Amazon utilise des caméras connectées à une IA dans les camionnettes de livraison. L'intérêt pour l'entreprise étant de surveiller les livreurs tout le long du parcours de livraison et ainsi connaître leur performance. Certains conducteurs sont préoccupés par le respect de leur vie privée au point d'arriver à opter pour la démission comme meilleur choix. Vendredi, la Fondation Thomson Reuters a publié un rapport sur un chauffeur d'Amazon pour qui, la surveillance constante de l'entreprise par l'intelligence artificielle s'est révélée être de trop. L’employé d’Amazon a démissionné de son poste de livreur de colis pour le leader mondial de l'e-commerce.À l’heure où tous les outils de travail deviennent numériques, la cybersurveillance ne cesse d’étendre son emprise sur les rapports productifs et au-delà, sur l’ensemble des rapports humains. Les dernières actualités sur la cybersurveillance des salariés en milieu professionnel laissent penser que le développement des nouvelles technologies a contribué à une perméabilité des frontières entre vie professionnelle et vie privée.
Notons que, la cybersurveillance peut être définie comme tout moyen de contrôle technique, sur une personne ou un processus, lié aux nouvelles technologies et plus particulièrement aux réseaux numériques de communication. En d’autres termes, la cybersurveillance regroupe les voies et moyens aboutissant à l’accès des données ou signaux transmis par voie électronique ainsi que le contrôle des moyens techniques permettant ces transmissions. Techniquement, elle se fait au moyen de logiciels de surveillance permettant d’enregistrer tous les évènements ou messages survenus pendant un temps donné et à un endroit déterminé.
L’employé prénommé Vic, qui a demandé à n'utiliser que son prénom « par crainte de représailles », dit avoir vu les politiques d'Amazon changer pour inclure des moyens de surveillance de plus en plus actifs. Au début, c'était l'application Mentor d'Amazon qui surveillait constamment sa conduite, l'utilisation de son téléphone et sa localisation, générant un score permettant à ses responsables d'évaluer ses performances sur la route. « Si on passait sur une bosse, le téléphone s'entrechoquait, l'application Mentor enregistrait le fait que j'utilisais le téléphone pendant que je conduisais, et boum, j'étais ramené à l’ordre », a-t-il dit.
Ensuite, l'entreprise voulait des photos de lui au début de chaque service sur une autre application, a-t-il raconté à la fondation. Mais le point de rupture est survenu lorsqu'Amazon a annoncé qu'elle allait installer des caméras d’intelligence artificielle dans sa flotte de véhicules. « Je m'étais déjà connecté avec ma carte au début de mon service, et maintenant, ils veulent une photo ? C'était trop », a-t-il déclaré.
L'indignité ultime a été la décision d'Amazon d'installer dans les véhicules de livraison une caméra à quatre lentilles, alimentée par l'intelligence artificielle, qui enregistrerait et analyserait son visage et son corps pendant toute la durée du service. Vic a donné son préavis de deux semaines et a démissionné, avant la date limite du 23 mars à laquelle tous les travailleurs de son centre de distribution de Denver devraient signer des formulaires de décharge autorisant Amazon à les filmer et à collecter et stocker leurs informations biométriques.
Dans la plupart des entreprises, les employeurs gardent un œil attentif sur l’activité de leurs employés. Contrôles continus ou aléatoires, partout quelque chose ou quelqu’un surveille ce que vous faites. Comme le soulignait déjà le professeur de management, Philippe Silberzahn, sur la scène de Lift, la plupart des directeurs sont formés avant tout à contrôler les autres et 30 % à 50 % de leur temps est dédié à cette activité de monitoring. Mais si ce contrôle est censé empêcher les salariés de faire « quelque chose de mal », ne les empêchent-ils pas de faire « quelque chose de bien ? »
Selon certaines sources, Amazon équiperait tous ses véhicules de livraison de systèmes de caméras prenant en charge la technologie d’intelligence artificielle appelés Driveri, fabriqués par une société appelée Netradyne. Les caméras sont toujours allumées et analysent le langage corporel des conducteurs, la vitesse du véhicule et même la somnolence. Le système utilise ensuite des "alertes verbales automatisées" pour informer les conducteurs d'une éventuelle infraction.
Lorsqu'Amazon a annoncé ce changement de politique et donné à ses chauffeurs un délai pour accepter les protocoles de surveillance, Vic a indiqué qu'il avait fait le choix de donner son préavis. « C'était à la fois une violation de la vie privée et un abus de confiance », a-t-il déclaré. Il a également déclaré que le fait que l'entreprise exige des chauffeurs qu'ils acceptent une surveillance constante pour pouvoir faire leur travail ressemblait à « une sorte de coercition ».
Pour Amazon, l’adoption des systèmes de caméra fabriqués par l'entreprise américaine Netradyne, fait partie d'un effort national pour répondre aux préoccupations concernant les accidents de plus en plus nombreux impliquant ses camionnettes de livraison. Une porte-parole d'Amazon a déclaré que la société « investit dans la sécurité de...
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