Avital Balwit, chef de cabinet du PDG d'Anthropic, partage ses réflexions sur les cinq dernières années de son travail. À l’âge de 25 ans, elle se trouve à la croisée d’un développement technologique qui pourrait mettre fin à l’emploi tel qu’elle le connaît. Travaillant pour une entreprise d’intelligence artificielle de pointe, elle observe les avancées des modèles de langage capables de générer du contenu cohérent sur une variété de sujets.Les projections concernant l'impact de l'IA sur le marché de l'emploi sont diverses.
Certains, comme l'économiste du MIT, David Autor, conteste l'idée largement répandue selon laquelle l'intelligence artificielle (IA) serait nécessairement destructive d'emplois. Autor soutient que l'IA pourrait contribuer à la reconstruction de la classe moyenne en élargissant l'accès à des expertises spécialisées. Il met en lumière le fait que la crainte de la diminution des emplois en raison de l'IA est déplacée, car le monde industrialisé est confronté à une pénurie de main-d'œuvre due à des facteurs démographiques.
Une thèse que Google embrasse volontiers. L'entreprise a publié une étude qui suggère que les capacités actuelles de l'IA sont exagérées et qu'elle est encore loin de pouvoir remplacer une bonne partie de la main-d'œuvre mondiale comme certains veulent le faire croire. Mais encore, le rapport insiste sur le fait que cela ne devrait pas changer à court terme en raison des limites de la technologie. Il indique que l'IA n'est pas encore en mesure d'effectuer de manière fiable un travail en plusieurs étapes qui impliquent de la planification, du raisonnement ou de la mémoire. Le rapport est avant tout un retour à la réalité dans un contexte de battage médiatique incessant sur l'IA générative et ses capacités réelles.
D'autres y voient une menace. C'est le cas de The Burning Glass Institute qui a fait une liste le développement de logiciels parmi les métiers concernés. La publication des résultats de cette enquête fait suite à une autre de l’OIT qui liste la même catégorie de professionnels parmi ceux sous la menace de l’intelligence artificielle. Le tableau ravive les questionnements sur les perspectives de mise au rebut totale des développeurs humains.
« Comme le montre la figure 4, les précédentes vagues d'automatisation ont surtout touché les professions à bas salaires (indiquées par des barres bleues). La vague d'automatisation par l’IA générative est unique en ce sens que les cols bleus pourraient être les moins touchés. Cela s'explique à la fois par l'augmentation de la demande de ces travailleurs en raison de la croissance des catégories de biens et de services haut de gamme et l'incapacité de l’intelligence artificielle générative à effectuer des tâches physiques. En fait, les professions les plus exposées à l'intelligence artificielle générative sont les professions libérales à haut salaire (illustrées par des barres jaunes) », soulignent les résultats de l’enquête.
C'est dans cette dernière catégorie que figure Avital Balwit.
« La réaction générale des travailleurs du savoir aux modèles de langage est celle du déni »
Avital Balwit s'est exprimée dans un billet de blog :
« J’ai 25 ans. Ces trois prochaines années pourraient bien être les dernières années où je travaille. Je ne suis pas malade, je ne deviens pas mère au foyer, et je n’ai pas eu la chance financière d’être au bord de la retraite volontaire. Je me tiens au seuil d’un développement technologique qui semble probablement mettre fin à l’emploi tel que je le connais.
« Je travaille dans une entreprise d’intelligence artificielle de pointe. À chaque itération de notre modèle, je suis confrontée à quelque chose de plus capable et de plus général que précédemment. À ce stade, il peut générer de manière compétente un contenu cohérent sur une large gamme de sujets. Il peut résumer et analyser des textes de manière passable. En tant que personne qui a autrefois gagné de l’argent en tant que rédactrice indépendante et qui était fière de sa capacité à écrire de grandes quantités de contenu rapidement (une compétence qui, comme découper des blocs de glace d’un étang gelé, est sans doute obsolète), il m’est difficile de ne pas remarquer ces avancées.
« L’écriture indépendante a toujours été une compétence très demandée, et l’introduction des modèles de langage a encore intensifié la concurrence. La réaction générale des travailleurs du savoir aux modèles de langage est...
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