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Les banques tentent désormais de se débarrasser de la dette liée aux centres de données d'IA qu'elles viennent de garantir,
Afin de réduire leur exposition en prévision de l'éclatement de la bulle de l'IA

Le , par Mathis Lucas

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Des institutions financières majeures cherchent à se débarrasser des dettes liées aux centres de données d'IA qu'elles ont accordées. L’inquiétude grandit à Wall Street, car la dette qui s’accumule pour financer les centres de données et les puces semble de plus en plus déconnectée de la réalité économique. L'industrie de l'IA devrait dépenser 7 000 milliards de dollars en infrastructure d'ici 2030, mais les entreprises ne généreront pas plus de 3 600 milliards de dollars de chiffre d'affaires lié à ces infrastructures au cours de cette même période. Les banques cherchent désormais à réduire leur exposition en prévision d'un potentiel éclatement de la bulle de l'IA.

Il y a six mois, les grandes banques se livraient à une course effrénée pour accorder des prêts destinés aux centres de données liés à Oracle, Meta, etc. Aujourd'hui, elles cherchent discrètement à se débarrasser d’une partie de la montagne de dettes liées à l’IA qu’elles ont contribué à créer. Ce revirement soudain suggère que les banques commencent sérieusement à s'inquiéter de leur niveau d'exposition dans cette gigantesque bulle de l'IA.

Selon le Financial Times, JPMorgan, Morgan Stanley, SMBC et MUFG étudient actuellement d’importants transferts de risque. Il s’agit d’opérations qui permettent à une banque de conserver un prêt sur le papier tout en transférant la partie la plus risquée à des investisseurs externes. Ces grandes banques agissent ainsi, car elles se heurtent à des limites internes concernant le montant maximal d’exposition liées à l’IA qu’un prêteur peut détenir.

Le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, a confirmé que son établissement resserrait ses conditions de crédit. Plusieurs financiers commencent à dire tout haut ce qu'ils pensaient en silence jusqu'ici : toutes ces dépenses consacrées à l'IA ne semblent pas pouvoir porter leurs fruits, du moins pas pour tout le monde. En outre, la récente faillite de la startup Character.ai montre que le modèle économique actuel de l'IA est fondamentalement non viable.

Stratégies de transfert de risque et blocages du marché

La plupart des dépenses dans l'infrastructure de l'IA étaient principalement financées par les flux de trésorerie des hyperscaleurs. Mais les entreprises se tournent désormais vers l’endettement. Ainsi, le financement par emprunt deviendra un marché du crédit de plusieurs milliers de milliards de dollars, avec un encours de dette qui dépasse les 7 000 milliards de dollars d’ici 2029, une évolution qui inquiète de nombreux financiers de Wall Street.


Pour contourner les plafonds de concentration sans supprimer les prêts de leurs livres, les grandes banques explorent des transactions appelées transferts de risques significatifs. Ce mécanisme permet de conserver le prêt au bilan tout en transférant la tranche la plus risquée à des investisseurs extérieurs.

Un cas illustre bien à quel point la situation est bloquée. Bloomberg rapporte qu'un groupe de banques, dont JPMorgan et MUFG, tente depuis plus de six mois de céder 38 milliards de dollars de dette liée à la construction d’un projet de centre de données au Texas et dans le Wisconsin, loué à Oracle. Certains prêteurs sont désormais prêts à en vendre des tranches à des acquéreurs non bancaires à prix réduit, dans le seul but de s’en débarrasser.

Face à ces montants vertigineux, Matthew Moniot, responsable du partage des risques de crédit chez Man Group, a déclaré : « les volumes engagés sont hors de toute échelle par rapport à tout ce que nous avons jamais imaginé ». Ce ne sont pas les propos d'un gestionnaire de fonds spéculatifs cherchant à dénigrer une opération à laquelle il ne participe pas. Il s'agit de quelqu'un dont le métier consiste précisément à évaluer ce type de risque.

Détérioration rapide de la situation financière d'Oracle

Si les clients finaux ne génèrent pas rapidement un retour sur investissement concret, le financement massif pourrait se tarir brutalement, provoquant l'éclatement de la bulle de l'IA. Certaines entreprises font déjà face à des flux de trésorerie disponible négatifs. À titre d'exemple, Oracle, partenaire clé d'OpenAI, est dos au mur après avoir accumulé plus de 150 milliards de dollars de dettes adossées à l'IA, et multiplie les licenciements massifs.

La situation d'Oracle constitue l'un des indicateurs les plus marquants de ces tensions financières. Selon les informations disponibles, le coût d'assurance contre un défaut de paiement d'Oracle, mesuré par ses contrats d'échange sur risque de crédit à cinq ans, a atteint des niveaux inédits depuis 2009. L'agence de notation S&P a également abaissé la note de crédit d'Oracle à BBB-, la plaçant à un seul cran de la catégorie des titres spéculatifs.

Cette dégradation s'explique par des dépenses massives dans l'IA qui dépassent largement le flux de trésorerie disponible. En outre, Oracle est engagée dans un litige contre la commission des services publics du Wisconsin concernant une règle exigeant le dépôt de plus de 7 milliards de dollars de garanties pour son campus de Port Washington. En raison de sa précarité financière, les analystes craignent désormais qu'Oracle ne soit condamné.

Pour l'heure, les rendements sont quasi inexistants. Malgré ces contraintes, Oracle cherche à lever plus de 40 milliards de dollars supplémentaires sous forme de dette et d'actions sur l'exercice fiscal en cours. Cela s'ajoute aux 18 milliards de dollars d'obligations que l'entreprise a vendus en une seule journée en septembre 2026, et ces fonds sont nécessaires pour continuer à financer ses sites au Texas, dans le Wisconsin et au Nouveau-Mexique.

Essoufflement de la demande sur le marché obligataire

Selon les analystes de Wall Street, le ralentissement ne concerne pas uniquement un seul acteur, mais s'étend à l'ensemble du marché des obligations d'entreprises liées à l'IA. La demande pour les titres émis par les Big Tech américains tels qu'Alphabet (Google), Amazon, Meta, Microsoft et Oracle s'est nettement réduite ; le carnet d’ordres, qui représentait cinq fois le montant offert en février 2026, est tombé à moins de deux fois en juillet.

De plus, les conditions macroéconomiques se sont durcies avec une hausse du rendement des bons du Trésor américain à dix ans, atteignant son plus haut niveau depuis 2002. Cette hausse du taux sans risque rend le financement des centres de données nettement plus coûteux pour l'ensemble des acteurs.

Face à ces incertitudes, les investisseurs deviennent beaucoup plus sélectifs dans l'allocation de leurs capitaux. Les fonds se redirigent en priorité vers les centres de données loués à des acteurs bénéficiant d'une excellente notation de crédit, au détriment de sociétés moins bien capitalisées. Cela se traduit par un écart de taux d'intérêt significatif entre les obligations d'acteurs établis et celles d'entreprises de taille plus modeste ou moins diversifiées.

L'utilisation de véhicules hors bilan pour financer l'infrastructure d'IA n'a pas suffi à dissiper les risques, qui réapparaissent aujourd'hui dans le système bancaire. Ces difficultés prolongées pour placer la dette démontrent que l'hypothèse selon laquelle le boom de l'IA pourrait bénéficier d'un crédit illimité et bon marché est actuellement mise à l'épreuve dans le monde réel. La bulle de l'IA pourrait éclater si les investisseurs cessent de la financer.

Il devient de plus en plus difficile d’obtenir des financements

Selon le Financial Times, les émissions mondiales de dette liées à l’IA ont chuté à 23 milliards de dollars en septembre 2026, en forte baisse par rapport aux 113 milliards de dollars enregistrés en juin 2026. Cet endettement massif suscite des comparaisons avec la bulle des dotcoms. Ces dépenses constantes reposent sur la conviction que la demande en puissance de calcul ne faiblira jamais, une conviction qui présente des failles structurelles.

Character.ai est le premier domino à tomber dans cette énorme bulle de l'IA. L'entreprise s'est placée sous la protection de la loi sur les faillites. Les circonstances de cette faillite correspondent exactement à ce que les détracteurs de l’IA avaient prédit : la société a brulé des sommes colossales pour exploiter son produit, n’a pas généré assez de revenus et a dû faire face à d’énormes frais de justice après avoir causé du tort à ses utilisateurs.

Les documents déposés par Character.ai auprès des autorités dans le cadre de sa faillite révèlent les contours de ce fiasco spectaculaire. L'entreprise était valorisée à un milliard de dollars en 2023 à la suite d'une levée de fonds de 150 millions de dollars menée par le cabinet Andreessen Horowitz (a16z).

Attirer des millions d’utilisateurs ne garantit manifestement pas le succès à long terme dans l'industrie...
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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 16/10/2026 à 22:56
Ce n'était qu'une question de temps... On y est... Mais bon, qui va trinquer au final ? Dans un monde normal, tous les bonimenteurs de l'IA mériteraient un détour pas la casse prison. Mais on est pas dans un monde normal...
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