Un nouveau rapport accablant vient éclabousser l'entreprise controversée de reconnaissance faciale Clearview AI. Elle a tenté d'acheter des centaines de millions de dossiers d'arrestation, dont des numéros de sécurité sociale, des photos d'agressions et même des adresses électroniques, afin de les incorporer à son produit. Bien que l'accord ait échoué, Clearview AI a dépensé à cette fin près d'un million de dollars pour 690 millions de dossiers d'arrestation et 390 millions de photos d'arrestation provenant des 50 États américains. Les pratiques de Clearview AI ont suscité un tollé international et l'entreprise a déjà été condamnée en France, en Italie, etc.Clearview AI : un logiciel conçu sur la base d'une violation massive de la privée
Clearview AI est une société américaine spécialisée dans la reconnaissance faciale. L'entreprise vend un logiciel basé sur une technologie qu'elle développe, permettant de rechercher un visage dans une base de données de plus de dix milliards d'images, obtenues illégalement par le biais du scraping Web. Clearview AI suscite la controverse et a fait l'objet de diverses enquêtes depuis 2020, notamment autour de la menace qu'elle fait peser sur la vie privée.
Depuis sans création, en 2027, Clearview AI a collecté des milliards de photos sur des plateformes de médias sociaux tels que Facebook, LinkedIn et d'autres, à l'insu des utilisateurs, et a vendu l'accès à son logiciel controversé de reconnaissance faciale aux forces de l'ordre de nombreux pays, dont les États-Unis. De nouveaux documents divulgués, et obtenus par 404 Media, lèvent peu plus le voile sur la manière dont Clearview AI collecte ces données.
Ils révèlent que « Clearview AI a dépensé près d'un million de dollars pour acheter à une société de renseignement 690 millions de dossiers d'arrestation et 390 millions de photos d'arrestation provenant des 50 États ». Clearview AI a tenté d'acheter ces données à Investigative Consultant inc. (ICI).
Investigative Consultant se présente comme une société de renseignement ayant accès à des dizaines de milliers de bases de données et capable de créer des flux de données uniques pour ses clients. Le contrat décrit les dossiers comme comprenant les adresses actuelles et antérieures des personnes, les dates de naissance, les photos d'arrestation, les numéros de sécurité sociale et de téléphone portable, les adresses électroniques, et bien d'autres encore.
Le contrat a été signé à la mi-2019, alors que Clearview AI collectait discrètement des milliards de photos sur Internet et était relativement peu connue à l'époque. En fin de compte, l'ensemble de l'accord a échoué après que Clearview AI et Investigative Consultant se sont opposés sur l'utilité des données.
Chaque société a déposé des réclamations pour rupture de contrat. Le différend a été soumis à un arbitrage, où il est courant que les litiges soient réglés de manière privée. L'arbitre s'est rangé du côté de Clearview AI en 2024 et a ordonné à Investigative Consultant de restituer l'argent du contrat.
À ce jour, Investigative Consultant n'a pas payé Clearview AI, et ce dernier cherche à obtenir une décision de justice pour faire appliquer la décision de l'arbitre. Le président d'Investigative Consultant, Donald Berlin, a déjà été accusé dans un procès de fabrication de rapports de renseignement et de diffamation.
Clearview AI revendique une base de données de plus de 50 milliards d'images
À l'heure actuelle, Clearview AI annonce à ses clients que « sa technologie comprend la plus grande base de données connue de plus de 50 milliards d'images faciales provenant de sources Web exclusivement publiques », dont les médias d'information, les sites de photos d'identité, les médias sociaux publics et de nombreuses autres sources ouvertes. C'est une évolution substantielle par rapport à l'estimation de dix milliards d'images d'il y a quelques années.
Les documents judiciaires qui ont fait l'objet de fuite montrent que pendant que Clearview AI construisait « une gigantesque base de données d'images », il tentait simultanément d'acheter des informations sensibles telles que des numéros de sécurité sociale, des adresses électroniques ou d'autres données. Aux États-Unis comme à l'étranger, Clearview AI a fait l'objet d'un examen minutieux pour avoir collecté des images sur des sites de médias sociaux.
Selon un rapport...
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