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L'IA devra générer 6 000 milliards de revenus annuels d'ici 2031 pour rentabiliser les investissements colossaux dans les centres de données,
Or les applications actuelles n'en couvriront qu'une fraction

Le , par Mathis Lucas

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Bain & Company estime que l'industrie mondiale de l'IA devra générer environ 6 000 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2031 pour justifier les investissements massifs dans les centres de données et l'infrastructure informatique. Cependant, les applications actuelles et la productivité des employés ne combleront qu'une fraction de ce montant. Le cabinet indique que la majorité devra provenir de nouvelles avancées, telles que les systèmes autonomes, la robotique et les technologies médicales. Actuellement, les bénéfices sont financés par les investisseurs plutôt que générés par les clients, faisant craindre l'éclatement de la bulle IA.

Dans un rapport publié le mois dernier, l'économiste Torsten Slok a souligné un déséquilibre financier au sein de l'industrie de l'IA. Actuellement, les profits des fabricants de puces sont financés par les capitaux des investisseurs plutôt que par des revenus réels. Les développeurs d'applications d'IA affichent des marges opérationnelles négatives, créant de ce fait un modèle économique très fragile qui repose sur « l'espoir d'une rentabilité future ».

Si les clients finaux ne génèrent pas rapidement un retour sur investissement concret, le financement massif pourrait se tarir brutalement, provoquant l'éclatement de la bulle de l'IA. Certaines entreprises font déjà face à des flux de trésorerie disponible négatifs. OpenAI, perçu comme le leader mondial du secteur, prévoit une perte de trésorerie de près de 280 milliards de dollars d'ici fin 2030 ; il aura épuisé les fonds des investisseurs dès 2028.

Torsten Slok n’est pas le premier économiste à tirer la sonnette d’alarme sur la dépendance démesurée de l’IA vis-à-vis des investissements. Dans son rapport annuel publié cet été, la Banque des règlements internationaux (BRI) a noté : « l’afflux massif d’investissements dans l’IA dépasse les bénéfices et les flux de trésorerie disponibles », ce qui a conduit ces entreprises à émettre des titres de dette pour lever des fonds supplémentaires.

Selon un rapport publié récemment par le cabinet de conseil en stratégie Bain & Company, l'industrie mondiale de l'IA devra générer environ 6 000 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2031 pour justifier les investissements massifs consacrés aux centres de données et aux infrastructures de calcul.

Un impératif de 6 000 milliards de dollars pour soutenir la bulle

Bain & Company a publié son septième rapport annuel « Global Technology Report ». Ce dernier s'intéresse particulièrement à l'industrie de l'IA générative et à la frénésie des investissements dans les centres de données. Le rapport suggère que l'industrie a besoin d'innovations de rupture capables de générer suffisamment de revenus, environ 6 000 milliards de dollars par an, pour que les paris actuels des investisseurs deviennent rentables.


Toutefois, c'est loin d'être gagné. Pour atteindre cet objectif, le cabinet estime que le secteur devra s'étendre bien au-delà des logiciels d'entreprise traditionnels. « Le débat actuel se concentre exclusivement sur la productivité des employés. L’économie des infrastructures d’IA exige des milliers de milliards de dollars de nouveaux revenus, au-delà des gains de productivité », a déclaré David Crawford, président du pôle Global Technology de Bain.

Le rapport indique que les services d’IA existants destinés aux particuliers et aux entreprises pourraient contribuer à hauteur de 1 800 milliards de dollars à ce chiffre d’affaires, laissant un écart d’environ 4 200 milliards qui devra être comblé par de nouveaux services et applications d’IA. Ces revenus supplémentaires pourraient provenir de domaines comme les machines autonomes, la robotique, la découverte de médicaments, l'IA physique, etc.

« Ce dont le secteur a besoin, c’est d’une vague d’innovation qui éclipsera largement ce qu’ont permis la téléphonie mobile et le cloud », ajoute David Crawford. Il rappelle que le développement des infrastructures d’IA devance actuellement largement la courbe de la demande, ajoutant que le maintien de ces investissements nécessiterait que l’IA contribue à hauteur d’environ 1 point de pourcentage à la croissance annuelle du PIB mondial.

L'explosion des coûts d'infrastructure d'IA et les défis matériels

Microsoft, Google, Amazon, Meta et Oracle investissent des centaines de milliards de dollars dans des centres de données et des infrastructures informatiques, alors qu'ils se livrent à une course effrénée pour répondre à la demande en matière de charges de travail liées à l’IA. Bain & Company prévoit que « les dépenses mondiales consacrées aux centres de données atteindront entre 5 000 milliards et 6 500 milliards d’ici la fin de cette décennie ».

Cela représentera une augmentation de capacité d’au moins 150 gigawatts. Selon le cabinet, cette expansion devrait exercer une pression supplémentaire sur l’approvisionnement en électricité et d’autres ressources. Le coût et l’envergure des centres de données augmentent également rapidement, doublant approximativement tous les 12 à 16 mois. Par ailleurs, les coûts pourraient continuer à grimper en raison de la pénurie de mémoires.

La hausse des prix des puces, notamment celles fournies par Nvidia et SK Hynix, ainsi que des équipements réseau et d’autres composants, contribue à cette augmentation. Selon le cabinet de conseil, les dépenses annuelles consacrées aux infrastructures d’IA, notamment les centres de données, la capacité de calcul et les mises à niveau des accélérateurs et des puces mémoire, pourraient atteindre 1 500 milliards de dollars d’ici 2031.

Par exemple, le centre de données Prometheus de Meta en Ohio, évalué à 24 milliards de dollars pour 600 mégawatts en 2025, pourrait atteindre une capacité de 9 gigawatts pour un coût estimé à 200 milliards de dollars d'ici 2030. Cette expansion effrénée accentue la pression sur l'approvisionnement en électricité et incitera les grands acteurs du cloud à développer leurs propres puces sur mesure pour réduire leurs dépenses.

Impact de l'IA sur la cybersécurité et le développement logiciel

L’IA transforme également rapidement le paysage de la cybersécurité. D'après les estimations de Bain & Company, « l’IA a réduit la durée d’une cyberattaque type d’environ quatre semaines à 18 heures ». L’utilisation croissante d’agents IA ajoute un niveau de risque supplémentaire, tandis que les approches existantes en matière de surveillance des logiciels et des fournisseurs d’IA peinent à suivre le rythme des changements fréquents.


L’enquête menée par Bain auprès des RSSI a révélé que les entreprises augmentent leurs budgets de remédiation de pourcentages à deux chiffres. Certaines réaffectent également 20 à 25 % de leur personnel dédié à la cybersécurité à la gestion des alertes générées par les analyses basées sur l’IA.

Le rapport identifie les plateformes héritées, les couches réseau et les fournisseurs de logiciels en tant que service (SaaS) parmi les principaux domaines sur lesquels les entreprises concentrent leurs efforts de mise en conformité. Dans son rapport, Bain & Company identifie également la vitesse d’adoption de l’IA, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle les entreprises peuvent mettre l’IA en production, comme un nouveau facteur concurrentiel.

Les principaux acteurs de l’IA investissent jusqu'à 9,75 milliards de dollars dans des projets d’ingénierie proactifs pour aider les entreprises à intégrer l’IA dans leurs opérations. Les fournisseurs développent des couches applicatives et d’infrastructure qui relient les modèles d’IA aux systèmes d’entreprise. Malgré la baisse des prix des tokens, Bain ne s'attend pas à ce que les grands modèles de langage suivent le chemin traditionnel de la banalisation.

Le rapport révèle également que les dirigeants prévoient que l’IA permettra une amélioration de 148 % de la vitesse des cycles de déploiement et une augmentation de 95 % de la productivité des développeurs logiciels au cours des un à deux prochaines années. Les gains de productivité actuels varient entre 20 % et 27 %. Toutefois, les témoignages laissent suggérer que l'adoption de l'IA se fait au détriment du bien-être des développeurs.

Selon le cabinet, les gains liés à l’accélération du codage pourraient créer de nouveaux goulots d’étranglement au niveau de la révision, de la coordination, de la qualité et de la gouvernance des logiciels, rendant donc nécessaires des changements à l’échelle du cycle de vie global du développement logiciel.

Source : Bain & Company

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L'intégration de l'IA dans le développement de logiciel se fait parfois au détriment du bien-être des employés. Qu'en pensez-vous ?

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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 01/10/2026 à 20:18
il doute que l'IA tienne un jour ses promesses de rentabilité
Depuis 5 ans qu'on nous bassine avec l'IA, si elle devait être rentable, il y aurait déjà eu des signes. Là, tout est au rouge...
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Avatar de JackIsJack
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 02/10/2026 à 8:37
Ce qui me fait douter, ce n'est plus la capacité de la machine à faire preuve d'une grande intelligence, mais plutôt la capacité de l'humain à collaborer avec elle en ne perdant pas la sienne et... en restant motivé face un coéquipié infatigable et X fois plus prolifique.
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