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SpaceXAI lance Grok 4.5, qu'Elon Musk qualifie de modèle de classe Opus. Le nouveau modèle d'IA spécialement conçu pour la programmation sera évalué sur l'amélioration de la qualité du code généré par IA

Le , par Patrick Ruiz

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SpaceXAI lance Grok 4.5, qu'Elon Musk qualifie de modèle de classe Opus. Le nouveau modèle d’IA spécialement conçu pour la programmation sera évalué sur l’amélioration de la qualité du code généré par IA

SpaceXAI a lancé son dernier modèle, Grok 4.5 — le premier depuis l’entrée en bourse de l’entreprise il y a plusieurs semaines. Dans un récent article de blog, SpaceXAI a présenté cette nouvelle version comme capable de prendre en charge toutes les tâches courantes que le secteur de l’IA cherche à automatiser : le codage et le développement d’applications, les tâches administratives et de bureau, la recherche, la rédaction et d’autres formes de travail intellectuel routinier. Le nouveau modèle d’IA sera évalué sur l’axe de l’amélioration de la qualité du code généré par l’intelligence.

Grok serait en sus capable de réaliser tout cela à moindre coût, SpaceXAI affirmant que son modèle présente une « efficacité en termes de jetons deux fois supérieure » à celle des autres modèles de référence. Si cela se confirme dans des cas d’utilisation concrets, cette efficacité constituerait un atout majeur pour SpaceXAI, le coût des jetons étant une préoccupation croissante pour les utilisateurs d’IA.

La société a publié des indicateurs de référence qui semblent démontrer la compétitivité de Grok par rapport aux autres modèles phares des concurrents de SpaceXAI, même s’il n’atteint pas tout à fait le niveau des meilleurs de sa catégorie.

Dans un message publié sur sa plateforme de réseaux sociaux X (filiale de SpaceXAI), le fondateur Elon Musk a comparé ce modèle à Opus, le LLM d’Anthropic conçu pour des tâches intensives et complexes.

« Suite aux retours très positifs des clients participant à notre programme de test bêta, @SpaceXAI mettra Grok 4.5 à la disposition du grand public dès demain. Il s’agit d’un modèle de la classe d’Opus, mais plus rapide, plus économe en tokens et moins coûteux », a écrit Musk dans son message sur X.

Musk ajoute par la suite : « D’après notre évaluation interne, Grok 4.5 est à peu près comparable à Opus 4.7, mais beaucoup plus rapide. C’est la combinaison de ses capacités, de sa vitesse accrue et de son coût réduit qui le rend compétitif. »

En effet, le modèle est facturé 2 dollars par million de jetons en entrée et 6 dollars en sortie. Il est particulièrement économe en jetons par rapport à des concurrents comme Claude Opus, ce qui réduit considérablement la facture globale des utilisateurs.

Grok 4.5 atterrit dans une filière du développement de logiciels dans laquelle de plus en plus de projets interdisent les contributions de code générées par l’IA au motif qu’elles sont systématiquement de mauvaise qualité

Godot n’acceptera plus les contributions de code générées par l’intelligence artificielle. Des décisions similaires s’enchaînent dans la filière du logiciel et s’appuient sur certaines études parmi lesquelles celle de CodeRabbit sur 470 pull requests open source publiées sur GitHub, qui a révélé que le code généré par l'IA comportait plus de bogues et d'erreurs que le code produit par l'homme. Selon cette étude, les pull requests effectuées à l'aide de l'IA présentaient en moyenne 10,83 problèmes, contre 6,45 pour celles rédigées uniquement par des développeurs humains.

Après des mois de discussions, la Fondation Godot et ses responsables mettent un terme à cette situation. Dans un article de blog, la Fondation a annoncé que les directives de Godot destinées aux contributeurs seraient bientôt modifiées afin d’interdire le code rédigé par l’IA, les pull requests soumises par des agents IA et le texte généré par l’IA dans les communications entre humains.

« Il est temps pour nous de reconnaître que ces problèmes ne disparaîtront pas et que nous devons donc prendre des mesures pour alléger la charge qui pèse sur les responsables de maintenance, tout en veillant à conserver un parcours permettant d’accompagner les nouveaux contributeurs pour qu’ils deviennent les futurs responsables de maintenance », a déclaré la Fondation Godot.

La Fondation estime que l'accumulation de pull requests Godot en attente de révision n'est pas entièrement négative : c'est le signe que l'intérêt pour l'utilisation et la contribution à Godot est en hausse. Mais l'afflux de contributions rédigées ou soumises par l'IA sape la motivation des responsables du projet à se confronter au travail déjà fastidieux que représente la révision des pull requests.

« Si vos commentaires sur les pull requests sont simplement absorbés par une machine et ne servent pas à encadrer un futur responsable potentiel, il devient beaucoup plus difficile de justifier de consacrer son temps libre à l'examen de ces pull requests », a déclaré la Fondation.

Alors que le problème devient de plus en plus insoutenable, la Fondation Godot indique qu'elle est en train de mettre à jour ses politiques de contribution, en mettant l'accent sur « la mise en place de barrières contre les contributions bâclées et sans effort », l'encouragement des responsables de maintenance à réviser le code, la formation des nouveaux contributeurs pour qu'ils deviennent de futurs responsables de maintenance et, surtout, l'exigence que toutes les contributions proviennent d'êtres humains responsables de leur code — et capables de le corriger en cas d'échec.

L'adoption des outils d'IA par les plateformes telles que HackerOne pose un problème majeur à la communauté des logiciels libres : la multiplication de rapports de vulnérabilités générés par des outils d'IA, souvent erronés ou trompeurs, qui submergent les mainteneurs. Les fabricants de modèles d'IA s'attendent à ce que l'IA aide les développeurs à détecter les bogues beaucoup plus rapidement afin de jouir de plus de temps pour innover.

Mais il s'avère que ces rapports sont en majorité le résultat des hallucinations de l'IA, et donc inutiles. Seth Larson, développeur de sécurité en résidence à la Python Software Foundation, a soulevé la question dans un billet de blogue en décembre 2024. Il a exhorté les personnes qui signalent des bogues à ne pas utiliser de systèmes d'IA pour la chasse aux bogues. Selon lui, les systèmes d'IA actuels ne sont pas fiables dans ce contexte.

« J'ai remarqué une augmentation des rapports de sécurité de qualité extrêmement médiocre, spammés et hallucinés par les LLM dans les projets open source. À première vue, ces rapports de bogue semblent potentiellement légitimes et nécessitent donc du temps pour être réfutés », écrivait-il, rappelant les résultats similaires obtenus par le projet cURL en janvier 2024. Début 2025, c'est le créateur du projet cURL qui a exprimé son ras-le-bol.

Dans certains cas, les auteurs des signalements erronés sont des personnes novices qui testent des IA sur du code. Ou pire, elles utilisent les rapports générés par l'IA pour tenter d'obtenir des récompenses financières via des programmes de primes aux bogues sans fournir de véritables contributions.

Par exemple, quatre rapports de vulnérabilité malavisés ont été publiés par une personne apparemment à la recherche d'une réputation ou d'une prime de détection de bogues. « L'une des façons de s'en rendre compte, c'est que le rapport est toujours très agréable. Formulé de manière agréable, en anglais parfait, poli, avec de jolis points... un humain ordinaire ne le ferait jamais de cette manière dans son premier rapport », a déclaré Daniel Stenberg.

En gros, l’IA n’est plus perçue comme un progrès maîtrisé, mais comme une couche imposée, parfois maladroite, souvent envahissante, et surtout déconnectée des usages réels, mais chez Microsoft on n’est pas du même avis

Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, a publiquement rejeté l'utilisation du terme « slop ». Il préfère encourager l'industrie à considérer l'intelligence artificielle comme un amplificateur cognitif ou un tuteur pour le potentiel humain plutôt qu'un substitut.

« Nous devons dépasser les arguments opposant contenu de faible qualité et sophistication et développer un nouvel équilibre en termes de « théorie de l'esprit » qui tienne compte du fait que les humains sont équipés de ces nouveaux outils d'amplification cognitive dans leurs relations les uns avec les autres. C'est la question de conception de produit dont nous devons débattre et à laquelle nous devons répondre », déclare-t-il.

Et vous ?

Êtes-vous en accord avec la perception selon laquelle l’IA n’est pas un progrès maîtrisé, mais une couche imposée, parfois maladroite, souvent envahissante et surtout déconnectée des usages réels ? Cette perception cadre-t-elle avec vos expériences en tant que développeurs informatique ? Partagez vos anecdotes
L’instinct d’un ingénieur est souvent basé sur son expérience. Pensez-vous qu’une IA pourrait, à terme, acquérir un instinct similaire en étant entraînée sur un grand volume de projets réels ?
Quels types de décisions en programmation nécessitent le plus d’intuition humaine, selon vous ? L’IA pourrait-elle un jour les gérer seule ?
Si l’IA manque de compréhension causale, comment pourrait-elle être améliorée pour mieux anticiper les conséquences de ses décisions en matière de code ?
L’IA est déjà capable d’assister les développeurs en générant du code. À quel point doit-on lui faire confiance ?
Pensez-vous que l’IA pourrait rendre certaines compétences des ingénieurs obsolètes, ou au contraire, créer de nouveaux besoins en expertise humaine ?
Quels sont les risques d’une dépendance trop forte aux modèles d’IA pour coder ?

Voir aussi :

Vouch : un système visant à maintenir la qualité de l'open source face à l'afflux de pulls requests de mauvaise qualité générées par l'IA, il permet de gérer la confiance dans les contributeurs à un projet

Le projet open source cURL interdit les rapports de bogue inutiles générés par l'IA : « nous n'avons toujours pas vu un seul rapport de sécurité valide rédigé avec l'aide de l'IA »

Les mainteneurs de logiciels libres sont noyés dans des rapports de bogues inutiles rédigés par l'IA. « Ces systèmes ne sont pas encore capable de comprendre le code », estime un développeur
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