David Hsing, ingénieur concepteur, qui travaille dans l'industrie de la fabrication de semi-conducteurs, défends l’idée que l’esprit humain possède deux caractéristiques essentielles qui le distinguent des machines : l’intentionnalité et les qualia. L’intentionnalité est la capacité de se référer à des objets, des propriétés et des états de choses qui existent dans le monde ou dans l’imagination. Les qualia sont les aspects subjectifs de l’expérience, comme les couleurs, les sons et les émotions. L’ingénieur, concepteur de masques d'implantation de circuits de microprocesseurs, montre dans un billet de blog que sans intentionnalité, le langage n’aurait pas de sens, car les mots ne renverraient à rien. Sans qualia, il n’y aurait pas de sensation, car rien ne serait ressenti. Il définit le sens comme une connexion mentale avec une expérience consciente, et soutient que les machines ne peuvent pas avoir de sens, parce qu'elles ne font que manipuler des symboles sans les comprendre.
La conscience de l'IA est un concept complexe et fascinant qui a suscité l'intérêt des chercheurs, des scientifiques, des philosophes et du public. Alors que l'IA continue d'évoluer, la question se pose inévitablement : Les machines peuvent-elles atteindre un niveau de conscience comparable à celui des êtres humains ? De l’avis de certains observateurs, avec l'émergence des grands modèles de langage (LLM) et de l'IA générative, la voie vers la reproduction de la conscience humaine devient également possible.
La conscience de l’IA, une question fascinante et complexe
Un ancien ingénieur en IA de Google, Blake Lemoine, a récemment propagé la théorie selon laquelle le modèle de langage LaMDA de Google est sensible, c'est-à-dire qu'il fait preuve d'une conscience semblable à celle de l'homme pendant les conversations. Depuis, il a été licencié et Google a qualifié ses affirmations de « totalement infondées ».
Compte tenu de la rapidité avec laquelle la technologie évolue, il se peut que nous ne soyons qu'à quelques décennies de parvenir à la conscience de l'IA. Des cadres théoriques tels que la théorie de l'information intégrée (IIT), la théorie de l'espace de travail global (GWT) et l'intelligence générale artificielle (AGI) fournissent un cadre de référence sur la manière dont la conscience de l'IA peut être atteinte.
Pour Hsing, si les programmes informatiques fonctionnent réellement, il n’en reste pas moins vrai que ce sont des manipulateurs de symboles qui n’ont pas d’associations conscientes avec ce qu’ils manipulent. Ils ne font que suivre des règles formelles sans les comprendre. Par conséquent, ils ne peuvent pas avoir de sens, car le sens implique une connexion mentale avec une expérience consciente.
Si nous pouvons être d’accord sur le fait que, les programmes informatiques ne peuvent pas opérer au-delà de la syntaxe, qui est la structure formelle du langage, l’analyse de Hsing soulève tout de même plusieurs critiques possibles.
La première est que, Hsing ne fait-il pas un plaidoyer spécial en attribuant à l’esprit humain quelque chose que les machines ne peuvent pas faire ? David Hsing réfute cette critique en disant qu’il ne confond pas l’intelligence avec la conscience. Pour lui, l’intelligence est la capacité de résoudre des problèmes, et les machines peuvent être intelligentes. La conscience est la capacité d’avoir une expérience subjective, et les machines ne peuvent pas être conscientes.
La seconde critique serait que son argument est circulaire, car il suppose ce qu’il veut prouver. Dans son billet de blog, David Hsing réfute également cet autre critique en affirmant que sa définition du sens n’est pas dérivée de sa conclusion, mais d’une observation indépendante de la réalité de l’esprit.
Les chercheurs de plusieurs universités, donc l’Université de Toulouse, l’Université d'Oxford, l’Université de Montréal, l’Université du Sussex, examinent plusieurs théories scientifiques importantes de la conscience, notamment la théorie du traitement récurrent, la théorie de l'espace de travail global, les théories d'ordre supérieur, le traitement prédictif et la théorie des schémas d'attention.
De ces théories, les chercheurs tirent des « propriétés indicatrices » de la conscience, élucidées en termes informatiques qui permettent d'évaluer les systèmes d'intelligence artificielle en fonction de ces propriétés. Nous utilisons ces propriétés indicatives pour évaluer plusieurs systèmes d'IA récents, et nous discutons de la manière dont les systèmes futurs pourraient les mettre en œuvre. L’analyse suggère qu'aucun système d'IA actuel n'est conscient, mais aussi qu'il n'y a pas d'obstacles techniques évidents à la construction de systèmes d'IA qui satisfont à ces indicateurs.
La conscience innée des êtres vivants, un prérequis pour donner du sens au langage
David Hsing défend l’idée que les machines ne peuvent pas comprendre le langage, car elles ne possèdent pas la conscience innée...
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