L'essor de l'IA générative favorise l'émergence d'une nouvelle industrie controversée : le « proxénétisme de l'IA ». Les auteurs de cette activité créent des visages à l'aide de l'IA, puis les greffent sur des images de corps de femmes volées sur des comptes de médias sociaux. Les créateurs utilisent ensuite les faux personnages pour encourager leurs abonnés à s'inscrire à des sites d'abonnement tels que Patreon et OnlyFans où ils peuvent payer pour des images et des vidéos pornographiques du modèle d'IA. Cette activité est en plein essor et les créateurs humains de contenu pour adulte affirment que cela impacte négativement leur capacité à gagner leur vie.Le proxénétisme de l'IA : une industrie avec une croissance fulgurante
Le phénomène du proxénétisme de l'IA implique l'utilisation de l'IA pour gérer et faciliter la logistique du travail du sexe. L'IA apparaît comme une force libératrice qui élimine une grande partie du danger et de l'imprévisibilité liés aux proxénètes humains. Cette industrie émergente transforme le visage du Web et laisse entrevoir ce que les réseaux sociaux pourraient devenir dans un avenir proche : un espace où le contenu généré par l'IA éclipse celui des humains.
Selon un rapport de 404 Media, Instagram est inondé de centaines d'influenceurs générés par l'IA qui volent des vidéos de vrais mannequins et créateurs de contenu pour adultes, leur donnent des visages générés par l'IA et monétisent leurs corps avec des liens vers des sites de rencontres, Patreon, des concurrents d'OnlyFans, etc. Le rapport est basé sur une enquête qui a examiné en détail plus de 1 000 comptes d'influenceurs Instagram générés par l'IA.
Parmi les comptes examinés par l'enquête, au moins 100 comptes comprenaient du contenu deepfake qui utilise des vidéos existantes, généralement de mannequins et d'artistes de divertissement pour adultes, et remplace leur visage par un nouveau visage généré par l'IA pour faire passer ces vidéos pour du contenu nouveau et original, cohérent avec les autres images et vidéos générées par l'IA et partagées par l'influenceur géré par l'IA sur son compte.
Les 900 autres comptes ont partagé des images qui, dans certains cas, ont été formées à partir de photographies réelles et, dans d'autres cas, ont été conçues pour ressembler à des célébrités, mais elles ont été entièrement générées par l'IA, et non par des photographies ou des vidéos modifiées.
Sur ces 100 comptes qui ont partagé des vidéos de deepfake, 60 s'identifient comme étant générés par l'IA, en écrivant dans leur biographie qu'ils sont un « modèle virtuel et un influenceur » ou en déclarant que « toutes les photos ont été créées avec l'IA et des applications ».
Les 40 autres ne précisent pas qu'elles sont générées par l'IA. L'un des comptes les plus importants de cette dernière catégorie est intitulé « Chloe Johnson ». Il dispose d'un compte vérifié sur Instagram et de 171 000 abonnés. Ce compte a été supprimé par Meta, propriétaire d'Instagram, au cours des dernières semaines.
Neuf des posts de Chloe Johnson étaient basés des personnes réelles. Ces vidéos montrent que la personne qui se gère le compte Chloe Johnson greffe le visage de l'influenceuse virtuelle sur le corps de vraies femmes, notamment les mannequins Tana Rain, Skyler Simpson et Kyla Yesenosky.
D'autres vidéos ont été volées à des utilisateurs de TikTok et d'Instagram qui ne sont pas célèbres et qui ont un petit nombre d'abonnés. Par ailleurs, des comptes de substitution de visage s'approvisionnent également en vidéos auprès de défilés de maillots de bain et sur le site d'images et de vidéos de Getty, iStock.
Des outils et des manuels sont mis au service du proxénétisme de l'IA
Il est désormais facile de créer ces comptes et de les monétiser à l'aide d'un assortiment d'outils et d'applications prêts à l'emploi. Certaines de ces applications sont hébergées sur l'App Stores d'Apple et de Google Play Store. Dans le cadre de leur enquête, les auteurs ont acheté deux guides : un manuel d'instruction au format PDF intitulé Instagram Mastery, proposé par une agence d'influenceurs IA appelée Digital Divas, et un autre intitulé AI Influencer Accelerator.
Ce dernier est réalisé par une personne qui se fait appeler Professeur EP, et qui dit gérer le compte Instagram de l'influenceuse IA Emily Pellegrini, qui compte 253 000 abonnés. Professeur EP a également été juge lors du premier concours « Miss AI », organisé en partenariat avec Fanvue. Professeur EP prétend avoir gagné plus d'un million de dollars en six mois, et lorsqu'il exploitait le compte Emily Pellegrini, il a affirmé avoir gagné 100 000 dollars rien que sur Fanvue.
Le manuel « Instagram Mastery » de Digital Divas coûte 50 dollars et est un mélange de conseils techniques et de stratégie d'ingénierie sociale. Il suggère d'utiliser des outils largement connus des créateurs d'œuvres d'art générées par l'IA. Plusieurs des comptes générés par l'IA examinés par l'enquête...
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