Louis B. Rosenberg, un informaticien et futurologue reconnu, prédit l’émergence de « superpouvoirs numériques » alimentés par l’IA d’ici 2030, une vision où l’intelligence artificielle deviendrait omniprésente et intégrée à nos vies quotidiennes. Toutefois, cette prévision suscite des critiques importantes. Certains estiment que, malgré leur avancée, les IA actuelles ne parviendront jamais à atteindre une véritable conscience ou autonomie, et ne peuvent égaler l’intelligence générale (AGI). De plus, des préoccupations sur la gestion des données personnelles, la sécurité et les risques de manipulation de l’information sont soulevées. Tandis que certains voient l’IA comme un moyen d’élargir nos capacités humaines, d’autres craignent qu’elle ne mène à une perte de contrôle, une dépendance accrue à la technologie et à des abus dans l’utilisation des données, transformant ainsi ces « superpouvoirs » en instruments de manipulation. Ces débats soulignent les défis éthiques, sociaux et techniques auxquels nous serons confrontés à mesure que l’IA et la réalité augmentée redéfiniront nos interactions avec le monde et les autres.
Louis B. Rosenberg, dans ses prévisions concernant l'IA et l'émergence de « superpouvoirs numériques » d'ici 2030, soulève un certain optimisme quant aux capacités de transformation de l'intelligence artificielle. Cependant, des experts tels que Geoffrey Hinton, l'un des pionniers de l'IA, mettent en garde contre les dangers potentiels de cette technologie, notamment son impact sur les inégalités sociales. Hinton avertit que l'IA pourrait aggraver les écarts de richesse, entraînant une société de plus en plus polarisée, où les plus riches bénéficieraient des avancées technologiques, tandis que les plus pauvres en seraient laissés pour compte. Il prévoit que l'émergence d’une superintelligence, dépassant l’intelligence humaine, pourrait survenir d'ici 20 ans, exacerber les tensions sociales et ouvrir la voie à des régimes autoritaires.
Ce point de vue rejoint les préoccupations soulevées par le rapport du Forum économique mondial Future of Jobs 2025, qui met en évidence l'impact de l'IA sur le marché du travail. Selon ce rapport, la montée en puissance de l'automatisation, avec l'IA en tête, pourrait entraîner la suppression de millions d'emplois dans les années à venir. Les entreprises devraient davantage automatiser les tâches et réduire leur personnel, ce qui engendrerait des pertes d'emplois dans divers secteurs, en particulier la technologie. Parallèlement, des efforts de recyclage des compétences sont prévus, mais il demeure une inquiétude : l'IA risque de rendre certains travailleurs obsolètes si des solutions de reconversion ne sont pas mises en place efficacement.
Ces scénarios, en combinant progrès technologique et risques sociaux, illustrent les tensions croissantes entre les bénéfices annoncés de l'IA et ses conséquences possibles pour la société. Tandis que certains voient dans l'IA une avancée inéluctable vers des « superpouvoirs numériques », d'autres, comme Geoffrey Hinton, soulignent les dangers liés à l'accroissement des inégalités et de la polarisation sociale, que l'automatisation pourrait aggraver. L'IA pourrait offrir des capacités inédites, mais si elle n'est pas régulée correctement, elle pourrait également devenir une source de division et de contrôle social.
L'informatique de demain : des outils aux capacités avec l’IA et la réalité augmentée
En 2025, l’informatique grand public commencera à évoluer, passant d’une course pour développer des outils toujours plus puissants à une compétition pour créer des aptitudes de plus en plus performantes. La distinction entre un outil et une capacité est subtile mais significative. Depuis les premières pierres taillées jusqu’aux ordinateurs quantiques, les outils sont des artefacts externes qui aident l’humanité à surmonter ses limites physiques. Ces outils ont permis d’étendre considérablement ce que nous pouvons accomplir, tant individuellement qu’en tant que groupes ou civilisations.
Les capacités, quant à elles, sont différentes. Elles sont vécues de manière intime, comme des compétences auto-incarnées, facilement accessibles à notre esprit. Par exemple, le langage et les mathématiques sont des technologies humaines qui s’intègrent dans notre cerveau, enrichissant notre pensée, notre créativité et notre collaboration. Ces capacités sont de véritables super-pouvoirs, si ancrés dans notre existence qu’on les considère rarement comme des technologies.
La « mentalité augmentée » fait référence à cette nouvelle vague de capacités humaines qui, bien que nécessitant un matériel, seront vécues comme des compétences intégrées à notre quotidien. Elles émergeront de la convergence de l’IA, de la réalité augmentée et de l’informatique conversationnelle. Ces capacités seront activées par des agents d'IA conscients du contexte, intégrés à des dispositifs portés sur le corps, capables de percevoir notre environnement et de nous fournir une vision enrichie et plus précise de celui-ci. Ce changement technologique, que je qualifie de « mentalité augmentée », pourrait, d’ici 2030, transformer notre quotidien, la majorité d’entre nous vivant avec ces agents d’IA comme des superpouvoirs numériques qui nous accompagnent tout au long de la journée.
Ces superpouvoirs seront principalement offerts par des lunettes équipées de caméras et de microphones servant d’yeux et d’oreilles. Pour ceux qui préfèrent éviter les lunettes, d’autres dispositifs, comme des oreillettes avec caméras intégrées, offriront des alternatives. Nous interagirons avec ces appareils en murmurant, et ils répondront en nous fournissant des recommandations, des conseils, des rappels spatiaux, des indications directionnelles, des signaux haptiques et d’autres contenus perceptifs pour nous guider dans nos activités quotidiennes, devenant ainsi un alter ego omniscient qui nous accompagnera à chaque instant.
Vers une transformation radicale de notre réalité quotidienne
Louis B. Rosenberg propose le scénario suivant pour illustrer la transition vers un futur où les superpouvoirs numériques deviendront une réalité quotidienne : imaginez que vous vous promenez en ville et apercevez un magasin de l'autre côté de la rue. Vous vous demandez à quelle heure il ouvre. Aujourd’hui, vous sortiriez votre téléphone, taperiez le nom du magasin et consulteriez rapidement ses heures d’ouverture sur un site web. Ce modèle d’interaction repose sur des outils externes pour rechercher et obtenir de l’information.
Cependant, Rosenberg anticipe un changement profond vers une informatique des capacités, dans laquelle la technologie deviendra non seulement un outil, mais une extension de nos propres capacités. Voici un aperçu de cette transition, en trois phases :
Phase 1 : Vous portez des lunettes intelligentes alimentées par l'IA, capables de percevoir ce que vous voyez, entendre ce que vous entendez et analyser votre environnement grâce à un modèle multimodal de langage étendu. Plutôt que de rechercher des informations sur un téléphone, il vous suffira de murmurer : « Je me demande quand il ouvre ? » et l’IA vous répondra instantanément, vous donnant l’heure d’ouverture du magasin. L’IA ne...
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. Quel visionnaire celui-là.