IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Le président d'OpenAI révèle que ses parts dans la société valent 30 milliards $ sans qu'il ait investi un centime et que Musk a recruté des employés de la société pour travailler gratuitement sur l'Autopilot

Le , par Stéphane le calme

75PARTAGES

3  0 
Le président d'OpenAI reconnaît à la barre que ses parts dans la société valent 30 milliards de dollars sans qu'il ait investi un centime,
Greg Brockman note que Musk a recruté des employés de la société pour travailler gratuitement sur l'Autopilot de Tesla

30 milliards de dollars sans avoir investi un centime : au procès Musk contre OpenAI, Greg Brockman incarne à lui seul la contradiction d'une entreprise qui se dit encore à but non lucratif tout en ayant fait naître des fortunes colossales dans ses propres rangs. La deuxième semaine d'audience à Oakland a transformé ce qui ressemblait à un règlement de comptes entre milliardaires en un débat de fond sur la nature même de l'IA et ceux qui la contrôlent.

Quand l'avocat de Musk, Steven Molo, a demandé à Greg Brockman de confirmer la valeur de ses parts dans OpenAI, la réponse a résonné dans la salle d'audience du tribunal fédéral Ronald V. Dellums d'Oakland comme un aveu involontaire : près de 30 milliards de dollars. La réplique de Molo est restée dans les comptes rendus du jour : « Vous vous retrouvez juste 30 milliards de dollars plus riche ? » Brockman a répondu que la rémunération avait toujours été « secondaire par rapport à la mission ».

Ce qui rend la situation particulièrement saisissante, c'est que Brockman n'a personnellement investi aucun argent dans OpenAI. Sa participation lui a été octroyée par le conseil d'administration en 2018, des années avant le lancement de ChatGPT, à une époque où rien ne garantissait que l'organisation réussirait ni financièrement ni technologiquement. Brockman a précisé qu'il n'avait pas participé au vote du conseil qui lui avait attribué ces parts.

Cette participation le placerait, selon Forbes, entre la 80e et la 90e position mondiale des fortunes personnelles. Il détient par ailleurs 471 millions de dollars en actions de Stripe, où il avait servi comme directeur technique avant OpenAI.

La défense d'OpenAI a tenté de contrebalancer cette image en rappelant que la fondation à but non lucratif détient elle-même une participation d'une valeur supérieure à 150 milliards de dollars dans la société, et que les employés possèdent collectivement environ 25 % des parts. Argument de portée limitée face à la force rhétorique du chiffre brut.

Le journal intime qui contredit la mission

La stratégie de l'équipe juridique de Musk s'est construite autour d'une contradiction documentaire : d'un côté, les déclarations publiques de Brockman sur la primauté de la mission humaniste ; de l'autre, son journal personnel. Une entrée de 2017 introduite devant le jury montre Brockman écrivant : « Financièrement, qu'est-ce qui me permettra d'atteindre 1 milliard de dollars ? »

Molo a tenté de montrer aux neuf jurés que les intérêts financiers de Brockman dans d'autres sociétés (comme la société de cloud computing CoreWeave ou la firme de fusion Helion Energy, qui ont conclu des accords avec OpenAI) étaient problématiques. Dans ses courriels, Brockman affirmait que « notre principal atout est la haute moralité » ; son journal raconte une autre histoire.

L'épisode du don promis de 100 000 dollars est devenu un autre angle d'attaque efficace. Brockman avait promis de donner personnellement cette somme à OpenAI. Il ne l'a jamais fait. Sur la barre, il a justifié ce manquement en expliquant qu'il avait demandé à Sam Altman quand effectuer ce don, et qu'Altman lui avait dit qu'il le ferait savoir. Molo n'a pas manqué de souligner l'ironie : l'homme qui n'a pas versé 100 000 dollars n'a pas non plus donné les 29 milliards restants à la fondation. Brockman n'a pas eu de réponse directe à cette question.


Musk, Tesla et le travail gratuit d'OpenAI

L'une des révélations les plus explosives de la semaine est venue de Brockman lui-même, sur un sujet que personne n'attendait. Brockman a révélé que Musk avait recruté plusieurs employés d'OpenAI pour effectuer des mois de travail gratuit pour lui chez Tesla. Ce travail portait principalement sur la refonte de l'approche de la conduite autonome au sein de l'équipe Autopilot, en 2017.

Concernant le départ du chercheur Andrej Karpathy pour Tesla, Brockman a déclaré que Musk lui avait présenté des « excuses et une confession » après le fait accompli, et que ni Musk ni Karpathy ne l'avaient informé à l'avance du départ prévu. Ce témoignage va à l'encontre de la version de Musk, qui avait affirmé lors de la première semaine que Karpathy avait planifié son départ de lui-même.

Brockman a également décrit Musk comme quelqu'un qui ne comprenait pas vraiment l'IA, et qui aurait humilié un chercheur au point que celui-ci avait failli quitter le domaine. Ce chercheur est devenu par la suite l'une des figures clés derrière ChatGPT.


La scène du tableau arraché et la mécanique de la colère

Le procès a aussi fourni des moments de pure dramaturgie. Brockman a témoigné que lors d'une réunion portant sur la répartition des participations dans une éventuelle filiale à but lucratif, quelque chose avait radicalement changé dans l'attitude de Musk. « Quelque chose s'est transformé en lui. On le sentait. Il était en colère, bouleversé », a-t-il dit. Musk aurait alors arraché une peinture représentant une Tesla Model 3 du mur, commencé à quitter la pièce, puis s'est retourné pour exiger de savoir quand les cofondateurs allaient quitter la société.

Ce portrait d'un Musk impulsif et incontrôlable lorsque ses intérêts financiers sont menacés tranche avec la narration qu'il a lui-même construite lors de la première semaine : celle d'un philanthrope idéaliste, trahi par ses associés. Musk réclame jusqu'à 134 milliards de dollars en dommages et intérêts, ainsi que l'éviction d'Altman et de Brockman de leurs postes, et le retour d'OpenAI à sa structure d'origine à but non lucratif.

Le texto menaçant et le refus d'un règlement

Deux jours avant l'ouverture du procès, Musk avait contacté Brockman pour sonder la possibilité d'un règlement à l'amiable. Lorsque Brockman avait proposé que les deux parties abandonnent leurs plaintes respectives, Musk avait répondu : « D'ici la fin de cette semaine, toi et Sam serez les hommes les plus détestés d'Amérique. Si tu insistes, il en sera ainsi. » Les avocats d'OpenAI ont tenté de faire admettre cet échange comme pièce à conviction, mais la juge Yvonne Gonzalez Rogers a refusé de l'admettre.

La menace dit beaucoup sur la nature réelle de ce conflit. Ce n'est pas seulement une dispute juridique sur la gouvernance des structures à but non lucratif, c'est une guerre personnelle entre des hommes dont les ego et les fortunes ont grandi ensemble avant de diverger.

Stuart Russell à 5 000 dollars de l'heure : l'IA dans le prétoire

Premier témoin cité ce lundi par l'équipe Musk, Stuart Russell, professeur à Berkeley et l'un des auteurs du manuel de référence mondial sur l'intelligence artificielle, a témoigné comme expert en risques liés à l'IA. Il a été rémunéré 5 000 dollars de l'heure pour 40 heures de travail préparatoire, soit environ 235 000 dollars au total, représentant environ 20 % de ses revenus annuels. À titre de comparaison, les experts judiciaires dans les affaires à forts enjeux perçoivent habituellement entre 500 et 1 000 dollars de l'heure.

Les préoccupations de Russell concernant les risques existentiels liés à une IA non contrainte n'ont pas pu être exposées en audience publique : les avocats d'OpenAI ont objecté, et la juge a limité la portée de son témoignage. Russell a donc pu aborder le biais algorithmique, la désinformation et les risques de déplacements d'emplois massifs, mais pas l'argument central qui justifiait sa présence : le danger d'une course effrénée vers l'AGI.

Cette restriction illustre une tension au cœur du procès. Musk se présente comme le défenseur d'une IA sûre et bénéfique pour l'humanité et engage un expert en sécurité de l'IA à prix d'or pour l'étayer. Mais la quasi-totalité des fondateurs d'OpenAI ont eux-mêmes mis en garde contre les risques de l'IA, tout en s'efforçant de la développer le plus vite possible et d'en tirer des bénéfices financiers considérables. La contradiction n'est pas le privilège d'un seul camp.


Ce que le procès dit vraiment sur OpenAI

Au-delà des révélations personnelles et des coups de théâtre, ce procès soulève une question de fond que la Silicon Valley n'a jamais vraiment voulu affronter : peut-on concilier une mission déclarée de bénéfice universel avec l'accumulation de fortunes individuelles colossales au sein de l'organisation censée porter cette mission ?

OpenAI, dont la filiale commerciale est valorisée à 840 milliards de dollars, défend une structure révisée qui maintiendrait la fondation à but non lucratif tout en modifiant l'entité opérationnelle. Brockman a insisté sur le fait que la société reste gouvernée par une fondation à but non lucratif. Mais quand son président personnel est désormais l'une des 90 plus grandes fortunes mondiales sans avoir investi un centime, la distinction juridique peine à convaincre.

La prochaine grande audience devrait voir témoigner Shivon Zilis, ancienne administratrice d'OpenAI et mère de quatre enfants de Musk, une présence qui promet d'ajouter encore une couche de complexité personnelle à une affaire déjà chargée en rebondissements.

Sources : Courthouse News Service, vidéos dans le texte

Et vous ?

Une organisation peut-elle rester crédible dans sa mission d'intérêt général lorsque ses dirigeants fondateurs accumulent des dizaines de milliards de dollars de patrimoine sans avoir investi un centime ? Où se situe la limite entre juste rémunération et captation d'une ressource collective ?

Le fait que Musk lui-même ait participé à des négociations sur des participations en capital dans une éventuelle filiale commerciale dès 2017 invalide-t-il son argumentation sur la trahison de la mission originelle d'OpenAI ?

Stuart Russell a été empêché d'exposer ses arguments sur les risques existentiels de l'IA devant le jury. Cela reflète-t-il une difficulté structurelle du système judiciaire à traiter des enjeux technologiques à long terme ? Si oui, quels mécanismes alternatifs imaginer ?

Le travail gratuit d'employés d'OpenAI pour Tesla, si avéré, constituerait-il un détournement de ressources d'une organisation à but non lucratif au profit d'une entreprise privée ? Quelles seraient les implications légales et éthiques ?

Ce procès va-t-il accélérer la réglementation des structures « capped-profit » utilisées par OpenAI, Anthropic et d'autres labs ou au contraire légitimer ce modèle hybride si OpenAI obtient gain de cause ?

Voir aussi :

Elon Musk modifie sa plainte en dommages-intérêts de 150 milliards $ contre OpenAI, en précisant que tout montant accordé dans le cadre de l'affaire devrait être versé à la branche caritative de l'entreprise

Deux jours avant le début du procès contre OpenAI, Elon Musk aurait contacté le président dOpenAI, Greg Brockman, afin d'envisager un accord à l'amiable avant la bataille juridique entre les deux parties
Vous avez lu gratuitement 14 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !