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Aravind Srinivas PDG de Perplexity : « La plupart des gens n'aiment pas leur travail de toute façon », quand un PDG de la Silicon Valley transforme les licenciements par l'IA en bonne nouvelle

Le , par Annonces

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Se faire remplacer par une machine ? Une chance, selon le cofondateur et PDG de Perplexity AI. Lors d'une apparition remarquée sur le podcast All-In, enregistré à la conférence GTC de Nvidia, Aravind Srinivas a provoqué une tempête de réactions en affirmant que le déplacement d'emplois par l'IA ouvrait la voie à un « avenir glorieux ». Une formule qui cristallise, à elle seule, tout ce que le discours techno-optimiste peut avoir de déconnecté des réalités économiques vécues par des millions de travailleurs.

C'est lors d'un épisode du podcast All-In, enregistré à la conférence GTC de Nvidia, qu'Aravind Srinivas a formulé sa position : « La réalité, c'est que la plupart des gens n'aiment pas leur travail. Il y a soudainement une nouvelle possibilité, une nouvelle opportunité, d'utiliser ces outils, de les apprendre, et de lancer sa propre mini-entreprise. Même s'il y a un déplacement d'emplois temporaire à gérer, c'est ce glorieux avenir que nous devrions attendre avec impatience. »

La sortie n'est pas passée inaperçue. Sur X, une réponse largement relayée résumait le sentiment général : « Un homme qui vaut des millions vient de dire à la mère célibataire qui a perdu son emploi qu'elle devrait être reconnaissante parce qu'elle peut maintenant lancer une entreprise en utilisant son produit, et a qualifié son chômage "d'avenir glorieux". C'est ce qui arrive quand on n'a jamais eu besoin d'un chèque de paie pour payer les factures. »

La réaction en ligne a rapidement été vive, au moment même où le fossé entre les récits techno-optimistes et les réalités économiques vécues se creuse davantage. Le discours du PDG minimise les contraintes structurelles auxquelles font face les travailleurs, notamment ceux qui ne disposent pas de filets de sécurité financiers, d'accès au capital, ou des compétences nécessaires pour se reconvertir dans l'entrepreneuriat.

Le contexte : une vague de licenciements liés à l'IA bien réelle

Les propos de Srinivas ne tombent pas dans le vide. Les licenciements liés à l'IA sont déjà une réalité tangible : le mois précédant ses déclarations, Jack Dorsey, PDG de Block, a réduit ses effectifs de 40 %, affirmant que « les outils d'intelligence ont changé ce que signifie construire et gérer une entreprise ». Amazon a enregistré 30 184 suppressions de postes déclarées en 2025 et début 2026, suivi d'Intel avec 27 058 et de Microsoft avec 15 347, trois entreprises qui représentent à elles seules environ 64 % de tous les licenciements recensés dans le secteur tech sur cette période.

Le rapport 2025 du Forum économique mondial sur l'avenir de l'emploi révèle que 40 % des employeurs prévoient de réduire leurs effectifs dans les domaines automatisables par l'IA. Dans ce contexte, présenter la destruction d'emplois comme une libération a quelque chose de particulièrement mal calibré.

La thèse de Srinivas : l'entrepreneuriat comme horizon universel

Pour être juste envers le PDG de Perplexity, sa position repose sur une vision cohérente, même si elle reste contestable. Selon Srinivas, l'Amérique a toujours été fondée sur l'entrepreneuriat, la découverte, l'exploration. Henry Ford, dit-il, « est venu, a construit des usines, a créé des emplois et a mis les gens dans une boîte ». L'IA, au contraire, rendrait les individus plus agiles, permettant aux startups et aux petites entreprises de fonctionner avec moins de capital et moins de personnel.

Perplexity a d'ailleurs défendu les propos de son PDG dans une déclaration au New York Post : « Depuis le lancement de Perplexity en décembre 2022, les Américains ont déposé 16 millions de nouvelles demandes de création d'entreprise, contribuant à l'inversion d'un déclin de 40 ans. » L'argument est séduisant sur le papier. Mais il confond volontiers une tendance macroéconomique avec une réponse individuelle viable à la perte d'emploi.

Car l'entrepreneuriat n'est pas à la portée de tous de manière égale. Il suppose du temps, du capital, une tolérance au risque, et souvent un filet de sécurité, précisément ce que les travailleurs déplacés ont le moins.


Ce que disent vraiment les données sur la satisfaction au travail

La prémisse de Srinivas (« la plupart des gens n'aiment pas leur travail ») n'est pas sans fondement statistique. À l'échelle mondiale, sur un milliard de travailleurs à temps plein, seulement 15 % sont véritablement engagés, selon Gallup, les 85 % restants se déclarant désengagés ou malheureux. L'engagement des salariés est tombé à son plus bas niveau depuis dix ans, les travailleurs se sentant bloqués, peu reconnus, et déconnectés du sens de leur mission.

Mais réduire cette insatisfaction à une invitation à se faire licencier par une IA, c'est faire un raccourci intellectuel sévère. 39 % des personnes considèrent leur emploi comme une composante centrale de leur identité, une proportion qui grimpe à 53 % chez les diplômés du supérieur. Un emploi que l'on n'aime pas reste un revenu, un statut, une structure. Le perdre n'est pas une libération par défaut : c'est souvent une déstabilisation profonde.

Une étude conduite en partenariat avec Gallup définit un emploi de qualité selon cinq critères : une rémunération équitable, une culture d'entreprise saine, des perspectives de développement, la capacité d'influencer les décisions qui nous concernent, et une charge de travail gérable. Ses auteurs concluent que la majorité des travailleurs américains n'occupent pas des emplois qui les aident à s'épanouir. La solution n'est pas de supprimer ces emplois c'est de les améliorer.

Silicon Valley et le déni de la contrainte économique

La déclaration de Srinivas s'inscrit dans un pattern récurrent chez les dirigeants de la tech : celui qui consiste à présenter des restructurations massives comme des opportunités de croissance personnelle, en évacuant soigneusement la question de la redistribution.

Le PDG de ServiceNow, Bill McDermott, a prédit que le chômage pourrait dépasser 30 % dans les années à venir en raison de l'IA, une prévision que Srinivas balaie en encourageant les travailleurs à « voir la disruption comme une chance d'explorer de nouveaux parcours professionnels ». La divergence entre ces deux lectures dit beaucoup sur l'état du débat dans l'industrie : d'un côté, des dirigeants qui préviennent ; de l'autre, ceux qui vendent l'inévitable comme désirable.

Pourtant, même la recherche de Harvard Business School nuance cette vision : 94 % des personnes interrogées dans une étude récente soutiennent l'utilisation de l'IA pour compléter le travail humain plutôt que pour le remplacer et les auteurs soulignent que les forces du marché seules ne dictent pas toujours l'adoption des nouvelles technologies, l'histoire des OGM, du nucléaire et de la recherche sur les cellules souches en témoignant.


PDG de Perplexity

Une rhétorique qui a un coût politique

Au-delà du débat économique, la sortie de Srinivas soulève une question de responsabilité rhétorique. Dans un climat où Gallup identifie un « Grand Détachement » (des salariés activement à la recherche d'un autre emploi tout en déclarant une faible satisfaction envers leur employeur actuel), les déclarations de dirigeants milliardaires qui qualifient le chômage de « glorieux » alimentent une fracture de confiance déjà profonde entre la tech et le reste de la société.

Les travailleurs âgés de 18 à 24 ans sont 129 % plus susceptibles que ceux de plus de 65 ans de craindre que l'IA rende leur emploi obsolète. Ce sont eux que Srinivas invite à se lancer dans l'entrepreneuriat sans capital, sans expérience, dans un marché où les postes d'entrée de gamme sont précisément les premiers visés par l'automatisation. Des chercheuses ont par ailleurs mis en évidence que les femmes représentent environ 86 % des travailleurs les plus vulnérables à cette vague d'automatisation, un détail que le tableau idyllique de l'autoentrepreneur tech passe entièrement sous silence.

La vraie question que pose la controverse Srinivas n'est pas de savoir si l'IA va supprimer des emplois, elle le fera, dans des proportions encore incertaines. Elle est de savoir qui paiera la note de la transition, et si l'industrie qui en tire profit est prête à en assumer ne serait-ce qu'une partie du coût social.

Sources : vidéo dans le texte, World Economic Forum, National University, Gallup

Et vous ?

La thèse de Srinivas (« l'IA libère les gens pour qu'ils deviennent entrepreneurs ») est-elle une vision sincère de l'avenir du travail, ou une façon commode d'évacuer la question de la responsabilité sociale des entreprises tech ?

Le fait que Perplexity vende précisément les outils censés permettre cet entrepreneuriat post-licenciement rend-il la déclaration de son PDG encore plus problématique ?

Peut-on concevoir un cadre réglementaire qui oblige les entreprises bénéficiant de gains de productivité liés à l'IA à financer la reconversion des travailleurs déplacés ?

Les 16 millions de nouvelles entreprises créées depuis 2022 aux États-Unis sont-elles une réponse crédible aux suppressions de postes induites par l'IA, ou un chiffre trompeur ?

À quel moment la rhétorique techno-optimiste devient-elle un obstacle à la mise en place de politiques publiques adaptées à la transition en cours ?
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/07/2026 à 11:32
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Tous les GAFAM, ainsi que de nombreuses autres entreprises technologiques, développent actuellement des robots humanoïdes. Par exemple, Optimus de Tesla est déjà testé dans les usines de l'entreprise. On peut également citer Digit d'Agility Robotics, Figure 02 de Figure AI (en partenariat avec BMW), Apollo d'Apptronik, ou encore les robots de Boston Dynamics comme Atlas.

L'objectif de ces robots est justement de prendre en charge ces tâches pénibles, répétitives ou physiquement exigeantes.
Comme d'habitude, des commentaires complètement hors sol... Apparemment, ni vous, ni l'un de vos proches a fréquenté les services hospitaliers

Alors que les hôpitaux en Europe ne sont même pas climatisés, qu'il n'y a pas les budgets pour le faire, que les malades suffoquent dans leur lit par 36° Celsius, que les équipes soignantes en sont à mettre des couvertures sur l'extérieur des fenêtres pour espérer diminuer de un ou 2 degré la température ambiante, voilà les commentaires "y-a-qu'à... Faut qu'on" totalement lunaires...

Il ne manquait plus que ça...
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Avatar de Christophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 16/07/2026 à 10:11
Question à l'IA :

Je dois laver ma voiture. La station de lavage se trouve à 100m. Dois-je y aller à pied ?

réponse :

À 100 mètres, c’est tout à fait faisable à pied ! C’est une courte distance, rapide et écologique. Tu peux y aller sans problème, sauf si tu as des contraintes physiques ou si tu transportes beaucoup de matériel de lavage.
Tu veux que je t’aide à organiser autre chose pour cette tâche ?
JE crois que je préfère attendre un humain à l'hôpital
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 16/07/2026 à 7:40
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Je n'y suis pour rien si certains hôpitaux européens n'ont même pas la clim. Au Singapore General Hospital, régulièrement classé parmi les meilleurs du monde, c'est la norme. Le problème, ce n'est pas mon exemple, c'est le niveau d'exigence auquel vous vous êtes habitués et que j'ai refusé de continuer à financer et quitter.
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
Comme d'habitude, des commentaires complètement hors sol... Apparemment, ni vous, ni l'un de vos proches a fréquenté les services hospitaliers
La réponse à notre système médical de merde n'est pas Optimus mais du personnel soignant traité dignement, des horaires, une charge, un salaire raisonnable.
Si vous avez des millions à dépenser dans des robots dépensez les dans le personnel soignant.
je pense qu'une des première souffrance des personnes hospitalisées , hormis ce qui les a amener ici, est la solitude, le fait d'être isolée dans une chambre, avec du personnel qui passe au pas de course et ont à peine le temps d'un bonjour.
Arrêtez de gérer l'hôpital comme une ligne de production, traitez bien le corps médical pour qu'il traite bien les patients.
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Avatar de Mat.M
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 16/07/2026 à 21:35
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
Je ne comprends pas ce malaise avec la clim en france et europe. Le reste du monde lui avance, a Singapour et en chine 98% de la population à la clim. Pour ne pas avoir de clim et mourir de chaud c'est quasi impossible.
est-ce que vous avez déjà vécu en Europe et notamment en France ?
Déjà aux alentours du 15 août l'été tire à sa fin ; je dis pas qu'il peut y avoir encore quelques jours de chaleur et un été indien mais les nuits se rafraichissent,les jours raccourcissent
Donc la clim' ça ne sert plus à rien évidemment au début de l'automne ; le climat c'est pas le même que Singapour vous écrivez un peu n'importe quoi...désolé d'écrire ça
Et puis à Singapour en hiver y'a pas de chutes de neige que je sache.
Quant aux climatiseurs ils émettent des gaz appelés CFC,chlorofluorocarbures responsables de l'effet de serre.
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Avatar de petitours
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 11/05/2026 à 9:47
"Saluer l'honnèteté de Meta" Il ne manquerait plus que ça.
Mark se moque de tout et de tout le monde depuis toujours, ils évoquait même, sans gène, l’intérêt de récupérer les informations bancaires pour cibler de la pub alors qu'il n’était pas encore sorti de l'affaire Cambridge Analytica.

Cette annonce est comme celle des autres : une triste réalité du profit dénué de tout sens sociétal.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/07/2026 à 10:59
Un hôpital new-yorkais remplace 12 infirmières par l'IA
Je suis impatient de voir l'IA donner la douche aux malades et nettoyer les déjections des malades alités... Ah oui... Parce que précisons à tous les "gogos pro-IA", une personne contrainte de garder le lit pour des raisons médicales doit aussi faire ses besoins... Et qui fait le sale boulot de nettoyer les culs pleins de "m..." (mot de 5 lettres)? Les infirmières et aides-soignantes qui font un travail extrêmement difficile aussi bien physiquement que psychologiquement et cela sans la moindre reconnaissance de leur hiérarchie...
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 16/07/2026 à 10:29
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.
Peut-être mais on peut au moins donner un satisfecit à la France.... Le pays réussit à exporter ses "génies" vers des pays lointains comme Singapour

J'espère que, lorsque votre magnifique carrière professionnelle arrivera à son terme, vous saurez profiter de votre retraite sous les mêmes latitudes... Il serait dommage qu'après tous vos discours dénigrant votre pays d'origine, vous soyez contraint de passer les derniers jours de votre extraordinaire vie dans un pays que vous n'avez de cesse de critiquer...
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 11:54
Aravind Srinivas PDG de Perplexity : « La plupart des gens n'aiment pas leur travail de toute façon »,
quand un PDG de la Silicon Valley transforme les licenciements par l'IA en bonne nouvelle

Se faire remplacer par une machine ? Une chance, selon le cofondateur et PDG de Perplexity AI.
Je l'ai écrit à de nombreuses reprises: Les CEO de ces boites américaines du numériques sont totalement déconnectés du monde réel et bon nombre d'entre eux relèvent tout simplement du cas psychiatrique...

On en a ici le parfait exemple... Contrairement à ce "blaireau" qui joue avec les millions de ses investisseurs, le licencié par l'IA a besoin d'un salaire pour vivre...

Et si ce crétin réfléchissait 2 secondes, ses millions à lui dépendent directement du devenir des licenciés de l'IA... Quand la populace n'aura plus de salaire, qui va dépenser l'argent qu'il n'a plus pour des services IA???

Preuve en est que l'on peut fonder un entreprise qui promeut l'IA et avoir le QI d'une huître
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Avatar de imperio
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 26/06/2026 à 15:37
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
En réalité, il n'y que les français pour s'en offusquer!

C'est quoi le but d'une entreprise que cela soit dans le vilain monde capitaliste ou dans ce qui reste des pays communistes comme la Chine?

Est-ce d'occuper des gens ou de faire du bénéfice?

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Si le comportement détestable d'un Zuckerg et de tous ces petits copains CEO ne plaît pas, aucun problème, il faut changer le monde économique qui régit aujourd'hui le monde...
La chine est aussi communiste que la corée du nord est une république.

Pour le reste, si c'est du troll, ma foi il est de mauvais goût. Si c'est une vraie réponse, il faudrait peut-être songé à consulter et peut-être découvrir le sens du mot "empathie".
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/07/2026 à 9:49
Chez Meta, ce n'est pas le moral qui est au plus bas, mais plutôt LA morale!
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