Le test de Turing est une proposition de test d’intelligence artificielle fondée sur la faculté d'une machine à imiter la conversation humaine. Décrit par Alan Turing en 1950 dans sa publication Computing Machinery and Intelligence, ce test consiste à mettre un humain en confrontation verbale à l’aveugle avec un ordinateur et un autre humain.Si la personne qui engage les conversations n’est pas capable de dire lequel de ses interlocuteurs est un ordinateur, on peut considérer que le logiciel de l’ordinateur a passé avec succès le test. Cela sous-entend que l’ordinateur et l’humain essaieront d’avoir une apparence sémantique humaine. Pour conserver la simplicité et l’universalité du test, la conversation est limitée à des messages textuels entre les protagonistes.
En 2014, un ordinateur, grâce à un programme informatique, a réussi pour la première fois à convaincre des chercheurs qu’il était un enfant de 13 ans, devenant ainsi la première machine à passer le test de Turing.
Concrètement, l’ordinateur devait réussir, en l’espace de 5 minutes, à tromper 30 % d’un panel de juges humains à travers des échanges de texte. Jusqu’à là, aucun ordinateur n’avait été capable de passer ce test, en dehors des programmes sur lesquels des sujets ou des questions avaient déjà été définis à l’avance. « Eugene Goostman », un ordinateur conçu par une équipe de chercheurs russes, s’est démarqué parmi quatre autres machines qui ont passé un test à la Royal Society de Londres.
Eugene Goostman a réussi à convaincre 33 % des juges qu’il était un écolier de 13 ans. Les résultats ont été vérifiés de façon indépendante.
« Eugene est né en 2001. Notre idée principale était qu’il puisse affirmer qu’il connaissait tout, mais son âge rendait parfaitement raisonnable le fait qu’il ne connaissait pas tout », a expliqué Vladimir Veselov, responsable de l’équipe derrière le projet. « Nous avons passé beaucoup de temps à développer un personnage avec une personnalité crédible ».
« Dans le domaine de l’intelligence artificielle, il n’y a pas de jalon plus emblématique et controversé que le test de Turing. » a déclaré au quotidien The Independent Kevin Warwick, professeur de l’Université de Reading. « Avoir un ordinateur qui peut tromper un humain et l’amener à penser que quelqu’un ou même quelque chose est une personne en laquelle nous avons confiance est un signal d'alerte pour la cybercriminalité. Le test Turing est un outil essentiel pour combattre cette menace. »
Un peu plus tard, la même année, a été proposé un test d'intelligence artificielle qui s'est positionné comme une alternative au test de Turing. Lovelace 2.0, était une itération d’un précédent test Lovelace, proposé en 2001. Dans la version originale du test, un agent artificiel programmé par un humain réussit le test s’il arrive à produire un résultat qui ne peut pas être expliqué par son programmeur.
Lovelace 2.0 est basé sur la créativité et est venu montrer les insuffisances du test de Turing. L’hypothèse du test est que l’homme se distingue des machines par la créativité. Le concepteur de Lovelace a affirmé que l’intelligence d’un agent artificiel est déterminée par sa capacité à répondre lorsqu’il est pris par surprise.
« L'agent artificiel réussit le test s’il développe un artefact créatif à partir d'un sous-ensemble de genres artistiques nécessitant une intelligence humaine, et l'artefact répond à certaines contraintes créatives données par un évaluateur humain », a expliqué le professeur Riedl. Pour ce dernier, « La créativité n’est pas unique à l'intelligence humaine, mais c’est l'une des caractéristiques de l'intelligence humaine » et même si des algorithmes ont déjà créé des histoires, « il n’existe pas de système générateur d’histoire qui puisse réussir le test Lovelace 2.0 ».
Bien entendu, les experts ont eu des sentiments mitigés au sujet de la qualité d'un tel test. Le professeur Alan Woodward, un expert en informatique de l'Université de Surrey, a pensé que cela pourrait aider à faire une distinction essentielle : « Je pense que ce nouveau test montre que nous reconnaissons tous maintenant que les humains sont plus que des machines très avancées et que la créativité est une de ces caractéristiques qui nous sépare de l'informatique - pour le moment ».
Ce que pense le directeur scientifique d’Amazon Alexa du Test de Turing
Dans une tribune, Rohit Prasad, directeur scientifique d'Alexa, l’assistant intelligent d'Amazon, estime que le test de Turing n’est plus le bon outil pour mesurer l’efficacité d’une intelligence artificielle. Selon lui, ce test est trop focalisé sur l’imitation humaine et ne permet pas d’évaluer l’utilité réelle de l’intelligence artificielle dans la vie de tous les jours :
« Dans...
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