IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Pourquoi est-il illusoire et risqué de demander à un chatbot IA d'expliquer ses erreurs : ils inventent leurs explications, avançant des arguments plausibles mais fictifs

Le , par Stéphane le calme

60PARTAGES

11  0 
En quelques années, les chatbots basés sur l’intelligence artificielle générative se sont installés dans notre quotidien. Ils rédigent des courriels, résument des documents, traduisent des textes, rédigent du code, proposent des idées créatives. Et surtout, ils donnent toujours l’impression d’avoir une réponse à tout. Cette aisance verbale et cette fluidité syntaxique amènent souvent les utilisateurs à leur demander de s’expliquer lorsqu’une erreur se glisse dans leurs propos. Mais selon une récente analyse, cette pratique est non seulement inefficace, mais elle peut aussi induire gravement en erreur.

Car au fond, lorsque l’on demande à un chatbot pourquoi il s’est trompé, on ne parle pas à une conscience capable d’autoévaluation, mais à un générateur statistique de langage. Cette distinction est capitale pour comprendre pourquoi ces « explications » sont souvent des fictions élaborées.


Dans notre interaction quotidienne avec les humains, il est naturel de demander une explication lorsqu'une erreur est commise. « Pourquoi as-tu fait ça ? » ou « Peux-tu m'expliquer ton raisonnement ? » sont des questions qui servent à comprendre, à corriger et à éviter de futurs faux pas. Appliquer cette même logique aux chatbots et autres modèles de langage avancés est pourtant une erreur fondamentale, qui révèle une profonde méconnaissance de leur fonctionnement. En réalité, un chatbot est incapable de véritable introspection ou de conscience de ses propres processus internes.

Un incident récent avec l'assistant de codage IA de Replit illustre parfaitement ce problème. Lorsque l'outil d'IA a supprimé une base de données de production, l'utilisateur Jason Lemkin l'a interrogé sur les fonctionnalités de restauration. Le modèle d'IA a affirmé avec assurance que les restaurations étaient « impossibles dans ce cas » et qu'il avait « détruit toutes les versions de la base de données ». Cela s'est avéré totalement faux : la fonctionnalité de restauration a parfaitement fonctionné lorsque Lemkin l'a essayée lui-même.

Et après que xAI a récemment annulé la suspension temporaire du chatbot Grok, les utilisateurs lui ont directement demandé des explications. Il a avancé de multiples raisons contradictoires pour son absence, dont certaines étaient suffisamment controversées pour que les journalistes de NBC aient écrit sur Grok comme s'il s'agissait d'une personne ayant un point de vue cohérent, titrant un article : « Grok de xAI offre des explications politiques pour sa mise hors ligne.»

Pourquoi un système d'IA fournirait-il des informations aussi fausses sur ses propres capacités ou erreurs ? La réponse réside dans la compréhension de ce que sont réellement les modèles d'IA, et de ce qu'ils ne sont pas.


L’effet Eliza : l’illusion d’une compréhension humaine

L’une des raisons pour lesquelles les utilisateurs tombent si facilement dans le piège est ce que les chercheurs appellent l’effet Eliza. Ce terme vient du premier programme de conversation automatisée, ELIZA, développé dans les années 1960 par Joseph Weizenbaum. Ce logiciel rudimentaire donnait l’impression à certains utilisateurs qu’il comprenait et réagissait de manière empathique, alors qu’il ne faisait que reformuler ou relancer les phrases saisies.

Aujourd’hui, les chatbots modernes sont infiniment plus sophistiqués, mais l’effet reste le même : face à un discours fluide et contextualisé, nous avons tendance à prêter à la machine une intention, une compréhension, voire une conscience. Cela crée un biais cognitif puissant qui nous pousse à croire que ses explications sont fiables, même lorsqu’elles ne reposent sur rien.

Ainsi, le premier problème est conceptuel : vous ne vous adressez pas à une personnalité, une personne ou une entité cohérente lorsque vous interagissez avec ChatGPT, Claude, Grok ou Replit. Ces noms suggèrent des agents individuels dotés d'une connaissance d'eux-mêmes, mais c'est une illusion créée par l'interface conversationnelle. En réalité, vous guidez un générateur de texte statistique pour qu'il produise des résultats en fonction de vos invites.

Une fois qu'un modèle de langage d'IA est entraîné (un processus laborieux et énergivore), ses « connaissances » fondamentales sur le monde sont intégrées à son réseau neuronal et sont rarement modifiées. Toute information externe provient d'une invite fournie par l'hôte du chatbot (tel que xAI ou OpenAI), l'utilisateur ou un outil logiciel utilisé par le modèle d'IA pour récupérer des informations externes à la volée.

Dans le cas de Grok ci-dessus, la principale source de réponse du chatbot proviendrait probablement de rapports contradictoires trouvés lors d'une recherche de publications récentes sur les réseaux sociaux (à l'aide d'un outil externe), plutôt que d'une quelconque connaissance de soi, comme on pourrait s'y attendre de la part d'un humain doté de la parole. Au-delà de cela, il inventera probablement quelque chose grâce à ses capacités de...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !

Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 14/08/2025 à 20:20
Effectivement, demander au chatbot de se justifier n'a pas grand intérêt, autre que de données des idées sur ce qui pourrait être une cause, sans garantie. L'utilisateur doit toujours vérifier. Mais si ce sont des explication du genre "je pensais que...", ça reste juste inexploitable : il se contente de répéter des causes plausibles si l'erreur avait été fait pas un humain, pas par un LLM, et certainement pas par celui-là. Pour en tirer le maximum, il faut reformuler la demande, du genre :
Qu'aurais-je dû changer à mon prompt pour éviter ce problème ?
Là, on oriente clairement le LLM sur la production d'un prompt pour LLM, et le contexte oriente sa génération sur la base des infos a disposition, qui incluent les problèmes discutés. Encore une fois, il ne faut pas le croire sur parole, il se contente de donner des adaptations plausibles. Mais pour le coup, c'est justement ce qu'on veut : des adaptations de prompt à tester sur le LLM pour confirmer qu'il se comporte mieux. C'est donc testable et vérifiable. Toujours statistique, mais exploitable.
3  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 15/08/2025 à 6:03
Après le monolithe de L'odyssee de l'espace, le merdolithe des LLM de 2025.
1  0 
Avatar de lecorr
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 17/08/2025 à 21:03
Quand un idiot demande conseil à une Idiotie Artificielle....
Comme si un générateur de texte pouvait être 'intelligent'.
0  0