OpenAI annonce le lancement d'un nouvel outil d'IA de cybersécurité très performant, dont l'accès sera strictement réservé à certains partenaires privilégiés. L'annonce reprend les mêmes éléments de langage utilisés par Anthropic pour décrire son outil Claude Mythos. Cela suggère que l'annonce d'OpenAI est une réponse directe à Anthropic et vise à empêcher son rival d'occuper tout l'espace médiatique. OpenAI affiche des ambitions financières démesurées avec des prévisions de revenus publicitaires atteignant 102 milliards de dollars d'ici 2030. Mais l'IA peine à tenir ses promesses de rentabilité et l'enthousiasme des investisseurs commence à se refroidir.OpenAI a révélé l'existence d'un nouvel outil de cybersécurité jugé si puissant qu'il ne peut être diffusé auprès du grand public. Cette annonce survient quelques jours seulement après que son concurrent Anthropic a lancé son modèle Claude Mythos, conçu pour aider les entreprises à détecter et corriger des failles de sécurité majeures. Comme Anthropic, OpenAI envisage de proposer son outil à un petit groupe de clients pour des raisons de sécurité.
Axios indique qu’il s’agira d’un « produit distinct », mais qu’il ne s’agira ni d’un nouveau modèle ni d’un produit lié à « Spud », le prochain lancement prévu par l’entreprise. Au-delà de cela, les détails sur cet outil sont rares. Cela ne dissipe pas vraiment l’impression qu’OpenAI joue le rôle de suiveur, se contentant de profiter de la vague créée par le rival Anthropic pour ne pas se faire complètement distancer dans le cycle de l’engouement médiatique.
Bien qu'OpenAI dispose déjà d'un programme pilote nommé « Trusted Access for Cyber » depuis la sortie de son modèle GPT-5.3-Codex, le laboratoire d'IA de San Francisco semble désormais vouloir repositionner son offre pour transformer radicalement le paysage de la cybersécurité.
Marketing et projections financières comme moteurs de croissance
Le manque de détails techniques alimente les critiques selon lesquelles OpenAI cherche avant tout à égaler les affirmations marketing d'Anthropic. En effet, alors qu'Anthropic prétend que son outil Claude Mythos peut identifier des vulnérabilités vieilles de trente ans, OpenAI s'efforce de prouver que ses propres outils peuvent atteindre un niveau de performance similaire.Toutefois, il n'est pas possible de vérifier ces informations de façon indépendante.
Les organisations admises à ce programme pilote ont accès à des modèles encore plus performants ou permissifs en matière de cybersécurité afin d’accélérer les efforts de défense légitime. Mais OpenAI n’a pas eu la brillante idée de positionner ce produit comme quelque chose qui va fondamentalement redessiner le paysage cyber comme nous le connaissons. Il doit donc rappeler à tout le monde qu’Anthropic n’est pas le seul acteur sur ce marché.
Au-delà des capacités techniques de ses outils, OpenAI mise sur des ambitions financières colossales pour asseoir sa domination sur le marché de l'IA. OpenAI prévoit d'atteindre 102 milliards de dollars de revenus publicitaires d'ici 2030, un bond immense par rapport aux 2,5 milliards de dollars projetés pour 2026.
Cette stratégie de communication repose sur des prévisions très optimistes, nécessaires selon certains analystes pour maintenir l'intérêt des investisseurs malgré des retours parfois mitigés de la part de ses premiers partenaires. En gros, Sam Altman et son équipe combinent le développement de technologies de pointe réservées à une élite avec une stratégie commerciale agressive pour rester au centre de l'attention mondiale, mais également à flot.
Yann Le Cun critique le battage médiatique autour de Claude Mythos
Si la fuite de Claude Mythos et les déclarations d'Anthropic ont fait grand bruit sur les réseaux sociaux, Yann Le Cun, ancien directeur scientifique de l'IA chez Meta, a qualifié la panique suscitée par Claude Mythos de « mise en scène exagérée ». Ses commentaires sont intervenus après qu’Anthropic a déclaré que « son outil avait détecté des milliers de vulnérabilités » de gravité élevée sur tous les principaux systèmes d’exploitation et navigateurs Web.
« Le drame autour de Mythos = des conneries issues d’une illusion », a écrit Yann Le Cun sur X, en réponse à un billet de la société de sécurité IA Aisle qui affirmait que des modèles plus petits et moins coûteux pourraient reproduire en grande partie l’analyse de vulnérabilité présentée par Anthropic dans son annonce.
Claude Mythos n'est partagé qu'avec un groupe restreint d'entreprises, dont Apple, Google et Microsoft, dans le cadre d'une initiative de 100 millions de dollars baptisée Project Glasswing. Le scepticisme de Yann Le Cun n'est pas isolé. Gary Marcus, chercheur en IA et critique régulier du secteur, a également déclaré que la menace Claude Mythos était exagérée. « Dans une certaine mesure, j'ai l'impression qu'on s'est fait avoir », a écrit Gary Marcus.
Yann Le Cun, né le 8 juillet 1960, est l'ancien directeur scientifique de l'IA de Meta, et chercheur en intelligence artificielle (IA) et vision artificielle (robotique) franco-américain. Il est considéré comme l'un des inventeurs de l'apprentissage profond (deep learning). Il reçoit le prix Turing 2018, le 27 mars 2019, partagé avec Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, et est souvent surnommé le « parrain de l'IA ». Il est opposé aux discours alarmants sur l'IA.
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