IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

La police utilise l'IA pour localiser des logements à partir d'une simple photo d'intérieur, même celle d'une machine à laver peut suffire à l'outil vu comme une menace pour la vie privée

Le , par Patrick Ruiz

22PARTAGES

4  0 
Raven (développé par l'entreprise américaine Graylark Technologies, et anciennement connue sous le nom de GeoSpy) est le nom de cet outil dont la police se sert pour localiser des logements à partir d’une simple photo d’intérieur ou de celle d’un appareil entreposé dans une pièce donnée. Raven ravive le dilemme entre préservation de la vie privée et sacrifice de cette dernière pour lutter contre la criminalité.

Détails informatiques du fonctionnement de l’outil

L'IA Raven est une plateforme d'intelligence visuelle et d'investigation. En octobre 2026, son PDG Daniel Heinen a annoncé une mise à jour majeure : la capacité de géolocaliser précisément des habitations à partir d'une simple photo d'intérieur, comme une machine à laver ou un meuble de salle de bain, sans aucune métadonnée.

Des services de police américains, notamment le LAPD (Los Angeles) et le Miami-Dade Sheriff's Office, utilisent ou testent activement cette technologie pour des enquêtes criminelles (comme la lutte contre le trafic d'êtres humains et l'exploitation).

Contrairement aux outils traditionnels, Raven ne réalise pas une simple recherche d'image inversée (comme Google Images). L'algorithme analyse l'image pour repérer des détails structurels internes très précis : la disposition des appareils électroménagers, le type de boiseries ou de placards, les motifs du carrelage, la texture du sol ou la configuration globale de la pièce.

L'IA a été entraînée sur des millions d'images d'intérieurs issues du monde entier. Elle s'appuie massivement sur des photos issues d'annonces publiques de plateformes de location de courte durée et d'immobilier telles que Airbnb, Vrbo et Zillow.

Une fois l'analyse effectuée, le système croise ces marqueurs visuels avec sa base de données et renvoie à l'enquêteur une liste de propriétés candidates classées par niveau de confiance, affichant même parfois la description textuelle exacte de l'annonce d'origine.

Raven : Quelle plus-value par rapport aux solutions existantes ?

Le marché propose déjà des solutions de géolocalisation par IA (comme les outils d'OSINT ou les projets universitaires à l'image de PIGEON). La valeur ajoutée de Raven repose sur un minimum de trois axes :

  • Zéro métadonnée ni repère géographique extérieur : Contrairement aux outils d'OSINT traditionnels qui s'appuient sur les données EXIF/GPS, sur des panneaux de signalisation ou sur des montagnes en arrière-plan, Raven peut localiser un logement uniquement à partir d'un mur de salle de bain ou d'une buanderie.
  • Le passage de l'extérieur vers l'intérieur : Les solutions classiques s'appuient sur la détection d'éléments extérieurs visibles (panneaux, montagnes, lignes d'horizon, architecture urbaine). Raven est l'une des premières à franchir le seuil des portes pour identifier une pièce fermée.
  • Une suite d'investigation unifiée : Au-delà de la géolocalisation immobilière, l'écosystème Raven intègre l'identification de modèles de véhicules (même depuis l'habitacle), la détection d'images manipulées par IA et le recoupement d'identités numériques (emails/téléphones) au sein d'un même espace de travail.


Plusieurs démonstrations vidéo notables mettent en avant ses capacités

Une vidéo partagée par le PDG de Graylark, Daniel Heinen, montre l'outil en action. On y voit un utilisateur téléverser une simple photo d'une machine à laver / sèche-linge récupérée sur les réseaux sociaux. Raven analyse les détails de la pièce (sans coordonnées GPS sous-jacentes) et réussit à localiser en quelques secondes le logement exact répertorié sur Airbnb en Caroline du Nord.

Une autre vidéo officielle de Graylark illustre une reconstitution basée sur un fait réel. À partir d'une seule capture d'écran floue issue d'un direct vidéo (livestream) menaçant, l'IA parvient à identifier le lieu géographique précis en quelques secondes, permettant l'intervention des forces de l'ordre en seulement huit minutes.

D’autres vidéos de présentation mettent également en avant d'autres modules de Raven. Par exemple, l'identification précise d'un modèle de véhicule (comme une Subaru Impreza) à partir de la photo d'un tableau de bord, ou encore son outil de détection de faux visages générés par IA (deepfakes)

L'avènement de Raven suscite de vives inquiétudes éthiques, techniques et juridiques

Initialement accessible au grand public (sous le nom de GeoSpy), Graylark a restreint l'accès à Raven à partir de mai 2026. L'outil est désormais strictement réservé aux forces de l'ordre, aux agences gouvernementales et aux entreprises vérifiées. Cette opacité empêche tout audit citoyen ou indépendant sur l'exactitude de ses résultats.

Le fait que l'IA ait été entraînée en aspirant (scraping) les photos de millions de logements privés fait polémique. Les géants de l'immobilier comme Zillow et Airbnb ont fermement rappelé que le siphonnage de leurs données enfreignait leurs conditions d'utilisation et que la protection de la vie privée de leurs utilisateurs restait une priorité absolue.

Graylark précise elle-même que Raven fournit des pistes d'investigation classées et non des verdicts incontestables. Si une force de l'ordre utilise l'outil de manière trop automatisée, la ressemblance entre deux cuisines standardisées de lotissement ou d'hôtel pourrait conduire à de fausses accusations ou à des perquisitions injustifiées.

Source : Site internet de l’outil

Et vous ?

Êtes-vous surpris que de tels outils soient disponibles et à l’usage exclusif des forces de l’ordre ?

Voir aussi :

Web scraping, entre liberté d'accès et violation des droits : Ryanair remporte son procès contre Booking.com pour non-respect de la loi sur l'abus informatique aux États-Unis

Une fuite massive expose plus de 26 milliards d'enregistrements et est qualifiée de "mère de toutes les brèches" par les chercheurs, elle comprend des données provenant de Dropbox, LinkedIn, etc.

Le piratage de Ticketmaster touche un demi-milliard de personnes. Il expose 400 millions de cartes de crédit chiffrées, 440 millions d'adresses e-mail uniques et 680 millions de détails de commandes
Vous avez lu gratuitement 619 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !