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Un chauffeur d'Amazon démissionne de l'entreprise à cause des caméras connectées à une IA installées dans les camions
Capables d'enregistrer et analyser son visage et son corps pendant toute la durée

Le , par Bruno

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Amazon utilise des caméras connectées à une IA dans les camionnettes de livraison. L'intérêt pour l'entreprise étant de surveiller les livreurs tout le long du parcours de livraison et ainsi connaître leur performance. Certains conducteurs sont préoccupés par le respect de leur vie privée au point d'arriver à opter pour la démission comme meilleur choix. Vendredi, la Fondation Thomson Reuters a publié un rapport sur un chauffeur d'Amazon pour qui, la surveillance constante de l'entreprise par l'intelligence artificielle s'est révélée être de trop. L’employé d’Amazon a démissionné de son poste de livreur de colis pour le leader mondial de l'e-commerce.

À l’heure où tous les outils de travail deviennent numériques, la cybersurveillance ne cesse d’étendre son emprise sur les rapports productifs et au-delà, sur l’ensemble des rapports humains. Les dernières actualités sur la cybersurveillance des salariés en milieu professionnel laissent penser que le développement des nouvelles technologies a contribué à une perméabilité des frontières entre vie professionnelle et vie privée.

Notons que, la cybersurveillance peut être définie comme tout moyen de contrôle technique, sur une personne ou un processus, lié aux nouvelles technologies et plus particulièrement aux réseaux numériques de communication. En d’autres termes, la cybersurveillance regroupe les voies et moyens aboutissant à l’accès des données ou signaux transmis par voie électronique ainsi que le contrôle des moyens techniques permettant ces transmissions. Techniquement, elle se fait au moyen de logiciels de surveillance permettant d’enregistrer tous les évènements ou messages survenus pendant un temps donné et à un endroit déterminé.


L’employé prénommé Vic, qui a demandé à n'utiliser que son prénom « par crainte de représailles », dit avoir vu les politiques d'Amazon changer pour inclure des moyens de surveillance de plus en plus actifs. Au début, c'était l'application Mentor d'Amazon qui surveillait constamment sa conduite, l'utilisation de son téléphone et sa localisation, générant un score permettant à ses responsables d'évaluer ses performances sur la route. « Si on passait sur une bosse, le téléphone s'entrechoquait, l'application Mentor enregistrait le fait que j'utilisais le téléphone pendant que je conduisais, et boum, j'étais ramené à l’ordre », a-t-il dit.

Ensuite, l'entreprise voulait des photos de lui au début de chaque service sur une autre application, a-t-il raconté à la fondation. Mais le point de rupture est survenu lorsqu'Amazon a annoncé qu'elle allait installer des caméras d’intelligence artificielle dans sa flotte de véhicules. « Je m'étais déjà connecté avec ma carte au début de mon service, et maintenant, ils veulent une photo ? C'était trop », a-t-il déclaré.

L'indignité ultime a été la décision d'Amazon d'installer dans les véhicules de livraison une caméra à quatre lentilles, alimentée par l'intelligence artificielle, qui enregistrerait et analyserait son visage et son corps pendant toute la durée du service. Vic a donné son préavis de deux semaines et a démissionné, avant la date limite du 23 mars à laquelle tous les travailleurs de son centre de distribution de Denver devraient signer des formulaires de décharge autorisant Amazon à les filmer et à collecter et stocker leurs informations biométriques.

Dans la plupart des entreprises, les employeurs gardent un œil attentif sur l’activité de leurs employés. Contrôles continus ou aléatoires, partout quelque chose ou quelqu’un surveille ce que vous faites. Comme le soulignait déjà le professeur de management, Philippe Silberzahn, sur la scène de Lift, la plupart des directeurs sont formés avant tout à contrôler les autres et 30 % à 50 % de leur temps est dédié à cette activité de monitoring. Mais si ce contrôle est censé empêcher les salariés de faire « quelque chose de mal », ne les empêchent-ils pas de faire « quelque chose de bien ? »

Selon certaines sources, Amazon équiperait tous ses véhicules de livraison de systèmes de caméras prenant en charge la technologie d’intelligence artificielle appelés Driveri, fabriqués par une société appelée Netradyne. Les caméras sont toujours allumées et analysent le langage corporel des conducteurs, la vitesse du véhicule et même la somnolence. Le système utilise ensuite des "alertes verbales automatisées" pour informer les conducteurs d'une éventuelle infraction.


Lorsqu'Amazon a annoncé ce changement de politique et donné à ses chauffeurs un délai pour accepter les protocoles de surveillance, Vic a indiqué qu'il avait fait le choix de donner son préavis. « C'était à la fois une violation de la vie privée et un abus de confiance », a-t-il déclaré. Il a également déclaré que le fait que l'entreprise exige des chauffeurs qu'ils acceptent une surveillance constante pour pouvoir faire leur travail ressemblait à « une sorte de coercition ».

Pour Amazon, l’adoption des systèmes de caméra fabriqués par l'entreprise américaine Netradyne, fait partie d'un effort national pour répondre aux préoccupations concernant les accidents de plus en plus nombreux impliquant ses camionnettes de livraison. Une porte-parole d'Amazon a déclaré que la société « investit dans la sécurité de l'ensemble de ses opérations et a récemment commencé à déployer une technologie de sécurité basée sur des caméras, à la pointe de l'industrie, dans l'ensemble de sa flotte de livraisons. Cette technologie fournira aux conducteurs des alertes en temps réel pour les aider à rester en sécurité lorsqu'ils sont sur la route ».

Amazon n'a pas répondu aux questions sur les préoccupations relatives à la vie privée soulevées par les conducteurs ni fourni d'informations supplémentaires sur les personnes avec lesquelles elle partagerait les données des conducteurs. Albert Fox Cahn, qui dirige le Surveillance Technology Oversight Project, une organisation de défense de la vie privée a souligné que les caméras Amazon faisaient partie d'une nouvelle tendance inquiétante. « À mesure que les caméras deviennent moins chères et que l'intelligence artificielle devient plus puissante, ces systèmes de suivi invasifs deviennent de plus en plus la norme », a-t-il déclaré.

Le développement des technologies de contrôle semble soulever un certain nombre de questions relatives notamment au respect de la vie privée, à la liberté et à la protection des données à caractère personnel. Le 2 mars, Vic et certains de ces collègues ont reçu une notification dans leur application Amazon Flex les informant qu'il devait désormais signer un formulaire de consentement pour permettre à Amazon de le filmer au travail, puisque des caméras allaient être installées dans toutes les camionnettes. Lorsque Vic, chauffeur camion chez Amazon, a lu les documents, il a été troublé de lire qu'Amazon se réservait le droit de « partager les informations... avec des prestataires de services tiers » et des « affiliés du groupe Amazon ».

Selon Fox Cahn, expert en confidentialité, « ces politiques semblent avoir été rédigées par des avocats avec des honoraires coûteux dans le seul but de protéger les résultats d'Amazon et non la vie privée de ses employés ». « La façon dont elles sont rédigées réserve essentiellement à Amazon le droit de faire à peu près tout ce qu'il veut avec ces données ». Ces politiques ont également attiré l'attention des législateurs américains.

Dans une lettre adressée à Amazon le 5 septembre 2019, le sénateur Ed Markey du Massachusetts avait interpellé Jeffrey Bezos sur les inquiétudes quant aux conséquences des caméras sur la vie privée. Il a également demandé à Amazon d'identifier tous les tiers avec lesquels Amazon aurait partagé ou prévoit de partager leurs images. « Protéger la sécurité sur nos routes est vital, mais protéger les droits des travailleurs l'est tout autant », a-t-il déclaré. « Le système de surveillance qu'Amazon déploie dans sa flotte de véhicules soulève de sérieuses inquiétudes concernant la vie privée des travailleurs ».


Bien qu'Amazon présente l’une de ces technologies, notamment Ring, comme quelque chose de bien, le sénateur Markey estime pour sa part que, « la technologie capture et stocke les vidéos de millions de foyers et filme d'innombrables passants qui ne savent peut-être pas qu'ils sont filmés », « Je suis particulièrement alarmé d'apprendre que Ring poursuit une technologie de reconnaissance faciale avec le potentiel de signaler certaines personnes comme suspectes en fonction de leurs informations biométriques ». Le sénateur Markey n'a pas hésité à demander des explications supplémentaires à Amazon :

  • quelles sont toutes les entités chargées de faire respecter la loi y compris les services de police locaux et les agences fédérales qui ont eu ou ont actuellement accès aux séquences vidéo des produits Ring ? Veuillez fournir une copie d'un accord standard de partage de séquences vidéo entre Ring et un service de police local ;
  • Ring interdit-elle aux partenaires des services de police ayant accès aux séquences des utilisateurs de partager ces séquences avec d'autres entités ? Si non, pourquoi ? Ring a-t-elle connaissance de cas pour lesquels les partenaires des services de police ont partagé les séquences des utilisateurs avec des tiers ? Dans l'affirmative, veuillez décrire en détail tous ces cas ;
  • Ring s'engagera-t-elle à revoir ses invites de consentement pour le partage de séquences vidéo en consultation avec des experts et à effectuer toutes les révisions nécessaires pour s'assurer que Ring n'utilise pas un langage manipulateur ou coercitif avec ses utilisateurs ?
  • Ring exige-t-elle des services de police partenaires qu'ils mettent en place des mesures de sécurité afin de garantir que les séquences Ring auxquelles ils ont accès ne soient pas violées ou que des entités non autorisées n'y aient pas accès ? Dans l'affirmative, veuillez décrire ces exigences de sécurité. Si non, pourquoi ?
  • Ring a-t-elle consulté des experts en matière de libertés civiles, de justice pénale et d'autres domaines pertinents pour procéder à un examen de ses sonnettes connectées à Internet et de son réseau social, Neighbors, afin de s'assurer que ces offres ne présentent pas de menaces particulières pour les personnes de couleur ou d'autres populations ? Si non, pourquoi ? Dans l'affirmative, veuillez communiquer la liste des parties consultées ;
  • Avez-vous prévu de coordonner l'utilisation par les forces de l'ordre du produit Rekognition d'Amazon avec les offres de reconnaissance faciale à venir de Ring.

Sur les forums en ligne, des dizaines de personnes se sont plaintes des caméras d'Amazon.

Source : Thomson Reuters Foundation

Et vous ?

Selon vous, l'employeur devrait-il surveiller les candidats à l’embauche ou ses salariés ?

Que pensez-vous de la politique d’Amazon en matière de surveillance des employés ?

Voir aussi :

Amazon utilise des caméras connectées à une IA dans les camionnettes de livraison et certains conducteurs sont préoccupés par le respect de leur vie privée

Les employés d'Amazon entament un vote historique pour s'ouvrir la porte de la syndicalisation contre laquelle l'entreprise déploie des moyens IT, une première sur toute l'étendue des USA

Voici comment Amazon s'appuie sur des moyens technologiques pour empêcher ses employés de se regrouper en syndicats, tout en prétextant d'œuvrer pour le maintien de leur productivité

Amazon a fait de Jeff Bezos l'homme le plus riche du monde, mais pourquoi maltraite-t-elle autant ses salariés, victimes d'accident de travail ?

Des employés en télétravail photographiés toutes les 5 minutes par des patrons désireux de juger de leur productivité, via un service vidéo en continu, en expansion rapide avec le coronavirus

UE : l'employeur n'a pas le droit de surveiller les communications des employés sans les en informer à l'avance, d'après la Cour des droits de l'Homme

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Avatar de T3TR4
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 26/03/2021 à 10:26
Venant d'une famille de routiers (je suis l'un des très rares à pas avoir choisi cette voie et préféré les livres), je trouve le comportement d'Amazon honteux, d'une part (mais bon, venant d'Amazon, on avait l'habitude, ce qui est plutôt grave je dois dire...) et d'autre part très dangereuse.

Voici la vie d'un routier dans sa globalité (je tire cette expérience de mon vécu, parce que je suis aussi parti sur les routes pour découvrir le métier, et ce que je vous livre ici n'est pas pris sur un seul exemple mais sur une 20ène.) :

D'abord, sachez que routier, c'est une grande famille, un peu comme les motards. Une partie son cibistes (utilisateur de la Citizen-Band pour ceux qui ne connaissent pas.), ce qui leur permet de se prévenir mutuellement des dangers, bouchons, radars, gibier sur la route, etc... Une sorte de waze mais en mieux parce que j'ai déjà vécu l'appel de détresse d'un routier qui était sur le point de s'endormir alors qu'il lui restait de la route à faire. Les chauffeurs se sont mobilisés alors qu'ils le connaissaient pas, l'ont fait parler, l'ont occupé pendant une heure, à tour de rôle jusqu'à ce que l'heure soit écoulée et qu'il puisse enfin se reposer. Ça peut vous paraitre absurde, mais ils n'ont pas le choix, ils sont fliqués par un tachygraphe ou un chronotachygraphe qui enregistre tout et un non respect se traduit généralement par une sanction de l'employeur dans le meilleur des cas, d'une amende par le contrôle dans le pire des cas et les enregistrements sont stockés pendant 10 ans. C'est à dire que pendant 10 ans, ils peuvent encore être amendés.

La vie d'un routier se divise en trois catégorie.

Il y a le routier régional, celui qui ne dépasse pas les frontières de la région. Celui-ci peut se permettre de rentrer chez lui tous les soirs ou tous les deux soirs si la région est grande (comme le Rhône-alpes par exemple) ou si la région comporte beaucoup de grosses villes (je pense à la nouvelle-aquitaine maintenant, un chauffeur qui n'habite pas Bordeaux pourrait très bien y rester coincé et devoir dormir dans son camion).

Ensuite, il y a le chauffeur national, celui qui peut livrer Brest un jour et partir pour Marseille le lendemain. (Je schématise, généralement les tournées sont organisées pour éviter ce genre de chose mais ça peut arriver, dans le cas d'un accident ou d'un chauffeur malade). Celui là rentre généralement uniquement à la fin de sa semaine et passe sa vie seul dans son camion, les contacts sociaux se limitent à la livraison de marchandise et la machine à café d'une station avec d'autres chauffeurs (et la CB, prononcez cibi, s'il en possède une).

Enfin vous avez le chauffeur international, celui-là part de France et va en Allemagne, en Italie, en Angleterre, et il en existe qui font les trajets jusqu'en Russie. Les conditions de vie et de solitudes sont pire encore.

Ça peut vous sembler normal mais quand on est dans la cabine d'un camion, c'est la maison. La plupart des routiers d'ailleurs entretiennent leur camion comme un bijoutier entretiendrait ses vitrines et ses diamants. Toujours nickel, et certains ont même des chaussons pour l'intérieur de leur cabine et refuse de laisser monter quelqu'un pour éviter de tout saloper.

[Petit aparté : pendant le confinement, leur qualité de vie s'est encore dégradé : l'accès aux douches et aux toilettes étaient interdites aux routiers dans les dépôts, généralement les seuls endroits ou ils avaient accès aux sanitaires, et c'est toujours le cas pour certains...]

Il y aurait beaucoup d'autre choses à dire sur leur vie quotidienne mais l'essentiel pour cette infos : le camion est un lieu privé ou toute leur vie s'y déroule.
Une caméra à cet endroit est déjà une violation du privée. C'est un peu comme si Amazon venait installer une caméra chez vous pour étudier votre vie et votre comportement et choisir ce que vous devez acheter pour bien être équipé.

Une idée qui leur viendra certainement à l'avenir...
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Avatar de pcdwarf
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/03/2021 à 19:45
Le délire du contrôle dans toute sa splandeur.
Il n'est pas étonnant que des employeurs veuillent faire ça.
ce qui est flippant, c'est que des gens acceptent.
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Avatar de Christian_B
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 26/03/2021 à 13:20
Citation Envoyé par Mingolito Voir le message
Maintenant si tu veux protéger les travailleurs et avoir des travailleurs à la CGT et qui foutent rien c'est possible [...]
Il faut être cohérent et réaliste c'est tout.
C'est comme de dire quel "le chômage c'est la faute aux chinois" et de continuer à payer des Tshirts 2 euros "Made in China" au lieu de 50 euros "Made in France".
Tu n'es justement pas cohérent, en plus d'être grossièrement insultant pour des gens qui font un travail pas facile et souvent précaire et mal payé.
Ta dernière phrase, ce n'est pas "comme", c'est le contraire : Avec ton point de vue utilitariste, égocentrique et caricatural, tu devrais dire pour être cohérent "Je préfère acheter un T-shirt à 2€ fabriqué par des gens qui sont bien surveillés et bossent dur plutôt qu'un à 50€, fabriqué par des paresseux trop payés."
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Avatar de Fagus
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 24/03/2021 à 10:42
il y a 10 ans, je m'étais dit que la survenue d'intelligences artificielles dans un système qui optimise la rentabilité économique à court terme, ça ne pouvait aboutir à terme qu'à faire des humains pauvres des robots low cost.

Merci à amazon de réaliser cette dystopie. (pensez-y lors de votre prochaine commande).

On peut avoir un système qui prévient l'endormissement, mais de là à coller des capteurs intelligents sur tous les employés pour mesurer leur productivité pour les pressuriser par le stress d'être licencié... (et hop, les vieux, les malades on les jette, non pas sur ces critères, mais parce qu'ils n'ont pas atteint leurs objectifs. Dans une société où l'on perd sa protection sociale avec son travail, c'est sûr que ça coûtera moins cher).
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Avatar de schlebe
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 26/03/2021 à 8:45
Faudra-t-il que les chauffeurs qui refusent d'être épiés en permanence achètent des brouilleurs d'onde pour que leur vie au travail soit respectée ?

Personnellement, je n'ai rien à me reprocher; mais je n'aimerais pas que mon employeur installe des caméras pour filmer tout ce que je fais; pire pour enregistrer tout ce que je fais sur mon ordinateur à tout moment. C'est du harcèlement d'autant plus que cela va toujours dans le même sens; c'est toujours au détriment du travailleur.

Jusqu'à présent, je n'ai jamais entendu parler de hauts cadres épiés !
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/11/2021 à 1:55
L'application Amazon Flex qui « microgère la livraison des colis » serait responsable d'un accident,
selon un chauffeur-livreur de l'entreprise

Amazon se défend actuellement contre un procès qui pourrait déterminer si elle est responsable des actions de ses chauffeurs-livreurs contractuels. Après un accident impliquant une camionnette d'Amazon qui l'a laissé paralysé, Ans Rana poursuit Amazon alléguant que sa technologie de surveillance oblige les chauffeurs-livreurs à se précipiter sur la route. Amazon refuse d'assumer la responsabilité de cet accident ou de tout autre accident en raison d'une faille très délibérée. Les chauffeurs-livreurs ne sont pas directement employés par Amazon, mais par un ensemble de sociétés de livraison tierces.

Le sujet n'est pas nouveau : Amazon refuse de considérer les chauffeurs-livreurs comme ses employés directs, mais agit comme si c'était le cas, notamment à travers une surveillance accrue. Ainsi, la flotte de chauffeurs-livreurs d'Amazon a beau être détachée de ses entrepôts, l'entreprise continue de surveiller ses chauffeurs ; elle a installé des caméras en permanence dans ses camionnettes de livraison et a même demandé aux chauffeurs au début de l'année de consentir à une surveillance par IA détectant les bâillements. Cette dernière initiative de l'entreprise a poussé de nombreux chauffeurs-livreurs à démissionner.


Ans Rana

En effet, au début de l'année, l'entreprise a commencé à installer des systèmes de caméras alimentés par l'IA dans ses camionnettes afin de surveiller les taux de productivité et les données de conduite. Comme on peut s'y attendre, le fait d'être constamment surveillé par l'IA d'Amazon est assez anxiogène pour de nombreux conducteurs. Plus d'une poignée de conducteurs ont déclaré avoir uriné dans des bouteilles et manqué des repas pour éviter de mettre en colère les "surveillants" d'Amazon. Pour motiver les chauffeurs à maintenir le rythme, Amazon leur présente des quotas quotidiens, parfois proches de 400 colis par jour.

Aujourd'hui, c'est ce même système de surveillance qui place Amazon dans la ligne de mire d'un procès qui prétend que l'entreprise est responsable d'un accident de voiture qui a changé la vie de quelqu'un. En mars, Ans Rana, un homme de 24 ans, allait voir la nouvelle maison de sa sœur avec son père et son frère, qui conduisait une Tesla Model S, lorsqu'ils ont croisé un véhicule en panne sur l'Interstate 75 à l'extérieur d'Atlanta. Le frère de Rana a ralenti jusqu'à s'arrêter, mais la camionnette de livraison Amazon qui les suivait n'a apparemment rien remarqué. Le conducteur de la camionnette roulerait à près de 20 km/h au-dessus de la vitesse autorisée.

Selon les documents du procès, la camionnette a percuté l'arrière de la Tesla avec une telle force qu'elle a poussé la voiture sur les voies de gauche de l'autoroute, où elle a été heurtée par une Toyota Corolla avant de heurter la barrière médiane. Rana a subi des blessures potentiellement mortelles, notamment un traumatisme crânien, et a dû être placé sous respirateur. Sa moelle épinière a également été endommagée et il n'a pas pu retrouver l'usage de ses jambes ou de ses bras malgré des mois de thérapie et de rééducation. « J'ai perdu mes jambes, ce que je ne souhaite pas à mon pire ennemi », a déclaré Rana à Bloomberg.

En juin, Rana a intenté un procès à Amazon et à son prestataire de services de livraison, affirmant que le géant du commerce électronique est responsable des actions du chauffeur en raison du logiciel que la société utilise pour les surveiller. Selon Rana et ses avocats, Amazon est le principal responsable dans cet accident, car c'est lui qui contrôle en dernier ressort l'opération de livraison. Amazon affirme toutefois qu'il n'est pas responsable, car le chauffeur ne travaillait pas pour lui, mais pour Harper Logistics LLC, un sous-traitant qui s'occupe des livraisons pour l'entreprise technologique.

Amazon surveille étroitement ses chauffeurs à l'aide d'une application pour smartphone et de caméras et capteurs installés dans le véhicule, afin de réduire les délais de livraison et de répondre aux problèmes de sécurité. La plainte rappelle que la société surveille de près un certain nombre d'actions des chauffeurs-livreurs, notamment "la surveillance de la marche arrière, la vitesse, le freinage, l'accélération, les virages, le port de la ceinture de sécurité, les appels téléphoniques, l'envoi de SMS, les caméras embarquées qui utilisent l'intelligence artificielle pour détecter les bâillements, et bien d'autres choses encore".

En outre, la plainte affirme qu'Amazon pousse les sous-traitants et les chauffeurs à privilégier la vitesse au détriment de la sécurité, les employés d'Amazon envoyant des SMS "se plaignant qu'un certain chauffeur est "à la traîne" et doit être "secouru" pour s'assurer que tous les colis sur l'itinéraire d'Amazon sont livrés conformément aux attentes irréalistes et dangereuses d'Amazon en matière de vitesse". Outre Amazon et de l'entrepreneur Harper Logistics LLC, Rana poursuit également le chauffeur Bryan Williams et Old Republic Insurance, la compagnie d'assurance de l'entrepreneur.

Mais il est peu probable que quelqu'un d'autre qu'Amazon soit en mesure de couvrir les frais de Rana, d'autant que les factures médicales dépassent déjà les 2 millions de dollars. La police d'assurance de Harper Logistics ne couvre qu'un million de dollars en responsabilité civile, et la société n'est pas propriétaire des fourgons qu'elle exploite, ce qui signifie que même si elle faisait faillite, elle ne pourrait probablement pas couvrir les coûts. Williams, qui a 23 ans, ne gagne que 15 dollars par l'heure. Amazon, en revanche, a réalisé plus de 3 milliards de dollars de bénéfices au dernier trimestre.

Par ailleurs, la situation de Rana n'est pas un cas isolé. Selon plusieurs sources, rien que cette année, 119 actions en justice concernant des dommages corporels causés par des véhicules ont été intentées contre Amazon. Maria Boschetti, porte-parole d'Amazon, a déclaré : « Nous sommes engagés dans la sécurité des chauffeurs et des communautés où nous livrons ». Elle a ajouté qu'Amazon travaille avec les entrepreneurs de livraison pour "fixer des attentes réalistes qui ne mettent pas de pression excessive sur eux ou leurs associés de livraison".

Boschetti a déclaré que le nombre d'incidents par kilomètre pour les neuf premiers mois de 2021 est en baisse par rapport à la même période de l'année dernière. Les livreurs travaillent généralement par quarts de 10 heures et livrent environ 250 colis, selon l'itinéraire. Ils conduisent des camionnettes de la marque Amazon, portent des uniformes de la même marque et doivent utiliser l'application Flex d'Amazon, qui, selon la poursuite, "microgère chaque aspect imaginable de la livraison des colis".

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous des accusations d'Ans Rana ? Sont-elles fondées ?
Amazon est-il responsable des accidents impliquant ses camionnettes de livraison ?
L'entreprise fait-elle bien de dénier toute responsabilité dans l'accident qui a laissé Ans Rana paralysé ?
Pensez-vous que l'État doit intervenir pour obliger Amazon à considérer les chauffeurs-livreurs comme ses propres employés ?

Voir aussi

Un chauffeur d'Amazon démissionne de l'entreprise à cause des caméras connectées à une IA installées dans les camions capables d'enregistrer et analyser son visage et son corps pendant toute la durée

La réponse d'Amazon à la pénurie de livreurs : « Recruter des fumeurs de marijuana », la pénurie gagne du terrain alors que le volume des livraisons augmente

Les livreurs d'Amazon doivent consentir à la surveillance par l'IA dans leurs camionnettes ou perdre leur emploi, les données collectées et le traitement qui en est fait inquiètent les livreurs

Amazon utilise des caméras connectées à une IA dans les camionnettes de livraison et certains conducteurs sont préoccupés par le respect de leur vie privée

Des conducteurs d'Amazon sont persuadés que l'entreprise a réussi à contrecarrer le système des fraudeurs qui plaçaient leurs smartphones dans des arbres pour tromper ses algorithmes
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Avatar de ReneD
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 25/03/2021 à 15:03
@Mongolito, comme ton pseudo l'y invite, tu pratiques de second degré, sinon grave pour ton humanité !
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Avatar de GLDavid
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 26/03/2021 à 14:09
Citation Envoyé par T3TR4 Voir le message
Il y aurait beaucoup d'autre choses à dire sur leur vie quotidienne mais l'essentiel pour cette infos : le camion est un lieu privé ou toute leur vie s'y déroule.
Une caméra à cet endroit est déjà une violation du privée. C'est un peu comme si Amazon venait installer une caméra chez vous pour étudier votre vie et votre comportement et choisir ce que vous devez acheter pour bien être équipé.

Une idée qui leur viendra certainement à l'avenir...
Merci à toi pour ce descriptif de la vie de routier. On a pas conscience de leur difficile travail. On les taxe souvent de polluer mais quand on ne développe pas le ferroviaire pour le fret et encore moins les voies fluviales, il ne reste plus que la route.
Hélas, dans ce que tu dis à la fin, Amazon fait déjà de l'intrusion à domicile, ça s'appelle Alexa

@++
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Avatar de Fagus
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 18/11/2021 à 11:35
ça ressemble à un montage assez courant.
* la société mère délègue ses activités à risque à des filiales.
* la filiale est endettée et/ou doit reverser ses bénéfices à la société mère
En cas de problème, tout le monde découvre que la société filiale n'a pas de fonds propres et est insolvable.

Ex: les société minières. Quand on se rend compte que les installations étaient sous-dimensionnées (ex : en cas de rupture d'un bassin de déchets dans la rivière), c'est une filiale vide qui assume la responsabilité en faisant faillite.

Tant que le droit autorise l'absence de responsabilité, il n'y a pas de raisons que la faille ne soit pas exploitée, et malheur aux victimes...
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Avatar de Christian_B
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 18/11/2021 à 12:24
Citation Envoyé par Bill Fassinou Voir le message
[La plainte rappelle que la société surveille de près un certain nombre d'actions des chauffeurs-livreurs, notamment "la surveillance de la marche arrière, la vitesse, le freinage, l'accélération, les virages, le port de la ceinture de sécurité, les appels téléphoniques, l'envoi de SMS, les caméras embarquées qui utilisent l'intelligence artificielle pour détecter les bâillements, et bien d'autres choses encore". En outre, la plainte affirme qu'Amazon pousse les sous-traitants et les chauffeurs à privilégier la vitesse au détriment de la sécurité [...]
Dans un pays civilisé, la responsabilité d'Amazon serait évidente. Mais aux Etats-Unis, où le Justice est encore plus lourde et bien plus coûteuse qu'en France dans un tel cas, quand les avocats finassent, j'ai des doutes. Seuls peut-être une improbable grève générale des conducteurs ou une réaction de l'opinion publique (boycott ?) pourrait peut-être faite avancer les choses et produire une jurisprudence.
Ça me rappelle une longue grève des nettoyeurs du métro à Paris, ≃ 40 jours (il y a longtemps), qui avait obligé la RATP à négocier malgré la sous-traitance.

Citation Envoyé par Bill Fassinou Voir le message
Les livreurs travaillent généralement par quarts de 10 heures et livrent environ 250 colis, selon l'itinéraire.
Impensable Ça fait 2'24" par colis. Il faudrait un grand lotissement où tous les voisins commandent en même temps et que le chauffeur jettent les colis sur le paillasson (bonjour les dégâts)
Il n'y aurait pas un zéro de trop ?

Pour l'occasion j'ai remis ma signature antérieure.
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