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« L'IA n'est pas une superintelligence » : les experts accusent Trump de chercher à occulter les limites réelles et les risques de la technologie tout en exagérant ses capacités,
Au profit des Big Tech

Le , par Mathis Lucas

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Donald Trump intensifie sa politique visant à influencer l'opinion publique au profit des Big Tech américains. Il veut notamment imposer l'usage du terme « superintelligence » à la place de l'expression « intelligence artificielle ». Mais les experts dénoncent une tentative politique visant à masquer les limites réelles et les risques de la technologie tout en exagérant ses capacités. Des linguistes soulignent que le langage devrait évoluer par un usage naturel plutôt que d'être dicté par décrets présidentiels. Alors que l'impact environnemental de l'IA suscite des inquiétudes, Donald Trump considère comme « ennemi » toute personne dérogeant à son injonction.

Donald Trump lance une vaste campagne pour redorer l’image de l’IA auprès des Américains. De récentes études ont mis en lumière une vive contestation des centres de données aux États-Unis ayant réussi à bloquer ou à annuler des projets estimés à 130 milliards de dollars et à un moratoire sur les nouvelles constructions dans certains États. Donald Trump qualifie les préoccupations de canulars et entend bien imposer sa vision aux Américains.

Fin septembre 2026, Donald Trump a promulgué un décret exécutif ordonnant aux agences fédérales d'abandonner l'expression « intelligence artificielle » au profit du terme « superintelligence » dans toutes les politiques et communications officielles. Cette décision a été largement critiquée dans la communauté.

Précédemment, Donald Trump a déclaré à ses homologues mondiaux aux Nations Unies le mois dernier que « l’utilisation du mot « artificielle » donne l'impression que la technologie est fausse. Ainsi, depuis que le locataire de Maison Blanche a signé ce décret exécutif, le gouvernement américain procède à la modification des documents officiels et des sites Web. Les ministres et autres collaborateurs ont immédiatement adopté le nouveau terme.

Les changements de nom aléatoires sont devenus l'un des passe-temps favoris de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Dès son investiture en janvier 2025, il a signé un décret pour rebaptiser le golf du Mexique en « Golfe d'Amérique ». En août 2026, il en a signé un autre pour rebaptiser le lac Ontario en « lac d'Amérique ». Google a cédé aux caprices du président, mais les concurrents tels que MapQuest s'y sont opposés.

Une tentative controversée de contrôler le langage autour de l'IA

Elon Musk a déclaré sur son réseau social X (ex-Twitter) qu’il changerait le nom de son entreprise, passant de SpaceXAI à SpaceXSI, bien que ce changement n’ait pas encore eu lieu. En outre, Donald Trump a refusé de répondre aux questions de journalistes utilisant l’ancien terme. Lors d’un meeting électoral dans le Nebraska, il a expliqué à ses partisans qu’il réserverait désormais aux médias le terme « artificiel », un mot « laid » d'après lui.


Donald Trump a ensuite accentué la pression en déclarant sur Truth Social que quiconque refuserait d'employer sa terminologie préférée serait considéré comme un « ennemi » de la Maison Blanche, sous-entendant des répercussions pour les médias et organisations qui persisteraient à utiliser le terme consacré.

Cette mesure marque une rupture avec l'évolution habituelle du langage, qui s'établit par les usages collectifs, le travail et les réalités matérielles plutôt que par un décret présidentiel. L'histoire montre par exemple que le mot « computer » désignait au début du vingtième siècle des personnes qui calculaient à la main, avant d'être redéfini au milieu du siècle pour désigner des machines électroniques en raison de mutations technologiques et sociales.

Un changement de nom modifie non seulement la façon dont nous percevons une marque, mais aussi ce que nous pensons qu'elle est capable de devenir. La linguiste Naomi Susan Baron a qualifié cette tentative de redéfinition politique de « naïvement optimiste et dangereuse ». La professeure en linguistique computationnelle Emily Bender rappelle une règle fondamentale en soulignant que « les langues appartiennent à leurs communautés ».

Le refus de la précision technique et les vraies définitions de l'IA

Dans la communauté scientifique et technique, l'expression « superintelligence » renvoie à un concept théorique bien précis, désignant une machine hypothétique qui dépasserait largement les facultés cognitives humaines. Ce stade se situe au-delà de ce que les experts appellent « intelligence artificielle générale » (AGI), point théorique où des systèmes automatisés atteindraient une maîtrise globale égale ou supérieure à l'intelligence humaine.

Amalgamer les technologies actuelles à une superintelligence crée une confusion majeure en attribuant aux systèmes existants des capacités quasi surhumaines qu'ils ne possèdent pas. Même le terme « intelligence artificielle » fait l'objet de critiques pour son manque de précision, car elle regroupe sous une même étiquette divers outils, allant du traitement de données statistiques à la reconnaissance de formes ou à la génération de contenus.

« Le théorème de Gödel brise le mythe le plus important de l'IA. L'IA ne sera jamais consciente », a déclaré le Roger Penrose dans une interview en 2025. Il a ajouté que le terme « intelligence artificielle » n'est pas le bon, car il ne s'agit tout simplement pas d'intelligence. Sir Roger Penrose, né le 8 août 1931 à Colchester, en Angleterre, est physicien, mathématicien et philosophe des sciences britannique. Il est lauréat du prix Nobel de physique.

Dans leur ouvrage « The AI Con », Emily Bender et Alex Hanna ont souligné que cette imprécision permet aux entreprises d'exagérer les capacités de leurs produits tout en se dérobant à leurs responsabilités réglementaires, car des politiques publiques ne peuvent être efficaces sans définitions rigoureuses.

Kate Crawford, professeure à l’Université de New York et chercheuse à Microsoft, a déclaré dans une interview en 2021 que « l'IA n'est ni artificielle ni intelligente ». La scientifique a ajouté que cette technologie donne du pouvoir à des institutions déjà puissantes. Par ailleurs, le terme « intelligence » comporte un héritage historique problématique lié à la mesure linéaire des capacités humaines, rappelant parfois « les dérives de l'eugénisme ».

Donald Trump répond à une demande des Big Tech américains

Mark Zuckerberg, PDG de Meta, milite depuis longtemps pour que l’IA soit considérée comme une « superintelligence ». En août 2026, le dirigeant de Meta a publié un traité de 6 000 mots sur la manière dont sa société aborderait l’IA. Dans ses analyses optimistes sur l’avenir de la technologie, il a évoqué la promesse de la superintelligence. Lorsqu’il parlait d’IA, c’était généralement pour faire référence à ce qu’il qualifiait de craintes infondées.

Mark Zuckerberg a déclaré que Meta s’engagerait en faveur d’un modèle open source prévoyant des agents superintelligents travaillant au service de chaque individu. De son côté, Sam Altman, PDG d’OpenAI, a déclaré au podcast « Decoded » de Politico qu’il n’est pas prévu de changer le nom de son entreprise pour OpenSI. Il a toutefois précisé que les acteurs du secteur utilisaient le terme de « superintelligence » depuis un certain temps déjà.

Il a déclaré : « c’est peut-être un terme plus approprié, en fin de compte, que celui d’intelligence artificielle, mais « cela minimise tout de même quelque peu l’ampleur de ce qui, selon moi, est en train de se passer ». Il a prédit que les gens continueraient d’utiliser le terme «IA » et s’est demandé si le changement de terminologie proposé par Donald Trump permettrait d’atteindre son objectif : faire évoluer l’opinion publique sur la technologie.

« Le terme superintelligence semble-t-il manifestement moins effrayant pour les gens que celui d’intelligence artificielle ? », s’est interrogé Sam Altman. L’avenir nous le dira. Selon les critiques, le président ne cherche qu'à contrôler le discours. « Le seul contrôle ou les seules “barrières de sécurité” dont l’IA a besoin, c’est un PRÉSIDENT FORT ET INTELLIGENT (avec un QI élevé !), et les États-Unis en ont à revendre ! », a écrit Donald Trump en septembre.

Il s'est opposé à toute forme de réglementation de l’IA. Donald Trump s’y connaît un peu en matière de répétition de propos jusqu’à ce qu’ils s’ancrent dans l’esprit du public. Concrètement, le président américain s’exprime rarement en public sans répéter les mêmes arguments sur les « fausses » informations, les démocrates de la « gauche radicale » ou sur la qualité exceptionnelle de son propre leadership, quels que soient les faits.

Les enjeux économiques, politiques et l'alignement des...
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Avatar de Mingolito
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 12/10/2026 à 17:34
Mathis Lucas et Developpez.com sont donc désormais coupables d'être des "ennemis des USA" pour avoir refusé d'utiliser le terme "superintelligence" pour désigner l'IA.

Comme je viens d'écrire IA je suis aussi devenu un ennemi des USA
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