OpenAI, la start-up de San Francisco qui a développé ChatGPT, un bot conversationnel basé sur l’intelligence artificielle, fait l’objet d’une enquête de la Federal Trade Commission (FTC), l’agence américaine de protection des consommateurs. La FTC veut savoir si ChatGPT met en danger la réputation et les données des utilisateurs, et s’il génère des informations fausses, trompeuses ou diffamatoires.ChatGPT est un bot conversationnel qui utilise un modèle de langage artificiel pour produire des réponses à partir de n’importe quelle entrée textuelle. Il peut converser sur différents sujets, générer du contenu créatif comme des poèmes, des histoires ou des chansons, et même imiter le style d’écriture de personnalités célèbres. ChatGPT est accessible au public via une interface web ou une API.
Les analystes ont qualifié le ChatGPT d'OpenAI d'application grand public à la croissance la plus rapide de l'histoire, et son succès précoce a déclenché une course aux armements parmi les entreprises de la Silicon Valley pour déployer des chatbots concurrents. Le directeur général de la société, Sam Altman, est devenu une figure influente dans le débat sur la réglementation de l'IA, témoignant à Capitol Hill, dînant avec des législateurs et rencontrant le président Biden et le vice-président Harris.
Mais maintenant, l'entreprise fait face à un nouveau défi : la FTC a fait parvenir à OpenAI une demande d’information de 20 pages, dans laquelle elle lui enjoint de fournir des documents relatifs au développement et à l’entraînement de ses modèles de langage, à la collecte et à la protection des données personnelles utilisées par la plateforme, à la vérification et à la correction des informations produites par ChatGPT, et aux risques potentiels pour les consommateurs, notamment en termes de préjudice réputationnel.
La FTC s’intéresse notamment aux cas « d'hallucinations », un terme qui désigne les situations où l’IA génère des informations fausses ou inventées. Par exemple, ChatGPT peut affirmer que le président des États-Unis est un extraterrestre, ou que le pape a été accusé de meurtre. Ces informations peuvent être nuisibles pour les personnes concernées, mais aussi pour les utilisateurs qui les prennent pour vraies.
Des réclamations à cet effet ont été faites le mois dernier dans le cadre d'un procès civil privé lorsqu'un animateur de radio de l'État de Géorgie a poursuivi OpenAI alléguant que ChatGPT l'avait diffamé et avait porté atteinte à sa réputation en associant faussement son nom à un problème criminel.
En avril, un maire australien a menacé d'intenter une action en diffamation contre OpenAI après que ChatGPT l'aurait prétendument accusé d'être impliqué dans un scandale de corruption étrangère. Les avocats de l'homme auraient donné à OpenAI 28 jours pour corriger son modèle d'IA. Depuis lors, il n'y a pas eu d'autre mot de litige.
La FTC veut également savoir comment OpenAI teste, ajuste et manipule ses algorithmes, notamment pour produire des réponses différentes ou pour répondre aux risques, et dans différentes langues. Elle demande aussi à OpenAI de lui fournir la liste des plaintes qu’elle a reçues du public, des procès auxquels elle est impliquée, et des détails sur la fuite de données qu’elle a révélée en mars 2023 et qui avait exposé temporairement les historiques de chat et les données de paiement des utilisateurs.
La lettre demande également de nombreux documents de l'entreprise, y compris des contrats avec des partenaires depuis 2017, et des communications internes sur le potentiel des modèles d'IA à "produire des déclarations inexactes sur les individus" et à "révéler des informations personnelles".
Quelles sont les conséquences possibles de l’enquête ?
L’enquête de la FTC est la première manifestation concrète d’une régulation gouvernementale de l’IA aux États-Unis, alors que les législateurs du Congrès peinent à se mettre à la page sur une industrie en pleine évolution et à élaborer une législation adaptée au secteur. Les efforts américains sont largement en retard par rapport à d’autres acteurs mondiaux. Par exemple, l’Union européenne est en passe de finaliser une législation pionnière qui interdit l’utilisation de l’IA pour la police prédictive et qui applique des restrictions aux scénarios d’utilisation à haut risque3.
L’enquête de la FTC pourrait aussi compliquer la relation entre OpenAI et les décideurs politiques, dont beaucoup ont été impressionnés par la technologie et le PDG de la start-up, Sam Altman. Elle pourrait aussi attirer davantage l’attention sur le rôle d’OpenAI dans le débat sur la menace que l’IA générative peut représenter pour l’emploi, la sécurité nationale et la démocratie.
OpenAI dispose d’un délai de 30 jours pour répondre aux demandes de l’agence. Si elle ne se conforme pas ou si elle...
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