Une nouvelle tendance technologique suscite une vive controverse : l'utilisation croissante de l'intelligence artificielle pour mener les entretiens d'embauche. Alors que les entreprises adoptent ces outils pour rationaliser leurs processus et gérer des milliers de candidatures, une résistance inattendue émerge du côté des demandeurs d'emploi. De nombreux candidats expriment un rejet catégorique de ces « recruteurs robotiques », considérant l'expérience comme déshumanisante et préférant, pour certains, rester au chômage plutôt que de se soumettre à un tel exercice.Du côté des entreprises et des équipes de ressources humaines, l'argument est souvent celui de l'efficacité. Confrontées à un nombre massif de candidatures, en particulier pour les postes de premier échelon, les équipes RH surchargées considèrent l'IA comme un moyen de survie. Ces outils permettent d'analyser les CV, de présélectionner les candidats et de programmer des entretiens à grande échelle, libérant ainsi les recruteurs humains pour des tâches plus complexes.
Cependant, cette quête d'efficacité à tout prix semble créer un fossé entre les employeurs et les demandeurs d'emploi.
Ces dernières années, les entreprises ont diminué drastiquement leurs équipes pour réduire les coûts. Avec une équipe de RH et de recrutement réduite, la charge de travail devient pesante. Ceux qui ont évité de recevoir une lettre de licenciement doivent maintenant assumer le travail supplémentaire de ceux qui ont quitté l'entreprise. De nouvelles startups proposent aux entreprises d'alléger le fardeau du recrutement grâce à l'IA. Elles proposent des outils d'IA capables de générer la planification, mener des entretiens d'embauche en temps réel avec les candidats et fournir un retour d'information immédiat.
L'intelligence artificielle est censée remédier aux inefficacités du processus de recrutement, économisant du temps et de l'argent aux entreprises en automatisant davantage les tâches grâce aux algorithmes d'apprentissage automatique.
Fairgo et Apriora sont des startups proposant des outils de ce type. Ces outils leur permettent de gagner du temps et de réduire les coûts. Fin 2019, Unilever a déclaré avoir économisé 100 000 heures et environ un million de dollars en coûts de recrutement grâce à des entretiens vidéo automatisés. LinkedIn et ZipRecruiter utilisent l'IA générative pour offrir des recommandations d'emploi et permettre aux recruteurs de générer des listes en quelques secondes.
Moonhub, une startup soutenue par Google, utilise un robot d'IA pour parcourir l'internet, recueillant des données sur des sites tels que LinkedIn et GitHub, afin de trouver des candidats appropriés. Sur HireVue, des robots dotés de questionnaires précis réalisent des évaluations vidéo pour analyser la personnalité des candidats. De nouvelles entreprises centralisent ces capacités, permettant aux entreprises de gérer le recrutement de manière quasi automatique.
Cependant, les experts en recrutement sont sceptiques quant aux bienfaits de cette évolution. Nombre d'entre eux craignent que l'IA n'aggrave un système déjà frustrant, entraînant de nouveaux problèmes tels que les embauches fantômes où des robots pourraient se faire passer pour des personnes.
Le malaise est palpable
Les chercheurs d'emploi participent désormais à des réunions Zoom où ils sont accueillis par des intervieweurs IA. Les candidats déclarent qu'ils sont soit perplexes, intrigués, soit carrément découragés lorsque des robots sans visage se joignent aux appels.
« La recherche d'un emploi en ce moment est tellement démoralisante et épuisante que se soumettre à cette indignité supplémentaire est un pas de trop », explique Debra Borchardt, une rédactrice et éditrice chevronnée qui est à la recherche d'un emploi depuis trois mois. « En quelques minutes, je me suis dit : "Je n'aime pas ça, c'est horrible". C'est affreux. Au début, c'était normal... Ensuite, c'est passé au processus de l'entretien proprement dit, et c'est là que c'est devenu un peu bizarre ».
Les intervieweurs IA ne sont que le dernier changement en date dans le processus d'embauche qui a été bouleversé par la technologie de pointe. Les équipes de RH étant de moins en moins nombreuses et les responsables du recrutement ayant pour tâche d'examiner des milliers de candidats pour un seul poste, ils optimisent leur travail en utilisant l'IA pour filtrer les meilleurs candidats, planifier les entretiens avec les candidats et automatiser la correspondance concernant les prochaines étapes du processus. Les intervieweurs IA sont peut-être une aubaine pour les cadres intermédiaires, mais les demandeurs d'emploi les considèrent comme un obstacle de plus dans leur intense quête de travail.
L'expérience de certains chasseurs d'emploi a été si mauvaise qu'ils renoncent complètement aux entretiens menés par l'IA. Les candidats ont déclaré que les intervieweurs IA leur donnent l'impression de ne pas être appréciés au point qu'ils préfèrent laisser passer des opportunités d'emploi potentielles, estimant que la culture de l'entreprise ne peut pas être excellente si les patrons humains ne prennent pas le temps de les interviewer. Mais les experts en ressources...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Pour ou contre les IA dans le processus d'interview de candidat ? Pourquoi ?