Les milliardaires de la technologie comme Mark Zuckerberg et Elon Musk investissent massivement dans l'IA. Ils sont convaincus que l'industrie est proche de créer une IA capable de faire de nouvelles découvertes scientifiques. Leurs déclarations attirent les investisseurs et maintiennent les travailleurs dans un climat d'incertitudes. Mais les véritables experts affirment que cette technologie n'est pas à porter de main. Yann LeCun, co-inventeur de l'apprentissage profond moderne, a déclaré que les modèles d'IA n'aboutiront pas à une véritable intelligence artificielle générale (AGI). D'autres dénoncent le mirage de l'AGI et le battage médiatique autour.Les prédictions audacieuses sur l'arrivée de l'AGI sont nombreuses. En mars 2023, Sam Altman, PDG d’OpenAI, a déclaré à plusieurs reprises que l'AGI pourrait apparaître d’ici à 2027. En 2024, Elon Musk, PDG de xAI, a déclaré : « je pense que l’AGI pourrait arriver d’ici 2025. Peut-être même plus tôt ». En mai 2024, Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind, a noté : « je pense que nous pourrions voir l’AGI dans les prochaines années, peut-être d’ici 2030 ».
Meta investit des dizaines de milliards de dollars dans un nouveau laboratoire destiné à la création de la superintelligence. Après l'échec cuisant du métavers de Meta, l'entreprise se tourne vers l'IA. « Le Meta Superintelligence Labs disposera de niveaux de calcul inégalés dans l'industrie et, de loin, du plus grand nombre de calculs par chercheur. J'ai hâte de travailler avec les meilleurs chercheurs pour faire avancer les choses », affirme le PDG Mark Zuckerberg.
Dans un récent épisode du podcast All-In, le milliardaire Travis Kalanick, cofondateur d'Uber, a expliqué pourquoi il pense que l'IA est sur le point de révolutionner les connaissances scientifiques et provoquer de nombreux bouleversements. (Travis Kalanick ne travaille plus chez Uber.) Travis Kalanick a décrit comment il utilise le chatbot Grok de l'entreprise xAI d'Elon Musk pour tenter d’explorer les frontières de la physique quantique en mode « vibe physics ».
L'IA peut-elle créer quelque chose de nouveau ? Oui, selon les milliardaires
Travis Kalanick dit avoir été « proche de percées intéressantes » en utilisant le chatbot Grok. L'un des animateurs du podcast, Jason Calacanis lui a posé la question suivante : « ces IA sont-elles vraiment capables de proposer des idées véritablement nouvelles ? » En réponse, Travis Kalanick a reconnu que l'IA ne crée rien de neuf par elle-même, mais qu'il faut « tirer sur l’âne » pour extraire une idée novatrice malgré leur adhésion à la sagesse traditionnelle.
Elon Musk est convaincu que l'IA surpassera bientôt les humains dans tous les domaines de la vie, bien que ses prédictions se sont souvent révélées fausses. Il a déclaré avoir posé à Grok des questions sur la science des matériaux qui ne figurent ni dans les livres ni en ligne. En réponse, le chatbot aurait touché à des zones inexplorées. L'idée, bien sûr, est que Musk a atteint les limites de la science connue plutôt que la limite de sa compréhension scientifique.
Selon les prédictions, grâce à ses capacités avancées, l'AGI a le pouvoir de révolutionner les industries, de relever des défis mondiaux complexes et de remodeler notre façon de travailler et de vivre. OpenAI, Anthropic, Microsoft, Google, etc. investissent des milliards dans l'AGI et s'attendent à ce qu'elle égale ou surpasse les capacités cognitives de l'homme, mais pour l'instant, elle reste un objectif insaisissable, avec de nombreux défis techniques à relever.
Les plus enthousiastes affirment que chaque jour qui passe nous rapproche de la création d'entités artificielles rivalisant avec nos capacités cognitives. Certains parmi eux pensent d'ailleurs que nous sommes déjà en présence d'une forme d'AGI. À titre d'exemple, en octobre 2023, le PDG d'OpenAI, Sam Altman, a déclaré que son chatbot ChatGPT aurait pu être considéré comme une AGI s'il était sorti dix ans auparavant. Ce qui a suscité de nombreux critiques.
Malgré leurs espoirs, les milliardaires de technologie concèdent que les IA actuelles restent limitées : elles imitent ce qui est déjà connu, sans réelle capacité de raisonnement ou de créativité. Leur utilité est conditionnée à un usage très critique, avec double‑vérification systématique des idées extraites.
L'industrie court après une technologie qu'elle n'est pas capable de définir
Les milliardaires de technologie font l'apologie de l'intelligence artificielle générale. Mais ce concept n'a même pas une définition exacte et cela ne semble pas pour bientôt. Et c'est loin d'être le seul terme qui circule à l'heure actuelle dans l'industrie technologique. Les milliardaires et leurs entreprises utilisent également le terme très accrocheur « superintelligence » sans définir ce que cela signifie, mais ce concept ne manque pas d'intriguer les investisseurs.
L'industrie de l'IA n'est toujours pas tombée d'accord sur une définition unique de ce qu'est l'AGI. Chaque entreprise a sa propre définition. Début avril 2025, Google DeepMind a publié un document dans lequel il définit l'AGI comme « un système capable d'égaler au moins le 99e percentile des adultes qualifiés dans un large éventail de tâches non physiques, y compris des tâches métacognitives telles que l'apprentissage de nouvelles compétences ».
Selon un rapport de The Information, OpenAI et Microsoft définissent l'AGI comme « un système d'IA pouvant générer jusqu'à 100 milliards de dollars de bénéfices », ce qui semble totalement éloigné de toute référence scientifique. Le rapport cite un document de 2023 émanant des deux entreprises. Il suggère que l'AGI, telle que beaucoup l'imaginent, est un objectif irréaliste et révèle surtout qu'OpenAI est aujourd'hui plus intéressé par les profits.
« Quiconque prétend qu'un concept mal défini, l'AGI, est sur le point de voir le jour est très probablement en train d...
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