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Michael Burry, qui avait anticipé la crise des subprimes de 2008, parie un milliard $ contre la bulle de l'IA.
Les actions Palantir et NVIDIA chutent tandis que son acte suscite l'inquiétude du marché

Le , par Stéphane le calme

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11  0 
Le célèbre investisseur américain Michael Burry, rendu célèbre par le film The Big Short pour avoir anticipé la crise des subprimes de 2008, refait parler de lui. Cette fois, il s’attaque à ce qu’il considère comme la plus grande exubérance spéculative de notre époque : l’intelligence artificielle. Il a misé 1,1 milliard de dollars sur la chute des actions du fabricant de puces Nvidia et de la société de logiciels Palantir, convaincu que la bulle de l’IA est sur le point d’éclater. Sa prédiction a suscité des inquiétudes quant à une possible bulle spéculative dans le domaine de l'intelligence artificielle, après que la valeur du secteur ait bondi cette année, les entreprises ayant investi massivement dans l'espoir de réaliser d'énormes profits à l'avenir.

Michael Burry n’est pas un investisseur comme les autres : il a bâti sa légende en misant contre les produits financiers adossés aux prêts immobiliers américains au milieu des années 2000, alors que Wall Street les jugeait infaillibles. Son pari, considéré comme insensé à l’époque, lui a rapporté des centaines de millions et une place dans l’histoire financière moderne.

Près de vingt ans plus tard, le fondateur de Scion Asset Management semble rejouer le même scénario. Selon des documents financiers récents, il a engagé plus d’un milliard de dollars dans des positions dites "short" — des paris à la baisse — visant les entreprises qui surfent sur la vague de l’intelligence artificielle. Burry estime que la frénésie autour de l’IA ressemble aux excès observés avant l’éclatement des bulles internet ou immobilières.

Selon les documents déposés lundi auprès de la Security and Exchange Commission (SEC), Michael Burry a acheté des options de vente (PUT) sur Palantir et Nvidia, pour une valeur totale supérieure à 1,1 milliard de dollars, répartis entre environ 900 millions sur Palantir et 200 millions sur Nvidia aux prix actuels. Cette décision a suscité la réaction du PDG de Palantir, Alex Karp, qui, dans une interview accordée à CNBC, a qualifié Burry de « déraisonnable » et l’a accusé de manipulation du marché.

Burry est revenu sur X la semaine dernière pour diffuser ses avertissements concernant une bulle, en publiant une photo de Bale l'incarnant avec la légende suivante : « Parfois, nous voyons des bulles. Parfois, il est possible d'agir. Parfois, la seule stratégie gagnante est de ne pas jouer. »

Lundi, il a publié un graphique intitulé « La croissance des dépenses d'investissement dans le secteur technologique américain correspond à celle de la bulle technologique de 1999-2000 » et un autre montrant le ralentissement de la croissance de la demande en cloud computing chez les grandes entreprises technologiques.

Scion Asset Management, la société d'investissement de Burry, a désormais acheté pour 912 millions de dollars de contrats « put » sur Palantir et pour 187 millions de dollars d'actions Nvidia.


L'action Palantir chute de 8 % en raison d'inquiétudes liées à sa valorisation, tandis que son PDG, Peter Karp, dénonce la « manipulation du marché »

Le titre Palantir a chuté de 8 % mardi, les analystes de Wall Street ayant fait part de leurs inquiétudes quant à la valorisation élevée de la société et l'investisseur Michael Burry, connu pour son rôle dans le film « The Big Short », ayant révélé une position courte sur la société de logiciels.

Lors d'une interview accordée mardi à l'émission « Squawk Box » de CNBC, le PDG Alex Karp s'en est pris aux vendeurs à découvert, qualifiant leurs actions de « manipulation du marché ». Karp a qualifié ces positions de « super déclencheuses » et a déclaré qu'elles « vendaient à découvert l'une des plus grandes entreprises au monde ».

« Honnêtement, je pense que ce qui se passe ici est de la manipulation du marché », a déclaré Karp. « Nous avons obtenu les meilleurs résultats que tout le monde ait jamais vus. »

Les options de vente donnent à Scion le droit de vendre les actions à un prix déterminé dans un certain délai, ce qui permet aux investisseurs de tirer profit de la baisse du cours des actions en achetant des actions pendant une période de baisse et en les revendant à un prix prédéterminé plus élevé.

James Kardatzke, cofondateur de Quiver Quantitative, a déclaré : « Michael Burry a l'habitude de faire des paris baissiers importants lorsqu'il perçoit une bulle, notamment avant l'effondrement du marché immobilier en 2008. Cette nouvelle divulgation suggère qu'il estime désormais qu'il existe une bulle dans le domaine de l'IA qui est sur le point d'éclater. »

Le pari le plus célèbre de Burry l'a conduit à prédire l'effondrement du marché américain des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS). L'éclatement de cette bulle a déclenché la crise financière mondiale de 2007.

Son pari à long terme extrêmement controversé d'un milliard de dollars a débuté en 2005 et a finalement permis d'augmenter la valeur de son fonds de 489 % avant l'effondrement du système. Les détails de cette histoire remarquable ont été relatés dans le livre de Michael Lewis publié en 2010, The Big Short, qui a ensuite été adapté au cinéma dans un film oscarisé en 2015.


Une euphorie technologique à la limite du rationnel

Depuis deux ans, les valeurs technologiques, portées par Nvidia, Microsoft, Amazon et Alphabet, connaissent une croissance vertigineuse. Les investisseurs se ruent sur tout ce qui touche à l’intelligence artificielle, persuadés que cette révolution technologique va remodeler l’économie mondiale. Les valorisations ont explosé : Nvidia, symbole de cette folie, a dépassé les 3 000 milliards de dollars de capitalisation au printemps 2025.

Pour Burry, cette envolée est déconnectée de la réalité. Il voit dans cette frénésie les mêmes signes d’irrationalité collective que ceux qui ont précédé les grandes crises financières. Selon lui, les marchés se nourrissent davantage de storytelling que de résultats tangibles : les entreprises vantent leurs investissements dans l’IA sans prouver leur rentabilité à long terme.

Il n’est pas seul à penser que l’enthousiasme est excessif. Plusieurs analystes britanniques, réagissant au dernier budget présenté par la chancelière Rachel Reeves, ont averti que la hausse des taux et la volatilité du marché obligataire pourraient accentuer les corrections dans le secteur technologique, déjà vulnérable aux changements de liquidités mondiales.

Les investisseurs ont injecté 161 milliards de dollars dans l'IA depuis le début de l'année

Le potentiel transformateur de l'IA a enthousiasmé les investisseurs et entraîné une forte hausse des cours boursiers d'une poignée d'entreprises technologiques américaines. La semaine dernière, Nvidia, qui est devenu le fabricant de puces préféré des centres de données IA, est devenue la première société cotée en bourse au monde à dépasser les 5 000 milliards de dollars de valeur, soit plus que le PIB total de l'Allemagne.

Palantir, spécialisée dans l'analyse de données IA, a vu son action augmenter de 400 % au cours de l'année dernière.

Mais ces valorisations vertigineuses pourraient ne pas être justifiées, un rapport publié en août par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) avertissant que la grande majorité des investissements dans l'IA ne généraient « aucun rendement » pour les entreprises.

Sam Altman, directeur général d'OpenAI, a également exprimé ses inquiétudes quant à une éventuelle bulle spéculative, déclarant cet été : « Les investisseurs sont-ils trop enthousiastes ? Je pense que oui. »

Selon PitchBook, les investisseurs ont injecté 161 milliards de dollars dans l'IA depuis le début de l'année, la majeure partie de cette somme colossale allant à seulement 10 entreprises.

David Solomon, directeur général de Goldman Sachs, a déclaré que la majeure partie de ce capital « ne générerait finalement aucun rendement ».

Après l'annonce mardi du pari de Burry, les actions de Nvidia ont chuté de 2 % avant l'ouverture du marché.

Le spectre du krach plane sur les géants de la Silicon Valley

Les signes de tension se multiplient. Les bénéfices de certaines entreprises d’IA stagnent, tandis que les coûts énergétiques et les dépenses d’infrastructure explosent. Les centres de données, devenus le cœur de cette économie, consomment des quantités...
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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 16/02/2026 à 15:25
C'est exactement la même chose que la bulle internet des années 2000, en 100x pires, c'est la chose que les promesses des "voitures autonomes", mais en 100x pires.

Je ne sais pas quelle "juridiction" est compétente en ce domaine, mais que quelques milliardaires fassent exploser l'économie mondial, il doit bien y avoir des responsables a trouver. Non ?

Rien que le vole et le non respect du droit d'auteur devrait suffire pour les mettre à l'ombre, mais cela n'arrivera pas. Ce n'est pas eux qui seront responsables, ni coupables.

Bah, ce sera comme toujours, une minorité va mettre en péril une majorité.

Oui, c'est un cercle vicieux qui se passe.

1./ Si l'IA réussit, il n'y aura plus personne l'utiliser ou plus de consommateurs pour utiliser ce qu'elle produira.
2./ Si l'IA se plante (se serait la moins mauvaise option pour la majorité), des investisseurs vont perdre, et derrière ces investisseurs, il y'a certainement des "fonds de pensions", des "banques", et le dérèglement risque de faire mal.

Privatiser les bénéfices, Mutualiser les pertes, comme lors de la crise des "subprimes" en 2008/2009, c'est (encore) ce qui va se passer.

Enfin, ce n'est que mon petit avis perso, chacun peut se faire son idée.

BàV et Peace & Love.
13  1 
Avatar de Pierre Louis Chevalier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 16/02/2026 à 15:55
Le S & P c'est pas l'IA, c'est les valeurs traditionnelles, et comme tu le voie ça plafonne, ça monte plus.

L'IA c'est le NASDAQ, et il commence à plonger sévèrement



La valorisation est bien trop élevée, ça va forcément s'écrouler, brutalement.

Si jamais la baisse atteint 20% , c'est le seuil psychologique, beaucoup vont paniquer et tout vendre d'un coup.
+65% en 5 ans ça veux dire que le NASDAQ peut perdre 65% en quelques jours, voir plus, -80% c'est déjà arrivé dans le passé, c'est toujours comme ça que ça fini.
10  0 
Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 28/01/2026 à 18:35
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Je parle avec pleins de chef de projets et directeurs, 100% sont unanime sur 1 chose: ils demandent à l'entretiens d'embauche si le candidat utilise les llms, si il répond non c'est no go.
Lors de mon dernier entretien il y a quelques semaines, c'est moi (le candidat) qui a posé la question. Et c'est le directeur en face qui a dit non. Donc je pense qu'il serait bienvenue que tu vérifies tes croyances avant de les disséminer (ou plus simplement que tu ne confondes pas ce que tu observes dans ton cercle limité à ce qui se fait partout).
9  1 
Avatar de kain_tn
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 10/02/2026 à 19:32
Ah bah oui, tiens.

Pour traquer des animaux perdus, il faut espionner les gens, collecter tout ce qui passe y compris les données sur les enfants, et ouvrir des centrales à gaz pour faire tourner de l'IA!

Logique!
8  0 
Avatar de zangkun
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 29/01/2026 à 8:52
Je trouve son discours intéressant, mais très situé : en tant que PDG de Nvidia, il a évidemment intérêt à présenter l’IA comme une “pile industrielle” nécessitant toujours plus d’énergie, de data centers et de GPU. En même temps, il rappelle des points qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main, comme le coût énergétique, le rôle clé de l’open source ou la course Chine/USA sur les infrastructures.
Pour moi, son discours pose de vraies questions, mais il y a d’autres lectures possibles. Par exemple, on peut se demander si “plus d’IA + plus d’infrastructures + plus de robots” est vraiment la seule voie souhaitable, ou juste celle qui arrange les grands industriels du secteur.
Et même sans parler de climat, son modèle d’IA “à l’échelle industrielle” implique un plafond : à un moment, ce n’est plus une question de bonne volonté ou de capital, mais de ce que le monde physique peut effectivement fournir et absorber en termes d’énergie, de matériaux et d’infrastructures.
7  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 19/02/2026 à 16:07
à tous,

Malheureusement, cela arrivera un jour, ou ce genre de contrôle sera généralisé. Tout change, tout se transforme, rien ne se perd. On est passé de la vidéo-protection à la vidéo-surveillance et cela finira en vidéo-contrôle.

Cela ne sort pas de nulle part, c'est le modèle Chinois, que nos élus européens sont allés visiter il y a peu voir voir comment le permis de bon citoyen fonctionne là-bas. Des tests ont déjà été fait dans la ville de Bologne, en Italie.

Nos dirigeant gouvernants nous dirons que c'est pour notre sécurité, qu'il ne faut pas craindre de dérive, que tout est.... sous contôle, qu'il n'y aura pas fuite, que cela ne sera utilisé que par des gens responsables, et que non, non, ce n'est pas pour surveiller vous, mais les méchants.

On va avoir droit, encore, à du ça ne me dérange pas, je n'ai rien a cacher.

Finalement, on l'a un peu chercher, en mettant notre vie privée en ligne, merci les smartphones (je n'en ai pas, tout comme je n'ai rien de connecté, enfin, pour ce que j'en sais...)

Une fois le dispositif en place, qui va décider de ce qui est juste ou pas ?

Nos voitures sont déjà surveillées, et si elle est un peu trop vielle, paf, une belle amende automatique si on se rend dans un endroit où elle n'est pas la bienvenue. Quelque soit la raison de ce déplacement. Urgence ou pas.

Nos Libertés s'envolent un peu plus chaque jour. 1984 on y est déjà.

Bah, que peut-on y faire ? Si on va même manifester, on sera pénalisé rien que pour ce fait, automatiquement. Dormez tranquille chers citoyens, il n'y aura pas d'erreur. Mais oui, c'est pour notre bien.

BàV et Peace & Love.
7  0 
Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 02/12/2025 à 9:39
25 ans après, il fallait bien un successeur à internet pour organiser une bulle financière...

Parce que personne ne soit dupe, quand on parle de "bulle", il y a beaucoup d'argent investi et il y a beaucoup de perdants quand la bulle éclate, mais... L'argent n'est pas perdu pour tous le monde!

Quelques uns raflent la mise...
7  1 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 03/12/2025 à 19:58
Si les "vendeurs d'IA" ne s'y retrouve pas, c'est pour la bonne cause que pour eux, cela est 'très cher" a faire fonctionner. Et la qualité des IA, ça va et ça vient. Et si c'est cher pour eux, se le sera encore plus pour l'utilisateur, via des abonnements, de la publicité. Payer très chère pour un outil qui marche ou pas suivant les domaines, qui change de réponse pour une m^eme question du jour au lendemain, je ne suis toujours pas convaincu de la "plus-value" de l'IA.
6  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 28/01/2026 à 13:12
calvaire,

Citation Envoyé par calvaire Voir le message
c'est a dire ? car en 2026 je ne connais aucun dev qui n’utilise pas l'ia, quasi tous les métiers du tertiaires (et même au delà) utilisent l'ia tous les jours. les llm sont utile et mène bien à quelque chose.
Tu en connais, mais pas personnellement : moi

BàT et Peace & Love.
6  0 
Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 02/02/2026 à 15:08
Access_to_folder,

Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
Comme tout OS, au regard du volume de code que cela représente, ne peut être sans bug, linux fait aussi l'objet de nombreuses mises à jours régulières. Il y a des failles reconnues, mais nous ne sommes pas au pire de Windows, du temps où pour un rien nous partions sur l'écran bleu de la mort.
Outlook me parait aussi simple que Thunderbird, par contre exigent au niveau interface utilisateur une résolution d'écran plus grande pour un affichage confortable.
C'est un peu ça le problème, si le volume de code est si énorme, c'est parce qu'ils y on fourré pleins de brols qui n'avaient rien a faire dans un OS. Partir du principe que les bugs sont inévitables, je ne suis pas d'accord. C'est une question de culture et de priorisation des tâches. S'ils passait un peu moins de temps à changer l'UI et l'Expérience utilisateur sans raison, ils auraient eu le temps de corriger les vrai soucis.

Faudra aussi qu'on m'explique pourquoi une telle différence de "qualité" en "Win10" et "Win11" ? Au fil du temps, au lieu de perfectionner leur OS, ils ont laissés la "qualité" se dégrader. Une grande partie des soucis vient aussi du fait que les seniors partent petit à petit à la retraite, et que les juniors n'ont pas le même niveau (tant de la base de code, que de leur compétences).

Bah, c'est ainsi...

Bàt et Peace & Love.
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