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La tricherie par l'IA est tellement incontrôlable que certains établissements reviennent aux épreuves manuscrites
Des enseignants s'inquiètent d'une possible érosion des compétences fondamentales

Le , par Stéphane le calme

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À l’ère de l’intelligence artificielle générative, les écoles américaines redécouvrent un outil presque oublié : le "blue book", ce modeste cahier d'examen bleu utilisé pour les épreuves manuscrites. Ce come-back n'est pas une fantaisie nostalgique. Il illustre la crise profonde que traverse le système éducatif, contraint de se replier sur des méthodes traditionnelles pour tenter de garantir l'intégrité académique face à une crise croissante : l’explosion de la triche facilitée par l’IA dans le système éducatif.

Contexte

L'avènement d'intelligences artificielles génératives telles que ChatGPT a déclenché une onde de choc dans le monde de l'enseignement secondaire et supérieur. Entre craintes de tricherie massive et promesses d'une révolution pédagogique, la question de la finalité même de l'université se pose avec une acuité nouvelle. Les institutions sont-elles au bord d'une crise existentielle, ou assistons-nous à l'émergence d'un nouveau paradigme éducatif ? Face à des machines capables de produire des dissertations en quelques secondes, de résoudre des équations complexes et de simuler des raisonnements critiques, la légitimité des cursus universitaires traditionnels est mise à rude épreuve.

La hantise de la triche et l'érosion des compétences

À mesure que l’intelligence artificielle générative, incarnée par des outils comme ChatGPT, s’impose dans notre quotidien, une question cruciale secoue le monde académique : l’université, telle que nous la connaissons, a-t-elle encore une raison d’être ?

Selon des analyses récentes, notamment relayées par plusieurs médias grands publics et spécialisés, l'intégration de l'IA dans les cursus universitaires amène le système éducatif à un « point de crise ». La facilité déconcertante avec laquelle des outils comme ChatGPT peuvent produire des dissertations, résoudre des problèmes complexes ou encore générer du code informatique bouscule les méthodes d'évaluation traditionnelles et soulève des inquiétudes majeures quant à l'intégrité académique.

La principale préoccupation, largement documentée, est l'augmentation potentielle de la tricherie. Des enseignants rapportent déjà une recrudescence de travaux rendus qui portent manifestement la marque de l'IA, obligeant les institutions à repenser leurs stratégies de contrôle et d'évaluation. Certains établissements voient même un retour en grâce des examens sur table et des interrogations orales, des méthodes jugées plus à même de vérifier l'acquisition réelle des connaissances par l'étudiant.

L’IA est désormais massivement utilisée pour rédiger des essais, répondre à des examens à distance, voire produire des codes informatiques complexes. Le tout, souvent sans que les professeurs ne puissent facilement détecter la supercherie. Certains établissements universitaires rapportent une explosion des cas de triche — ou plutôt, une redéfinition même de ce que signifie « tricher ».

« Je dois être à la fois un enseignant et un détecteur d'IA », déclare Stephen Cicirelli, professeur d'anglais à l'université St. Peter's de Jersey City, dans le New Jersey. « Pour tout devoir que vous ramenez à la maison et avec lequel vous avez le temps de jouer, il y aura des doutes ».

Cicirelli a publié sur X un message dans lequel il a raconté comment l'une de ses étudiantes s'est faite prendre en train de soumettre un travail rédigé par une IA - et s'est excusée en envoyant un courriel qui semblait également avoir été rédigé par ChatGPT : « Je viens de recaler une étudiante qui avait soumis un travail de recherche rédigé par une IA, et elle m'a envoyé un courriel manifestement rédigé par une IA pour s'excuser et me demander s'il y avait quelque chose à faire pour améliorer sa note. Nous sommes de l'autre côté du miroir, mesdames et messieurs ».



« Vous venez me voir après pour vous excuser, faire preuve d'humanité et demander la grâce », dit-il. « Vous ne le faites même pas vous-même ? »

La prolifération des travaux scolaires assistés par l'IA inquiète les responsables universitaires.
  • 66 % d'entre eux pensent que l'IA générative réduira la durée d'attention des étudiants, selon une enquête menée auprès de présidents d'université, de chanceliers, de doyens et d'autres personnes par l'American Association of Colleges & Universities (AAC&U) et le centre Imagining the Digital Future de l'université d'Elon.
  • 59 % affirment que la tricherie a augmenté sur les campus.
  • 56 % affirment que leur établissement n'est pas prêt à préparer les étudiants à l'ère de l'IA.

« Il s'agit d'une perturbation indéniable et inévitable », déclare Lee Rainie, directeur du centre d'Elon. « On ne peut pas détourner les yeux.


Les enseignants ne parviennent pas à se mettre d'accord sur ce qui est acceptable dans ce nouveau...
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Avatar de Gepeto213
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 31/05/2025 à 11:37
Beaucoup parlent de devoir suivre l'évolution. Le problème ici n'est pas de devoir se faire aider sur une épreuve de force mais intellectuelle. Comment se construit l'intelligence humaine, le savoir ? Uniquement sur l'effort, les épreuves, les échecs et les succès. Il est courant d'entendre : «*à quoi cela me sert d'apprendre ça puisque j'en n'aurait pas l'utilité plus tard ?*» ― faux. Repousser les limites du raisonnement nous aide à mieux appréhender les défis et les challenges de demain, et c'est ce qui nous conduit parfois à faire preuve d'une véritable innovation face à des problèmes complexes et nouveaux. Laisser quelqu'un d'autre penser à notre place, même une machine, c'est sacrifier ce qui fait de nous des êtres intelligents : notre capacité d'analyse et de réflexion. Faire l'impasse sur cela c'est comme accepter de devenir rachitique dans un exosquelette en croyant que cela fait de nous des athlètes. Est-ce que j'utilise l'IA ? Bien sûr. Mais je prends garde à ce qu'elle ne me prive pas de mon devoir de réflexion et d'approfondissement. Par exemple, si je dois rédiger un texte en anglais, je ne demande pas à l'IA de le faire ; je le rédige moi et après je lui demande de me corriger et d'améliorer ma réponse, de sorte que je m'exerce à la tâche et me confronte ensuite à une correction qui me permette d'apprendre de mes erreurs. Il est possible d'apprendre avec l'IA mais ce n'est qu'à la condition qu'elle nous permette de construire notre connaissance de manière structurée, organisée et pertinente, autrement nous devenons juste des esclaves décérébrés, sans âme ni caractère. La difficulté et le fait de devoir repousser les limites forge notre caractère et intelligence. Déjà que les réseaux sociaux nous abrutissent, alors que dire d'une formation par procuration ? Le pire dans tout cela c'est que ce sont de jeunes en devenir qui souhaitent aller dans ce sens, alors même que ce sont eux les premiers, de par leur inexpérience, qui sont les plus remplaçable par l'IA, et privés par là-même de leur opportunité de gagner en expérience. Qu'un prof utilise l'IA ne me gène pas ― il a déjà toute l'expérience et recul nécessaire pour cela, il n'a rien à prouver ; qu'un étudiant l'utilise pour se faire «*souffler*» les réponse sans effort, c'est se mentir à soi-même : il restera incapable de relever de nouveaux défis et justifie par là-même son remplacement par l'IA dans l'argumentaire d'entreprises en recherche de véritables talents. Quelle décadence du savoir…

Note : et je suis heureux de ne pas avoir eu besoin de l'IA pour rédiger ce post.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 04/02/2026 à 21:44
Qu'ils laissent préparer l'écrit comme d'habitude, mais évaluent les étudiants à l'oral sur la base de ce qui a été écrit. L'important est qu'ils apprennent : qu'ils utilisent l'IA ou pas à l'écrit, tant qu'ils retiennent ce qu'il faut le boulot est fait. Et au passage ça remettra l'humain au centre.
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Avatar de Brarbri
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 08/12/2025 à 10:44
L'intelligence artificielle est le croisement des mathématiques, de l'informatique et de larges bibliothèques. Lequel(s) des trois vous voulez interdire aux universités ?
Bien sûr, il faut former les jeunes à son utilisation, et faire de la prévention sur les risques. Ça permettra à une génération de faire des choix éclairés sur l'utilisation ou la régulation de l'outil.
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Avatar de lecorr
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 31/05/2025 à 11:34
Citation Envoyé par jnspunk Voir le message
Une solution plus intelligente serait de rendre obligatoire l'utilisation des modèles de langage pour les devoirs et examens. Cela permettrait de relever le niveau et de permettre aux étudiants d'apprendre des choses plus utiles, car on les évaluerait sur ce que le modèle de langage sera incapable de faire. Si on empêche l'utilisation de ces modèles de langage à l'école, on empêche alors aux étudiants d'apprendre un outil qui sera vite obligatoire dans la vie professionnelle.

Imaginez qu'à l'invention de la tronçonneuse, on force les apprentis bûcherons à couper un arbre avec une scie ? Ils n'auront rien appris de l'outil qui sera pourtant leur principal outil de travail.
Je suis certain que vous serez tout à fait rassuré quand vous apprendrez que votre opération à coeur ouvert sera réalisée par un chirurgien qui a eu son diplôme grâce à l'IA...
Blague à part, si on veut l'IA dans les classes, alors autant noter l'IA.
Je travaille dans l'informatique, presque tout ce que je fais est nouveau... Quand je demande à l'IA des informations sur mon propre domaine, elle a une forte tendance à me recracher presque texto mon propre site web. www theopuproject com...
C'est ça les limites de l'IA... L'incapacité à inventer quelque chose. Et aussi, de vous exposer à de grosses amendes pour plagiat.
Donc, même si l'IA peut être utile dans des cas limités, elle ne sert à rien pour les inventeurs et créateurs (pour rappel, un créateur crée un 'objet' original, pas une copie volée à quelqu'un d'autre).
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Avatar de floyer
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 02/12/2025 à 14:44
Et lorsque l’IA aura plus de contenu généré par IA pour se former que de contenu de première main… on peut craindre le pire.
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Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 04/02/2026 à 9:58
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si tu n'es pas capable de le faire toi même, c'est que tu n'es pas si doué que ça. Ce n'est quand même pas compliqué de s'exprimer de manière incorrecte ou maladroite.

Bientôt, il va falloir fournir trois versions de son devoir :
  • une rédigée normalement comme d'habitude
  • la réponse de l'IA "telle que"
  • puis un mélange des deux premières, avec les fautes d'orthographe ajoutées par IA


On n'arrête pas le "progrès".
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 04/02/2026 à 10:31
Et donc un "parrain de l'IA" vient de faire un beau discours en affirmant que l'IA allait permettre de grandes avancées dans des domaines tels que... L'éducation?!?!?!

En voilà une preuve...
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Avatar de smarties
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 05/02/2026 à 12:06
Je suis d'accord que pour apprendre il faut évidemment étudier et donc travailler mais :
- avoir trop de devoirs doit pousser les élèves à utiliser des IA pour ce qui est écrit afin de dégager du temps pour autre chose. En plus, par rapport à mon cursus je dois me rappeler d'à peine 20% de ce que j'ai appris (par cœur pour certaines occasions) ( Pour la médecine et d'autres domaine il n'y a pas le choix). Je me rappelle du collège : une trentaines d'heure de cours par semaine avec 2x1h de trajet le matin (donc 6h30-18h30 juste pour ce qui était lié à l'école) et enfin le sport certains soir et parfois le WE... c'était bien rempli, je me demande comment on faisait
- si les classes avaient des "tailles humaines", les professeurs connaîtraient bien tous les élèves et généralement il y a une corrélation entre ce qui se passe en cours et ce qui est rendu dans les travaux à la maison. Avec l'IA ça joue au chat et à la souris. L'oral n'est pas forcément révélateur car avec le stress, la timidité on peut perdre ses moyens
- arrêter de survaloriser le tertiaire afin que ce qui débouche vers des métiers manuels soit aussi bien vu
- avoir moins d'heures de cours mais potentiellement 1h encadrée régulièrement pour faire ses devoirs écrits seul ou en petit groupe de travail est peut être une piste
- faire redoubler quand c'est nécessaire et ne plus se soucier des chiffres pour l'établissement qui maintiennent une élite au lieu de chercher à mieux aider les élèves (accompagnement, réorientation, ...)

Parfois je me demande si un système d'éducation qui ne te pousse pas faire des études (donc rapidement travailler post-bac) mais qui te permet facilement de reprendre des études serait mieux (par facilement, ouvert au delà de 25 ans, si on s'est arrêté juste après le bac que le coût soit grandement réduit, ...)
Continuer de valoriser l'alternance... même si j'ai l'impression que sur LinkedIn je vois de plus en plus d'étudiants ayant du mal à trouver une alternance ou un stage. En pratique pour l'entreprise ce n'est pas forcément simple.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 01/03/2026 à 10:43
Je ne vois pas bien la valeur d'un diplôme du supérieur si ce dernier ne nécessite pas d'avoir fourni un travail inédit et original pour l'obtenir.

Or le résultat produit par les LLM n'est ni inédit ni original. Par déduction, on peut légitimement se questionner sur la valeur des diplômes si ces derniers suffisent à tuer la difficulté des examens proposés.
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Avatar de ring0
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 03/12/2025 à 0:36
Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
Déjà vu, avec Socrate qui disait que les livres "abrutissaient" la jeunesse.
La dernière fois qu'il m'en a parlé, Socrate m'a rappelé qu'il était mort en 400 AEC, alors que les livres sont arrivés 200 ans plus tard (voir Wikipedia). De quels livres parles-tu?
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