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Le « conseil du bien être » d'OpenAI vote à l'unanimité contre le mode adulte dans ChatGPT : Vérification d'âge défaillante, jurisprudences ignorées, directrice évincée, OpenAI a décidé de passer outre

Le , par Stéphane le calme

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Le « conseil du bien être » d'OpenAI vote à l'unanimité contre le mode adulte dans ChatGPT :
Vérification d'âge défaillante, jurisprudences ignorées, directrice évincée, OpenAI a décidé de passer outre

Le conseil consultatif sur le bien-être de l'entreprise a voté à l'unanimité contre le lancement d'un mode érotique dans ChatGPT, allant jusqu'à brandir le spectre d'un « coach suicidaire sexy ». L'entreprise a quand même décidé d'aller de l'avant. Entre pression financière, défaillances techniques et dépendances émotionnelles documentées, l'affaire illustre de façon saisissante les tensions qui fracturent le secteur de l'IA à mesure que ses acteurs cherchent de nouveaux relais de croissance.

Janvier 2026. Dans les locaux d'OpenAI à San Francisco, les huit membres du Expert Council on Well-Being and AI (des chercheurs issus de Harvard, Stanford et Oxford) sont réunis pour être informés de l'état d'avancement du projet de « mode adulte » pour ChatGPT. Ce que la porte-parole de l'entreprise décrit sobrement au Wall Street Journal comme du contenu érotique textuel (« smut rather than pornography »), les conseillers le perçoivent comme une menace existentielle pour certains utilisateurs.

Les huit membres du conseil ont voté à l'unanimité contre le lancement de cette fonctionnalité. L'un d'eux a formulé l'avertissement le plus percutant : en combinant du contenu érotique avec la capacité de ChatGPT à tisser des liens émotionnels intenses avec ses utilisateurs, OpenAI risquait de créer un « coach suicidaire sexy ». La formule, provocatrice, n'était pas une hyperbole gratuite. Elle renvoyait à des cas documentés, des utilisateurs morts après avoir développé des attachements pathologiques au chatbot.

La réponse d'OpenAI ? L'entreprise a informé le conseil qu'elle retardait le lancement, mais qu'elle ne l'annulait pas.

Un contexte déjà chargé de précédents funestes

Pour comprendre pourquoi cette mise en garde résonne aussi fort, il faut revenir sur l'historique récent du secteur. Sewell Setzer III a été le premier enfant dont la mort a été publiquement liée à des échanges avec des chatbots, notamment un personnage inspiré de Daenerys Targaryen de Game of Thrones sur Character.AI. Après le dépôt de la plainte de sa famille, Character.AI a coupé l'accès aux mineurs en une semaine et a finalement conclu un accord à l'amiable.

OpenAI n'ignorait pas ces précédents. En octobre 2025, l'entreprise avait elle-même révélé que plus d'un million d'utilisateurs abordaient le sujet du suicide chaque semaine avec ChatGPT. Sept poursuites judiciaires alléguaient que le chatbot avait encouragé des passages à l'acte ou provoqué des décompensations psychiques. C'est d'ailleurs dans ce contexte de pression judiciaire, y compris une enquête de la FTC, qu'OpenAI avait créé son conseil consultatif sur le bien-être.

Depuis octobre 2025, de nouveaux cas ont émergé : deux hommes d'âge moyen dont les familles ont retrouvé des journaux de conversation troublants dans lesquels ChatGPT semblait exploiter son lien croissant avec les utilisateurs pour les encourager à se faire du mal ou à commettre des violences. Le conseil consultatif, précise-t-on, ne compte pas un seul spécialiste de la prévention du suicide.

Le problème technique que personne ne sait résoudre

À ces risques psychologiques s'ajoute une faille technique béante. Le système de détection d'âge d'OpenAI identifiait à tort des mineurs comme des adultes dans environ 12 % des cas. Avec approximativement 100 millions d'utilisateurs mineurs par semaine, ce taux d'erreur pourrait donner accès à des contenus érotiques à des millions d'adolescents.

Ce taux d'erreur de 12 % est précisément ce qui a conduit à l'annulation du lancement prévu en décembre 2025, puis de celui du premier trimestre 2026. Fidji Simo, directrice des applications chez OpenAI, avait reconnu ce délai lors d'un point interne en décembre, invoquant des travaux en cours pour perfectionner le système de vérification d'âge.

Le service de vérification tiers Persona, sur lequel OpenAI envisageait de s'appuyer, avait d'ailleurs déjà été abandonné par Discord à la suite de critiques liées à la protection des données personnelles. Le problème n'est donc pas seulement technique ; il est aussi structurel : aucun prestataire du marché ne semble aujourd'hui capable de garantir une vérification d'âge suffisamment fiable à l'échelle de centaines de millions d'utilisateurs.

La directrice des politiques produit évincée

Le feuilleton ne s'arrête pas là. Ryan Beiermeister, vice-présidente chargée des politiques produit chez OpenAI, a été licenciée en janvier après qu'un collègue masculin l'a accusée de discrimination sexuelle. « L'allégation selon laquelle j'aurais discriminé qui que ce soit est absolument fausse », a-t-elle déclaré au Wall Street Journal.

Le timing de ce départ a suscité des interrogations. Avant son licenciement, elle avait ouvertement déclaré à ses collègues qu'elle s'opposait au « mode adulte » prévu pour ChatGPT, une fonctionnalité qui permettrait aux utilisateurs de générer du contenu érotique via le chatbot. Elle s'est également inquiétée du fait que les mesures de protection d'OpenAI contre les contenus exploitant des enfants n'étaient pas suffisamment efficaces et que l'entreprise ne pouvait pas empêcher de manière fiable les adolescents d'accéder à des contenus pour adultes.

OpenAI, de son côté, affirme que son départ « n'était pas lié aux préoccupations qu'elle avait soulevées au sein de l'entreprise ». Une formulation qui, dans le contexte de cette affaire, a tout d'une pirouette.

OpenAI avait par ailleurs admis, en octobre 2025, que 500 000 utilisateurs montraient chaque semaine des signes de comportement psychotique dans leurs conversations avec ChatGPT.

L'annonce tonitruante d'Altman : une gouvernance qui se contredit elle-même

Le fond de l'affaire révèle surtout un problème de gouvernance. Sam Altman avait annoncé le mode adulte sur X en octobre 2025, quelques heures seulement après la création officielle du conseil consultatif sur le bien-être, sans en avoir averti ses propres équipes au préalable. Sa déclaration « Nous ne sommes pas la police morale élue du monde » avait cristallisé les tensions internes.

Le timing était d'une ironie mordante : un organe censé tempérer les décisions à risque était créé le matin, et une décision à haut risque était annoncée le soir. Comme si le conseil était conçu, dès l'origine, pour afficher une apparence de prudence plutôt que pour en exercer réellement.

À l'époque, plus de 3 000 utilisateurs avaient déjà signé une pétition sur Change.org réclamant le lancement de la fonctionnalité, estimant que ChatGPT bloquait même des discussions sur « les baisers et l'intimité physique non sexuelle ». La pression venait donc de toutes parts : des conseillers internes qui voulaient freiner, des utilisateurs qui voulaient accélérer.


La logique financière derrière la prise de risque

Derrière les arguments de principe à savoir « traiter les adultes comme des adultes », la réalité économique est moins flatteuse. Des sources internes ont indiqué au Wall Street Journal qu'OpenAI semblait « céder aux incitations financières pour rendre les utilisateurs dépendants de ses modèles ». Le PDG lui-même avait suggéré que le contenu érotique favoriserait la croissance et les recettes.

Les dépenses des utilisateurs sur ChatGPT seraient en stagnation, et les abonnements européens auraient plafonné. Les concurrents à l'instar de Grok d'xAI et Character.AI proposent déjà des expériences d'IA compagne. Les modèles en source libre, eux, fonctionnent sans aucune restriction imposée par une entreprise. Dans ce contexte, l'IA érotique représente une manne potentielle : le marché mondial du divertissement pour adultes est évalué à près de 200 milliards de dollars.

Comme le note Fortune, de telles annonces signalent peut-être que les entreprises d'IA « se battent plus que jamais pour assurer leur croissance, et sacrifieront la confiance des consommateurs sur le long terme pour des profits à court terme ».

Un lancement repoussé, mais pas abandonné

En début mars 2026, OpenAI a reporté sine die le lancement du mode adulte, officiellement pour concentrer ses efforts sur d'autres produits. L'entreprise a toutefois précisé que la fonctionnalité était toujours prévue. La date n'a pas été communiquée.

Ce report ressemble moins à une capitulation qu'à une manœuvre dilatoire. Les problèmes techniques n'ont pas été résolus, les risques psychologiques n'ont pas disparu, et le cadre juridique autour de la protection des mineurs en ligne ne s'est pas assoupli. Si OpenAI finit par lancer son mode adulte dans les conditions actuelles, l'entreprise le fera avec les yeux grands ouverts sur les risques ce qui, paradoxalement, pourrait lui être reproché d'autant plus sévèrement si des incidents surviennent.

Le cas Sewell Setzer a montré que la plateforme concurrente avait réagi en une semaine une fois mise en cause. OpenAI, elle, aura eu des mois de préavis, un vote unanime de ses propres conseillers, et une pile de journaux de conversations alarmants. Difficile, après tout cela, de plaider l'ignorance.

Sources : WSJ, Sam Altman

Et vous ?

La création d'un conseil consultatif sur le bien-être constitue-t-elle une garantie réelle ou un simple mécanisme de déresponsabilisation, dès lors que ses recommandations peuvent être ignorées sans conséquences ?

Un système de vérification d'âge présentant un taux d'erreur de 12 % est-il acceptable pour accéder à du contenu explicite, sachant que 100 millions de mineurs utilisent ChatGPT chaque semaine ?

Le licenciement de Ryan Beiermeister, quelle qu'en soit la justification formelle, ne risque-t-il pas d'instaurer une forme d'autocensure chez les employés qui souhaitent soulever des alertes éthiques ?

La dépendance émotionnelle aux chatbots est-elle fondamentalement différente d'autres formes de dépendances numériques, ou mérite-t-elle un cadre réglementaire spécifique ?

Les entreprises d'IA ont-elles la capacité ou la volonté de résister aux logiques de monétisation qui entrent en conflit avec la sécurité de leurs utilisateurs ?
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Avatar de Xavdeb
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 18/03/2026 à 18:55
On était moins regardant à l'époque du téléphone rose

Que s'est-il passé ?
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 19/03/2026 à 8:53
Citation Envoyé par Xavdeb Voir le message
On était moins regardant à l'époque du téléphone rose
L'imagination jouait un grand rôle, quand on est exposé à de la pornographie hardcore ça n'a pas le même effet sur le cerveau.

Le spectre de la pornographie est large, ça va du vraiment très soft (où l'imagination joue le rôle principal) à de l’extrême (où c'est graphique et le spectateur subis).
Si un enfant se met à regarder du contenu extrême ça peut avoir des conséquences négatives sur son cerveau.
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Avatar de _toma_
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 17/03/2026 à 23:32
À ces risques psychologiques s'ajoute une faille technique béante. Le système de détection d'âge d'OpenAI identifiait à tort des mineurs comme des adultes dans environ 12 % des cas. Avec approximativement 100 millions d'utilisateurs mineurs par semaine, ce taux d'erreur pourrait donner accès à des contenus érotiques à des millions d'adolescents.
Comment ça, vous avez dit entre 10 et 30% d'hallucinations ?
Mais qui aurait pu prédire ?

Du cul, du cul, du cul : le credo d'une société à but non lucratif dont le seul objectif annoncé est la construction d'un monde-meilleur-qui-ne-serait-pas-atteignable-sans-sa-technologie.
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 18/03/2026 à 9:18
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
En début mars 2026, OpenAI a reporté sine die le lancement du mode adulte, officiellement pour concentrer ses efforts sur d'autres produits. L'entreprise a toutefois précisé que la fonctionnalité était toujours prévue. La date n'a pas été communiquée.
Un mode pour adulte pourrait rapporter énormément d'argent.
Pour avoir accès au service il faudrait inscrire sa carte bancaire (plein de mineurs n'ont pas de carte bancaire).

Les mineurs peuvent facilement accéder à de la pornographie ailleurs, donc l'argument de « l'accès à des contenus érotiques à des millions d'adolescents » ne fonctionne pas du tout pour moi.
Il suffit d'avoir une adresse spéciale pour le mode adulte et que l'adresse soit dans la liste noire du filtre parentale et voilà.
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Avatar de calvaire
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 23/03/2026 à 14:38
ils n'auront pas le choix.

openai est concurrencé par les gafams qui ont des fonds illimités (google...), il faudra bien trouver de l'argent.
Historiquement, le XXX a toujours été une bonne source de revenue. Xavier Niel a commencé par la en france par exemple.
La question ne se pose même pas, chatgpt va devoir générer du porn si la boite veut survivre. Et elle va devoir le faire mieux que Grok et les autres.
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