Elon Musk veut mettre en orbite un million de satellites destinés à des centres de données. Il a déclaré que l'espace est la clé de voûte énergétique du progrès de l'IA : une source quasi illimitée et à bas coût pour soutenir sa croissance. Dans une sortie récente, Elon Musk a déclaré qu'au cours des 36 prochains mois, l'endroit le moins cher pour déployer l'IA sera l'espace. Il a prédit que d'ici à 2031, la capacité de calcul ajoutée chaque année dans l’espace dépassera le total cumulé sur Terre, bousculant ainsi le marché des centres de données terrestres, estimé à 1 000 milliards de dollars. Mais ce calendrier est considéré comme une prédiction audacieuse d'Elon Musk.Auparavant, lorsque l'industrie parlait du goulot d'étranglement de la puissance de calcul, elle se concentrait sur la capacité de production des puces. Mais Elon Musk a souligné que ce qui limite réellement le développement à grande échelle de l'IA, ce ne sont pas les GPU, mais l'électricité. Pour lancer le cluster Colossus, il a dû construire une centrale électrique à travers plusieurs États et xAI a même envisagé de fabriquer lui-même les composants clés.
Le cluster Colossus 2 est équipé de 330 000 puces GB300. D'après Elon Musk, pour les faire fonctionner toutes, y compris les équipements réseau, les processeurs, le stockage, les systèmes de refroidissement et l'alimentation de secours, une capacité totale de production d'électricité de 1 gigawatt est nécessaire.
La capacité de production de puces s'améliore, mais l'approvisionnement en électricité stagne ou évolue très peu. Selon Elon Musk, « la solution ne se trouve pas sur Terre, mais dans l'espace ». Dans un épisode du podcast Cheeky Pint animé par Patrick Collison, cofondateur de Stripe, Elon Musk a exposé ses arguments en faveur de la migration de l'informatique vers l'espace. « Il est plus difficile de se développer au sol que dans l'espace, a-t-il déclaré.
Elon Musk a déclaré que l'énergie solaire spatiale présente deux avantages : « elle fonctionne à pleine puissance 24H/24, sans nuages ni atmosphère pour bloquer la lumière du soleil », ce qui augmente l'intensité lumineuse de 30 %. Et elle ne nécessite pas de batteries. « Un panneau solaire donné vous fournira environ cinq fois plus d'énergie dans l'espace qu'au sol, il est donc en réalité beaucoup moins coûteux de le faire dans l'espace », a-t-il ajouté.
Elon Musk veut plus de puissance de calcul en orbite que sur Terre
Elon Musk a poursuivi : « les panneaux solaires chinois coûtent déjà seulement 0,25 dollar par watt. Dans l'espace, le rendement énergétique est cinq fois supérieur à celui au sol, et le coût des batteries est réduit. Au total, le coût par kilowattheure est dix fois moins élevé qu'au sol ». Selon lui, il n'y a pas de cycles d'autorisation, de goulots d'étranglement au niveau des équipements, de défis en matière de coordination du réseau ou de refroidissement.
Quand cela pourra-t-il se réaliser ? Elon Musk a déclaré que d'ici à 36 mois, l'espace deviendra l'endroit le moins cher pour déployer l'IA. C'est la première étape. Dans cinq ans, la puissance de calcul d'IA placée en orbite chaque année dépassera le total cumulé de toute la puissance de calcul sur Terre. À partir de là, l'espace deviendra le principal champ de bataille pour la concurrence en matière de puissance de calcul pour cette technologie en plein essor.
SpaceX veut construire une constellation d'un million de satellites pour le calcul. Avec l'approbation probable de la FCC et un calendrier prévoyant une mise en service en 2028, la question n'est pas de savoir si Elon Musk est sérieux, mais ce pari est réaliste. Il prévoit que d'ici à cinq ans, l'augmentation annuelle de la puissance de calcul spatiale atteindra des centaines de gigawatts. Qu'est-ce que cela signifie ? Prenons l'exemple de 100 gigawatts.
- cela nécessite 100 millions de puces (en supposant que chaque puce consomme 1 kilowatt) ;
- cela nécessite des panneaux solaires et des radiateurs correspondants ;
- cela nécessite 10 000 lancements de Starship (calculés sur la base d'une charge utile de 100 à 150 tonnes à chaque fois).
Pour illustrer : la consommation moyenne d'électricité aux États-Unis est de 500 gigawatts. Lancer 200 gigawatts dans l'espace par an équivaut à ajouter la consommation totale d'électricité des États-Unis tous les deux ans et demi. Elon Musk a déclaré que SpaceX se préparait à effectuer 10 000 à 30 000 lancements par an, et que cette capacité de transport pouvait prendre en charge une augmentation annuelle de plusieurs centaines de gigawatts.
Le raisonnement d'Elon Musk souffre en effet de plusieurs limites
L'affirmation d'Elon Musk concernant l'efficacité solaire est techniquement exacte : sans aucune interférence atmosphérique et avec une exposition au soleil 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les panneaux solaires orbitaux génèrent effectivement beaucoup plus d'énergie. Mais Dwarkesh Patel, également invité sur le podcast, a contesté le raisonnement logique qui consiste à passer de « plus d'énergie par panneau » à « fonctionnement global moins coûteux ».
Le milliardaire a pris un grand raccourci qui laisser de côté de nombreux défis à relever. L'énergie n'est qu'un élément parmi d'autres dans l'économie des centres de données, et l'énergie solaire n'est qu'un moyen parmi d'autres de la produire. De plus, le coût du lancement du matériel en orbite, de son entretien dans l'environnement spatial hostile et du remplacement des composants défectueux pourrait réduire à néant les économies d'énergie réalisées.
Le problème de maintenance des composants électroniques, surtout des GPU, est particulièrement épineux. Lorsque les GPU tombent en panne pendant l'entraînement des modèles d'IA, ce qui arrive régulièrement dans les grands clusters de calcul, les centres de données au sol peuvent les remplacer en quelques heures. En orbite, la maintenance est fondamentalement différente, ce que le milliardaire n'a pas entièrement abordé dans son raisonnement.
Mais rien de tout cela n'a tempéré l'enthousiasme d'Elon Musk ni son calendrier. Il considère 2028 comme le point d'inflexion où les centres de données orbitaux deviendront économiquement supérieurs aux centres terrestres. « Vous pouvez me croire sur parole, dans 36 mois, mais probablement plutôt dans 30 mois, l'endroit le plus intéressant économiquement pour installer l'IA sera l'espace », a-t-il déclaré à Patrick Collison et Dwarkesh Patel.
Le défi de l'alimentation : pourquoi l'énergie solaire ne suffit pas
Un ancien scientifique de la NASA a déclaré que les centres de données dans l'espace sont « une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens ». Le spécialiste en électronique a expliqué que les centres de données spatiaux ne sont pas pratiques pour plusieurs raisons : une production d'électricité insuffisante, des problèmes complexes de régulation thermique, ainsi que les effets néfastes des rayonnements sur les composants électroniques.
Même si l’espace paraît offrir un avantage en énergie, ce n’est pas suffisant pour alimenter un centre de données gigantesque. Il a donné l’exemple des panneaux...
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