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Meta veut rendre ses lunettes connectées dotées d'IA un peu moins « terrifiantes » en limitant les enregistrements sans consentement,
Certains pays menacent d'interdire ces « lunettes de pervers »

Le , par Mathis Lucas

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Meta déploie une mise à jour logicielle pour ses lunettes connectées afin d'empêcher les utilisateurs de dissimuler le voyant lumineux pendant un enregistrement vidéo. Cette mesure technique vise à garantir que les passants soient avertis d'une capture en cours, répondant aux critiques sur les enregistrements non consentis. Meta fait face à d'importantes pressions réglementaires en Europe, où certains pays envisagent une interdiction totale du produit. Parallèlement, une action collective aux États-Unis accuse Meta de tromperie concernant la confidentialité des données. Ces « lunettes de pervers » ont ouvert la voie à de nombreuses formes d'abus.

Les lunettes connectées Ray-Ban de Meta ont connu un succès fulgurant ces dernières années. Cependant, elles jouissent également d'une mauvaise réputation en raison des abus, notamment les enregistrements sans consentement pouvant donner lieu à du chantage. La controverse est telle que les détracteurs ont surnommé ces appareils « lunettes de pervers », un surnom péjoratif qui illustre le climat d'insécurité sociale qu'ils ont introduit.

Meta tente désormais d'apporter plus de sécurité. L'entreprise a déployé une mise à jour logicielle pour ses lunettes afin de limiter les enregistrements non consentis. Ce correctif technique vise à combler une faille de sécurité majeure que certains utilisateurs malveillants exploitaient pour filmer à l'insu d'autrui.

Auparavant, l'enregistrement était bloqué si un autocollant cachait la LED dès le départ. Mais il suffisait de lancer la vidéo d'abord, puis de couvrir le voyant ensuite, pour contourner cette limite. Selon Alex Himel, vice-président exécutif des technologies portables (wearable technology) chez Meta, la nouvelle mise à jour garantit que « l'appareil photo cesse désormais de fonctionner si le voyant est masqué pendant un enregistrement ».

Pression réglementaire et campagnes de relations publiques

L'objectif affiché par l'entreprise est de faire en sorte que « le voyant de capture puisse avertir de manière fiable les personnes aux alentours lorsque des photos ou des vidéos sont enregistrées pour la galerie de quelqu'un ». Selon un rapport, une modification à 60 dollars des lunettes de Meta désactive leur voyant d'enregistrement protégeant la vie privée. Sur Internet, des bricoleurs proposent des services payants pour neutraliser le voyant.


Alex Himel, de Meta, a minimisé l'ampleur de ces contournements : « seule une infime minorité de personnes essaie de contourner ces protections, et le fait qu'elles doivent recourir à de telles extrémités montre que nos efforts portent leurs fruits. Nous continuerons à améliorer et à faire évoluer notre approche ».

Néanmoins, l'entreprise reconnaît elle-même dans ses communications officielles que certains utilisateurs déploient « des efforts sophistiqués pour modifier ou détruire la LED de capture » afin de filmer des personnes, en particulier des femmes, sans leur consentement. Et malgré ces correctifs de dernière minute, l'inquiétude grandit parmi les régulateurs européens, qui étudient de près les risques d'une surveillance de masse non consentie.

L'Allemagne envisage d'interdire l'appareil à la suite d'une plainte pénale d'une association, tandis que le Comité européen de la protection des données (EDPB) publiera bientôt un rapport sur les mesures nécessaires pour s'assurer qu'aucun citoyen européen ne soit enregistré sans son accord. Pour tenter de modifier la réputation de cette « technologie flippante » et sensibiliser le public, Meta a lancé une nouvelle campagne de marketing.

L'entreprise a déployé des panneaux publicitaires. À Los Angeles, de grands panneaux publicitaires mettent en avant une jeune fille portant les lunettes, insistant sur le message suivant : « la caméra vous permet de capturer l'instant. Le voyant permet à tout le monde autour de vous de savoir quand vous le faites ». Le panneau ajoute également que « l'appareil est conçu pour tout le monde. Pas seulement pour les personnes qui les portent ».

Plusieurs révélations troublantes issues d'actions en justice

Cette campagne marketing soignée est pourtant contredite par une action collective en justice de grande ampleur aux États-Unis accusant Meta de publicité mensongère et de mensonges répétés sur le respect de la vie privée. La plainte révèle que les enregistrements capturés par les appareils ne restent pas privés, mais sont en réalité envoyés à des sous-traitants au Kenya pour être analysés et entraîner les modèles de langage de Meta.


Ces annotateurs humains se retrouvent à visionner des séquences de vidéos extrêmement intimes, y compris des rapports sexuels, des visites médicales, des scènes de nudité dans des salles de bain ou encore des données sensibles comme des numéros de cartes bancaires et des messages personnels.

L'un des exemples marquants cités dans la plainte concerne un utilisateur qui avait posé ses lunettes connectées sur sa table de chevet. L'appareil a enregistré sa femme à son insu alors qu'elle se déshabillait. Par la suite, « l'enregistrement a été envoyé à des personnes à l'autre bout du monde pour être visionnée et annotée afin d'entraîner l'IA, le tout sans que la femme sache que la vidéo d'elle avait été capturée en premier lieu ».

L'action en justice accuse ainsi le géant de la technologie de transformer les acheteurs et leur entourage en ressources de données gratuites. La plainte indique : « les données de consommation sont extrêmement précieuses pour Meta... Meta peut exploiter les données personnelles de consommateurs non avertis ayant déjà acheté les produits, transformant les consommateurs eux-mêmes en marchandises sans qu'ils ne le sachent jamais ».

Une stratégie d'intelligence artificielle vorace en données

Au-delà du cas spécifique des lunettes, les critiques soulignent que la stratégie globale de Meta en matière d'IA contredit ses promesses de confidentialité. Par exemple, Meta teste actuellement un prototype de lunettes capables d'enregistrer le son en continu tout en prenant des photos toutes les quelques secondes. Ses règles de confidentialité indiquent que toute image partagée ou analysée par Meta AI peut être réutilisée pour entraîner son IA.


Les pratiques récentes de Meta confirment sa faim insatiable de données, qu'il s'agisse de l'utilisation automatique des photos Instagram publiques des utilisateurs pour générer des images à moins d'un refus explicite de leur part, ou de l'analyse des photos de la pellicule de téléphone des utilisateurs qui n'ont jamais été partagées publiquement. L'entreprise de Mark Zuckerberg est souvent impliquée dans des scandales de violation de données.

Ces dérives expliquent pourquoi d'autres géants de la technologie, comme Apple, ont refusé de s'associer avec Meta en raison de craintes légitimes liées à la protection des données personnelles et à la confidentialité. Ces inquiétudes, ajoutées à une information selon laquelle Meta s’apprêterait à ajouter une fonctionnalité de reconnaissance faciale à ses appareils, ont donné lieu à une campagne mondiale contre ces lunettes connectées.

Des militants ont récemment recouvert les arrêts de bus londoniens d’affiches de publicités sauvages anti-lunettes connectées, dont l’une représentait le tristement célèbre pédophile Jeffrey Epstein portant des Ray-Ban, accompagnée du slogan « des lunettes pour ceux qui ne respectent pas le consentement ». Certains propriétaires de lunettes affirment avoir commencé à les laisser chez eux, car ils ne veulent pas être associés à des pervers.

Un professeur allemand a développé une application appelée « Nearby Glasses », un service gratuit et open source qui détecte la présence de lunettes connectées à proximité et envoie une alerte. Certains craignent que la nouvelle mise à jour soit facilement contournée dans les jours ou semaines à venir.

Sources : Meta, billet de blogue

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous des lunettes connectées Ray-Ban de Meta ?
Que pensez-vous de la controverse suscitée par ces appareils ? Ont-ils une fonction pertinente ?
La nouvelle mise à jour de Meta peut-elle mettre fin aux enregistrements secrets et sans consentement ?
Ces abus peuvent-ils être éliminés ? Ou faut-il interdire purement et simplement ces appareils portables comme certains le préconisent ?

Voir aussi

Une modification à 60 dollars des lunettes Ray-Ban de Meta désactive leur voyant d'enregistrement protégeant la vie privée, un amateur propose de désactiver la LED qui s'allume lorsque l'utilisateur enregistre

Des ados portent des lunettes connectées pendant qu'ils harcèlent des filles. Les vidéos montrant des individus utilisant les Ray-Ban de Meta pour filmer à leur insu des personnes se multiplient en ligne

Les lunettes connectées portent désormais le surnom péjoratif de « lunettes de pervers » en raison de leur utilisation abusive. Le rejet est tel que certains détenteurs ont peur de les utiliser en public
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 04/09/2026 à 11:25
On remarquera que la Norvège n'est pas membre de l'UE!!!

Il y a ceux qui parlent... Et ceux qui agissent
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