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« Ce sera toujours nécessaire d'apprendre à coder », d'après Satya Nadella au cours d'un échange durant lequel il souligne que la compréhension conceptuelle restera utile pour les développeurs utilisant l'IA

Le , par Patrick Ruiz

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19  0 
« Ce sera toujours nécessaire d’apprendre à coder », d’après Satya Nadella au cours d’un échange durant lequel il souligne que la compréhension conceptuelle restera utile pour les développeurs utilisant l’IA

Faut-il ou pas apprendre à coder à l’ère de l’intelligence artificielle ? Satya Nadella vient de répondre en laissant entendre que l’humain reste l’expert qui contrôle les productions de l’intelligence artificielle et en cela a besoin de s’armer de compréhension conceptuelle. Sa sortie s’oppose à celle d’autres acteurs de la filière à l’instar du PDG de Nvidia pour lequel « programmer à l’avenir sera inutile. » En gros, la question divise la filière du développement de logiciels.

Satya Nadella ne répond pas par l’affirmative mais laisse entendre que le développeur a besoin de s’armer de compréhension conceptuelle pour pouvoir évaluer les productions de l’intelligence artificielle sur laquelle il s’appuie pour ses projets

L'échange s'ouvre sur une question couramment posée par les lycéens et les étudiants : apprendre à coder a-t-il encore de l'intérêt ou cette compétence va-t-elle bientôt devenir obsolète ? Satya Nadella a fait valoir que les compétences en programmation restent d’une importance capitale, notamment parce que, même si les agents d’IA peuvent automatiser certaines tâches, il est essentiel de comprendre le raisonnement qui sous-tend les solutions proposées par l’intelligence artificielle.

Ce contrôle cognitif garantit que les professionnels ne perdent pas de vue les détails du projet et leurs responsabilités. Sans ces connaissances fondamentales, on court le risque d’une charge cognitive accrue et de se retrouver mal préparé ou inconscient des aspects clés du projet — tout en en étant responsable, par exemple d’un dépôt sans avoir véritablement participé à la mise sur pied de son contenu. Ainsi, la compréhension humaine vient compléter l’efficacité de l’intelligence artificielle, selon Satya Nadella.


C’est un positionnement qui rejoint celui de Yossi Mattias – responsable chez Google

Lors de l'annonce des résultats financiers du troisième trimestre 2024, Sundar Pichai, PDG de Google, a dévoilé une information marquante : plus de 25 % du nouveau code produit par Google est désormais généré par l'intelligence artificielle (IA). Cette révélation met en lumière l'importance croissante de l'IA dans les processus de développement logiciel de l'entreprise. Cependant, elle soulève aussi des questions critiques sur l'avenir des développeurs humains et sur l'équilibre entre technologie et emploi.

Face à l'essor récent des outils de codage de l'IA, le directeur de la recherche de Google a offert un point de vue opposé et a déclaré qu'il était toujours important que tout le monde apprenne à coder. "Je pense que la notion fondamentale d'apprentissage des disciplines de base reste plus importante que jamais", a déclaré Yossi Matias, le haut responsable de Google.

Ainsi, Yossi Matias appelle les intervenants de la filière à "maîtriser les choses de base", comme les principes fondamentaux du codage. Commentant la manière dont l'IA façonne la nature du travail, le vice-président de Google aurait déclaré que l'IA est conçue pour aider à effectuer des tâches de niveau inférieur "qui peuvent ou non avoir un impact sur les choses".


Une étude débouche en effet sur la conclusion selon laquelle l’intelligence artificielle générative ne les remplacera pas de sitôt. En gros, l’humain a encore sa place pour un moment comme expert qui contrôle les productions de l’intelligence artificielle

Des chercheurs de l'université de Princeton ont développé un cadre d'évaluation basé sur près de 2300 problèmes courants de génie logiciel montés à partir de rapports de bogues et de feature requests soumis sur GitHub afin de tester la performance de divers modèles de grands langages (LLM).

Les chercheurs ont fourni à différents modèles de langage le problème à résoudre et le code du dépôt. Ils ont ensuite demandé au modèle de produire un correctif réalisable. Ce dernier a ensuite fait l’objet de tests pour s'assurer qu'il était correct. Mais le LLM n'a généré une solution efficace que dans 4 % des cas.


Leur modèle spécialement entraîné, SWE-Llama, n'a pu résoudre que les problèmes d'ingénierie les plus simples présentés sur GitHub, alors que les LLM classiques tels que Claude 2 d'Anthropic et GPT-4 d'OpenAI n'ont pu résoudre que 4,8 % et 1,7 % des problèmes, de façon respective.

Et l’équipe de recherche de conclure : « le génie logiciel n’est pas simple dans la pratique. La correction d'un bogue peut nécessiter de naviguer dans un grand référentiel, comprendre l'interaction entre des fonctions dans différents fichiers ou repérer une petite erreur dans du code alambiqué. Cela va bien au-delà des tâches de complétion de code. »

C’est la raison pour laquelle Linus Torvalds a tenu à se désolidariser de tout le battage médiatique autour de l’intelligence artificielle. Il la considère comme un outil au stade actuel de son évolution. Il suggère d’ailleurs la révision de code comme domaine d’application de l’intelligence artificielle. La capacité de l’intelligence artificielle à « deviner » l’intention du développeur lui sera utile pour obtenir du code fiable en un temps réduit. Une condition demeurera toutefois nécessaire : le développeur devra à son tour examiner ce que l’intelligence artificielle lui propose.

Néanmoins, pour certains acteurs de la filière, ce n’est qu’une question de temps avant que l’intelligence artificielle ne surpasse l’humain et donc qu’il ne soit plus nécessaire d’apprendre à coder

Un responsable d’OpenAI a prédit que l’année précédente (2025) serait celle où l’intelligence artificielle surpasserait les humains : « C'est l'année où l'IA devient meilleure que l'homme en programmation pour toujours. Selon nos critères internes de codage compétitif, l'IA dépassera les capacités humaines en programmation cette année, et « il n'y aura pas de retour en arrière. »

« Apprendre à programmer sera inutile à l’avenir », d’après le PDG de Nvidia. Et pour cause, la montée en puissance de l’intelligence artificielle fera de tous des programmeurs au travers du langage naturel. En d’autres termes, l’évolution technologique sera telle que chacun sera en mesure de donner des détails d’un projet informatique à un ordinateur qui se chargera de le boucler dans les moindres détails. Cette sortie s’inscrit en droite ligne avec une autre dans laquelle il déclare que que, d’ici 2029, les ordinateurs réussiront tous les tests auxquels un être humain peut se soumettre.

Source : Vidéo de l’échange

Et vous ?

Conseilleriez-vous à un jeune désireux de se lancer dans une formation en développement de logiciels d’abandonner sous le prétexte de la menace de l’intelligence artificielle qui pèse sur la filière ?
Contrôler les productions de l’intelligence artificielle ne s’avère-t-il pas être un métier d’avenir au vu des avancées en matière d’intelligence artificielle ?
Les développements en cours dans la filière du génie logiciel donnent-ils lieu à des inquiétudes légitimes quant à l’avenir des informaticiens humains dans la filière ?
Comment voyez-vous l'intelligence artificielle dans 5 à 10 ans ? Comme un outil ou comme un danger pour votre poste de développeur ?

Voir aussi :

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Avatar de kain_tn
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 18/06/2026 à 17:52
Citation Envoyé par Artemus24 Voir le message
Salut à tous.

Sont ils en train de découvrir que l'IA ne sait pas si bien programmer que cela ?
Ils ont eux-mêmes coincé leurs parties intimes entre le marteau et l'enclume:
  • D'un côté, des développeurs qui ne comprennent plus rien et se contentent de tout copier-coller dans une IA comme demandé par ces mêmes visionnaires pour faire vivre l'industrie de l'IA, ça donne des solutions catastrophiques avec un cloud Azure qui se casse la gueule et un Windows criblé de vulnérabilités zéro day pour un coût en tokens exorbitant, et donc des actionnaires mécontents qui font un procès et demandent des comptes
  • De l'autre, demander aux développeurs de réfléchir de nouveau et de n'utiliser l'IA qu'avec parcimonie, pour coder des petites portions de code, ça ne rentabilise pas l'argent dilapidé dans l'industrie de l'IA et ils ont les actionnaires à dos qui font un procès et demandent des comptes


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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 26/06/2026 à 15:10
Citation Envoyé par virginieh Voir le message
On est d'accord sur le fait que la décision devrait être conforme aux attentes des électeurs.
Je ne suis même pas sûr de ça.
Ou plutôt si on entend pas "attente des électeurs" l'attente de la majorité des électeurs.
par exemple :
Je décide de réévaluer la pénibilité des métiers - plein de gens sont d'accord avec ça.
Je décide que la pénibilité est proportionnelle à l'espérance de vie des professionnels de chaque métier. La décision risque de ne pas passer parce que les personnes favorisées sont minoritaires (la tertiarisation de la France + l'absence de retraités de ces professions).
je décide que la pénibilité est proportionnelle au taux de professionnels qui fuient le métier par reconversion. La décision risque de passer parce que les personnes favorisées sont nombreuses.
Dans les deux cas je favorise une partie de la population très différente qui méritent toutes les deux d'être prises en compte.

Je ne parle même pas de sujets autour de la transidentité ou des migrants où l'essentiel de la population n'est ni impactée ni dûment informée.
Pourquoi lui demandé son avis?
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Avatar de r0d
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 30/06/2026 à 10:58
Citation Envoyé par Artemus24 Voir le message
La démocratie n'est qu'une forme de représentation du peuple
Techniquement c'est un oxymore : dêmos (le peuple) krátos) pouvoir -> démocratie = le peuple décide. Si ce sont des représentants qui décident pour le peuple, alors ce n'est plus une démocratie.
Il s'agit là d'une des plus vieilles arnaques de la politique-spectacle: diluer la puissance conceptuelle du mot "démocratie" dans une réalité bien plus triste. En effet, nos régimes actuelles sont des formes d'aristocraties perverties (ploutocratie, oligarchie, ...), et sont assez éloignées des principes fondateurs de la démocratie.
3  0 
Avatar de virginieh
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 30/06/2026 à 16:06
Citation Envoyé par Artemus24 Voir le message
@ r0d : si les représentants élus démocratiquement ne gouvernent pas, qui gouvernent ?
Ben non nos représentants élus démocratiquement ne nous gouvernent pas.

Les députés (et sénateurs) sont nos représentant élus, ils doivent en théorie arriver à un consensus via des débats suivis de votes. Ils votent les lois (et d'ailleurs comme je viens de l'indiquer et contrairement à ce que tu as dit dans un autre message, ils doivent débattre et pas juste valider les désideratas du gouvernement, ... en théorie) mais ne nous gouvernent pas.

Le gouvernement (eux nous gouvernent c'est un peu dans le titre) : le premier ministre et les ministres ne sont pas élus. Le premier ministre est désigné par le président (en fonction des partis présents à l'assemblée) et les autres ministres sont choisis par lui-même et le premier ministre conjointement.

Voilà c'est très simplifié (il y a beaucoup de subtilités entre les pouvoirs, droits et devoirs de chaque rôle)
3  0 
Avatar de Artemus24
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 18/06/2026 à 17:05
Salut à tous.

Sont ils en train de découvrir que l'IA ne sait pas si bien programmer que cela ?
2  0 
Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 18/06/2026 à 23:02
Ah les parties intimes, je ne sais pas comment c'est pour ces gens-là, mais il y a des gens qui les ont sensibles. Alors entre le marteau et l'enclume, ça peut réserver des surprises.

Un peu comme continuer à s'administrer des perturbateurs endocriniens, et se faire enlever la prostate parce que ça la fait trop grossir.

Dans les deux cas il y a d'abord "Aïe", puis une voix aiguë. Sauf que dans le cas de l'ablation, la partie "Aïe" se fait sous anesthésie, donc on n'entend rien.

Tout ça pour imaginer à quel point fonctionne bien l'IA.

C'est d'ailleurs amusant de continuer à voir parler de "l'IA".

À une époque on disait l'informatique, un peu comme si un script copié d'une source hors contexte c'était la même chose qu'une équipe recrutée spécifiquement pour un projet, en évaluant les compétences nécessaires aussi bien pour l'analyse que le développement.

Probablement des outils d'IA calibrés proprement arrivent à de bons résultats, pendant que Visual Studio part du principe que tous les développeurs sur par exemple MVC vont tous utiliser les mêmes variables pour représenter les mêmes contenus, donc on a intérêt à savoir quand on doit se laisser influencer, et quand on doit opposer de l'inertie.
Par moments, ce qui prend le plus de temps, c'est de faire la distinction entre les deux, et il apparaît donc clairement que c'est une période qui ne doit pas trop durer.
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Avatar de stigma
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 19/06/2026 à 8:16
certaines IA savent bien cerner le problème dans un projet et apportent une solution presque parfaite. D'autres se perdent dans la complexité et finissent par donner une solution spaghetti.
2  0 
Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 19/06/2026 à 8:30
Le principe de l'IA, c'est de copier.

Ça peut aider d'avoir une idée pas trop fausse de sur qui on copie, et de ce qu'on fait avec.

Je n'oublierai jamais le jour où en club électronique j'ai vu mettre aux voies le théorème de Pythagore.

Le principe de l'IA c'est un peu ça, mais probablement faut-il panacher.
Ça ne gâche rien d'avoir au départ une base fiable qui puisse inclure le théorème de Pythagore, selon si ce à quoi on s'intéresse c'est le théorème de Pythagore, ou le nombre d'étudiants qui le citent de façon erronée.
2  0 
Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 21/06/2026 à 19:25
Presque : c'est ça qui est dommage.

Assurément, c'est techniquement possible de faire du bon boulot avec l'informatique, mais quand on est du bon côté de la console c'est aussi possible de détourner les décisions, comme avec le vote électronique.

Et il reste quoi aux autres ?
Leurs yeux pour pleurer.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 01/07/2026 à 0:24
Et je rajouterai que nombre de sujets structurants sont délégués à l'UE, donc nos gouvernants ne nous gouvernent plus non plus dans une certaine mesure.
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