Sous couvert de révolutionner la création vidéo, OpenAI semble surtout chercher à stabiliser un modèle économique devenu explosif. Car OpenAI ne s’est pas contenté de créer un outil : elle a construit un écosystème. Un flux de vidéos, comparable à TikTok ou Reels, diffuse en continu des créations d’utilisateurs. Sauf que cette fois, la plupart des vidéos n’ont pas d’auteur humain. Le système les génère, les promeut, et apprend de nos réactions pour optimiser ce qui fera cliquer le plus.Sam Altman, patron d’OpenAI, a admis à demi-mot que le « slop feed » — ce flux infini de vidéos générées par IA dans Sora 2 — est aussi une manœuvre financière pour financer l’achat de GPU. Derrière la façade du progrès créatif se cache une réalité bien plus prosaïque : celle d’une industrie de l’IA en quête de ressources matérielles, prête à industrialiser la distraction pour survivre.
La nouvelle application de vidéos courtes d'OpenAI, Sora, semble réunir tous les ingrédients d'un succès viral. Quelques heures seulement après le lancement de l'application mardi, des mèmes créés à l'aide de sa technologie de génération de vidéos par IA se propageaient déjà sur d'autres réseaux sociaux, notamment une vidéo du PDG d'OpenAI, Sam Altman, en train de rapper à l'intérieur d'une cuvette de toilettes.
Le lancement de Sora, avec sa page « pour vous » inspirée de TikTok, a marqué un revirement pour Sam Altman, qui avait précédemment décrit les flux des réseaux sociaux comme « un exemple d'IA mal alignée », dont les algorithmes « sont incroyablement efficaces pour vous inciter à continuer à faire défiler ».
[TWITTER]<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="en" dir="ltr">Sam Altman is playing 4D chess. Sora 2 is about to take over social media, the virality is guaranteed once this scales. Billions in ad revenue will flow straight into more compute, fueling the flywheel. In a year Sora 2 will be so efficient and cheap that margins explode. You… <a href="https://t.co/cUbmePkwDG">pic.twitter.com/cUbmePkwDG</a></p>— VraserX e/acc (@VraserX) <a href="https://twitter.com/VraserX/status/1973238369107824793?ref_src=twsrc%5Etfw">October 1, 2025</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script> [/TWITTER]
Sora 2 est présenté comme un pas de géant dans la génération vidéo : quelques mots suffisent pour produire une scène photoréaliste, avec musique, éclairage, et jeu d’acteur synthétique. Une magie technologique — du moins en surface. Car OpenAI ne s’est pas contenté de créer un outil : elle a construit un écosystème. Un flux de vidéos, comparable à TikTok ou Reels, diffuse en continu des créations d’utilisateurs. Sauf que cette fois, la plupart des vidéos n’ont pas d’auteur humain. Le système les génère, les promeut, et apprend de nos réactions pour optimiser ce qui fera cliquer le plus.
Si les vidéos sont impressionnantes par leur qualité d'image et leurs capacités, elles soulèvent toutefois la question suivante : « Quelqu'un en avait-il vraiment besoin ? » Meta a baptisé son produit « Vibes », tandis qu'OpenAI a lancé une version nouvelle génération de son créateur de vidéos, Sora 2, via une application vidéo de type TikTok pour iOS.
« Sora 2 est impressionnant », déclare un utilisateur de X. « Ce qui est encore plus impressionnant, c'est le peu d'intérêt que je porte à tout ce qui est créé à l'aide de cet outil. »
Le jargon des réseaux sociaux pour ce type de contenu généré par l'IA est « slop », qui signifie en gros générique, sans âme et optimisé pour la quantité, pas pour la qualité. Cependant, d'autres sont plus enthousiastes, y voyant une distraction amusante et un projet créatif. Il est clair que cela a fait son chemin, vu le nombre de vidéos que les utilisateurs publient sur les réseaux sociaux et les discussions que cela a suscitées.
Sora 2, ou comment transformer chaque utilisateur en rouage de l’entraînement de l’IA
Lorsque OpenAI a annoncé Sora 2, l’ambition affichée était forte : fournir un outil générateur vidéo (texte → vidéo + audio) plus réaliste, plus contrôlé, tout en le couplant à une application sociale dans la veine de TikTok. L’idée : démocratiser la création vidéo avec une simplicité comparable à celle des chatbots, et lever les barrières techniques pour les créateurs non spécialisés. Les utilisateurs peuvent désormais créer des clips à partir de simples invites textuelles, ajouter des transitions, du son, et publier le tout sur un flux partagé. OpenAI y voit la prochaine étape du « creative computing » : démocratiser la vidéo comme ChatGPT a démocratisé le texte.
Mais derrière cette façade innovante se cache une tension : jusqu’où l’outil servira-t-il l’art et la communauté, et à quel point servira-t-il les intérêts financiers d’OpenAI ?
Sur le blog de Sam Altman, on lit des intentions nobles : « optimiser pour la satisfaction utilisateur à long terme », permettre aux utilisateurs de diriger leur fil (« do you want to see videos that will make you more relaxed, or more energized? »), et faire preuve d’un certain souci du bien-être psychologique. Il reconnaît cependant une peur : celle d’un « cas dégénéré » où l’algorithme pousserait tous les utilisateurs dans un flot automatique, optimisé par renforcement (RL), de contenu « slop ». Autrement dit, une fabrique d’engagement.
Or, derrière ces mises en garde, la réalité semble plus crue : Altman a admis que ce fil « slop » pourrait être une forme de « money grab », une façon de générer de l’engagement monétisable pour financer les GPU, ces composants très coûteux indispensables à l’infrastructure AI d’OpenAI. En clair, cette mécanique addictive sert aussi à générer les revenus nécessaires pour acheter et entretenir les GPU qui font tourner les modèles d’OpenAI.
La boucle est ainsi bouclée : l’utilisateur produit, consomme, et par son attention, finance les infrastructures qui permettront à OpenAI de produire encore plus de contenu automatisé....
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