2020 est une année charnière pour l'apprentissage automatique. Cette année a vu être banalisé l'apprentissage automatique, où les modèles et algorithmes d'apprentissage en profondeur sont facilement accessibles aux internautes. Les GPU sont moins chers et plus facilement disponibles que jamais, et de nouvelles méthodes de formation comme l'apprentissage par transfert (l'un des champs de recherche de l'apprentissage automatique qui vise à transférer des connaissances d'une ou plusieurs tâches sources vers une ou plusieurs tâches cibles) ont permis de former de puissants modèles d'apprentissage en profondeur en utilisant des ensembles de données plus petits.Si la technologie de reconnaissance faciale est toujours un sujet de controverse dans certains pays, d’autres n’ont pas hésité à la déployer à grande échelle. Cela a permis à des sociétés comme Clearview AI de se lancer et de créer des bases de données de millions de photos d’individus appartenant à n’importe quel rang de la société. Plusieurs personnes ont dénoncé ces agissements, mais sans beaucoup de succès. D’autres comme Thomas Smith ont essayé d’obtenir le fichier que Clearview AI possède sur eux et ce ont trouvé des éléments qui les ont surpris.
Clearview AI est une entreprise fondée en 2017, mais qui s’est révélée récemment au monde par le biais de nombreux scandales de violation de données. Clearview AI crée des applications de reconnaissance faciale et les commercialise à l’endroit des organismes d’application de la loi. L’une des plus connues de ces applications est Clearview.ai. Selon l’entreprise, c'est un outil de recherche pour identifier les auteurs et les victimes de crimes. Elle a d’ailleurs écrit sur son site Web que la technologie a déjà aidé les forces de l'ordre à traquer des terroristes et des trafiquants sexuels.
Selon Hoan Ton-That, cofondateur de la société, le système s'appuie sur une base de données de plus de 3 milliards d'images que son équipe et lui ont récupérées sur Facebook, YouTube, Venmo et des millions d'autres sites Web. Chose légale ou pas, plusieurs rapports depuis le début de l'année ont montré que de nombreuses autorités américaines s’en sont servis dans le cadre d’une enquête ou même à des fins personnelles. De même, selon un rapport du Times datant de mars, avant les forces de l’ordre, Clearview aurait été librement utilisé par les investisseurs et les clients de la start-up pour espionner le public.
Clearview.ai est une illustration de la facilité de créer des outils invasifs de surveillance et de suivi à l'aide de l'apprentissage en profondeur.
Alors, comment pouvons-nous nous protéger contre des tiers non autorisés qui construisent des modèles de reconnaissance faciale pour nous reconnaître où que nous allions ? Les réglementations peuvent et aideront à restreindre l'utilisation de l'apprentissage automatique par les entreprises publiques, mais auront un impact négligeable sur les organisations privées, les individus ou même d'autres États-nations ayant des objectifs similaires.
Le SAND Lab de l'Université de Chicago a développé Fawkes (du masque de Guy Fawkes qu'il imaginait dans V pour Vendetta et qui est d'ailleurs devenu le symbole du groupe de hackers Anonymous), un algorithme et un outil logiciel (s'exécutant localement sur votre ordinateur) qui donne aux individus la possibilité de limiter la façon dont leurs propres images peuvent être utilisées pour les suivre.
À un niveau élevé, Fawkes prend vos images personnelles et leur apporte de minuscules modifications au niveau des pixels qui sont invisibles à l'œil humain, dans un processus que les chercheurs ont appelé le camouflage d'image. Vous pouvez...
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