Depuis plusieurs mois, les développeurs observent avec attention la montée en puissance de nouveaux assistants de programmation capables de rivaliser avec les outils historiquement dominants. Un mouvement récent, discret mais structurant, vient confirmer ce basculement progressif : Microsoft encourage désormais une partie significative de ses équipes internes à utiliser Claude Code, l’outil de programmation développé par Anthropic. Derrière ce choix, se dessine une recomposition stratégique des équilibres entre éditeurs, modèles d’IA et pratiques de développement, avec des conséquences qui dépassent largement le simple confort des ingénieurs.Depuis des mois, les communautés techniques comparent les forces et les faiblesses de Claude Code, Cursor ou encore GitHub Copilot, sans qu’un vainqueur incontestable ne s’impose. Claude Code se distingue toutefois par un point clé : sa facilité d’usage. Là où certains outils restent cantonnés à des profils très techniques, Claude Code est perçu comme plus accessible, y compris pour des utilisateurs non développeurs.
C’est précisément cet aspect qui semble avoir convaincu Microsoft. L’entreprise ne se contente plus de tester des modèles d’Anthropic en arrière-plan ; elle pousse désormais l’outil complet auprès de milliers de collaborateurs, y compris des designers, chefs de produit ou chefs de projet. L’objectif est clair : permettre à ces profils de prototyper plus rapidement des idées, d’expérimenter sans dépendre systématiquement d’une équipe d’ingénierie et de raccourcir les cycles de conception.
Une adoption interne qui dépasse le simple test
Microsoft avait commencé à intégrer les modèles Claude Sonnet dans sa division développeurs dès l’an dernier. Ce mouvement s’est accéléré avec une adoption progressive dans les offres payantes de GitHub Copilot. Mais la dynamique actuelle va plus loin : Claude Code est désormais expérimenté à grande échelle dans plusieurs divisions stratégiques.
La nouvelle équipe CoreAI, dirigée par Jay Parikh, teste activement l’outil. Plus récemment, la division Experiences + Devices, responsable de Windows, Microsoft 365, Outlook, Teams, Bing, Edge ou encore Surface, a été invitée à l’installer et à l’utiliser. Même les équipes travaillant sur les Copilot métiers ont reçu l’autorisation de l’employer sur l’ensemble de leurs dépôts de code.
Dans les faits, les ingénieurs sont désormais encouragés à utiliser à la fois Claude Code et GitHub Copilot, puis à comparer les deux. Cette démarche comparative interne est révélatrice : Microsoft cherche moins un remplacement immédiat qu’une compréhension fine des complémentarités et des limites de chaque solution.
Un équilibre délicat avec OpenAI
Ce virage en faveur d’Anthropic ne signifie pas pour autant une rupture avec OpenAI. Officiellement, Microsoft rappelle que ce dernier reste son partenaire principal pour les modèles dits de frontière. Le discours est maîtrisé, presque diplomatique. Pourtant, certains signaux sont difficiles à ignorer.
Microsoft est aujourd’hui l’un des plus gros clients d’Anthropic, selon The Information, et va jusqu’à comptabiliser la vente de modèles Anthropic dans ses objectifs commerciaux Azure, une pratique inhabituelle pour un groupe historiquement centré sur ses propres technologies ou celles d’OpenAI. Un accord signé récemment permet d’ailleurs aux clients de Microsoft Foundry d’accéder à plusieurs modèles Claude récents, tandis qu’Anthropic s’est engagé à consommer pour des dizaines de milliards de dollars de capacité de calcul Azure.
Dans le même temps, certains composants de Microsoft 365 et de Copilot privilégient désormais les modèles Claude lorsque ceux-ci se révèlent plus performants sur des tâches spécifiques. La logique n’est plus idéologique, mais pragmatique : utiliser le meilleur modèle au bon endroit, quitte à multiplier les fournisseurs.
Vers une transformation profonde des pratiques de développement
La question centrale reste celle de l’impact à long terme. Microsoft gère plus de 100 000 dépôts de code et, selon ses propres chiffres, plus de 90 % de ses équipes d’ingénierie utilisent déjà des assistants de programmation. Jusqu’ici, ces outils étaient majoritairement réservés aux développeurs confirmés.
Avec Claude Code, et plus largement avec les agents IA capables de coder de manière semi-autonome, la frontière se déplace. Des profils non techniques peuvent désormais proposer des modifications, générer du code fonctionnel et contribuer directement à des projets logiciels. Cette démocratisation pose des questions lourdes : gouvernance du code, qualité, sécurité, mais aussi évolution des métiers.
La pression sur les profils juniors est déjà palpable dans l’industrie. Si des outils permettent à des non-développeurs de produire du code exploitable, quel sera le rôle des développeurs débutants ? Microsoft, en ouvrant la porte à ce modèle à grande échelle, expérimente en réalité un futur où la création logicielle devient plus distribuée, mais aussi plus automatisée.
Un pari stratégique aux implications globales
L’adoption élargie de Claude Code par Microsoft peut être lue comme un vote de confiance envers Anthropic, mais aussi comme une reconnaissance implicite des limites d’une approche monolithique de l’IA. Le géant de Redmond semble assumer un avenir hybride, dans lequel plusieurs modèles, plusieurs outils et plusieurs philosophies cohabitent.
Ce choix n’est pas anodin. Il influence non seulement les pratiques internes de Microsoft, mais aussi celles de ses clients, de ses partenaires et, par ricochet, de l’ensemble de l’écosystème logiciel. En testant à grande échelle un outil qui rend le code plus accessible, Microsoft ne se contente pas d’optimiser sa productivité : il redéfinit les contours mêmes du travail intellectuel dans l’ingénierie logicielle.
Anthropic introduit des améliorations à Claude Code alimenté par Sonnet 4.5
Selon l'annonce, Claude Sonnet 4.5 est plus performant en matière de codage, d'utilisation des ordinateurs et de réponse aux besoins pratiques des entreprises, et il excelle dans des domaines spécialisés tels que la cybersécurité, la finance et la recherche. Claude Sonnet 4.5 est plus petit que Claude Opus 4.1, mais plus intelligent que lui « à presque tous les égards ». « Les gens remarquent simplement avec ce modèle, parce qu'il est plus intelligent et plus proche d'un collègue, qu'il est assez agréable de travailler avec lui lorsqu'on rencontre des problèmes et qu'on les résout », a déclaré Jared Kaplan, cofondateur et directeur scientifique d'Anthropic.
Avec cette annonce, Anthropic introduit plusieurs améliorations à Claude Code : une extension native VS Code, la version 2.0 de l'interface terminal et des points de contrôle pour un fonctionnement autonome. Alimenté par Sonnet 4.5, Claude Code gère désormais des tâches de développement plus longues et plus complexes dans votre terminal et votre EDI.
Anthropic vient de transformer Claude Code en Cowork : un agent IA polyvalent
Anthropic a lancé Cowork, une nouvelle fonctionnalité pour sa plateforme IA Claude, disponible en avant-première pour les abonnés Claude Max sur macOS. La société américaine spécialisée dans l'IA a déclaré que Cowork permet aux utilisateurs de donner à Claude l'accès à un dossier choisi sur leur ordinateur, permettant ainsi à l'IA de lire, modifier ou créer des fichiers. Les tâches vont de l'organisation des téléchargements et de la création de feuilles de calcul à la rédaction de documents à partir de notes.
Contrairement aux interactions standard par chat, Cowork permet à Claude d'exécuter des tâches avec plus d'autonomie, tout en tenant les utilisateurs informés et en exigeant leur approbation pour les actions importantes. Les utilisateurs peuvent contrôler les dossiers et les connecteurs auxquels Claude peut accéder, mais la société avertit que des instructions claires sont nécessaires pour éviter toute suppression involontaire de fichiers.
Anthropic déclare notamment pour le lancement...
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