Député démocrate à l'Assemblée de l'État de New York et candidat au Congrès américain, Alex Bores a dévoilé le 20 avril 2026 un plan baptisé « AI Dividend » : un mécanisme d'assurance économique qui déclencherait des paiements directs aux Américains si l'IA provoque des destructions d'emplois massives. Derrière ce projet atypique se dessine l'un des affrontements les plus vifs des élections de mi-mandat de 2026 : celui entre régulateurs techniquement armés et milliardaires de la tech déterminés à garder les mains libres.Alex Bores, 35 ans, n'est pas un politique ordinaire. Titulaire d'un master en informatique de Georgia Tech, il a travaillé chez Palantir en tant qu'ingénieur et responsable commercial avant de quitter l'entreprise en 2019 lorsque celle-ci a renouvelé son contrat avec l'agence américaine de contrôle de l'immigration (ICE), un choix éthique qu'il revendique haut et fort dans sa campagne. Il rejoint ensuite plusieurs startups, avant d'être élu en 2022 à l'Assemblée de l'État de New York pour le 73ème district, dans Manhattan.
Cinquième génération de New-Yorkais, il est le premier démocrate élu dans l'État de New York avec un diplôme en informatique. Ce profil hybride (technicien de formation, élu de terrain) est précisément ce qui en fait une cible de choix pour l'industrie technologique, et simultanément une voix difficile à discréditer sur les sujets d'IA.
En octobre 2025, il a annoncé sa candidature pour le 12ème district du Congrès américain à New York, le siège laissé vacant par le représentant Jerry Nadler après 34 ans. La course comprend une douzaine de prétendants, dont Jack Schlossberg, petit-fils de JFK. Mais c'est Bores qui concentre toute l'attention de l'industrie tech.
Le RAISE Act : premier round contre la Silicon Valley
Avant même d'annoncer l'AI Dividend, Bores avait déjà remporté une bataille significative. Il est l'auteur du RAISE Act, une loi de transparence et de sécurité pour l'IA qui a été promulguée en décembre 2025 dans l'État de New York. La loi impose aux grands laboratoires d'IA (ceux générant plus de 500 millions de dollars de chiffre d'affaires, soit Meta, Google, OpenAI, Anthropic ou xAI) de publier des plans de sécurité, de les respecter, et de signaler tout incident critique.
La loi est qualifiée par ses partisans de dispositif relativement léger : davantage une obligation de transparence et de planification que de surveillance proactive. Bores lui-même argue que pour une entreprise comme Google ou Meta, la mise en conformité représente l'équivalent d'un seul poste à temps plein supplémentaire. Peu importe : l'industrie a répondu avec une force de frappe financière démesurée.
Un super PAC baptisé « Leading the Future », soutenu par la firme de capital-risque Andreessen Horowitz, le cofondateur de Palantir Joe Lonsdale, le président d'OpenAI Greg Brockman, et la startup de recherche IA Perplexity, a levé 125 millions de dollars pour peser sur les élections législatives de 2026 et a fait de Bores sa première cible, avec plus de 2,3 millions de dollars dépensés en publicités contre lui d'ici avril 2026.
La stratégie est explicite : selon Politico, l'objectif est de « frapper Bores si fort que, lorsque l'idée de réguler l'IA revient sur la table, les autres politiciens prennent la fuite ».
L'AI Dividend : une assurance, pas une punition
C'est dans ce contexte que Bores présente son plan le plus ambitieux à ce jour. L'AI Dividend est un programme de paiements directs aux Américains, qui serait également investi dans la formation professionnelle, l'éducation, et la capacité gouvernementale à superviser l'IA de manière indépendante.
La clé du dispositif réside dans son mécanisme de déclenchement : le programme n'entre pas en vigueur automatiquement, mais uniquement lorsque des indicateurs économiques précis signalent un déplacement massif de l'emploi par l'IA. Ces déclencheurs sont au nombre de trois : un recul persistant du taux de participation au marché du travail, une compression des salaires dans les secteurs les plus exposés à l'IA, ou des gains de productivité rapides liés à l'IA sans croissance correspondante de l'emploi.
Bores insiste sur la nature préventive du mécanisme : il s'agit d'une assurance, non d'une sanction. Il précise que le dividende « n'est pas une punition pour l'innovatio, c'est une police d'assurance » qui s'activerait si et seulement si l'IA déplace réellement les travailleurs américains à grande échelle.
Le financement repose sur trois piliers distincts. D'abord une taxe sur les tokens d'IA, décrite comme une « taxe modeste sur la consommation d'IA ». Ensuite une prise de participation directe de l'État fédéral dans le capital des grandes entreprises d'IA. Enfin, des modifications du code fiscal visant à réduire les incitations à investir dans l'IA quand cela conduit à moins d'emplois.
Une proposition dans un contexte de destructions d'emplois déjà mesurables
Bores ne s'appuie pas sur des projections abstraites. Il cite un rapport de Goldman Sachs selon lequel l'adoption de l'IA a entraîné la...
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