L’Ukraine utilise des drones Hornet dotés d’IA pour mener des frappes en toute autonomie en RussieGrâce à ces ordinateurs volants, l’Ukraine parle désormais de victoire et non plus de survie
Grâce à l'intégration massive de l'IA et de la robotique, l'Ukraine transforme radicalement sa stratégie militaire face à la Russie. Le recours croissant aux drones autonomes et aux systèmes télécommandés permet de compenser l'infériorité numérique humaine tout en neutralisant les tactiques de vagues d'assaut russes. Des analystes estiment que cette révolution technologique modifie les perspectives du conflit, qui passe d'une simple lutte pour la survie à une véritable ambition de victoire. Ils soulignent de plus que cette avance technologique affaiblit non seulement la logistique ennemie, mais redéfinit également le futur de la sécurité européenne.
Un nombre restreint, mais croissant de responsables et d’analystes européens affirment ce qui était impensable il y a quatre ans : l’Ukraine ne se contente pas de survivre à sa guerre épuisante contre la Russie, elle prospère à certains égards et pourrait même être en passe de remporter la victoire. Selon ces derniers, le recours croissant de l'armée ukrainienne aux drones autonomes pourrait s'avérer un élément décisif dans ce conflit meurtrier.
L'armée ukrainienne a développé des robots terrestres et des drones capables non seulement de conserver le territoire, mais aussi de le reprendre. Les tactiques évoluent : l'Ukraine déploie des concepts d'infanterie centrés sur les robots, combinant les attaques de systèmes terrestres et aériens. Le pays se démarque par sa volonté de repenser complètement sa doctrine militaire et ses chaînes d'approvisionnement autour de la guerre autonome, créant notamment des réseaux de défense distribués capables d'identifier et d'intercepter les menaces avec une intervention humaine minimale.
L’Ukraine met à contribution des Hornet UAV qui s’appuient sur le processeur Qualcomm QCS5430 chargé d'exécuter tous les algorithmes intégrant des éléments d'intelligence artificielle ; les bases de données sont stockées sur un disque de 128 Go, tandis qu'un autre disque de 64 Go est dédié aux logiciels.
Ce drone est aussi connu sous le nom de « Martian-2 ». Le Martian-1 était un quadricoptère kamikaze, plus ancien et plus petit, produit par le même fabricant, Swift Beat LLC. Le Hornet est plus grand et vole plus loin et plus haut. Il s’agit d’un petit drone de type avion à voilure fixe, doté d’une aile droite d’une envergure d’environ 2,2 m, d’un fuselage allongé d’environ 1,4 m de long et d’une hélice propulsive située dans la partie arrière.This downed Ukrainian “Hornet” strike UAV has a MOA-400 warhead.
— Roy🇨🇦 (@GrandpaRoy2) April 11, 2026
The MOA-400 designation has been used for both a shaped-charge (EFP) fragmentation version (which this one most likely is) and an older thermobaric version.
It likely weighs approximately 4 kg.
1/ https://t.co/CJKwgD0rGQ pic.twitter.com/yexwNnalqG
Le drone est équipé d’un puissant moteur électrique sans balais SE4720, généralement utilisé sur les drones industriels lourds. Sa partie avant est lisse ; c’est là que se trouvent les capteurs optiques orientés vers l’avant. L’espace interne du fuselage est réparti entre les composants électroniques, la batterie et la charge utile. Sa masse peut atteindre 20 kg. Ce dernier ne dispose pas de train d’atterrissage. Un lanceur portable à tension ou à assistance pneumatique est utilisé pour son lancement.
L’inconvénient de l’aile droite est sa vulnérabilité au flottement lors d’un piqué. Afin de réduire le risque de défaillance structurelle, l’aile est dotée d’un longeron en fibre de carbone et de manchons de raccordement métalliques. L’aile droite a été choisie pour augmenter la portance, économiser l’énergie de la batterie et garantir un vol stable à vitesse de croisière. Elle simplifie également la fabrication d’un drone jetable et en réduit le coût.
Certaines sources soulignent la grande discrétion acoustique du drone. Pour réduire le bruit, un caoutchouc souple est utilisé sur les pales de l'hélice, ainsi qu'un support de moteur amortissant les vibrations.
La vitesse de croisière du drone est estimée à environ 100-120 km/h. L'alimentation est assurée par une batterie de deux kilogrammes composée de cellules lithium-ion haute capacité, vraisemblablement des cellules Samsung 21700 disposées selon une configuration 12S2P. Une batterie complètement chargée fournit une tension d'environ 50 V.
Pendant la phase de croisière, la mission principale du drone consiste à traverser la zone de première ligne saturée de guerre électronique. C’est pourquoi le Hornet est conçu comme un système pratiquement indépendant de la navigation par satellite. Le GPS sert néanmoins d'outil auxiliaire pour effectuer des vérifications ponctuelles des coordonnées. Selon certaines sources, sur le front, le GPS est parfois désactivé afin d'éviter que le drone ne soit détourné par une attaque par usurpation de signal.
Le système de navigation principal repose sur le flux optique : une caméra orientée vers le bas filme en continu le sol, tandis que le processeur suit les mouvements du terrain sous le drone. La nuit ou au-dessus d’une surface uniforme, comme la neige par exemple, un projecteur infrarouge peut être activé pour éclairer le sol et aider le système optique à maintenir le cap. La mission de vol est programmée à l’aide de coordonnées, après quoi le drone pénètre dans la zone de chasse en pilotage automatique.
Tout au long de son parcours, le Hornet peut voler en mode « silence radio », ses antennes étant désactivées, ce qui le rend plus difficile à détecter à l’aide de systèmes de renseignement électronique. Lorsque le drone commence à émettre, son signal serait décalé par logiciel vers des fréquences non standard comprises entre 160 et 450 MHz via des modules HopeRF. Ces fréquences auraient été choisies pour faire passer le signal pour des canaux utilisés par des radios civiles numériques russes ou des stations radio militaires. Toute tentative de brouillage d’un tel canal risquerait de perturber simultanément les communications de leurs propres unités.
Un statut de puissance militaire acquise grâce à la technologie
Ces avancées technologiques et tactiques suscitent l'admiration et l'intérêt croissant des pays occidentaux, qui voient l'industrie de défense ukrainienne évoluer à une vitesse stupéfiante. Grâce à la mise en contribution de l'IA, des drones et des robots terrestres, plusieurs tendances à long terme ont évolué en faveur de l’Ukraine. Cependant, pour le gouvernement ukrainien, déclarer victoire exigera bien plus qu'une simple cessation des hostilités.
Selon des chiffres partagés par le ministère ukrainien de la Défense, au cours du premier trimestre, l'Ukraine a déployé des systèmes robotisés dans plus de 21 000 interventions, marquant une évolution fulgurante dans l'automatisation du champ de bataille. Pour le seul mois de mars, 9 000 missions de combat et de logistique ont été recensées, ce qui représente une hausse majeure par rapport aux 2 900 missions enregistrées en novembre dernier.
Cette montée en puissance s'accompagne d'une adoption généralisée au sein des forces armées ukrainiennes, puisque le nombre d'unités utilisant ces robots a presque triplé en quelques mois, passant de 67 à 167 unités actives sur le terrain. Les analystes soulignent toutefois que malgré leur déploiement accéléré sur le terrain, l'usage des véhicules terrestres sans pilote reste encore secondaire par rapport à la domination écrasante des drones aériens.
Les dirigeants mondiaux voient en l'intelligence artificeille un moyen de domination
Eric Schmidt est un homme d'affaires américain avec une fortune personnelle estimée à plus de 35,5 milliards de dollars. Il a dirigé Google de 2001 à 2011 et est également connu pour avoir des positions très controversées sur la technologie, notamment l'IA. En août 2024, par exemple, s'adressant à des étudiants, Eric Schmidt les a invités à ne pas avoir peur de voler les données dont ils ont besoin pour entraîner leurs grands modèles de langage.
Il a présidé la National Security Commission on Artificial Intelligence (NSCAI) du gouvernement américain, une organisation qui conseille le président et le Congrès sur les questions de sécurité nationale et de défense relatives à l'IA. « Le coût de l'autonomie diminue si rapidement que la guerre des drones, qui est l'avenir des conflits, permettra de se débarrasser des chars, de l'artillerie et des mortiers », a prédit à l'époque l'ancien PDG de Google.
Aujourd'hui, il travaille à militariser l'IA. Il a aussi laissé entendre que « les progrès de l'IA sont plus importants que la préservation du climat ». Il estime que nous devrions nous lancer à fond dans la construction de centres de données d'IA, car « de toute façon, nous n'atteindrons jamais nos objectifs climatiques ».
Un rapport publié en mars 2024 a révélé que l'armée de l'air américaine envisage d'introduire 1 000 drones contrôlés par l'IA pour améliorer ses capacités de combat aérien. Ces drones seront conçus pour accompagner et protéger les avions avec équipage, comme les chasseurs F-35 et les bombardiers B-21. Ils pourront porter leurs propres armes, frapper d'autres aéronefs et des cibles au sol, ainsi qu'effectuer des missions de reconnaissance.
Conclusion
L'introduction des drones aériens et terrestres annonce un changement de paradigme dans la guerre, combinant l'innovation technologique et l'agilité stratégique. Cependant, elle soulève des préoccupations. Des experts appellent à l'interdiction des armes autonomes létales. Mais leur appel reste jusque-là sans réponse et les tentatives visant à élaborer des normes pour réglementer ces développements sur le plan mondial ont été infructueuses.
Un rapport de 2023 a révélé que les scientifiques du Pentagone discutent de la création de super-soldats cybernétiques qui ne ressentent rien lorsqu'ils tuent, ce qui rapproche davantage d'un monde où Skynet ne relèverait plus de la science-fiction. Le super-soldat du Pentagone est décrit comme le soldat du futur et sera inondé de stimulants antidouleur, amélioré avec des implants cérébraux, du sang synthétique et d'autres équipements technologiques.
D'autres grandes puissances militaires, telles que la Chine et la Russie, auraient déjà leurs propres programmes de recherche dans le domaine des armes autonomes létales. Selon les experts, les conflits du futur seront essentiellement technologiques, car l'IA est en train de changer le visage de la guerre. Toutefois, alors que les poches de tensions se multiplient, les risques pour l'humanité sont encore inconnus et font l'objet de très peu de débats publics.
Et vous ?
Que pensez-vous de l'accélération de la militarisation des technologies comme l’intelligence artificielle ? Les choses auraient-elles pu être différentes si on prend en compte que des dirigeants comme Vladimir Poutine ont déclaré qu'ils considèrent l'intelligence artificielle comme un moyen de cominer le monde ?Voir aussi :
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