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Aravind Srinivas PDG de Perplexity : « La plupart des gens n'aiment pas leur travail de toute façon », quand un PDG de la Silicon Valley transforme les licenciements par l'IA en bonne nouvelle

Le , par Stéphane le calme

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Aravind Srinivas PDG de Perplexity : « La plupart des gens n'aiment pas leur travail de toute façon »,
quand un PDG de la Silicon Valley transforme les licenciements par l'IA en bonne nouvelle

Se faire remplacer par une machine ? Une chance, selon le cofondateur et PDG de Perplexity AI. Lors d'une apparition remarquée sur le podcast All-In, enregistré à la conférence GTC de Nvidia, Aravind Srinivas a provoqué une tempête de réactions en affirmant que le déplacement d'emplois par l'IA ouvrait la voie à un « avenir glorieux ». Une formule qui cristallise, à elle seule, tout ce que le discours techno-optimiste peut avoir de déconnecté des réalités économiques vécues par des millions de travailleurs.

C'est lors d'un épisode du podcast All-In, enregistré à la conférence GTC de Nvidia, qu'Aravind Srinivas a formulé sa position : « La réalité, c'est que la plupart des gens n'aiment pas leur travail. Il y a soudainement une nouvelle possibilité, une nouvelle opportunité, d'utiliser ces outils, de les apprendre, et de lancer sa propre mini-entreprise. Même s'il y a un déplacement d'emplois temporaire à gérer, c'est ce glorieux avenir que nous devrions attendre avec impatience. »

La sortie n'est pas passée inaperçue. Sur X, une réponse largement relayée résumait le sentiment général : « Un homme qui vaut des millions vient de dire à la mère célibataire qui a perdu son emploi qu'elle devrait être reconnaissante parce qu'elle peut maintenant lancer une entreprise en utilisant son produit, et a qualifié son chômage "d'avenir glorieux". C'est ce qui arrive quand on n'a jamais eu besoin d'un chèque de paie pour payer les factures. »

La réaction en ligne a rapidement été vive, au moment même où le fossé entre les récits techno-optimistes et les réalités économiques vécues se creuse davantage. Le discours du PDG minimise les contraintes structurelles auxquelles font face les travailleurs, notamment ceux qui ne disposent pas de filets de sécurité financiers, d'accès au capital, ou des compétences nécessaires pour se reconvertir dans l'entrepreneuriat.

Le contexte : une vague de licenciements liés à l'IA bien réelle

Les propos de Srinivas ne tombent pas dans le vide. Les licenciements liés à l'IA sont déjà une réalité tangible : le mois précédant ses déclarations, Jack Dorsey, PDG de Block, a réduit ses effectifs de 40 %, affirmant que « les outils d'intelligence ont changé ce que signifie construire et gérer une entreprise ». Amazon a enregistré 30 184 suppressions de postes déclarées en 2025 et début 2026, suivi d'Intel avec 27 058 et de Microsoft avec 15 347, trois entreprises qui représentent à elles seules environ 64 % de tous les licenciements recensés dans le secteur tech sur cette période.

Le rapport 2025 du Forum économique mondial sur l'avenir de l'emploi révèle que 40 % des employeurs prévoient de réduire leurs effectifs dans les domaines automatisables par l'IA. Dans ce contexte, présenter la destruction d'emplois comme une libération a quelque chose de particulièrement mal calibré.

La thèse de Srinivas : l'entrepreneuriat comme horizon universel

Pour être juste envers le PDG de Perplexity, sa position repose sur une vision cohérente, même si elle reste contestable. Selon Srinivas, l'Amérique a toujours été fondée sur l'entrepreneuriat, la découverte, l'exploration. Henry Ford, dit-il, « est venu, a construit des usines, a créé des emplois et a mis les gens dans une boîte ». L'IA, au contraire, rendrait les individus plus agiles, permettant aux startups et aux petites entreprises de fonctionner avec moins de capital et moins de personnel.

Perplexity a d'ailleurs défendu les propos de son PDG dans une déclaration au New York Post : « Depuis le lancement de Perplexity en décembre 2022, les Américains ont déposé 16 millions de nouvelles demandes de création d'entreprise, contribuant à l'inversion d'un déclin de 40 ans. » L'argument est séduisant sur le papier. Mais il confond volontiers une tendance macroéconomique avec une réponse individuelle viable à la perte d'emploi.

Car l'entrepreneuriat n'est pas à la portée de tous de manière égale. Il suppose du temps, du capital, une tolérance au risque, et souvent un filet de sécurité, précisément ce que les travailleurs déplacés ont le moins.


Ce que disent vraiment les données sur la satisfaction au travail

La prémisse de Srinivas (« la plupart des gens n'aiment pas leur travail ») n'est pas sans fondement statistique. À l'échelle mondiale, sur un milliard de travailleurs à temps plein, seulement 15 % sont véritablement engagés, selon Gallup, les 85 % restants se déclarant désengagés ou malheureux. L'engagement des salariés est tombé à son plus bas niveau depuis dix ans, les travailleurs se sentant bloqués, peu reconnus, et déconnectés du sens de leur mission.

Mais réduire cette insatisfaction à une invitation à se faire licencier par une IA, c'est faire un raccourci intellectuel sévère. 39 % des personnes considèrent leur emploi comme une composante centrale de leur identité, une proportion qui grimpe à 53 % chez les diplômés du supérieur. Un emploi que l'on n'aime pas reste un revenu, un statut, une structure. Le perdre n'est pas une libération par défaut : c'est souvent une déstabilisation profonde.

Une étude conduite en partenariat avec Gallup définit un emploi de qualité selon cinq critères : une rémunération équitable, une culture d'entreprise saine, des perspectives de développement, la capacité d'influencer les décisions qui nous concernent, et une charge de travail gérable. Ses auteurs concluent que la majorité des travailleurs américains n'occupent pas des emplois qui les aident à s'épanouir. La solution n'est pas de supprimer ces emplois c'est de les améliorer.

Silicon Valley et le déni de la contrainte économique

La déclaration de Srinivas s'inscrit dans un pattern récurrent chez les dirigeants de la tech : celui qui consiste à présenter des restructurations massives comme des opportunités de croissance personnelle, en évacuant soigneusement la question de la redistribution.

Le PDG de ServiceNow, Bill McDermott, a prédit que le chômage pourrait dépasser 30 % dans les années à venir en raison de l'IA, une prévision que Srinivas balaie en encourageant les travailleurs à « voir la disruption comme une chance d'explorer de nouveaux parcours professionnels ». La divergence entre ces deux lectures dit beaucoup sur l'état du débat dans l'industrie : d'un côté, des dirigeants qui préviennent ; de l'autre, ceux qui vendent l'inévitable comme désirable.

Pourtant, même la recherche de Harvard Business School nuance cette vision : 94 % des personnes interrogées dans une étude récente soutiennent l'utilisation de l'IA pour compléter le travail humain plutôt que pour le remplacer et les auteurs soulignent que les forces du marché seules ne dictent pas toujours l'adoption des nouvelles technologies, l'histoire des OGM, du nucléaire et de la recherche sur les cellules souches en témoignant.


PDG de Perplexity

Une rhétorique qui a un coût politique

Au-delà du débat économique, la sortie de Srinivas soulève une question de responsabilité rhétorique. Dans un climat où Gallup identifie un « Grand Détachement » (des salariés activement à la recherche d'un autre emploi tout en déclarant une faible satisfaction envers leur employeur actuel), les déclarations de dirigeants milliardaires qui qualifient le chômage de « glorieux » alimentent une fracture de confiance déjà profonde entre la tech et le reste de la société.

Les travailleurs âgés de 18 à 24 ans sont 129 % plus susceptibles que ceux de plus de 65 ans de craindre que l'IA rende leur emploi obsolète. Ce sont eux que Srinivas invite à se lancer dans l'entrepreneuriat sans capital, sans expérience, dans un marché où les postes d'entrée de gamme sont précisément les premiers visés par l'automatisation. Des chercheuses ont par ailleurs mis en évidence que les femmes représentent environ 86 % des travailleurs les plus vulnérables à cette vague d'automatisation, un détail que le tableau idyllique de l'autoentrepreneur tech passe entièrement sous silence.

La vraie question que pose la controverse Srinivas n'est pas de savoir si l'IA va supprimer des emplois, elle le fera, dans des proportions encore incertaines. Elle est de savoir qui paiera la note de la transition, et si l'industrie qui en tire profit est prête à en assumer ne serait-ce qu'une partie du coût social.

Sources : vidéo dans le texte, World Economic Forum, National University, Gallup

Et vous ?

La thèse de Srinivas (« l'IA libère les gens pour qu'ils deviennent entrepreneurs ») est-elle une vision sincère de l'avenir du travail, ou une façon commode d'évacuer la question de la responsabilité sociale des entreprises tech ?

Le fait que Perplexity vende précisément les outils censés permettre cet entrepreneuriat post-licenciement rend-il la déclaration de son PDG encore plus problématique ?

Peut-on concevoir un cadre réglementaire qui oblige les entreprises bénéficiant de gains de productivité liés à l'IA à financer la reconversion des travailleurs déplacés ?

Les 16 millions de nouvelles entreprises créées depuis 2022 aux États-Unis sont-elles une réponse crédible aux suppressions de postes induites par l'IA, ou un chiffre trompeur ?

À quel moment la rhétorique techno-optimiste devient-elle un obstacle à la mise en place de politiques publiques adaptées à la transition en cours ?
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Avatar de petitours
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 11/05/2026 à 9:47
"Saluer l'honnèteté de Meta" Il ne manquerait plus que ça.
Mark se moque de tout et de tout le monde depuis toujours, ils évoquait même, sans gène, l’intérêt de récupérer les informations bancaires pour cibler de la pub alors qu'il n’était pas encore sorti de l'affaire Cambridge Analytica.

Cette annonce est comme celle des autres : une triste réalité du profit dénué de tout sens sociétal.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 11:54
Aravind Srinivas PDG de Perplexity : « La plupart des gens n'aiment pas leur travail de toute façon »,
quand un PDG de la Silicon Valley transforme les licenciements par l'IA en bonne nouvelle

Se faire remplacer par une machine ? Une chance, selon le cofondateur et PDG de Perplexity AI.
Je l'ai écrit à de nombreuses reprises: Les CEO de ces boites américaines du numériques sont totalement déconnectés du monde réel et bon nombre d'entre eux relèvent tout simplement du cas psychiatrique...

On en a ici le parfait exemple... Contrairement à ce "blaireau" qui joue avec les millions de ses investisseurs, le licencié par l'IA a besoin d'un salaire pour vivre...

Et si ce crétin réfléchissait 2 secondes, ses millions à lui dépendent directement du devenir des licenciés de l'IA... Quand la populace n'aura plus de salaire, qui va dépenser l'argent qu'il n'a plus pour des services IA???

Preuve en est que l'on peut fonder un entreprise qui promeut l'IA et avoir le QI d'une huître
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Avatar de MisterMoa
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 15:52
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
comment un tas de cailloux peut être en colère
Quand la nature te les envoie en pleine tête : si, si, c'est possible (ouragans, tempêtes, tsunamis, effondrements de montagnes, etc...).
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Avatar de der§en
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 11/05/2026 à 21:10
Pas surpris d’un être qui a réussi à évincer ces 2 co-fondateurs de l’entreprise !
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 13:07
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
La thèse de Srinivas (« l'IA libère les gens pour qu'ils deviennent entrepreneurs ») est-elle une vision sincère de l'avenir du travail, ou une façon commode d'évacuer la question de la responsabilité sociale des entreprises tech ?
Qu'est-ce que signifie "devenir entrepreneur" dans ce contexte ?
Devenir Chauffeur Uber / Livreur Uber Eats ?

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
La vraie question que pose la controverse Srinivas n'est pas de savoir si l'IA va supprimer des emplois, elle le fera, dans des proportions encore incertaines. Elle est de savoir qui paiera la note de la transition, et si l'industrie qui en tire profit est prête à en assumer ne serait-ce qu'une partie du coût social.
Effectivement on ne sait pas encore si l'IA remplacera beaucoup d'employés de bureau.
Peut-être que les grosses entreprises de l'IA s'emballent pour rien.
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Avatar de calvaire
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 16:36
Citation Envoyé par MisterMoa Voir le message
Quand la nature te les envoie en pleine tête : si, si, c'est possible (ouragans, tempêtes, tsunamis, effondrements de montagnes, etc...).
je dois être bénis des dieux alors, je ne suis pas concernés par tous ces probleme.
Je suis près de l’équateur, une zone où les cyclones tropicaux (ouragans/typhons) ne se forment pas. Bon quelques fortes pluies ca arrivent mais bon suffit d'avoir un logement étanche...
Pour les tsunamis, l’Indonésie nous protègent
Pour les effondrements de montagnes, c'est plat donc aucun risque la dessus

Quand on vit dans une zone a risque, un jours ou l'autre le risque se concrétise..., va t'on dire que "la planète est en colère" si un jours le Vésuve se réveille et tue des millions de Napolitain ???
Je vais te révéler un secret: après la pluie il y'a le beau temps je te laisse retourner a tes prière de Gaïa pour pas qu'elle soit en colère.
Il faudrait voir si c'est cyclique d'ailleurs, peut être que c'est du quand elle a ces règles, elle est pas contente cette bonne Gaïa.
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Avatar de calvaire
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 12:37
de toute façon ils vont bientôt devoir payé pour travaillé.

Quand une ia remplace en mieux un employé junior, pour compenser son cout, le junior une fois payé ces études et avoir son diplôme, va devoir payer un employeur pour avoir les précieuses 1ere années d'xp pour apporter de la valeur en plus qu'une ia peut fournir.
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