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L'Ukraine utilise des drones Hornet dotés d'IA pour mener des frappes en toute autonomie en Russie,
Grâce à ces ordinateurs volants, l'Ukraine parle désormais de victoire et non plus de survie

Le , par Patrick Ruiz

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L’Ukraine utilise des drones Hornet dotés d’IA pour mener des frappes en toute autonomie en Russie
Grâce à ces ordinateurs volants, l’Ukraine parle désormais de victoire et non plus de survie

Grâce à l'intégration massive de l'IA et de la robotique, l'Ukraine transforme radicalement sa stratégie militaire face à la Russie. Le recours croissant aux drones autonomes et aux systèmes télécommandés permet de compenser l'infériorité numérique humaine tout en neutralisant les tactiques de vagues d'assaut russes. Des analystes estiment que cette révolution technologique modifie les perspectives du conflit, qui passe d'une simple lutte pour la survie à une véritable ambition de victoire. Ils soulignent de plus que cette avance technologique affaiblit non seulement la logistique ennemie, mais redéfinit également le futur de la sécurité européenne.

Un nombre restreint, mais croissant de responsables et d’analystes européens affirment ce qui était impensable il y a quatre ans : l’Ukraine ne se contente pas de survivre à sa guerre épuisante contre la Russie, elle prospère à certains égards et pourrait même être en passe de remporter la victoire. Selon ces derniers, le recours croissant de l'armée ukrainienne aux drones autonomes pourrait s'avérer un élément décisif dans ce conflit meurtrier.

L'armée ukrainienne a développé des robots terrestres et des drones capables non seulement de conserver le territoire, mais aussi de le reprendre. Les tactiques évoluent : l'Ukraine déploie des concepts d'infanterie centrés sur les robots, combinant les attaques de systèmes terrestres et aériens. Le pays se démarque par sa volonté de repenser complètement sa doctrine militaire et ses chaînes d'approvisionnement autour de la guerre autonome, créant notamment des réseaux de défense distribués capables d'identifier et d'intercepter les menaces avec une intervention humaine minimale.

L’Ukraine met à contribution des Hornet UAV qui s’appuient sur le processeur Qualcomm QCS5430 chargé d'exécuter tous les algorithmes intégrant des éléments d'intelligence artificielle ; les bases de données sont stockées sur un disque de 128 Go, tandis qu'un autre disque de 64 Go est dédié aux logiciels.

Ce drone est aussi connu sous le nom de « Martian-2 ». Le Martian-1 était un quadricoptère kamikaze, plus ancien et plus petit, produit par le même fabricant, Swift Beat LLC. Le Hornet est plus grand et vole plus loin et plus haut. Il s’agit d’un petit drone de type avion à voilure fixe, doté d’une aile droite d’une envergure d’environ 2,2 m, d’un fuselage allongé d’environ 1,4 m de long et d’une hélice propulsive située dans la partie arrière.

Le drone est équipé d’un puissant moteur électrique sans balais SE4720, généralement utilisé sur les drones industriels lourds. Sa partie avant est lisse ; c’est là que se trouvent les capteurs optiques orientés vers l’avant. L’espace interne du fuselage est réparti entre les composants électroniques, la batterie et la charge utile. Sa masse peut atteindre 20 kg. Ce dernier ne dispose pas de train d’atterrissage. Un lanceur portable à tension ou à assistance pneumatique est utilisé pour son lancement.

L’inconvénient de l’aile droite est sa vulnérabilité au flottement lors d’un piqué. Afin de réduire le risque de défaillance structurelle, l’aile est dotée d’un longeron en fibre de carbone et de manchons de raccordement métalliques. L’aile droite a été choisie pour augmenter la portance, économiser l’énergie de la batterie et garantir un vol stable à vitesse de croisière. Elle simplifie également la fabrication d’un drone jetable et en réduit le coût.

Certaines sources soulignent la grande discrétion acoustique du drone. Pour réduire le bruit, un caoutchouc souple est utilisé sur les pales de l'hélice, ainsi qu'un support de moteur amortissant les vibrations.

La vitesse de croisière du drone est estimée à environ 100-120 km/h. L'alimentation est assurée par une batterie de deux kilogrammes composée de cellules lithium-ion haute capacité, vraisemblablement des cellules Samsung 21700 disposées selon une configuration 12S2P. Une batterie complètement chargée fournit une tension d'environ 50 V.

Pendant la phase de croisière, la mission principale du drone consiste à traverser la zone de première ligne saturée de guerre électronique. C’est pourquoi le Hornet est conçu comme un système pratiquement indépendant de la navigation par satellite. Le GPS sert néanmoins d'outil auxiliaire pour effectuer des vérifications ponctuelles des coordonnées. Selon certaines sources, sur le front, le GPS est parfois désactivé afin d'éviter que le drone ne soit détourné par une attaque par usurpation de signal.

Le système de navigation principal repose sur le flux optique : une caméra orientée vers le bas filme en continu le sol, tandis que le processeur suit les mouvements du terrain sous le drone. La nuit ou au-dessus d’une surface uniforme, comme la neige par exemple, un projecteur infrarouge peut être activé pour éclairer le sol et aider le système optique à maintenir le cap. La mission de vol est programmée à l’aide de coordonnées, après quoi le drone pénètre dans la zone de chasse en pilotage automatique.

Tout au long de son parcours, le Hornet peut voler en mode « silence radio », ses antennes étant désactivées, ce qui le rend plus difficile à détecter à l’aide de systèmes de renseignement électronique. Lorsque le drone commence à émettre, son signal serait décalé par logiciel vers des fréquences non standard comprises entre 160 et 450 MHz via des modules HopeRF. Ces fréquences auraient été choisies pour faire passer le signal pour des canaux utilisés par des radios civiles numériques russes ou des stations radio militaires. Toute tentative de brouillage d’un tel canal risquerait de perturber simultanément les communications de leurs propres unités.


Un statut de puissance militaire acquise grâce à la technologie

Ces avancées technologiques et tactiques suscitent l'admiration et l'intérêt croissant des pays occidentaux, qui voient l'industrie de défense ukrainienne évoluer à une vitesse stupéfiante. Grâce à la mise en contribution de l'IA, des drones et des robots terrestres, plusieurs tendances à long terme ont évolué en faveur de l’Ukraine. Cependant, pour le gouvernement ukrainien, déclarer victoire exigera bien plus qu'une simple cessation des hostilités.

Selon des chiffres partagés par le ministère ukrainien de la Défense, au cours du premier trimestre, l'Ukraine a déployé des systèmes robotisés dans plus de 21 000 interventions, marquant une évolution fulgurante dans l'automatisation du champ de bataille. Pour le seul mois de mars, 9 000 missions de combat et de logistique ont été recensées, ce qui représente une hausse majeure par rapport aux 2 900 missions enregistrées en novembre dernier.

Cette montée en puissance s'accompagne d'une adoption généralisée au sein des forces armées ukrainiennes, puisque le nombre d'unités utilisant ces robots a presque triplé en quelques mois, passant de 67 à 167 unités actives sur le terrain. Les analystes soulignent toutefois que malgré leur déploiement accéléré sur le terrain, l'usage des véhicules terrestres sans pilote reste encore secondaire par rapport à la domination écrasante des drones aériens.

Les dirigeants mondiaux voient en l'intelligence artificeille un moyen de domination

Eric Schmidt est un homme d'affaires américain avec une fortune personnelle estimée à plus de 35,5 milliards de dollars. Il a dirigé Google de 2001 à 2011 et est également connu pour avoir des positions très controversées sur la technologie, notamment l'IA. En août 2024, par exemple, s'adressant à des étudiants, Eric Schmidt les a invités à ne pas avoir peur de voler les données dont ils ont besoin pour entraîner leurs grands modèles de langage.

Il a présidé la National Security Commission on Artificial Intelligence (NSCAI) du gouvernement américain, une organisation qui conseille le président et le Congrès sur les questions de sécurité nationale et de défense relatives à l'IA. « Le coût de l'autonomie diminue si rapidement que la guerre des drones, qui est l'avenir des conflits, permettra de se débarrasser des chars, de l'artillerie et des mortiers », a prédit à l'époque l'ancien PDG de Google.

Aujourd'hui, il travaille à militariser l'IA. Il a aussi laissé entendre que « les progrès de l'IA sont plus importants que la préservation du climat ». Il estime que nous devrions nous lancer à fond dans la construction de centres de données d'IA, car « de toute façon, nous n'atteindrons jamais nos objectifs climatiques ».

Un rapport publié en mars 2024 a révélé que l'armée de l'air américaine envisage d'introduire 1 000 drones contrôlés par l'IA pour améliorer ses capacités de combat aérien. Ces drones seront conçus pour accompagner et protéger les avions avec équipage, comme les chasseurs F-35 et les bombardiers B-21. Ils pourront porter leurs propres armes, frapper d'autres aéronefs et des cibles au sol, ainsi qu'effectuer des missions de reconnaissance.

Conclusion

L'introduction des drones aériens et terrestres annonce un changement de paradigme dans la guerre, combinant l'innovation technologique et l'agilité stratégique. Cependant, elle soulève des préoccupations. Des experts appellent à l'interdiction des armes autonomes létales. Mais leur appel reste jusque-là sans réponse et les tentatives visant à élaborer des normes pour réglementer ces développements sur le plan mondial ont été infructueuses.

Un rapport de 2023 a révélé que les scientifiques du Pentagone discutent de la création de super-soldats cybernétiques qui ne ressentent rien lorsqu'ils tuent, ce qui rapproche davantage d'un monde où Skynet ne relèverait plus de la science-fiction. Le super-soldat du Pentagone est décrit comme le soldat du futur et sera inondé de stimulants antidouleur, amélioré avec des implants cérébraux, du sang synthétique et d'autres équipements technologiques.

D'autres grandes puissances militaires, telles que la Chine et la Russie, auraient déjà leurs propres programmes de recherche dans le domaine des armes autonomes létales. Selon les experts, les conflits du futur seront essentiellement technologiques, car l'IA est en train de changer le visage de la guerre. Toutefois, alors que les poches de tensions se multiplient, les risques pour l'humanité sont encore inconnus et font l'objet de très peu de débats publics.

Et vous ?

Que pensez-vous de l'accélération de la militarisation des technologies comme l’intelligence artificielle ? Les choses auraient-elles pu être différentes si on prend en compte que des dirigeants comme Vladimir Poutine ont déclaré qu'ils considèrent l'intelligence artificielle comme un moyen de cominer le monde ?

Voir aussi :

L'Ukraine dit avoir déployé des « robots terrestres » à la place de soldats lors de plus de 21 000 missions au premier trimestre. Des soldats affirment que le front ressemble à l'univers Terminator

Les drones de guerre russes continuent d'utiliser Starlink malgré la répression du Pentagone, les forces russes se procuraient des terminaux Starlink sur le marché noir

L'IA et les drones détournés de leur usage initial et convertis en armes destructrices : les États-Unis frappent l'Iran avec des armes qui sont des copies de ses propres drones kamikazes Shahed 136
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Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 26/06/2026 à 18:40
Les Russes et les Ukrainiens utilisent beaucoup de technologies similaires et les 2 ont des drones tueurs. C'est notamment pour cela que le front est quasi gelé.
La guerre ne sera pas gagnée à cause d'une percée technologique, c'est une guerre d'attrition.
Actuellement la guerre dure car les Européens achètent des armes US pour les donner à l'Ukraine, ainsi que le renseignement.
Le Russie pense que les Européens craqueront avant elle par défaite économique. (Sous prétexte que ce sont les Russes qui ont les matières premières) .

Ensuite, bien malin qui connait la fin.
Peut être que les Russes arriveront à fabriquer tellement de réacteurs pour drones que le taux d'interception ukrainien baissera trop.
Peut être que les Russes décideront que les Européens sont tellement partie prenante avec tous les transferts économiques, technologiques, matériels et informationnels qu'ils lanceront une frappe stratégique sur l'Europe ou frapperont la profondeur de l'Europe à basse intensité.
Peut être que les dégâts des drones sur les vies et les structures économiques profondes russes pousseront à un cesser le feu à la coréenne.

En tous cas, cette guerre est une horreur qui était évitable, et il ne sortira rien de bon des courses aux armements, que ce soient les robots tueurs autonomes, ou de l'Allemagne et la Pologne qui investissent massivement dans une guerre à venir. On a déjà vu la fin dans le passé.
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Avatar de nouby
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 28/06/2026 à 2:35
Il suffira d'un bug ou d'une prise de controle par autrui pour que ces robots tueurs tuent des cibles qu'il ne fallait pas tuer....
les trucs autonomes c'est du délire de chercheur mais pas une solution réelle.

Quand à cette guerre, on dirait qu'elle dure pour pouvoir tester des armements et relancer le marché de l'armement.
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Avatar de der§en
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 26/06/2026 à 22:01
La réalité du terrain contredit ces affirmations, la Russie obtiendra non seulement les régions russophone maltraitées depuis plusieurs décennies par les ukrainiens mais aussi des annexions dont Odessa entre autre…
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 27/06/2026 à 22:25
Avec ces nouvelles technologies, le rôle des êtres humains sur le champ de bataille n'est pas sans rappeler celui des canaris dans les mines, 80% de mortalité dans les forces d'assaut quand-même.

Avec la guerre Russie-OTAN qui pointe le bout de son nez, et l'avance manifeste des Russes sur ces questions, les hommes de moins de 45 ans ont tout intérêt à partir trèèès loin d'Europe. Les tranchées de la 1ère guerre mondiale passeraient pour le club med en comparaison de ce qui les attend (sauf s'ils graissent la patte des gradés pour rester à l'arrière bien entendu).
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/06/2026 à 15:11
Le recours croissant aux drones autonomes et aux systèmes télécommandés permet de compenser l'infériorité numérique humaine tout en neutralisant les tactiques de vagues d'assaut russes. Des analystes estiment que cette révolution technologique modifie les perspectives du conflit, qui passe d'une simple lutte pour la survie à une véritable ambition de victoire
Au lieu de se laisser bercer de belles histoires, que le lecteur prenne la peine de regarder une carte du monde: Pour que la "véritable ambition de victoire" se transforme en "victoire", faudrait-il encore résoudre un problème qu'aucun envahisseur de la Russie n'a résolu (pas plus Napoléon que Hitler)... Sa profondeur!!!

L'Ukraine peut détruire la totalité des infrastructures à portée de drones, cela ne couvrira que la partie occidentale de la Russie... Les drones ukrainiens peuvent atteindre Moscou ou St-Petersburg mais pas Vladivostock!!!

L'usage de drones ne change rien à la guerre: Au final, ce sont toujours les populations civiles qui trinquent

Petit question: En quoi la stratégie russe ou ukrainienne se basant sur l'envoi de drones/missiles sur l'adversaire est différente de la stratégie des allemands qui lançaient sur Londres des V1 et V2 en 1944 et 1945, soit il y a 80 ans???
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Avatar de noremorse
Membre actif https://www.developpez.com
Le 26/06/2026 à 14:06
LOL, des attaques ponctuelles dans les profondeurs de la Russie et ça parle déjà victoires. Des drones portant du kérosène et qui explosent en émettant des flammes et des fumées, c'est pour épater la galerie occidentale, c'est Hollywood, mais stratégiquement, ça ne change rien. C'est plutôt victoire pour les relations publiques de cette entité néo-nazi. Pendant ce temps là, l'armée russe continue de conquérir les territoires sur le théâtre opérationnelle. Les drones dotés de IA n'est l'apanage de l'ukraine, les russes aussi développent leurs propres drones dotés de l'IA.

Il y a une campagne de propagande ukrainienne en cours pour dépeindre le pays comme étant en train de gagner le conflit contre la Russie. Cette campagne se base sur des attaques de drones ciblant des cibles de production d’énergie en Russie. Bien que l’incendie de réservoirs de carburant dans telle ou telle raffinerie russe puisse sembler impressionnante, les effets sur la Russie n’ont été qu’assez faibles. Les attaques de drones en cours sur la Crimée ont entraîné quelques désagréments pour les habitants de l’île. La campagne ukrainienne est soutenue par les Européens qui tentent de ramener les États-Unis dans le conflit. Les États-Unis n’en étaient cependant jamais vraiment sortis. Après la rencontre entre le président Trump et le président Poutine en août 2025 à Anchorage, il a été question d’un accord entre les deux présidents mais les détails n’ont jamais été annoncés. Après la réunion, Trump avait demandé l’Ukraine à quitter la région du Donbass pour faire la paix avec la Russie. Mais il n’a jamais exercé de pression pour obtenir ce résultat. Pendant ce temps, le soutien des armes et des services de renseignement américains à l’Ukraine continuait. Pendant un certain temps, la Russie avait semblé croire en « l’esprit d’Anchorage » et avait exprimé l’espoir de mettre fin au conflit en se fiant à la proposition de Trump. Cet espoir s’est évaporé depuis longtemps. (Moon of Alabama)
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