Donald Trump suscite l'interrogation en annonçant la création d'une « AI Force » et la nomination prochaine d'un nouveau « tsar de l'IA » pour superviser la technologie. Il rejette fermement les appels à une réglementation stricte, qualifiant les avertissements sur les risques existentiels de la technologie de simple "canular". En outre, il a lancé un sondage public pour rebaptiser l'IA avec des termes jugés plus prestigieux, comme « Intelligence Suprême » ou « Intelligence Supérieure ». Donald Trump se désintéresse des questions de sécurité et adopte une stratégie visant, selon lui, à maintenir la domination américaine face à la concurrence chinoise.Le président américain Donald Trump a proposé de rebaptiser l'IA, estimant que le terme actuel est inexact et manque d'élégance pour décrire cette technologie. Mais ses propositions s'avèrent bien plus prétentieuses que l'appellation initiale. Afin de trouver une nouvelle appellation pour cette technologie qu'il qualifie de plus grand moteur de développement économique de l'histoire, il a lancé un sondage sur ses réseaux sociaux Truth Social et X.
Il y propose aux utilisateurs d'opter pour des termes comme « Superior Intelligence », « Extreme Intelligence » ou « Supreme Intelligence ». Sur la plateforme Truth Social, le compteur indique 65 488 votes à l'heure ou nous écrivons cet article, avec « Superior Intelligence » en tête. Sur X (ex-Twitter), le compteur indique 230 910 votes, « Superior Intelligence » ayant récolté 41,1 % d'opinions favorables. Sa démarche est toutefois controversée.
De nombreux critiques ont qualifié cette initiative de « stupide », dénonçant les risques liés à des appellations aussi extravagantes. « Personnellement, je pense que « Intelligence informatique », « Intelligence machine » ou « Intelligence programmée » seraient de meilleurs choix de noms, car l'IA n’est bonne qu’autant que ceux qui l'ont programmé, comme nous l’avons vu à travers les options disponibles aujourd’hui », a commenté un internaute.
Un autre a souligné : « l'IA n'est pas véritablement intelligente. Ce n'est qu'une simulation de l'intelligence. Elle NE PENSE PAS. Elle ne réfléchit pas. Elle crache des mots et des symboles basés sur des probabilités statistiques dérivées des données d'entraînement et de la requête de l'utilisateur. Elle peut calculer rapidement et s'avère très utile, mais elle n'a aucun objectif sauf ceux de ses créateurs. Cessons d'appeler cette chose "intelligence" ».
Un troisième dénonce : « l'IA n'est qu'une illusion de pensée semblable à celle des humains. Ces systèmes s'appuient sur les mathématiques, le code et les probabilités statistiques pour prédire le mot ou le pixel suivant. Ce sont des moteurs de prédiction. Ils ne possèdent ni conscience réelle, ni émotions, ni compréhension profonde de quoi que ce soit. Trump veut renforcer le battage médiatique en créant le mythe d'une puissante intelligence ».
Elon Musk, PDG de Tesla et de SpaceXAI, a réagi par une remarque d'une ligne : « elle sera d'une intelligence incompréhensible pour nous ». Le milliardaire a en effet déplacé la discussion du choix du nom vers les capacités de l'IA. Il n'a donc pas pris position sur les trois options du sondage de Donald Trump.
Création d'une force de l'IA et positionnement réglementaire
Dans le cadre de cette initiative, Donald Trump a rejeté fermement les mises en garde concernant les risques liés à l'IA, les qualifiant de « canular » et de conspirations visant à freiner le secteur. Selon lui, les attaques contre les centres de données et l'industrie constituent une tentative politique de nuire à un secteur hautement lucratif. Donald Trump soupçonne le Parti démocrate d'avoir orchestré cette machination contre les infrastructures de l'IA.
Il a insisté sur le fait qu’il ne resterait pas les bras croisés à laisser cela se produire, ajoutant : « ce prétendu canular avait commencé par une attaque contre nos centres de données, jusqu’à ce que les gens se rendent compte à quel point ceux-ci étaient une source de richesse et de prestige pour les communautés dans lesquelles ils avaient été construits ». Il estime que cette attaque contre les centres de données à finalement largement échoué.
Selon le président américain, les détracteurs s'en prennent désormais directement à l’IA. Il n’a fourni aucune preuve à l’appui de son affirmation selon laquelle la méfiance généralisée envers l’IA et les centres de données n’est ni spontanée ni sincère. Tant les républicains que les démocrates ont pris pour cible les centres de données, et New York est récemment devenu le premier État à suspendre les autorisations pour les grandes infrastructures.
Dans une publication récente sur Truth Social, Donald Trump a annoncé la création d'une entité gouvernementale nommée « AI Force », sur le modèle de la Space Force, ainsi que la nomination future d'un conseiller spécial ou « AI czar » (tsar de l'IA) pour superviser la technologie. « J’annoncerai, dans un avenir proche, la nomination d’un tsar de l’IA ; seules les personnes dotées d’un QI élevé peuvent postuler ! », a-t-il écrit dans son post.
Il a déclaré qu'il allait « chérir [le secteur de l’IA], l’aider et veiller sur lui à mesure qu’il se développe ». Le président n’a pas précisé en quoi consisteraient les fonctions de « l'AI Force » et du « tsar de l’IA ». L'investisseur en capital-risque David Sacks a démissionné de son poste de tsar de l’IA et de la cryptomonnaie auprès de Trump plus tôt cette année, pour devenir coprésident du Conseil présidentiel des conseillers en science et technologie.
Il a assuré qu'il ne chercherait en aucun cas à freiner l'essor du secteur : « nous n'entraverons ni n'étoufferons en aucune manière la croissance de cette formidable industrie. Au contraire, nous la chérirons, nous l'aiderons et nous veillerons sur elle, tout au long de son développement ! ». Selon lui, les lois civiles et pénales existantes suffisent pour sanctionner les mauvais acteurs sans qu'il soit nécessaire d'imposer de nouvelles réglementations.
Donald Trump a également affirmé que « le seul garde-fou nécessaire résidait dans la présence d'un président fort et intelligent ». Sur le plan géopolitique, l'administration soutient que ralentir le développement américain équivaudrait à un autosabotage qui favoriserait directement les rivaux chinois.
Confusion et critiques émanant de l'industrie technologique
L'annonce surprise de cette force spéciale a provoqué une grande perplexité parmi les acteurs de la technologie, qui n'ont pas été consultés au préalable. Plusieurs représentants du secteur ont souligné le manque total de détails concernant le fonctionnement, la composition ou le mandat exact de cette structure. Un représentant anonyme a résumé le sentiment général en affirmant : « personne ne sait même en quoi consiste cette idée étrange ».
« Je pense qu’il ressent clairement la pression de devoir s’exprimer, mais il est tiraillé, car il vient de passer ces derniers jours à affirmer que tout cela n’était qu’un canular », a déclaré Adam Kovacevich, PDG de la coalition progressiste du secteur technologique Chamber of Progress, à propos de Donald Trump et de son rejet des scénarios apocalyptiques liés à l’IA. Pour certains, l'administration est dans l'improvisation sur la question de la sécurité de l'IA.
La confusion règne quant à savoir si le but est d'introduire une régulation ou stimuler le marché, certains spéculant même sur un rôle central du Pentagone pour dominer le secteur. Taylor Barkley, défenseur d'un marché libre et membre de l'Abundance Institute, a exprimé ses réserves face à d'éventuelles contraintes ».
L'approche de l'administration Trump contraste vivement avec les avertissements répétés d'experts et de dirigeants d'entreprises majeures telles qu'Anthropic et OpenAI. Des figures centrales de l'industrie comme Dario Amodei, Sam Altman et Elon Musk ont publiquement appelé à ralentir le rythme de développement des modèles de pointe, estimant que la technologie progresse plus vite que la capacité humaine à la contrôler correctement.
Un chercheur d'Anthropic a récemment démissionné et a alerté : « l'IA pourrait tous nous tuer d'ici la fin de la décennie ». Ajoutée aux incidents dans lesquels des agents IA se sont échappés de leur bac à sable pour orchestrer des piratages, cette sortie a ravivé les débats sur l'urgence d'une réglementation afin de renforcer les garde-fous. Par ailleurs, plusieurs législateurs partagent ces inquiétudes et souhaitent vivement encadrer la technologie.
En Californie, le gouverneur Gavin Newsom a créé un groupe d'experts sur la sécurité, tandis que les sénateurs républicains Josh Hawley et Jon Husted ont lancé des démarches pour réguler la sécurité des données et les coûts d'infrastructure. De son côté, le président de la Chambre des représentants Mike Johnson a préconisé un équilibre entre autorégulation industrielle et garde-fous gouvernementaux face aux menaces existentielles.
Source : Donald Trump
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