Les craintes des investisseurs quant au fait que les nouveaux développements en matière d'intelligence artificielle puissent supplanter les logiciels ont eu des répercussions sur le marché boursier, faisant chuter les actions des entreprises qui développent, concèdent sous licence et même investissent dans des codes et des systèmes. Les traders se demandent si l'IA va éroder l'avantage concurrentiel acquis par les éditeurs de logiciels tels qu'Adobe (-7,31 %) et Salesforce (-6,85 %) depuis l'arrivée sur le marché, il y a plusieurs années, des modèles d'IA générative. Les récentes avancées dans le domaine des outils, comme ceux proposés par le développeur d'IA Anthropic, suscitent désormais une attention accrue.Les investisseurs se sont intéressés à l'annonce d'Anthropic concernant l'ajout de nouveaux outils juridiques à son assistant Cowork, destinés à automatiser un certain nombre de tâches de rédaction et de recherche juridiques.
Le signal est venu sans fracas spectaculaire, mais ses effets ont été immédiats sur les marchés. Une simple série de déclarations et de démonstrations autour des capacités des nouveaux modèles d’intelligence artificielle a suffi à déclencher une vague de nervosité sur les valeurs mondiales du logiciel. En ligne de mire, une idée devenue difficile à ignorer : certaines briques logicielles historiques pourraient être rendues obsolètes plus vite que prévu. En incarnant cette rupture, Anthropic agit comme un révélateur brutal d’un changement de cycle que l’industrie préférait encore penser progressif.
Récemment, Anthropic a lancé Cowork, une nouvelle fonctionnalité pour sa plateforme IA Claude, disponible en avant-première pour les abonnés Claude Max sur macOS. La société américaine spécialisée dans l'IA a déclaré que Cowork permet aux utilisateurs de donner à Claude l'accès à un dossier choisi sur leur ordinateur, permettant ainsi à l'IA de lire, modifier ou créer des fichiers. Les tâches vont de l'organisation des téléchargements et de la création de feuilles de calcul à la rédaction de documents à partir de notes.
Contrairement aux interactions standard par chat, Cowork permet à Claude d'exécuter des tâches avec plus d'autonomie, tout en tenant les utilisateurs informés et en exigeant leur approbation pour les actions importantes. Les utilisateurs peuvent contrôler les dossiers et les connecteurs auxquels Claude peut accéder, mais la société avertit que des instructions claires sont nécessaires pour éviter toute suppression involontaire de fichiers.
Anthropic déclare notamment pour le lancement de Cowork : « Lorsque nous avons lancé Claude Code, nous pensions que les développeurs l'utiliseraient pour coder. C'est ce qu'ils ont fait, mais ils ont rapidement commencé à l'utiliser pour presque tout le reste. Cela nous a incités à créer Cowork : un moyen plus simple pour tout le monde, et pas seulement pour les développeurs, de travailler avec Claude de la même manière. Cowork est disponible dès aujourd'hui en avant-première pour les abonnés à Claude Max sur notre application macOS, et nous allons rapidement l'améliorer à partir de là. »
Un marché qui croyait à l’IA comme simple fonctionnalité
Depuis deux ans, la plupart des éditeurs de logiciels ont adopté une posture rassurante. L’intelligence artificielle était présentée comme une couche supplémentaire, un accélérateur de productivité venant enrichir des produits existants sans en bouleverser l’architecture ni le modèle économique. Cette narration a longtemps rassuré investisseurs et directions générales : l’IA devait renforcer les positions acquises, pas les menacer.
L’épisode récent montre pourtant une rupture de perception. Les avancées mises en avant par Anthropic, notamment autour d’agents capables de raisonner, de planifier et d’exécuter des tâches complexes de bout en bout, suggèrent que l’IA ne se contente plus d’assister le logiciel. Elle commence à en devenir le cœur fonctionnel, voire un substitut. Pour le marché, cette nuance change tout.
Ce qui inquiète les investisseurs n’est pas tant la performance brute des modèles que leur potentiel de désintermédiation. Si une IA est capable de générer des rapports financiers, d’orchestrer des flux métiers ou d’automatiser des processus entiers sans passer par une interface logicielle classique, alors certaines applications deviennent redondantes.
C’est cette perspective qui a pesé sur les cours de nombreux acteurs du logiciel, des outils collaboratifs aux solutions de gestion d’entreprise. La crainte est simple : des produits vendus aujourd’hui sous forme d’abonnements pourraient demain être absorbés dans des plateformes d’IA généralistes, proposées par quelques acteurs capables d’investir massivement dans les modèles et...
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