Les nouvelles directives de TeachAI et de la Computer Science Teachers Association soulignent que l'enseignement de l'informatique est plus important que jamais à l'ère de l'IA. TeachAI et la CSTA ont déclaré que l'apprentissage de la programmation est la pierre angulaire de la pensée informatique et une passerelle importante vers la résolution de problèmes, la pensée critique et les compétences de pensée créative nécessaires pour prospérer dans le monde numérique d'aujourd'hui. Selon le groupe, les personnes qui maîtrisent mieux les concepts informatiques sous-jacents sont capables d'utiliser les outils d'IA plus efficacement que celles qui ne les maîtrisent pas.Des enseignants en informatique estiment que l'apprentissage de la programmation est plus important que jamais
Pour certains acteurs du secteur technologique, apprendre à programmer sera inutile à l’avenir. Ils estiment que l'IA rendra le métier de programmeur obsolète et fera de tous des programmeurs au travers du langage naturel. Lors du sommet mondial des gouvernements qui s'est tenu à Dubaï au début de l'année, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a déclaré que, même à ce stade précoce de la révolution de l'IA générative, la programmation n'est plus une compétence vitale.
Le PDG de Nvidia a ajouté que l'IA prendra en charge entièrement le codage informatique à l'avenir, ce qui permettrait aux humains de se concentrer sur des compétences plus utiles telles que la biologie, l'éducation, la fabrication ou l'agriculture. Ainsi, le milliardaire a rompu avec ce qu'il pense être une longue tradition de PDG de sociétés technologiques qui conseillent aux jeunes écoliers d'apprendre à coder.
« Notre tâche consiste à créer une technologie informatique telle que personne n'ait à programmer. Et que le langage de programmation soit humain. Tout le monde dans le monde est maintenant un programmeur. C'est le miracle de l'IA », a déclaré Huang aux participants du sommet. Cependant, de nombreux experts ne partagent pas cet avis, expliquant que l'IA ne tuera pas le codage, mais le mettra entre les mains d'un plus grand nombre de personnes.
Lors d'une conférence de la "Computer Science Teachers Association" (CSTA) qui s'est tenue la semaine dernière à Las Vegas, l'initiative éducative TeachAI s'est associée à la CSTA pour publier trois mémoires soutenant que l'enseignement de l'informatique de la maternelle à la terminale n'a jamais été aussi important.
Les développeurs n'ont pas les connaissances essentielles pour créer des logiciels sécurisés
Selon le document, malgré leurs capacités de codage, les outils d'IA sont loin d'être parfaits, et "l'apprentissage de la programmation jette les bases permettant aux élèves de développer la compréhension conceptuelle, l'autonomie et les dispositions nécessaires pour comprendre, utiliser et évaluer ces outils et leurs résultats". Les réactions aux recommandations de TeachAI et de la CSTA sont mitigées. Toutefois, de nombreux rapports indiquent que les employeurs se plaignent de l'état déplorable des connaissances informatiques des employés de la génération Z.
Un nouveau rapport de la Linux Foundation Research et de l'Open Source Security Foundation (OpenSSF) indique que de nombreux développeurs n'ont pas les connaissances et les compétences essentielles pour développer efficacement des logiciels sécurisés. Près d'un tiers des développeurs logiciels ne sont pas familiers avec les pratiques de développement de logiciels sécurisés. Le rapport indique que l'éducation et la formation sont requises.
En réaction aux déclarations du PDG de Nvidia, l'analyste de l'industrie technologique Patrick Moorhead a déclaré : « depuis plus de 30 ans, j'entends dire que XYZ va tuer le codage, mais nous n'avons toujours pas assez de programmeurs ». En outre, de nombreuses études rapportent que l’IA ne remplacera pas les programmeurs de sitôt. Des chercheurs de l'université de Princeton ont développé un cadre d'évaluation basé sur près de 2300 problèmes courants de génie logiciel montés à partir de rapports de bogues et de feature requests soumis sur GitHub afin de tester la performance de divers grands modèles de langage (LLM).
Les chercheurs ont fourni à différents modèles le problème à résoudre et le code du dépôt. Ils ont ensuite demandé au modèle de produire un correctif réalisable. Ce dernier a ensuite fait l’objet de tests pour s'assurer qu'il était correct. Mais le LLM n'a généré une solution efficace que dans 4 % des cas. Dans le cadre de l'étude, leur modèle spécialement entraîné, SWE-Llama, n'a pu résoudre que les problèmes d'ingénierie les plus simples présentés sur GitHub, alors que les LLM classiques tels que Claude 2 d'Anthropic et GPT-4 d'OpenAI n'ont pu résoudre que 4,8 % et 1,7 % des problèmes, de façon respective.
Et l’équipe de recherche de conclure : « le génie logiciel n’est pas simple dans la pratique. La correction d'un bogue peut nécessiter de naviguer dans un grand référentiel, comprendre l'interaction entre des fonctions dans différents fichiers ou repérer une petite erreur dans du code alambiqué. Cela va bien au-delà des tâches de complétion de code ». Par ailleurs, de nouvelles recherches menées par des experts en informatique de l'université de Toronto, au Canada, suggèrent que les assistants de codage basés sur l'IA peuvent jouer un rôle clé en aidant les apprenants en programmation à progresser.
Les avantages de l'utilisation de l'IA s'accompagnent de plusieurs limites, ce qui signifie qu'il est important que les humains continuent à jouer un rôle important dans les tâches de programmation et d'ingénierie logicielle. Voici quelques-unes des limites de l'IA :
- manque d'innovation : l'IA est incapable de faire preuve d'esprit critique et de générer de nouvelles idées ; elle ne peut que répéter des idées basées sur les données sur lesquelles elle a été formée. L'esprit critique et la résolution de problèmes sont des compétences de programmation importantes que l'IA ne peut pas reproduire ;
- un code inexact : l'IA étant sujette aux hallucinations, un outil...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Pensez-vous que ces déclarations sont crédibles ou pertinentes ?