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Un cadre supérieur de Nvidia impliqué dans un réseau de contrebande de serveurs d'IA vers la Chine, en partenariat avec Super Micro,
Une entreprise soupçonnée d'espionnage de ses clients américains

Le , par Patrick Ruiz

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La justice taïwanaise a inculpé neuf personnes, dont un cadre supérieur de Nvidia et des salariés de Super Micro Computer, pour avoir contourné les restrictions américaines et fait passer en contrebande des serveurs d'intelligence artificielle vers la Chine.

Les faits reprochés

  • Le matériel concerné : 30 serveurs haut de gamme équipés de puces d'accélération Nvidia B300, interdits d'exportation vers la Chine sans licence spécifique.
  • Le volume livré : 74 serveurs ont réussi à atteindre la Chine en transitant par des pays intermédiaires comme l'Indonésie et le Japon, tandis que 56 autres ont été interceptés par les douanes taïwanaise.
  • Le stratagème : Les accusés ont utilisé de faux documents pour faire croire que les serveurs resteraient à Taïwan dans un centre de données local, masquant le fait que l'acheteur n'avait pas les infrastructures ou les fonds nécessaires et que l'argent provenait de Chine.

Le rôle du cadre Nvidia

Le responsable taïwanais des partenariats de l'entreprise, identifié par son nom de famille Chang, est décrit par le parquet du district de Keelung comme la « figure centrale » du réseau. Il est soupçonné d'avoir facilité l'allocation des machines, validé les inspections de sites fictifs et aidé à dissimuler la destination finale du matériel. Les procureurs demandent à son encontre la peine maximale de cinq ans de prison pour faux, usage de faux et abus de confiance.

Le positionnement des entreprises dans l’affaire

Nvidia n'est pas directement mise en cause en tant qu'entreprise et affirme respecter les réglementations américaines en matière d'exportation. De son côté, Super Micro a indiqué coopérer pleinement avec les autorités.

Des soupçons de collusion entre Super Micro (aussi connu comme fabricant de cartes mères) et la Chine planent depuis de nombreuses années

"The Big Hack", C’est ainsi que Bloomberg avait appelé ce qui pourrait être l’un des plus grands programmes d’espionnage commercial d’un État-nation. D’après cette publication montée sur la base de documents fournis par ses informateurs et de « preuves additionnelles », des hackers chinois ont infiltré les cartes-mères de Super Micro via des portes dérobées physiques. D’après Bloomberg, le présumé piratage chinois touchait plus de 30 entreprises américaines (clients de Super Micro) dont Apple et Amazon.

Apple et Amazon ont tous deux nié les allégations selon lesquelles leurs serveurs Super Micro auraient été piratés peu après la publication de Bloomberg.

Toutefois, en 2017, l’éditeur The Information a signalé qu'en 2016, les serveurs Super Micro d'Apple ont été mis à jour avec des microprogrammes malveillants provenant directement du site de support de Super Micro. Le logiciel malveillant aurait infecté l'environnement serveur de l'App Store d'Apple ainsi que le laboratoire de conception de l'entreprise. Apple a, là également, nié les retours selon lesquels l’entreprise aurait mis fin à son contrat avec Super Micro pour cet incident et renvoyé tous les serveurs Super Micro qu'elle avait achetés avant ce dernier.

Dans la même publication, Bloomberg a également fait état de ce qu'Amazon a découvert une puce minuscule dans les serveurs Super Micro utilisés par Elemental – une société dont Amazon a fait l'acquisition en 2015. Bloomberg a indiqué qu'Amazon avait signalé la puce potentiellement malveillante aux enquêteurs américains. Ces derniers auraient amené au grand jour le fait que la puce avait été mise au point par des agents de l'Armée chinoise. Seulement, les autorités américaines ont nié l'existence de cette enquête.

Sources : TaiwanPlus, Financial Times

Et vous ?

En admettant que ce soit la Chine le problème, quelles alternatives viables ? De quelles mesures de contournement disposent les différents maillons de la chaîne d'approvisionnement désireux de se préuminr de cet espionnage ?

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