Anthropic ajuste les limites d'utilisation temporelles de son IA Claude afin de limiter la demande aux heures de pointece qui pourrait pénaliser les utilisateurs professionnels du service
Anthropic a modifié les limites d'utilisation de son chatbot Claude afin de mieux équilibrer la demande croissante avec ses capacités de service actuelles. L'entreprise a déclaré que cette mesure concerne spécifiquement les sessions de cinq heures pour les utilisateurs des versions gratuite, Pro et Max. Elle précise que si les limites hebdomadaires globales restent inchangées, la puissance des services délivrés est désormais ajustée à la baisse pendant les périodes de forte affluence pour garantir la stabilité du système. Précédemment, Anthropic avait forcé OpenCode à supprimer son plug-in d'authentification Claude par la voie juridique pour des raisons économiques.
Si vous avez l'impression d'avoir atteint vos limites d'utilisation de Claude beaucoup plus rapidement au cours de la semaine dernière, vous avez tout à fait raison. Anthropic a confirmé avoir « ajusté » les limites d'utilisation de cinq heures pour les utilisateurs de Claude Free, Pro et Max pendant les heures de pointe, soit de 5 h à 11 h (heure du Pacifique) en semaine, tout en laissant inchangées les limites hebdomadaires globales déjà établies.
« Afin de gérer la demande croissante pour Claude, nous ajustons nos limites de session de 5 heures pour les abonnements Free/Pro/Max pendant les heures de pointe. Vos limites hebdomadaires restent inchangées », a écrit Thariq Shihipar, membre de l'équipe technique d'Anthropic, dans un billet sur X (ex-Twitter).
Cela signifie que les utilisateurs de Claude pourraient épuiser leurs limites de session de cinq heures en moins de cinq heures. Le reste de la journée, une session de cinq heures permettra aux utilisateurs d'accomplir davantage de tâches. Cette définition flexible des limites d'utilisation hebdomadaires est possible, car le laboratoire d'IA ne précise pas le nombre de tokens pouvant être utilisés au cours de cette fenêtre de session de cinq heures.
Répondre à la surcharge grâce à une redistribution de l'accès
L'idée sous-jacente est qu'en accélérant la vitesse à laquelle les utilisateurs atteignent leurs limites de session pendant ces plages horaires, Anthropic redistribue efficacement l'accès afin d'éviter la surcharge du système, tout en préservant les quotas d'utilisation hebdomadaires globaux. Selon Thariq Shihipar, environ 7 % des utilisateurs atteindront des limites de session qu'ils n'auraient pas atteintes auparavant, en particulier pour les formules Pro.
L'utilisation de l'IA reste gourmande en ressources informatiques et en énergie, entravant la rentabilité des services. Anthropic a augmenté sa capacité à d'autres moments de la journée où la demande est plus faible, de sorte qu'il n'y a pas de perte nette en termes de limites d'utilisation. Si vous exécutez des tâches en arrière-plan gourmandes en tokens, les déplacer vers les heures creuses vous permettra d'étirer davantage vos limites de session.
Selon Anthropic, les limites d'utilisation des formules d'abonnement permettent de contrôler l'intensité avec laquelle un utilisateur peut interagir avec Claude sur une période donnée. Il indique : « considérez cela comme votre budget de conversation, qui détermine le nombre de messages que vous pouvez envoyer à Claude, ou la durée pendant laquelle vous pouvez travailler avec Claude Code, avant de devoir attendre que votre limite se réinitialise ».
Le système de calcul exact des limites reste opaque, car Anthropic ne communique pas le nombre précis de tokens alloués par fenêtre de cinq heures. Les clients ont accès à un tableau de bord leur permettant de visualiser leur progression vers le plafond de leur session quotidienne et de leur limite hebdomadaire. Lorsqu'un utilisateur dépasse ces quotas, Claude devient inaccessible, à moins que l'utilisateur ne choisisse de payer pour continuer.
Anthropic critiqué sur l'opacité entourant le calcul des limites
Anthropic propose ses services via une API et des abonnements. Les clients de l'API paient un tarif pour différentes formes d'utilisation de tokens : tokens d'entrée de base, 5 millions d'écritures en cache, 1 heure d'écritures en cache, accès et actualisations du cache, et tokens de sortie. Les clients abonnés (Free, Pro (20 $/mois), Max 5x (100 $/mois) et Max 20x (200 $/mois)) peuvent utiliser Claude sous réserve de limites d’utilisation non publiées.
Anthropic ne précise pas exactement comment elle calcule ces limites et les utilisateurs n’ont aucun moyen de planifier leur utilisation de tokens. « Votre utilisation dépend de plusieurs facteurs, notamment la durée et la complexité de vos conversations, les fonctionnalités que vous utilisez et le modèle Claude avec lequel vous discutez », indique la documentation d’Anthropic. La société indique également également que chaque plan à ses limites.
« Les différentes formules d’abonnement (Pro, Max, Team, etc.) offrent des quotas d’utilisation différents, les formules payantes proposant des limites plus élevées », explique Anthropic. Avec ce nouveau système, les développeurs peuvent s'attendre à être plus productifs en dehors des heures de bureau et moins le reste du temps. Mais la question est la suivante : quel développeur serait déjà debout à 5 heures du matin pour écrire du code ?
Selon les analystes, les nouvelles limitations de Claude poseraient des problèmes aux utilisateurs. « L'impact se limite principalement aux utilisateurs individuels et aux petites équipes qui utilisent Claude via des formules d'abonnement, où des plafonds d'utilisation et des limitations de débit devraient permettre de gérer les ressources informatiques partagées et les coûts », a déclaré Pareekh Jain, analyste principal chez Pareekh Consulting.
Les utilisateurs professionnels pourraient subir un coup dur
Les entreprises sont généralement bien protégées, car elles s'appuient le plus souvent sur une utilisation via des API ou sur des contrats dédiés. Mais Pareekh Jain précise que les utilisateurs expérimentés au sein des entreprises seraient également touchés, ce qui entraînerait un ralentissement des expérimentations ou des projets pilotes. Selon lui, cela pourrait constituer une stratégie d'Anthropic visant à inciter les équipes à adopter les API.
Charlie Dai, vice-président et analyste principal chez Forrester, a déclaré que cette incitation pourrait se traduire par des revenus plus garantis pour Anthropic. Exprimant un point de vue contraire sur la manière dont ce changement affecte les grandes entreprises, Sanchit Vir Gogia, analyste en chef chez Greyhound Research, a souligné que la plupart des entreprises ne fonctionnent pas selon un modèle pur, exclusivement basé sur les API.
« C'est au sein de cet environnement mixte que l'impact commence à se faire sentir. Les niveaux d'abonnement ne sont plus périphériques. Ils alimentent des flux de travail réels, en particulier dans les scénarios de développement, d'analyse et d'exécution rapide. Lorsque ces niveaux deviennent incohérents pendant les pics de demande, la productivité de l'entreprise est affectée de manière indirecte, mais significative », a déclaré Sanchit Vir Gogia.
Alors que les ajustements techniques d'Anthropic illustrent une gestion pragmatique de la capacité serveur au quotidien, les analystes continuent d'alerter sur la bulle de l'IA. L'analyste Edward Zitron qualifie l'ensemble du secteur de l'IA de « mirage » entretenu pour masquer des défaillances structurelles profondes.
Une bulle nourrie par des promesses industrielles trompeuses
Edward Zitron dénonce un décalage entre les promesses marketing extravagantes et la réalité matérielle de l'industrie. Il souligne notamment que si les ventes de processeurs Nvidia explosent, la construction réelle des centres de données est freinée par des contraintes logistiques et énergétiques insurmontables à court terme. Sur le marché américain, des dizaines de milliards de dollars de matériel resteraient ainsi stockés sans être installés.
En effet, la mise en service des infrastructures nécessaires prend souvent deux à quatre ans, créant un risque d'obsolescence précoce des composants avant même leur première utilisation. Cela soulève des questions sur la rationalité économique d'acquérir du matériel deux à quatre ans avant de pouvoir l'utiliser.
Sur le plan technique, Edward Zitron met en lumière les limites actuelles des modèles de langage, qui sembleraient avoir atteint un plateau de performance. Il pointe du doigt le coût exorbitant des agents IA en entreprise face à des résultats souvent défaillants, marqués par des hallucinations et du code de mauvaise qualité. Selon de nombreux retours d'expérience de développeurs, les agents de codage actuels augmentent leur charge de travail.
Un problème critique émerge également concernant les données d'entraînement : l'utilisation massive de données synthétiques générées par d'autres IA risque de provoquer un « effondrement du modèle » , dégradant progressivement la fiabilité et la pertinence des réponses fournies. Enfin, le débat au sein de la communauté des développeurs révèle un scepticisme croissant quant à la rentabilité réelle de ces investissements massifs à long terme.
Conclusion
Comme la plupart des entreprises qui proposent des services d'IA, Anthropic fait face à une augmentation exponentielle de ses besoins en matière de calcul. Afin de faire face à ce problème, le fabricant de Claude augmente ses capacités de calcul, en élargissant ses infrastructures et en signant de nouveaux accords sur le cloud. Il travaille également à combler les lacunes permettant aux gros utilisateurs d'accéder à son IA Claude à un prix forfaitaire.
À titre d'exemple, le mois dernier, Anthropic a mis à jour la documentation de son agent Claude Code pour interdire explicitement l'utilisation des tokens OAuth des abonnements Free, Pro ou Max dans tout produit tiers, y compris OpenClaw. Les développeurs doivent désormais utiliser des clés API à la place.
Il y a quelques jours, Anthropic a forcé OpenCode à supprimer son plug-in d'authentification Claude par la voie juridique. À l'heure actuelle, l'IA reste un gouffre financier et les perspectives de rendement à long terme suscitent de plus en plus le scepticisme. Edward Zitron a écrit dans sa récente analyse : « le secteur technologique s'est empoisonné lui-même avec les mensonges sur l'IA. Au final, tout ce qui touche à l'IA repose sur des mensonges ».
Source : Anthropic
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