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Deepfakes à l'école primaire : une élève de huit ans diffuse une vidéo pornographique générée par IA à partir de simples photos publiques et montrant sa maitresse dans une partie à trois avec ses collègues

Le , par Stéphane le calme

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L’affaire est glaçante parce qu’elle concentre plusieurs ruptures en une seule. Une enseignante britannique contrainte de quitter son école après la diffusion d’une vidéo pornographique truquée la mettant en scène, un deepfake généré par une élève de huit ans à partir de simples photos publiques, et une institution scolaire incapable de mesurer la gravité numérique de l’acte. Ce n’est pas seulement un fait divers choquant. C’est un symptôme. Celui d’une technologie devenue trop accessible, trop puissante et trop mal encadrée pour les cadres éducatifs et juridiques actuels.

Une enseignante du primaire a partagé son expérience traumatisante après qu'une élève du CE2 ait créé une vidéo deepfake explicite la montrant en train d'avoir des relations sexuelles avec deux autres membres du personnel. Elle en profite pour demander que les enfants soient interdits d'accès à l'intelligence artificielle, car celle-ci fait plus de mal que de bien.

Megan (nom fictif) est une éducatrice chevronnée qui compte plus de 20 ans d'expérience dans l'enseignement, mais elle a été victime de l'incident le plus « perturbant » de sa carrière en 2021. Une fillette de huit ans a utilisé des photos du site web de l'école pour créer une vidéo deepfake montrant à tort Megan et deux autres enseignants en train d'avoir un rapport sexuel à trois.

Cette enseignante basée à Londres met aujourd'hui en lumière les effets néfastes des abus sexuels deepfake. Elle a également raconté comment elle a été contrainte de quitter l'école lorsque le comportement de la jeune fille qui « ricanaient » n'a pas été pris au sérieux.

Un jour, cette élève anonyme a abordé Megan dans la cour de récréation, affirmant avoir trouvé une photo d'elle sur Internet via une recherche Google, sur laquelle elle apparaissait debout près d'une montagne, selon le Mirror. Puis, quelques semaines plus tard, l'inimaginable s'est produit lorsque des parents ont fait part de leurs inquiétudes au sujet d'une vidéo explicite d'elle et d'autres enseignants qui avait circulé dans le groupe WhatsApp des enfants.

Il est rapidement apparu que l'enfant qui avait partagé la vidéo n'était pas celle qui l'avait réalisée, et que la fille qui avait abordé Megan pendant la récréation était en fait la responsable. La fille qui avait partagé la vidéo était « mortifiée » et a été contrainte de présenter ses excuses lors d'une réunion avec sa mère et Megan, tandis que la fille qui avait créé le clip « ne montrait aucun remords ».

Un deepfake sexuel, produit sans expertise technique

Le premier enseignement de cette affaire concerne la banalisation technologique. Produire un deepfake crédible ne relève plus aujourd’hui de la recherche en intelligence artificielle ni même du développement avancé. Des applications mobiles, des services en ligne et des modèles prêts à l’emploi permettent de générer des images ou des vidéos truquées à partir de quelques photos, souvent sans compréhension réelle de ce qui se passe « sous le capot ».

Ce point est central pour les professionnels de l’informatique. Nous ne sommes plus dans un scénario où seuls des acteurs très qualifiés peuvent détourner l’IA à des fins malveillantes. L’outillage s’est démocratisé au point de devenir manipulable par des enfants. Le passage à l’échelle du risque ne vient pas d’un saut algorithmique, mais d’un saut d’accessibilité.


Quand la culture numérique des mineurs dépasse celle des institutions

L’un des aspects les plus troublants du dossier réside dans le décalage entre la maturité numérique de l’enfant et l’immaturité organisationnelle de l’institution. L’élève impliquée ne s’est pas contentée de produire un contenu explicite. Elle a compris la mécanique de l’image, la force du visuel truqué, et la logique de diffusion au sein d’un écosystème fermé comme un groupe WhatsApp.

Megan a raconté cette expérience effrayante : « Elle ricanait pendant les réunions scolaires avec ses parents ; tout cela était très étrange. Le plus troublant était son jeune âge : elle n'avait que huit ou neuf ans. Le simple fait de savoir ce qu'est une partie à trois à cet âge est déjà assez choquant, sans parler de la création d'un deepfake. »

Megan n'a jamais réussi à voir le deepfake, car il avait été effacé des appareils des élèves avant même que la vague de plaintes ne lui parvienne. Après coup, elle aurait trouvé que la réponse de l'école ne tenait pas compte de ses préoccupations, la contraignant à vivre seule cette expérience. Elle a révélé : « Le directeur adjoint, qui apparaissait également dans la vidéo, ne voulait pas impliquer le syndicat. L'autre enseignant, un homme, ne voulait pas non plus insister ; c'est vraiment moi seule qui ai donné suite. »

En face, l’école a réagi avec des grilles de lecture traditionnelles. Incident disciplinaire, gestion interne, peur du scandale. Aucun réflexe cyber, aucune compréhension de l’atteinte réputationnelle, aucune prise en compte du caractère potentiellement pénal de la création d’un deepfake sexuel non consenti.

Pour les acteurs IT du secteur public, ce décalage est alarmant. Il montre que la transformation numérique des usages avance beaucoup plus vite que celle des structures de gouvernance.

Certaines écoles font preuve de prudence lorsque ce genre de choses se produit. Elles ne veulent pas que des scandales ou des articles négatifs soient divulgués. Cela signifie que la jeune fille n'a pas été exclue (même pas pour la journée) et qu'elle n'a pas été encouragée à présenter des excuses. Elle n'a subi aucune conséquence réelle. Il y a juste eu une seule réunion avec sa mère. »

Bien que Megan n'ait pas assisté à la discussion, il semblait que la jeune fille n'était pas protégée contre les contenus explicites à la maison. On a appris par la suite qu'elle s'était déjà filmée en train d'imiter un acte explicite avec un sex toy, tout en créant une autre vidéo dans laquelle elle faisait semblant de faire de la pole dance.


Le deepfake sexuel comme nouvelle forme de cyber-violence

D’un point de vue strictement technique, un deepfake n’est qu’un artefact généré par un modèle. D’un point de vue humain et social, c’est une arme. Dans le cas présent, la victime n’a même pas pu voir la vidéo, tant sa diffusion et sa suppression ont été rapides, mais l’impact psychologique a été durable. Atteinte à la dignité, perte de confiance, isolement professionnel, départ forcé.

Cette forme de violence numérique échappe encore largement aux politiques de cybersécurité classiques. Elle ne relève ni du vol de données, ni du ransomware, ni même du harcèlement textuel traditionnel. Elle combine manipulation visuelle, sexualisation non consentie et diffusion virale. Pour les RSSI, juristes IT et décideurs techniques, il s’agit clairement d’une nouvelle catégorie de risque.

Responsabilité des plateformes et porosité des écosystèmes sociaux

L’affaire met également en lumière le rôle indirect des plateformes numériques. Les images sources provenaient d’un site institutionnel parfaitement légitime. La diffusion s’est faite via des messageries privées et des réseaux sociaux grand public comme WhatsApp, eux-mêmes utilisés quotidiennement par des enfants sans réel contrôle d’âge. En toile de fond, des plateformes comme TikTok, Instagram ou Facebook participent à la normalisation de contenus visuels toujours plus extrêmes.

La question n’est plus seulement celle de la modération, mais celle de l’exposition précoce à des codes, des références et des usages qui étaient autrefois réservés aux adultes. L’IA générative agit ici comme un accélérateur brutal de cette porosité.

Sur le plan légal, plusieurs pays commencent à réagir. Le Royaume-Uni a renforcé ses textes sur les images intimes non consenties, et l’Union européenne discute activement de l’intégration des deepfakes sexuels dans des infractions spécifiques. L’AI Act européen, bien qu’orienté vers les fournisseurs de...
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 31/01/2026 à 23:08
Sans être aussi réducteur qu'Artaeus, cette situation est clairement multi-factorielle. Mettre tout le blâme sur le fournisseur du modèle est tout aussi hypocrite que de le mettre uniquement sur les parents, ou uniquement sur l'école, ou uniquement sur l'enfant, etc. Si une enfant prend un couteau dans sa cuisine et tue quelqu'un à l'école, on va mettre la faute sur le fabricant de couteau parce qu'il n'aurait pas mis les garde-fou suffisants pour éviter ça ? Certainement l'enfant ne serait pas blanchit juste parce que mineur. Certainement ses parents ne seraient pas indépendants de sa situation psychologique. Ni l'école d'ailleurs.

Bref, ne jouons pas les vierges effarouchées quand on sait que ça fait des années que la morale générale en occident est sur la pente glissante, bien avant l'invention de ces modèles. Ils sont plus un révélateur efficace qu'une cause comme on souhaite le faire entendre. Et abattre le messager a toujours été une façon politique de cacher le problème, pas de le régler.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 31/01/2026 à 22:08
Il faut mettre une peine de prison aux parents pour négligence là :
- Que fait un enfant de 8 ans avec un téléphone
- Pourquoi n'y a-t-il pas de contrôle parentale
- Comment l'enfant a-t-il eu idée de faire ça ? (si il ne l'a pas vu chez lui ?!)
Son environnement familial pose question quand même ?!

(Bien essayé, mais je n'accepterai toujours pas la censure ou les contrôle d'identité sur Internet )
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