Après la multiplication des projets avec l'IA au sein du gouvernement, le Département de l'Efficacité Gouvernementale (DOGE), dirigé par Elon Musk, est accusé d'utiliser l'intelligence artificielle (IA) pour surveiller les communications des employés fédéraux américains à la recherche de propos perçus comme hostiles envers le président Donald Trump et son administration. Des sources indiquent que cette surveillance inclut l'utilisation d'applications de communication internes telles que Microsoft Teams.L'utilisation de l'IA par le DOGE, en particulier du chatbot Grok développé par Musk, soulève des préoccupations en matière de transparence et de légalité, notamment en ce qui concerne le respect des exigences fédérales en matière de conservation des documents. De plus, l'utilisation de l'application de messagerie chiffrée Signal, qui permet aux messages de disparaître, alimente les inquiétudes quant à la conformité aux réglementations fédérales.
Un vent glacial souffle sur les institutions fédérales américaines. Depuis la révélation selon laquelle le Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE), dirigé par Elon Musk, utiliserait l’intelligence artificielle pour espionner les employés fédéraux, les critiques fusent, dénonçant une dérive autoritaire masquée derrière un vernis technologique.
Pour rappel, le Department of Government Efficiency (DOGE) est une initiative de la deuxième administration de Donald Trump aux États-Unis. Créé par un décret le 20 janvier 2025, le DOGE a pour objectif déclaré de « moderniser la technologie et les logiciels fédéraux afin de maximiser l'efficacité et la productivité du gouvernement ». Ses actions ont notamment consisté à organiser des licenciements massifs de travailleurs fédéraux, à accéder à des systèmes informatiques et à des données personnelles sensibles, et à réduire les financements liés aux programmes DEI (diversité, équité et inclusion), aux initiatives de lutte contre le changement climatique et à la recherche scientifique.
Un outil technologique, une arme politique ?
Selon plusieurs sources rapportées par Reuters et AP News, DOGE aurait recours à des outils d’IA, dont le chatbot Grok (issu des laboratoires de xAI, également fondé par Musk) pour analyser les communications internes des agences fédérales. Officiellement, l’objectif serait d’améliorer la productivité et de détecter les « inefficacités systémiques ». Officieusement, il s’agirait surtout d’identifier les employés « déloyaux » ou critiques envers l’administration actuelle et ses politiques.
Cette surveillance, qui toucherait des plateformes comme Microsoft Teams ou des applications de messagerie chiffrée comme Signal, suscite une inquiétude légitime : dans quelle mesure les technologies développées à des fins d’efficacité peuvent-elles devenir des instruments de répression silencieuse ? L’IA utilisée ne se contente pas de collecter des données : elle les interprète, les classe, et potentiellement les juge.
Dans son article, Reuters explique :
« Des responsables de l'administration Trump ont dit à certains employés du gouvernement américain que l'équipe de technologues du DOGE d'Elon Musk utilisait l'intelligence artificielle pour surveiller les communications d'au moins une agence fédérale à la recherche d'hostilité au président Donald Trump et à son programme, ont déclaré deux personnes ayant connaissance de l'affaire.
« Alors qu'une grande partie du Département de l'efficacité gouvernementale de Musk reste entourée de secret, la surveillance marquerait une utilisation extraordinaire de la technologie pour identifier les expressions de déloyauté perçue dans une main-d'œuvre déjà bouleversée par des licenciements généralisés et des coupes sombres dans les coûts.
« L'équipe du DOGE utilise également l'application Signal pour communiquer, selon une autre personne ayant une connaissance directe de l'affaire, ce qui pourrait constituer une violation des règles fédérales en matière de tenue de registres, car les messages peuvent être configurés pour disparaître au bout d'un certain temps. Et ils ont "fortement" déployé le chatbot Grok AI de Musk - un rival potentiel de ChatGPT - dans le cadre de leur travail de démantèlement du gouvernement fédéral, a déclaré cette personne. Reuters n'a pas pu déterminer exactement comment Grok était utilisé ».
Entre dystopie numérique et gouvernance musclée
Le retour en grâce de Donald Trump à la présidence en 2024 a donné lieu à une restructuration rapide et brutale de l’appareil fédéral. DOGE, agence nouvellement créée, incarne cette volonté de rationalisation et de contrôle centralisé. Mais en confiant des leviers aussi puissants à une technologie opaque, pilotée par une entreprise privée dirigée par un homme aussi polarisant qu’Elon Musk, la Maison-Blanche semble franchir une ligne rouge.
La crainte exprimée par plusieurs fonctionnaires et analystes politiques est celle d’un « maccarthysme algorithmique » : une époque où l’IA remplace le comité d’enquête, où les « ennemis de l’intérieur » sont détectés non par des faits, mais par des patterns de langage, des sentiments présumés, ou une simple plaisanterie dans un canal de discussion privé.
Cette surveillance intervient dans un contexte de réductions budgétaires et de suppressions de postes au sein de diverses agences fédérales, y compris l'Agence de...
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