Il devient de plus en plus évident qu'OpenAI traverse une mauvaise passe. Avec les démissions massives qui tendent à confirmer les rumeurs sur des désaccords internes, l'avenir de l'entreprise d'IA s'assombrit et elle doit faire face à des polémiques en rapport avec la sécurité de ses outils d'IA. Au moins onze chercheurs en IA de renom ont quitté OpenAI au cours des derniers mois et les voix émotives intégrées dans son dernier modèle d'IA sont perçues comme une orientation potentiellement dangereuse qui pourrait exploiter les vulnérabilités humaines. En outre, ses tactiques agressives visant à faire taire d'anciens employés suscitent d'importantes préoccupations.OpenAI fait face à la fuite de ses cerveaux et les départs ont atteint un niveau alarmant
Que se passe-t-il chez OpenAI ? Il est difficile de répondre à la question avec précision, mais l'on peut dire sans risquer de se tromper que le laboratoire d'IA de San Francisco traverse une phase trouble. Depuis le drame de novembre dernier, où Sam Altman a été éjecté du poste de PDG d'OpenAI pendant un week-end, l'ambiance au sein de la startup semble avoir profondément changé et nous n'avons jamais appris la véritable raison pour laquelle cela s'est produit en premier lieu. Depuis cet épisode, les désaccords internes semblent s'être intensifiés et les démissions au sein d'OpenAI ont désormais atteint un niveau critique.
Ilya Sutskever, cofondateur et ancien directeur scientifique d'OpenAI, a démissionné la semaine dernière. Son départ semblait inévitable, étant donné qu'il avait été à la tête de la campagne qui avait abouti à l'éviction d'Altman du poste de PDG pendant une courte période en novembre. Néanmoins, son départ et son importance pour l'entreprise ont soulevé des questions parmi les observateurs quant à l'avenir d'OpenAI. Personne ne sait exactement pourquoi tant de talents quittent OpenAI. Il peut s'agir de divergences philosophiques sur l'orientation du produit. Il peut s'agir d'offres d'emploi lucratives de la part de rivaux.
Ou il est tout simplement question de l'épuisement professionnel qui accompagne souvent les horaires et le rythme de travail d'une startup. Mais selon certains analystes, il devient de plus en plus évident que cela a à voir avec la direction prise par Altman en matière de partenariats et de produits. Voici une liste non exhaustive des départs les plus médiatisés de ces derniers mois :
[LIST][*]Ilya Sutskever : il était à la fois cofondateur et scientifique en chef d'OpenAI, ainsi que le chef de l'équipe Superalignment. Compte tenu de son rôle dans la tentative de coup d'État d'Altman, il est difficile de savoir s'il a été gentiment mis à la porte ou s'il est parti de son propre chef ;[*]Jan Leike : il était chargé (avec Sutskever) de veiller à ce que les systèmes d'IA d'OpenAI soient alignés sur les intérêts humains et avait été désigné l'année dernière par le magazine Time comme l'une des 100 personnes les plus influentes dans le domaine de l'IA ;[*]Evan Morikawa : il était ingénieur en chef chez OpenAI. Il a quitté l'entreprise la semaine dernière après trois ans et demi d'activité. Il prévoit de lancer une nouvelle initiative avec des vétérans de Boston Dynamics et DeepMind ;[*]Daniel Kokotajlo : ancien membre de l'équipe de sécurité d'OpenAI, il a quitté l'entreprise en février. Il a depuis critiqué publiquement OpenAI, déclarant qu'il avait quitté l'entreprise, car il ne croyait plus qu'elle se comporterait de manière responsable à l'ère de l'AGI ;[*]William Saunders : il a quitté OpenAI en février, abandonnant son poste de manager au sein de l'équipe Superalignment. Dans des messages sur le forum LessWrong, Saunders a refusé d'expliquer les raisons de son départ ;[*]Leopold Aschenbrenner : il était aussi membre de l'équipe Superalignment, travaillant avec Leike et Sutskever. Son départ n'était cependant pas une démission. Il a été licencié en avril pour avoir prétendument divulgué des informations à des journalistes ;[*]Andrey Karpathy : membre fondateur d'OpenAI, Karpathy avait déjà quitté l'organisation une fois, mais était revenu en février 2023. Cela n'a duré qu'un an, lorsqu'il est reparti, bien que dans un tweet il ait déclaré que ce n'était pas le résultat d'un événement, d'un problème ou d'un drame particulier ;[*]Logan Kilpatrick : il a quitté le navire il y a deux mois pour un poste chez Google. Il a confié que les changements intervenus au sein de l'entreprise étaient en partie à l'origine de son départ, soulignant que la croissance explosive avait modifié la façon de travailler d'OpenAI.[*]Pavel Izmailov : le poste d'Izmailov aurait été supprimé en même temps que celui d'Aschenbrenner. Tous deux étaient de solides alliés de Sutskever. Ni son nom ni celui d'Aschenbrenner ne figuraient sur la liste des employés qui ont manifesté leur soutien à Altman lors du chaos de novembre ;[*]Diane Yoon : elle a quitté OpenAI au début du mois de mai, démissionnant de son poste de vice-présidente du personnel. Aucune raison n'a été donnée pour ce départ, mais Yoon était l'un des cadres les plus anciens de l'entreprise ;[*]Chris Clark : il a aussi quitté OpenAI au début du mois. Il était responsable des initiatives stratégiques et à but non...
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