La société française de technologie et d'intelligence artificielle Mistral AI a levé 105 millions d'euros un mois seulement après sa création, a annoncé mardi la société, donnant un coup de pouce aux projets de la France de se présenter comme un pôle technologique mondial majeur. La levée de fonds met en évidence la croissance rapide du secteur de l'intelligence artificielle ainsi que la volonté de l'Europe de créer des rivaux pour les entreprises de la Silicon Valley telles qu'OpenAI et Microsoft ou encore Google et DeepMind.L’intelligence artificielle (IA) est en pleine effervescence : une start-up qui n’a que quelques semaines d’existence a levé 105 millions d’euros lors d’un tour de table de financement de démarrage pour concurrencer OpenAI dans la construction, l’entraînement et l’application de grands modèles de langage et d’IA générative.
Pour mettre de la perspective, bien qu'il s'agit d'un record pour une start-up d'IA française, il faut rappeler que cette levée de fonds est une goutte d'eau dans les milliards de dollars injectés par Microsoft dans OpenAI.
Si Mistral AI, basée à Paris, a brusquement enthousiasmé des investisseurs, en pleine période de gel des levées de fonds pour la plupart des start-up, c'est sans doute parce que la société a été cofondée par trois chercheurs français de l'IA passés par les GAFA américains.
En effet, son PDG, Arthur Mensch, 30 ans, expert des modèles de langage, vient de passer près de trois ans au sein de DeepMind, le laboratoire d'IA de Google. Les deux autres cofondateurs viennent de Meta (Facebook) : Guillaume Lample est l'un des créateurs du modèle de langage LLaMA dévoilé par Meta en février et Timothée Lacroix était lui aussi chercheur chez Meta.
La startup va se concentrer sur des solutions open source et ciblera les entreprises pour créer ce que le PDG Arthur Mensch considère comme le plus grand défi du domaine : « Rendre l’IA utile ». Elle prévoit de lancer ses premiers modèles pour l’IA générative basée sur le texte en 2024.
Lightspeed Venture Partners est le leader de ce tour, avec Redpoint, Index Ventures, Xavier Niel, JCDecaux Holding, Rodolphe Saadé et Motier Ventures en France, La Famiglia et Headline en Allemagne, Exor Ventures en Italie, Sofina en Belgique, et First Minute Capital et LocalGlobe au Royaume-Uni qui participent également. Mistral AI note que la banque d’investissement française Bpifrance et l’ancien PDG de Google Eric Schmidt sont également actionnaires. Des sources proches de la société confirment que les 105 millions d’euros levés valorisent Mistral AI à 240 millions d’euros. À noter que c’est le même chiffre qui circulait il y a un mois dans la presse spécialisée lorsque les gens ont commencé à parler de la société.
Paris est traditionnellement à la traîne de New York, de la Californie et de Londres en tant que centre technologique, mais la collecte de fonds de Mistral AI a été saluée par le ministre français délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications, Jean-Noël Barrot, alors que Paris vise à redorer son blason en tant que centre technologique mondial.
« La France a toutes les cartes pour faire émerger des champions de l'intelligence artificielle. Bravo à la startup Mistral AI qui lève 105M€ seulement un mois après sa création : un record ! » a écrit Barrot sur Twitter.
Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix, les cofondateurs de Mistral AI
L'open source, une opportunité pour faire des affaires en IA
Mensch et ses cofondateurs Timothée Lacroix et Guillaume Lample ont tous la trentaine et se connaissent depuis l’école, où ils étudiaient tous dans le domaine de l’intelligence artificielle. Mensch travaillait chez DeepMind à Paris, et Lacroix et Lample chez Meta ; et Mensch a déclaré que c’est l’année dernière qu’ils ont commencé à discuter de la direction qu’ils voyaient prendre le développement de l’IA.
« Nous avons vu la technologie vraiment commencer à s’accélérer l’année dernière », a-t-il déclaré dans une interview, probablement en référence aux progrès réalisés par OpenAI avec son modèle GPT, qui a été un coup de fouet pour beaucoup de gens dans le domaine de l’IA et du monde de la technologie en général. Mais les liens entre OpenAI et open source ne se limitent plus qu'à la mention “open” dans son nom. D'ailleurs, Elon Musk a tweeté en février « OpenAI a été créé comme open source (c'est pourquoi je l'ai nommée "Open" AI), une société à but non lucratif pour servir de contrepoids à Google, mais maintenant elle est devenue une société à source fermée et à profit maximum contrôlée de manière efficace par Microsoft ».
Mensch, Lacroix et Lample ont estimé qu’une approche propriétaire était en train de s’imposer comme la norme, et ils ont...
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