Sam Altman a déclaré que l'IA ne réduira pas la durée de la semaine de travail, contrairement aux promesses technologiques passées. Selon le dirigeant, la nature humaine nous pousse à inventer de nouvelles tâches et à rechercher constamment le progrès afin de rester occupés et utiles. Cette perspective s'oppose aux défenseurs de la semaine de quatre jours, comme Bernie Sanders, qui souhaitent que les gains de productivité profitent directement au temps libre des salariés. Bien que des études montrent une amélioration du bien-être liée à la réduction du temps de travail, il estime que l'ambition et la compétition sociale maintiendront un rythme soutenu.Samuel Altman, 41 ans, est un homme d'affaires et entrepreneur américain qui occupe depuis 2019 le poste de PDG du laboratoire de recherche en IA OpenAI. Sam Altman a étudié à Stanford pendant deux ans avant d'abandonner ses études et de cofonder Loopt, un service de réseau géosocial pour smartphones. En 2011, il a rejoint Y Combinator, un accélérateur de startups et une société de capital-risque, dont il a été le président de 2014 à 2019.
Au début de l'essor de l'IA générative, beaucoup espéraient que cette technologie stimulerait la productivité au point de permettre aux individus de travailler moins tout en conservant le même salaire. S'y ajoute aussi la recherche d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, laissant plus de place à la famille, aux loisirs et au repos. Cependant, cette réduction du temps de travail ne s'est toujours pas concrétisée dans les faits.
Lors d'une interview accordée au podcast Relentless, le PDG d'OpenAI, Sam Altman, a abordé ce constat en soulignant que cette attente utopique n'est pas un phénomène nouveau. Il rappelle que « la technologie promet depuis longtemps aux gens qu'ils vont travailler moins et qu'ils vont avoir tous ces loisirs ».
Malgré ces promesses historiques, la société n'a jamais réussi à instaurer une semaine de travail réduite à grande échelle. Sam Altman se montre très clair sur l'impact futur de cette nouvelle technologie : « et je ne m'attends pas à ce que l'IA change cela ». Selon lui, ce souhait s’est concrétisé dans une certaine mesure, les gens disposant de plus de temps libre qu’à aucune autre période de l’histoire et bénéficiant d’une meilleure qualité de vie.
La vision d'Altman : le besoin humain de créer et de rivaliser
Selon le patron d'OpenAI, bien que l'humanité bénéficie aujourd'hui de plus de temps libre et d'une meilleure qualité de vie qu'à n'importe quelle autre époque de son histoire, cela ne suffit pas à satisfaire la plupart des gens. Il explique cette insatisfaction permanente par la nature compétitive de l'être humain : « nous en voulons toujours plus. Nous imaginons de nouvelles choses à faire, à créer les uns pour les autres, à désirer pour nous-mêmes ».
« C'est comme un jeu relatif. Les gens sont très concentrés sur leur situation par rapport à celle des autres », a-t-il déclaré. Lorsque les progrès technologiques facilitent les tâches existantes, les humains compensent en inventant de nouvelles ambitions, de nouvelles expériences et de nouveaux problèmes à résoudre.
Au-delà des considérations de statut ou d'argent, Sam Altman a déclaré que les individus ressentent un profond besoin d'être utiles et de contribuer à la société, une motivation qui perdurera même lorsque l'IA sera capable d'exécuter une grande partie du travail actuel. Il conclut sur ce paradoxe apparent en prédisant : « je pense que nous serons tous beaucoup plus occupés que nous ne pensions l'être dans un monde de post-superintelligence ».
« Nous allons continuer à nous en plaindre, mais au fond de nous, nous serons heureux », a-t-il déclaré. L’idée d’une semaine de travail plus courte et plus flexible est devenue un sujet brulant après la pandémie afin de lutter contre l’épuisement professionnel des employés et de donner aux travailleurs davantage de contrôle sur leurs journées de travail. Cette idée ne fait toutefois pas l'unanimité, certains estimant que les gens devraient travailler plus.
Pourtant, des expériences ont révélé que le passage à un modèle de travail de quatre jours par semaine avait amélioré le moral des employés et stimulé la productivité. Alors que les dirigeants redoublent désormais d’efforts pour imposer le retour au bureau cinq jours par semaine et promouvoir la fameuse culture du travail « 9-9-6 » (travailler de 9 h à 21 h, six jours par semaine), le rêve d’une semaine de travail de quatre jours s’est encore éloigné.
La vision d'Altman perçue comme déconnectée de la réalité
Cette analyse de Sam Altman semble reposer sur l'hypothèse que tous les travailleurs bénéficient de carrières épanouissantes offrant de multiples débouchés créatifs. Cependant, il est difficile d'imaginer que les personnes occupant des emplois monotones, épuisants ou déprimants ne souhaitent pas secrètement voir leurs heures de travail diminuer pour un salaire équivalent, voire supérieur. Mais les perspectives sont sombres pour ces travailleurs.
Des robots humanoïdes capables d'exécuter des gestes répétitifs, de porter des charges lourdes ou de travailler sans relâche devaient, disait-on, soulager les ouvriers et leur permettre de se consacrer à des tâches plus qualifiées, voire de réduire leur temps de travail. L'imaginaire collectif était : celui d'un progrès technique mis au service du bien-être humain plutôt que de sa seule productivité. Mais la réalité semble suivre une tout autre trajectoire.
Les gains de productivité issus de l'automatisation profitent avant tout aux entreprises et à leurs actionnaires, rarement aux ouvriers eux-mêmes sous forme de temps libéré ou d'augmentation des salaires. Pire encore, les emplois les plus exposés à l'automatisation sont de plus en plus remplacés purement et simplement, plutôt qu'allégés, laissant travailleurs restant dans des postes tout aussi monotones, mais sous une pression accrue de rentabilité.
La promesse d'un progrès partagé se heurte ainsi à une logique économique qui continue de privilégier la réduction des coûts plutôt que l'amélioration des conditions de vie de ceux qui occupent encore ces emplois. Par ailleurs, l'IA pourrait supprimer des centaines de millions d'emplois, creusant ainsi les inégalités.
Des regards divergents sur les mutations du monde du travail
D'autres personnalités remettent également en question cette logique, à l'instar du sénateur Bernie Sanders qui soutient que le temps gagné par les outils d'IA devrait être rendu aux employés sous forme de temps libre, et non comblé par des tâches supplémentaires. Plusieurs avantages ont été démontrés, mais il semble peu probable que les chefs d'entreprise acceptent l'idée de réduire le temps de travail sans diminuer les salaires.
Lors d'une interview avec Joe Rogan l'année dernière, le sénateur du Vermont a défendu sa proposition : « la technologie va travailler pour nous améliorer, et pas seulement pour les personnes qui possèdent la technologie et les dirigeants des grandes entreprises. Vous êtes un travailleur, votre productivité augmente parce que nous vous donnons l'IA, n'est-ce pas ? Au lieu de vous jeter à la rue, je vais réduire votre semaine de travail à 32 heures ».
Il soutient un projet de loi qui réduirait la durée légale du travail de 40 à 32 heures, en imposant les heures supplémentaires au-delà de 32 heures. Les employeurs seraient tenus de rémunérer les heures supplémentaires des salariés non exemptés à hauteur d'une fois et demie le taux horaire pour chaque heure travaillée au-delà de huit heures au cours d'une même journée, et de deux fois le taux horaire pour chaque heure travaillée au-delà de douze heures.
Des données contredisent l'idée qu'il est indispensable de travailler autant. Des organismes publics et des entreprises en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et au Japon ont expérimenté la semaine de travail de quatre jours sans baisse de rémunération. Les résultats de ces expériences mondiales sont très positifs : les revenus des entreprises ont augmenté de 8 %, tandis que le stress des employés a chuté d'environ 35 % et leur fatigue de 10 %.
De nombreuses expériences font état de plusieurs avantages
Au Royaume-Uni, par exemple, 61 entreprises (environ 2 900 travailleurs) ont expérimenté la semaine de travail de quatre jours au cours du second semestre 2022. Sur les 23 entreprises qui ont partagé leurs données financières, le chiffre d'affaires entre le début et la fin de l'essai est resté à peu près le même, augmentant de 1,4 % en moyenne. Selon le rapport, une semaine de quatre jours réduit le stress et la maladie au sein de la main-d'œuvre.
Quelque 71 % des employés ont déclaré avoir des niveaux de burnout inférieurs et 39 % ont déclaré être moins stressés par rapport au début de la période test. L'expérience a révélé une réduction de 65 % des congés maladie et une...
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