment ces outils peuvent aider leurs élèves.
Premier cas connu en France de l'utilisation de ChatGPT en milieu universitaire ?
Le journal lyonnais Le Progrès nous fait déjà part d’un premier cas connu d’utilisation de l’IA chez les étudiants dans l'Hexagone.
Stéphane Bonvallet, enseignant en handicapologie (matière enseignée dans certains cursus de santé du secondaire), a demandé à ses élèves de faculté de Lyon de «*Définir les grands traits de l’approche médicale du handicap en Europe*». Il leur a laissé une semaine pour travailler sur le sujet.
Cependant, lors de la correction, il s'est aperçu que sept copies sur les quatorze de sa classe font appel à une construction identique, avancent des arguments qui se ressemblent, mais sans jamais tourner au plagiat : «*Il ne s’agissait pas de copier-coller. Mais les copies étaient construites exactement de la même manière*», relate-t-il. «*On y retrouvait les mêmes constructions grammaticales. Le raisonnement était mené dans le même ordre, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts ».
Stéphane Bonvallet raconte au Progrès en avoir discuté directement avec une étudiante. Elle reconnaît alors que la moitié de la promotion de 14 élèves ont eu recours à ChatGPT.
Les étudiants n’ont pas reçu de blâme pour cet usage, puisque l’utilisation d'outil de la même trempe que ChatGPT n'est pas proscrit par le milieu scolaire : « n’ayant pas de cadre interdisant actuellement cette pratique, j’ai été contraint de les noter », explique-t-il au quotidien. Puisque les autres notes étaient comprises entre 10 et 12,5, le professeur a choisi d'attribuer la même note de 11,75 à tous ces travaux qui se sont appuyés sur ChatGPT.
En se renseignant auprès de ses collègues, il a fait le constat que ce cas était loin d’être isolé.
« Cette pratique m’inquiète. Elle pose un véritable problème d’intégration des savoirs, car les élèves n’ont plus besoin d’effectuer la moindre recherche pour composer », a regretté le professeur.
Les copies sont désormais en possession de la direction.
La ville de New York interdit aux étudiants et aux enseignants d'utiliser ChatGPT
« En raison de préoccupations concernant les effets négatifs sur l'apprentissage des élèves, ainsi que la sécurité et l'exactitude du contenu, l'accès à ChatGPT est prohibé sur les réseaux et les appareils des écoles publiques de la ville de New York », [URL="https://etudes.developpez.com/actu/340054/...
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