Sam Altman affirme que les revenus annuels d'OpenAI sont « bien supérieurs » aux 13 milliards de dollars annoncés et laisse entendre qu'ils pourraient atteindre 100 milliards de dollars d'ici 2027OpenAI brûle actuellement des milliards de dollars chaque année. L'IA est loin de tenir ses promesses de rentabilité et induit des coûts pharaoniques en matière d'infrastructure et d'énergie. Le premier trimestre d'OpenAI, c'est 4,3 milliards de dollars de revenus contre 13,5 milliards de dollars de pertes. Mais le PDG Sam Altman se montre très optimiste quant aux prévisions de revenus de la startup. Alors que les analystes tablent sur des revenus annuels de 13 milliards de dollars, il affirme que les revenus d'OpenAI sont plus élevés et a laissé entendre qu'OpenAI pourrait atteindre 100 milliards de dollars d'ici à 2027. Mais les analystes restent sceptiques.
Dans un épisode du podcast Bg2 Pod publié le 31 octobre 2025, l'animateur Brad Gerstner, qui est également le fondateur d'Altimeter Capital, a demandé comment OpenAI pouvait prendre des engagements financiers totalisant 1 400 milliards de dollars alors que son chiffre d'affaires annuel serait de 13 milliards de dollars. Sam Altman a rejeté cette estimation des revenus d'OpenAI. « Notre chiffre d'affaires est bien supérieur à cela », a répondu le dirigeant.
Il s'est montré très optimiste quant aux prévisions de revenus à court terme et a indiqué qu'il serait ravi de pouvoir affronter ses détracteurs. Il a réagi avec force contre ceux qui doutent de son entreprise. « Nous prévoyons une forte croissance de nos revenus. Les revenus augmentent fortement », a-t-il déclaré.
« Nous parions que cette croissance va se poursuivre et que ChatGPT continuera non seulement à se développer, mais que nous deviendrons l'un des principaux clouds d'IA, que notre activité dans le domaine des appareils grand public prendra une place importante et significative, et que l'IA capable d'automatiser la science créera une valeur considérable ». En somme, Sam Altman croît fortement au potentiel économique et technologique de l’IA générative.
Pourtant, à l'heure actuelle, la plupart des projets d'IA échouent. Selon le MIT, le taux d'échec de 95 %. Malgré la ruée vers l'intégration de nouveaux modèles d'IA puissants, environ 5 % des projets pilotes parviennent à accélérer rapidement leurs revenus ; la grande majorité stagne, n'ayant que peu ou pas d'impact mesurable sur le compte de résultat. Ce constat amer fait écho à des études récentes selon lesquelles les capacités de l'IA sont surestimées.
Sam Altman prévoit des revenus de 100 milliards de dollars en 2027
En 2024, des sources ont déclaré au New York Times qu'OpenAI prévoyait que ses revenus atteindraient 100 milliards de dollars d'ici 2029. Tout en évoquant la possibilité pour OpenAI d'entrer en bourse dans les prochaines années, l'animateur de l'émission Bg2, Brad Gerstner, a avancé des estimations de revenus dépassant les 100 milliards de dollars par an en 2028 ou 2029. « Et pourquoi pas en 2027 ? », a lancé Sam Altman à l'animateur de l'émission.
Mais dans la réalité, le chemin est loin d'être tout tracé. Le premier semestre 2025 d’OpenAI ressemble à une équation paradoxale. L’entreprise a affiché 4,3 milliards de dollars de revenus, en hausse de 16 % par rapport à l’année précédente, confirmant la puissance de ses produits sur le marché mondial de l’IA. Pourtant, ce chiffre d’affaires impressionnant s’accompagne d’un revers tout aussi important : une perte nette estimée à 13,5 milliards de dollars.
Derrière ces chiffres se dessine un modèle économique encore fragile, qui repose sur une course effrénée à l’innovation, à la conquête de parts de marché et à l’expansion mondiale. OpenAI brûle ses liquidités à une vitesse préoccupante et ne prévoit pas d'avoir un flux de trésorerie positif avant la fin de la décennie.
Selon les données de son rapport financier du premier semestre 2025, l’essentiel des dépenses d’OpenAI reste concentré sur la recherche et le développement (R&D). Rien qu’au cours des six premiers mois de l'année 2025, 6,7 milliards de dollars ont été investis dans l’entraînement de modèles de langage toujours plus performants, dans la mise en place de nouvelles architectures logicielles et dans l’exploration de solutions matérielles propriétaires.
Bien qu'il ait laissé entendre que la croissance des revenus serait encore plus explosive au cours des prochaines années, Sam Altman a reconnu qu'OpenAI prend un gros risque et peut échouer, notant que si l'entreprise n'obtient pas une capacité de calcul suffisante, ses revenus pourraient être inférieurs aux prévisions.
Un marketing XXL très coûteux en vue d'imposer la marque ChatGPT
Ces efforts sont indispensables dans un secteur où la concurrence est féroce : Google DeepMind, Anthropic, Mistral ou encore xAI multiplient les annonces et avancent à vive allure. Pour conserver une longueur d’avance, OpenAI doit injecter sans relâche des milliards dans ses infrastructures de calcul, l’acquisition de GPU de dernière génération, et désormais la conception de ses propres puces dans le cadre de partenariats prévus avec le géant Broadcom.
Si la R&D absorbe l’essentiel des ressources financières d'OpenAI, le marketing n’est pas en reste. OpenAI a dépensé environ 2 milliards de dollars en marketing et ventes sur le semestre, soit presque autant que ce que certaines multinationales dépensent en une année entière. L’objectif est clair : imposer la marque ChatGPT comme un standard grand public et OpenAI comme le fournisseur de référence pour les API d’IA dans le monde professionnel.
Cela passe par des campagnes massives, et la construction d’un réseau commercial capable de séduire les grandes entreprises et administrations. Cette stratégie d’occupation du terrain vise à saturer le marché avant que des concurrents plus agiles (ou plus abordables) ne puissent capter des parts significatives.
Alors qu’OpenAI brûle des milliards pour rester leader, le paysage concurrentiel se transforme. Des acteurs comme Anthropic, soutenu par Amazon et Google, ou encore Mistral, qui prône une approche open source, avancent rapidement avec des modèles plus spécialisés, parfois plus efficaces sur le plan énergétique. De plus, la startup chinoise DeepSeek a démontré qu'il est possible de développer des modèles d'IA de pointe avec des ressources limitées.
De nombreux gouvernements et entreprises développent aussi leurs propres modèles, ce qui fragilise le « moat » technologique qu’OpenAI espérait bâtir. Le risque est que la stratégie d’hyperinvestissement d’OpenAI se heurte à des concurrents capables de proposer des alternatives moins coûteuses et plus adaptées à des usages ciblés. Par ailleurs, OpenAI est piégé dans un cercle critique où lui et ses partenaires financent mutuellement leur croissance.
OpenAI enregistre un déficit de 12 milliards en un seul trimestre
OpenAI a subi des pertes vertigineuses estimées à 12 milliards de dollars au troisième trimestre 2025. Selon les analystes du marché du secteur, il s'agit d'une perte inédite pour une entreprise technologique sur trois mois. Cette révélation, issue des derniers résultats financiers de Microsoft (actionnaire et partenaire stratégique d’OpenAI), jette une lumière crue sur l’économie réelle de l’IA générative, où la dette et les pertes augmentent rapidement.
Sur le trimestre clos le 30 septembre 2025, Microsoft indique que sa part dans OpenAI a réduit son résultat net de 3,1 milliards de dollars. Si cela représente 27 % des pertes, le calcul suggère bien un total avoisinant 11,5 milliards de dollars de pertes pour OpenAI sur le trimestre. Qui plus est, des données suggèrent un chiffre encore plus élevé : avant la restructuration capitalistique d’OpenAI, Microsoft en détenait possiblement une part de 32,5 %.
Sur cette base, le déficit trimestriel d’OpenAI dépasserait alors 12 milliards de dollars. Dans tous les cas, le nombre donne le vertige. Pour prendre la mesure de ce gouffre, il faut le comparer aux revenus d’OpenAI. Sur l’ensemble du premier semestre 2025, OpenAI aurait généré seulement 4,3 milliards de dollars de revenus d’après des documents internes – certes en forte hausse (16 %) sur un an, mais sans commune mesure avec les pertes actuelles.
Autrement dit, en un seul trimestre, OpenAI a dépensé près de trois fois ce qu’elle a facturé en six mois. Ce décalage abyssal illustre le modèle économique très particulier des acteurs de l’IA générative : une course à l’investissement et à la croissance de l’utilisation, au prix de pertes colossales dans l’espoir de profits futurs.
Le modèle économique d'OpenAI est-il viable ?
Cette situation pose la question de la viabilité du modèle économique d’OpenAI et, plus largement, des fournisseurs de grands modèles de langage (LLM). Pour l’heure, OpenAI tire ses revenus de la commercialisation de l’accès à ses modèles (via des abonnements ChatGPT Plus, des offres ChatGPT Enterprise et l’API pour développeurs) ainsi que de contrats d’intégration (comme avec Microsoft). Mais ces différentes offres ne rapportent pas assez à OpenAI.
OpenAI vise un chiffre d’affaires annuel de 13 milliards dollars en 2025. Cette prévision est ambitieuse, mais reste insuffisante pour couvrir des dépenses annuelles d'OpenAI qui, selon les analystes, pourraient dépasser 40 milliards si la tendance actuelle se maintient. Le PDG Sam Altman reste toutefois très optimiste.
Cette approche rappelle celle d’Amazon à ses débuts : accepter des pertes massives pour conquérir le marché, dans l’optique de régner plus tard sans partage. Les partisans de cette stratégie soulignent qu'elle a profité par le passé à Amazon, qui a fini par devenir rentable et dominer le marché mondial du commerce électronique après des années dans le rouge. OpenAI serait-il un Amazon de l’IA en gestation ? C’est le pari de ses investisseurs.
Néanmoins, le défi est immense : il faudra soit augmenter fortement les revenus (via des offres premium, des services très lucratifs aux entreprises ou des licences technologiques, etc.), soit réduire les coûts unitaires de l’IA (peut-être grâce à de nouvelles optimisations ou à du matériel plus efficace), soit les deux, pour sortir de ce tunnel de pertes. Mais rien n'est gagné d'avance, en témoignent les performances médiocres de son modèle GPT-5.
Comment les entreprises d'IA recyclent leurs milliards entre eux
Au cours des derniers mois, OpenAI a annoncé une série d'accords avec Nvidia, AMD, Oracle et CoreWeave pour un montant total de plus de 1 000 milliards de dollars. Ces accords promettent la puissance de calcul nécessaire pour construire et déployer la prochaine génération de modèles d'IA. Mais les mêmes partenaires qui investissent dans OpenAI sont également ceux qui lui vendent les puces et les centres de données dont elle a besoin pour survivre.
Les analystes alertent sur les dangers de cet investissement circulaire. Concrètement, cet effet de boucle se manifeste par des arrangements où Nvidia investit ou conclut des partenariats, puis ces mêmes partenaires achètent ses puces ou ses services, créant ainsi un cycle de financement interne. Par exemple, un partenaire peut recevoir un investissement de Nvidia, servir de client pour ses puces, et ainsi rembourser l’investissement indirectement.
Les partenariats portent sur environ 500 milliards de dollars avec Nvidia, 300 milliards avec AMD, 300 milliards avec Oracle et 22 milliards avec CoreWeave. Ensemble, ces accords représentent à peu près la taille de l'économie annuelle de l'Indonésie. Bien que stupéfiants, ces chiffres soulèvent une question simple, mais importante. Un secteur peut-il continuer à croître si le même argent continue à tourner en rond ? Les économistes sont sceptiques.
Nvidia : le grand acteur du financement circulaire dans le secteur
L'engagement de 100 milliards de dollars pris par Nvidia envers OpenAI sur plusieurs années est l'un des nombreux accords circulaires conclus par Nvidia. Selon les données disponibles, Nvidia a participé à plus de 50 transactions liées à l'IA générative en 2025. Bon nombre des startups soutenues par le géant des semiconducteurs s'appuient sur les puces Nvidia pour développer leurs modèles, puis revendent la puissance de calcul à Nvidia ou à ses partenaires.
CoreWeave, par exemple, a levé 12 milliards de dollars de dette garantie par des processeurs Nvidia et loue désormais cette capacité à OpenAI et Microsoft. OpenAI adopte la même approche. Le fabricant de ChatGPT investit dans des startups qui dépendent de ses grands modèles de langage (LLM) tout en payant pour leurs services. Chaque accord renforce le suivant jusqu'à ce que l'ensemble du réseau s'appuie sur lui-même pour créer une dynamique.
Les experts appellent ce phénomène « financement circulaire ». Il se produit lorsque les mêmes fonds circulent entre une poignée d'entreprises, créant ainsi l'apparence d'une croissance infinie même lorsque les bénéfices sont en baisse. Cette stratégie a fonctionné jusqu'à présent, mais elle dépend d'une condition : une croissance constante. Que se passera-t-il si la demande pour les puces ralentit ou si les investisseurs retirent soudainement leurs billes ?
Malgré son potentiel, l'IA reste largement inéprouvée en tant que source de profits. « Si, dans un an, nous arrivons à un point où nous avons eu une bulle spéculative dans le domaine de l'IA et qu'elle a éclaté, cet accord pourrait être l'un des premiers signes avant-coureurs. Si les choses tournent mal, des relations circulaires pourraient entrer en jeu », a déclaré Brian Colello, analyste chez Morningstar, à propos de l'investissement de Nvidia dans OpenAI.
Conclusion
Sam Altman se montre confiant quant au potentiel de croissance d’OpenAI. Il a déclaré qu'OpenAI génère actuellement plus de revenus que les estimations publiques et ambitionne de franchir le cap des 100 milliards de dollars de revenus annuels d'ici à 2027. Mais ces chiffres ne sont pas vérifiés et dépendent de la capacité de l'entreprise à maintenir ses marges malgré des coûts d’infrastructure très élevés et une concurrence féroce dans le secteur de l’IA.
Les analystes ont souligné des défis liés à l’expansion rapide, à la concurrence et à la gestion des coûts. La crédibilité de ces projections sera donc testée par la performance réelle des produits, la monétisation des services et la gestion des investissements massifs nécessaires pour soutenir cette expansion.
Source : Sam Altman, PDG d'OpenAI
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OpenAI peut-il franchir la barre des 100 milliards de dollars de revenus annuels d'ici à 2027 ?Voir aussi
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