Godot n'acceptera plus les contributions de code générées par l'IA Les décisions similaires s’enchaînent dans la filière du logiciel au motif que « ces contributions sont systématiquement de mauvaise qualité »
Godot n’acceptera plus les contributions de code générées par l’intelligence artificielle. Des décisions similaires s’enchaînent dans la filière du logiciel et s’appuient sur certaines études parmi lesquelles celle de CodeRabbit sur 470 pull requests open source publiées sur GitHub, qui a révélé que le code généré par l'IA comportait plus de bogues et d'erreurs que le code produit par l'homme. Selon cette étude, les pull requests effectuées à l'aide de l'IA présentaient en moyenne 10,83 problèmes, contre 6,45 pour celles rédigées uniquement par des développeurs humains.
Après des mois de discussions, la Fondation Godot et ses responsables mettent un terme à cette situation. Dans un article de blog, la Fondation a annoncé que les directives de Godot destinées aux contributeurs seraient bientôt modifiées afin d’interdire le code rédigé par l’IA, les pull requests soumises par des agents IA et le texte généré par l’IA dans les communications entre humains.
« Il est temps pour nous de reconnaître que ces problèmes ne disparaîtront pas et que nous devons donc prendre des mesures pour alléger la charge qui pèse sur les responsables de maintenance, tout en veillant à conserver un parcours permettant d’accompagner les nouveaux contributeurs pour qu’ils deviennent les futurs responsables de maintenance », a déclaré la Fondation Godot.
La Fondation estime que l'accumulation de pull requests Godot en attente de révision n'est pas entièrement négative : c'est le signe que l'intérêt pour l'utilisation et la contribution à Godot est en hausse. Mais l'afflux de contributions rédigées ou soumises par l'IA sape la motivation des responsables du projet à se confronter au travail déjà fastidieux que représente la révision des pull requests.
« Si vos commentaires sur les pull requests sont simplement absorbés par une machine et ne servent pas à encadrer un futur responsable potentiel, il devient beaucoup plus difficile de justifier de consacrer son temps libre à l'examen de ces pull requests », a déclaré la Fondation.
Alors que le problème devient de plus en plus insoutenable, la Fondation Godot indique qu'elle est en train de mettre à jour ses politiques de contribution, en mettant l'accent sur « la mise en place de barrières contre les contributions bâclées et sans effort », l'encouragement des responsables de maintenance à réviser le code, la formation des nouveaux contributeurs pour qu'ils deviennent de futurs responsables de maintenance et, surtout, l'exigence que toutes les contributions proviennent d'êtres humains responsables de leur code — et capables de le corriger en cas d'échec.
Plusieurs projets ont interdit les rapports générés par l'intelligence artificielleFor years we've been overwhelmed by the volume of code contributions we have to review, especially from new contributors. AI has made the problem much worse.
— Godot Engine (@godotengine) June 30, 2026
We are taking steps to reduce the burden on maintainers while still welcoming new contributors:https://t.co/LcBXAjm2qB
L'adoption des outils d'IA par les plateformes telles que HackerOne pose un problème majeur à la communauté des logiciels libres : la multiplication de rapports de vulnérabilités générés par des outils d'IA, souvent erronés ou trompeurs, qui submergent les mainteneurs. Les fabricants de modèles d'IA s'attendent à ce que l'IA aide les développeurs à détecter les bogues beaucoup plus rapidement afin de jouir de plus de temps pour innover.
Mais il s'avère que ces rapports sont en majorité le résultat des hallucinations de l'IA, et donc inutiles. Seth Larson, développeur de sécurité en résidence à la Python Software Foundation, a soulevé la question dans un billet de blogue en décembre 2024. Il a exhorté les personnes qui signalent des bogues à ne pas utiliser de systèmes d'IA pour la chasse aux bogues. Selon lui, les systèmes d'IA actuels ne sont pas fiables dans ce contexte.
« J'ai remarqué une augmentation des rapports de sécurité de qualité extrêmement médiocre, spammés et hallucinés par les LLM dans les projets open source. À première vue, ces rapports de bogue semblent potentiellement légitimes et nécessitent donc du temps pour être réfutés », écrivait-il, rappelant les résultats similaires obtenus par le projet cURL en janvier 2024. Début 2025, c'est le créateur du projet cURL qui a exprimé son ras-le-bol.
Dans certains cas, les auteurs des signalements erronés sont des personnes novices qui testent des IA sur du code. Ou pire, elles utilisent les rapports générés par l'IA pour tenter d'obtenir des récompenses financières via des programmes de primes aux bogues sans fournir de véritables contributions.
Par exemple, quatre rapports de vulnérabilité malavisés ont été publiés par une personne apparemment à la recherche d'une réputation ou d'une prime de détection de bogues. « L'une des façons de s'en rendre compte, c'est que le rapport est toujours très agréable. Formulé de manière agréable, en anglais parfait, poli, avec de jolis points... un humain ordinaire ne le ferait jamais de cette manière dans son premier rapport », a déclaré Daniel Stenberg.
En gros, l’IA n’est plus perçue comme un progrès maîtrisé, mais comme une couche imposée, parfois maladroite, souvent envahissante, et surtout déconnectée des usages réels, mais chez Microsoft on n’est pas du même avisOpen source game engine puts its foot down against AI code 🦿#godot #ai #news #pcgaming #pcgamer pic.twitter.com/7vYvrPDdpp
— PC Gamer (@pcgamer) July 1, 2026
Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, a publiquement rejeté l'utilisation du terme « slop ». Il préfère encourager l'industrie à considérer l'intelligence artificielle comme un amplificateur cognitif ou un tuteur pour le potentiel humain plutôt qu'un substitut.
« Nous devons dépasser les arguments opposant contenu de faible qualité et sophistication et développer un nouvel équilibre en termes de « théorie de l'esprit » qui tienne compte du fait que les humains sont équipés de ces nouveaux outils d'amplification cognitive dans leurs relations les uns avec les autres. C'est la question de conception de produit dont nous devons débattre et à laquelle nous devons répondre », déclare-t-il.
Source : Godot (note d’interdiction des contributions de code générées par l’IA)
Et vous ?
Êtes-vous en accord avec la perception selon laquelle l’IA n’est pas un progrès maîtrisé, mais une couche imposée, parfois maladroite, souvent envahissante et surtout déconnectée des usages réels ? Cette perception cadre-t-elle avec vos expériences en tant que développeurs informatique ? Partagez vos anecdotes Voir aussi :
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