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OpenAI révèle comment Pékin utilise ChatGPT pour industrialiser la répression numérique de ses dissidents à l'étranger, une situation qui en dit long sur la confidentialité de vos conversations IA

Le , par Stéphane le calme

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Un fonctionnaire des forces de l'ordre chinoises a involontairement exposé l'ampleur d'un vaste réseau de répression transnationale en utilisant ChatGPT comme outil de rédaction de rapports opérationnels. Le rapport publié par OpenAI le 25 février 2026 lève le voile sur une machine d'intimidation industrialisée ciblant des dissidents aux quatre coins du monde — et illustre, avec une ironie presque kafkaïenne, comment l'IA peut se retourner contre ceux qui cherchent à l'exploiter à des fins malveillantes.

L'affaire tient presque du roman d'espionnage raté. Un agent — ou peut-être plusieurs personnes partageant un même compte, comme le précise prudemment OpenAI — lié aux forces de l'ordre chinoises a commencé à utiliser ChatGPT non pas pour générer du contenu malveillant directement, mais pour une tâche bien plus prosaïque : rédiger et éditer des comptes rendus d'opérations. Ce faisant, il a décrit, avec un luxe de détails, des campagnes coordonnées visant à faire taire des opposants au Parti communiste chinois (PCC) résidant à l'étranger.

Les équipes de surveillance d'OpenAI ont détecté ces patterns inhabituels et ont mené une enquête interne. Ce qu'elles ont découvert dépasse largement ce que l'on pouvait soupçonner des pratiques de répression numérique chinoises. Selon le rapport, l'utilisateur décrivait ses activités comme des « cyber-opérations spéciales » — une dénomination bureaucratique qui cache mal la réalité : des campagnes de harcèlement, de désinformation et de pression psychologique méticuleusement orchestrées.

Ben Nimmo, enquêteur principal au sein de l'équipe Intelligence and Investigations d'OpenAI, a résumé la situation lors d'une conférence de presse : « Voilà à quoi ressemble la répression transnationale chinoise moderne. Ce n'est pas uniquement numérique. Ce n'est pas uniquement du trolling. C'est industrialisé. C'est une tentative de frapper les critiques du PCC partout, tout le temps, simultanément. »

Des tactiques d'une sophistication inquiétante

Le contenu des journaux de bord révèle un arsenal de méthodes allant bien au-delà du simple dénigrement sur les réseaux sociaux. Les opérateurs — qui seraient plusieurs centaines selon OpenAI, s'appuyant sur des milliers de faux comptes — ont recours à des techniques multiples et complémentaires.

L'usurpation d'identité figure parmi les plus préoccupantes. Des dissidents basés aux États-Unis auraient reçu des messages émanant soi-disant d'agents de l'immigration américaine, les avertissant que leurs déclarations publiques constituaient une infraction à la loi. L'objectif est limpide : instiller la peur et le doute sans jamais avoir à franchir physiquement les frontières. Dans un autre cas documenté, les opérateurs ont tenté d'utiliser de faux documents émanant prétendument d'un tribunal américain pour obtenir la suppression du compte de réseaux sociaux d'un dissident.

Plus macabre encore, le rapport décrit la création d'une fausse nécrologie et de photos de pierre tombale pour le dissident Jie Lijian, massivement diffusées en ligne afin de faire croire à sa mort. L'enquête d'OpenAI a pu corréler cette description avec des rumeurs effectivement apparues en ligne en 2023 et documentées par Voice of America en langue chinoise — une confirmation troublante que ces opérations ne restent pas lettre morte.

La stratégie inclut également des attaques visant directement la santé mentale des cibles, le piratage de leurs streaming vidéos en direct et des campagnes de signalement massif de leurs comptes sur les plateformes sociales, parfois étayées par de fausses preuves. L'activiste Hui Bo (@huikezhen) en a fait les frais : selon les journaux de bord, des milliers de signalements ont été déposés contre ses publications sur X, accompagnés de la création de dizaines de faux comptes usurpant son identité. Fait documenté : son compte X était effectivement restreint au 29 novembre 2025.


L'affaire Takaichi : quand ChatGPT refuse de jouer le jeu

L'un des épisodes les plus révélateurs de ce rapport concerne la première ministre japonaise Sanae Takaichi. En octobre 2025, peu après son accession au pouvoir, l'utilisateur a tenté de convaincre ChatGPT d'élaborer un plan en plusieurs volets pour la discréditer — en raison de ses critiques des atteintes aux droits humains commises par la Chine en Mongolie-Intérieure. Le plan prévoyait de poster des commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, d'envoyer des plaintes à d'autres politiciens japonais via de faux comptes se faisant passer pour des résidents étrangers, et d'amplifier des hashtags attaquant ses politiques.

ChatGPT a refusé d'accéder à ces demandes. Mais l'opération n'en a pas été abandonnée pour autant. L'utilisateur s'est alors tourné vers d'autres modèles d'IA, probablement des modèles open source — une piste que pointe discrètement le rapport sans les nommer explicitement. Quelques semaines plus tard, il est revenu sur ChatGPT non plus pour planifier, mais pour éditer les comptes rendus de l'opération déjà lancée. Les enquêteurs d'OpenAI ont retrouvé des hashtags correspondant exactement à la stratégie décrite sur Pixiv et d'autres forums japonais — avec un impact toutefois très limité, se comptant en quelques vues et zéro engagement sur la plupart des publications.

Cet épisode illustre une dynamique importante : si les garde-fous des modèles d'IA occidentaux peuvent bloquer certaines demandes, ils ne constituent qu'un obstacle partiel pour des acteurs déterminés disposant d'accès à d'autres outils.

La double lecture géopolitique

Le rapport d'OpenAI arrive dans un contexte de compétition technologique sino-américaine exacerbée. Michael Horowitz, ancien responsable du Pentagone spécialisé dans les technologies émergentes et désormais professeur à l'Université de Pennsylvanie, a déclaré à CNN que le rapport « démontre clairement la façon dont la Chine utilise activement les outils d'IA pour renforcer ses opérations d'influence ». Il ajoute que la compétition sino-américaine sur l'IA ne se joue pas uniquement à la frontière technologique, mais dans la façon dont le gouvernement chinois planifie et implémente au quotidien son appareil de surveillance et d'information.

Cette affaire survient quelques jours seulement après une autre controverse : le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth avait posé un ultimatum au PDG d'Anthropic, Dario Amodei, pour qu'il assouplisse les garde-fous de son modèle d'IA, sous peine de perdre un lucratif contrat avec le Pentagone. La coïncidence des deux actualités met en lumière une tension structurelle : d'un côté, des acteurs étatiques cherchent à exploiter les capacités offensives de l'IA ; de l'autre, les entreprises...
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Avatar de Artemus24
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 28/02/2026 à 12:51
Salut à tous.

IA = Big Brother !
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Avatar de _toma_
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 02/03/2026 à 12:31
Ben Nimmo, enquêteur principal au sein de l'équipe Intelligence and Investigations d'OpenAI, a résumé la situation lors d'une conférence de presse : « Voilà à quoi ressemble la répression transnationale chinoise moderne. Ce n'est pas uniquement numérique. Ce n'est pas uniquement du trolling. C'est industrialisé. C'est une tentative de frapper les critiques du PCC partout, tout le temps, simultanément. »

Des tactiques d'une sophistication inquiétante

Le contenu des journaux de bord révèle un arsenal de méthodes allant bien au-delà du simple dénigrement sur les réseaux sociaux. Les opérateurs — qui seraient plusieurs centaines selon OpenAI, s'appuyant sur des milliers de faux comptes — ont recours à des techniques multiples et complémentaires.
Ho bah ça alors, un générateur de contenus artificiels qui est utilisé pour générer des contenus orientés.
Mais qui aurait pu prédire ?
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Avatar de vanlugh
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 10/03/2026 à 21:46
Bienvenue sur Skynet, 1984, Minority Report et dans le monde de l’apprenti sorcier
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