C’est au terme du premier trimestre de l’année précédente que l’assemblée nationale française a approuvé l’utilisation de caméras de vidéosurveillance assistées par l’intelligence artificielle. L’objectif : assurer la sécurité des derniers Jeux olympiques de Paris. Les groupes de défense des droits de l’Homme avaient formulé des craintes de voir les caméras rester après les JO. Ces dernières sont en passe de se concrétiser avec une récente annonce du Premier ministre, Michel Barnier, de généraliser la surveillance algorithmique en France. Vers une matérialisation de la fiction Big Brother en France comme c’est déjà le cas en Chine ? « Les Français nous demandent d'assurer la sécurité dans chaque territoire : sur ce point, nous allons généraliser la méthode expérimentée pendant les jeux Olympiques et Paralympiques », a-t-il annoncé.
Avec l’annonce, le dilemme de la mise en œuvre de telles approches revient sur la table. En effet, La police chinoise a mis la reconnaissance faciale à contribution en 2018 pour arrêter un fugitif. En Angleterre, il est arrivé qu’on pose des caméras avec intelligence artificielle sur les routes pour repérer les conducteurs qui jettent les ordures par les fenêtres des voitures. Un dénominateur commun se dégage dans chacun de ces cas : le dilemme de la nécessité de combattre les délits et crimes sans empiéter sur les droits fondamentaux des individus. Du coup la question revient sur la table : pour ou contre le déploiement de la vidéosurveillance algorithmique ?
La fiction Big Brother résume les inconvénients de la mise en œuvre de la vidéosurveillance algorithmique
La vidéosurveillance algorithmique inspire des craintes que la fiction Big Brother de 1984 met en avant avec brio. Pour l'histoire, Big Brother est un personnage de fiction du roman Nineteen Eighty-Foure (1984) de l'écrivain anglais Georges Orwell. Big Brother est le chef de l'Océanie, un état totalitaire où le parti au pouvoir exerce un pouvoir total « pour lui-même » sur les habitants.
Dans la société décrite par Orwell, chaque citoyen est sous la surveillance constante des autorités, principalement par des « télécrans » dans les domiciles privés ; ce sont des dispositifs qui fonctionnent à la fois comme des télévisions, caméras de sécurité et microphones. Ce qui rappelle au peuple sans cesse que Big Brother les observe : « Big Brother is watching you ». L'expression Big Brother est depuis utilisée pour qualifier toutes les institutions ou pratiques portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des populations ou des individus. En 2024, des annonces comme celle du Premier ministre français tendent à susciter des craintes à la matérialisation de cette fiction en France.
💥MICHEL BARNIER VA GÉNÉRALISER LES CAMÉRAS À RECONNAISSANCE « ALGORITHMIQUE » (FACIALE) DANS NOS RUES 💥
— Eric Naish (@Eric_Naish) October 2, 2024
Ceux qui ne comprennent pas l’enjeu de cette annonce, qui va nous faire basculer vers un Crédit Social de type chinois, sont des inconscients.
Vous ne pourrez plus rien… pic.twitter.com/Vkcgio9XqF
Même les caméras de surveillance privées sont susceptibles d’entrer dans le collimateur de cette mesure en cours de gestation en France
Une proposition, mise en œuvre sous la forme d'un...
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