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Enseigner face à l'IA : De la transmission du savoir à la lutte contre la triche automatisée,
L'utilisation de l'IA par les étudiants menace-t-elle l'intégrité de l'apprentissage ?

Le , par Bruno

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Enseigner face à l’IA : De la transmission du savoir à la lutte contre la triche automatisée,
l’utilisation de l’IA par les étudiants menace-t-elle l’intégrité de l’apprentissage ?

L’émergence de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine éducatif, notamment avec des outils comme ChatGPT, a bouleversé les pratiques académiques traditionnelles. Ces technologies, comparables à un « sac magique » moderne, permettent aux étudiants de générer des dissertations en quelques secondes, sans effort intellectuel significatif. Si cette innovation semble répondre à un désir d’efficacité immédiate, elle soulève des questions profondes sur l’intégrité académique, la valeur de l’éducation et la préparation des étudiants aux défis du monde réel.

Dans un contexte où l’IA court-circuite le processus d’apprentissage, il devient urgent de réfléchir aux conséquences de cette tendance. Les étudiants qui recourent à ces outils risquent de se priver d’une véritable formation intellectuelle et éthique, essentielle dans des domaines comme la philosophie ou l’éthique médicale. Parallèlement, les enseignants sont confrontés à un dilemme : comment préserver l’intégrité des évaluations tout en continuant à inspirer et à éduquer leurs étudiants ?



Selon Troy Jollimore, auteur de quatre recueils de poésie et de trois ouvrages de philosophie, une nouvelle forme de « sac magique » a fait son apparition dans le monde réel. Enseignant la philosophie, notamment l’éthique, dans une université californienne, il dispense des cours en présentiel et en ligne, évaluant principalement ses étudiants à travers des dissertations. Cependant, avec l’avènement d’outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT et Google Gemini, produire une dissertation est devenu aussi simple que de claquer des doigts. Ces technologies permettent désormais de générer des textes en quelques secondes, bouleversant ainsi les méthodes traditionnelles d’évaluation.

Il suffit de demander à l’un de ces chatbots une dissertation sur La République de Platon ou sur l’éthique de la vente d’organes, ou encore de saisir un sujet d’examen, pour obtenir un texte qui, pour beaucoup, ressemble à s’y méprendre à un travail humain. Si l’enseignant ne sait pas quoi chercher ou si l’IA utilisée est suffisamment performante, il est possible de donner l’illusion de maîtriser un sujet sans en avoir réellement acquis les connaissances. Cette facilité d’accès à des contenus générés par l’IA pose un défi majeur à l’intégrité académique et à la valeur même de l’apprentissage.

Cependant, les textes générés par l’IA, surtout les moins sophistiqués, ne sont pas impossibles à identifier – à condition de savoir où regarder. Ils partagent souvent des caractéristiques communes : un ton neutre, un style fade et une approche méthodique systématique. Ces textes développent généralement un cadre théorique avant de peser le pour et le contre pour aboutir à une conclusion équilibrée. Parfois, ils incluent des citations ou des références, mais celles-ci sont souvent erronées ou inventées. Bien que ces éléments soient relativement faciles à repérer, l’auteur reconnaît que certains travaux plus sophistiqués pourraient échapper à la vigilance des enseignants, soulignant ainsi la complexité croissante du problème.

Éducation à l’ère de l’IA : quand l’intelligence artificielle remplace la réflexion

L’intelligence artificielle est en train de transformer profondément le paysage éducatif, tant pour les étudiants que pour les enseignants. Selon une enquête du Higher Education Policy Institute (Hepi), plus de la moitié des étudiants de premier cycle au Royaume-Uni utilisent des outils d’IA comme ChatGPT ou Google Bard pour les aider à rédiger leurs dissertations. Parmi eux, 25 % s’en servent pour suggérer des sujets, tandis que 12 % génèrent directement du contenu. Cependant, seulement 5 % admettent avoir copié-collé des textes non modifiés produits par l’IA dans leurs travaux évalués. Parallèlement, les enseignants explorent également ces technologies pour alléger leur charge de travail, notamment en planifiant des cours ou en créant des supports pédagogiques.

Pourtant, cette adoption rapide de l’IA soulève des défis majeurs. Un tiers des étudiants utilisant ces outils ignorent qu’ils peuvent « halluciner », c’est-à-dire inventer des faits, des citations ou des données pour combler des lacunes. De plus, des initiatives comme celle de l’Education Endowment Foundation (EEF), qui teste l’IA pour générer des plans de cours et des examens, montrent que les enseignants cherchent à intégrer ces technologies tout en restant vigilants face à leurs limites.

Un exemple frappant de ces tensions est le projet Eightball, développé par trois étudiants de l’Université Emory. Cet outil, basé sur l’IA, permettait de générer des cartes mémoire (flashcards) à partir de documents téléchargés. Bien qu’initialement salué et financé par l’université, le projet a finalement conduit à la suspension des étudiants, illustrant les difficultés des institutions à encadrer l’innovation technologique tout en respectant leurs règles académiques.

Cependant, l’utilisation de l’IA dans l’éducation n’est pas sans conséquences. Une étude récente révèle que les étudiants qui recourent à ces outils sont souvent moins productifs et risquent de compromettre leur réussite future. Les élèves les moins performants ont tendance à utiliser l’IA pour compenser leurs lacunes, ce qui peut renforcer leur dépendance et réduire leur capacité à apprendre de manière autonome. Par ailleurs, les outils de détection de textes générés par l’IA, comme celui de Turnitin, bien qu’utiles, ne sont pas infaillibles et peuvent accuser à tort des étudiants de tricherie, créant ainsi des situations injustes et stressantes.

Une révolution qui interroge l’avenir de l’éducation

Malgré ces défis, l’IA offre également des opportunités. Par exemple, Diane Gayeski, professeure à l’Ithaca College, utilise ChatGPT pour fournir des retours constructifs sur les dissertations de ses étudiants, tout en les encourageant à réfléchir de manière critique aux suggestions de l’IA. Cette approche montre comment la technologie peut compléter l’enseignement traditionnel, à condition d’être utilisée de manière éthique et réfléchie.

Enfin, une enquête menée par Intelligent révèle que 85 % des étudiants et 96 % des parents considèrent ChatGPT comme plus efficace que le tutorat traditionnel. Cette perception a conduit à une adoption massive, avec 90 % des étudiants préférant étudier avec l’IA plutôt qu’avec un tuteur humain. Cependant, cette dépendance croissante soulève des questions sur l’équilibre entre innovation et préservation des compétences fondamentales, ainsi que sur la valeur réelle de l’éducation dans un monde où l’IA joue un rôle de plus en plus central.

En somme, l’IA générative représente à la fois une révolution prometteuse et un défi complexe pour l’éducation. Alors que les étudiants et les enseignants explorent ses potentialités, il est crucial de réfléchir à son impact à long terme sur l’apprentissage, l’intégrité académique et la préparation des étudiants aux défis du monde réel.

Troy Jollimore observe que, « à en juger par le nombre de travaux manifestement générés par l’IA que j’ai lus le semestre dernier, de nombreux étudiants semblent enthousiasmés par cette innovation. Cet enthousiasme ne semble pas diminué par des déclarations claires dans les programmes interdisant l’utilisation de l’IA, ni par des rappels réguliers de cette politique, accompagnés d’appels sincères à ce que les étudiants soient les véritables auteurs des travaux qu’ils soumettent. »

Il ajoute : « Les professeurs d’université en Amérique du Nord sont habitués à faire face à l’adversité. Notre société a toujours montré de fortes tendances anti-intellectuelles. (Dans le passé, cela était peut-être plus marqué aux États-Unis qu’au Canada, mais je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui.) Une idée répandue est que l’intelligence pratique, ou "l’intelligence de la rue", est plus précieuse que l’intellect théorique. Ceux qui valorisent la théorie, l’étude et l’érudité sont souvent perçus comme enfermés dans des tours d’ivoire, dotés d’une expertise largement, voire totalement, illusoire. »

Comment exploiter l’IA sans compromettre l’apprentissage

L’émergence de l’intelligence artificielle dans l’éducation, avec des outils comme ChatGPT, représente une révolution technologique aux implications profondes. Ces outils, comparables à un « sac magique » moderne, permettent aux étudiants de générer des dissertations en quelques secondes, sans effort intellectuel significatif. Si cette innovation répond à un désir d’efficacité immédiate, elle soulève des questions cruciales sur l’intégrité académique, la valeur de l’éducation et la préparation des étudiants aux défis du monde réel.

Tout d’abord, l’utilisation de l’IA par les étudiants risque de compromettre le processus d’apprentissage. En court-circuitant la réflexion critique et la construction personnelle du savoir, ces outils peuvent priver les étudiants d’une véritable formation intellectuelle et éthique. Par exemple, dans des domaines comme la philosophie ou l’éthique médicale, où la pensée critique et la capacité à résoudre des dilemmes complexes sont essentielles, l’IA ne peut remplacer l’effort nécessaire pour assimiler et appliquer des concepts. Les étudiants qui dépendent de ces outils risquent de se retrouver mal préparés pour des situations réelles où la créativité, l’analyse et la prise de décision sont indispensables.

Par ailleurs, l’intégrité académique est mise à rude épreuve. Les enseignants sont confrontés à un dilemme : comment évaluer de manière équitable des travaux qui pourraient être générés par l’IA ? Bien que certains textes produits par l’IA soient identifiables grâce à leur ton neutre, leur style fade ou leurs références erronées, d’autres, plus sophistiqués, pourraient échapper à la vigilance des professeurs. Cela crée une situation où les étudiants honnêtes, qui fournissent un effort réel, se retrouvent en concurrence déloyale avec ceux qui utilisent l’IA pour produire des travaux sans véritable engagement intellectuel.

Cependant, il serait réducteur de considérer l’IA uniquement comme une menace. Ces outils peuvent également offrir des opportunités pour enrichir l’enseignement. Par exemple, ils pourraient être utilisés pour fournir des retours constructifs sur les travaux des étudiants, suggérer des pistes de réflexion ou même aider les enseignants à planifier leurs cours. L’IA pourrait ainsi devenir un outil complémentaire, à condition d’être utilisée de manière réfléchie et éthique.


Cette situation soulève des questions fondamentales sur le rôle et la finalité de l’éducation. Dans un monde où l’intelligence artificielle est capable de générer des textes en quelques secondes, il est crucial de rappeler que l’éducation ne se limite pas à la production de contenus. Elle a pour mission de cultiver des compétences essentielles : la pensée critique, la créativité et l’éthique. Face à cette réalité, les institutions éducatives doivent revoir leurs méthodes d’enseignement et d’évaluation, en s’adaptant aux avancées technologiques tout en préservant les valeurs fondamentales de l’apprentissage.

Cette problématique met en lumière les tensions entre l’innovation technologique et la préservation des principes éducatifs. Elle interroge également la finalité de l’éducation dans une société obsédée par les résultats rapides. Si l’IA offre des outils précieux, elle ne doit pas se substituer à la réflexion personnelle et à l’effort intellectuel. La question centrale devient alors : comment intégrer le progrès technologique sans compromettre la mission éducative ? Cette réflexion est indispensable pour relever les défis actuels de l’enseignement supérieur.

En résumé, l’IA représente à la fois une opportunité et un défi pour l’éducation. Bien qu’elle puisse simplifier certaines tâches et enrichir les pratiques pédagogiques, elle ne doit pas remplacer l’engagement intellectuel et la pensée critique. Il revient aux éducateurs, aux institutions et aux étudiants de trouver un équilibre entre l’utilisation de ces technologies et le maintien des valeurs éducatives essentielles. Sans cet équilibre, nous risquons de réduire l’éducation à une simple formalité, perdant ainsi de vue son objectif premier : former des esprits capables de relever les défis complexes du monde réel.

Source : Thewalrus

Et vous ?

Comment garantir l’intégrité académique dans un monde où l’IA peut produire des travaux en quelques secondes ?

Les outils d’IA comme ChatGPT remettent-ils en cause la notion même de propriété intellectuelle et de travail personnel ?

Quelles sont les conséquences éthiques de l’utilisation de l’IA par les étudiants pour générer des travaux sans effort intellectuel ?

Comment les institutions éducatives peuvent-elles adapter leurs politiques pour prévenir la triche tout en restant justes envers les étudiants ?

Voir aussi :

Les étudiants qui utilisent l'IA sont moins productifs et ont peu de chances de réussir à l'avenir, car l'IA générative encourage la tricherie et rend paresseux et incompétent, selon une étude

Le pourcentage d'étudiants utilisant ChatGPT pour rédiger leurs devoirs et d'enseignants pour les corriger a augmenté selon un rapport, une situation qui provoque plusieurs interrogations

Les outils pilotés par l'IA et les outils de détection de la tricherie nuisent-ils aux étudiants ? Des étudiants innocents sont accusés à tort de tricherie et leur réussite scolaire est menacée

Les détecteurs d'IA obligent les étudiants à adopter un style d'écriture dépourvu d'originalité pour éviter d'être accusés de tricherie, l'essor de ces outils cause des problèmes inattendus
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Avatar de Gepeto213
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 31/05/2025 à 11:37
Beaucoup parlent de devoir suivre l'évolution. Le problème ici n'est pas de devoir se faire aider sur une épreuve de force mais intellectuelle. Comment se construit l'intelligence humaine, le savoir ? Uniquement sur l'effort, les épreuves, les échecs et les succès. Il est courant d'entendre : «*à quoi cela me sert d'apprendre ça puisque j'en n'aurait pas l'utilité plus tard ?*» ― faux. Repousser les limites du raisonnement nous aide à mieux appréhender les défis et les challenges de demain, et c'est ce qui nous conduit parfois à faire preuve d'une véritable innovation face à des problèmes complexes et nouveaux. Laisser quelqu'un d'autre penser à notre place, même une machine, c'est sacrifier ce qui fait de nous des êtres intelligents : notre capacité d'analyse et de réflexion. Faire l'impasse sur cela c'est comme accepter de devenir rachitique dans un exosquelette en croyant que cela fait de nous des athlètes. Est-ce que j'utilise l'IA ? Bien sûr. Mais je prends garde à ce qu'elle ne me prive pas de mon devoir de réflexion et d'approfondissement. Par exemple, si je dois rédiger un texte en anglais, je ne demande pas à l'IA de le faire ; je le rédige moi et après je lui demande de me corriger et d'améliorer ma réponse, de sorte que je m'exerce à la tâche et me confronte ensuite à une correction qui me permette d'apprendre de mes erreurs. Il est possible d'apprendre avec l'IA mais ce n'est qu'à la condition qu'elle nous permette de construire notre connaissance de manière structurée, organisée et pertinente, autrement nous devenons juste des esclaves décérébrés, sans âme ni caractère. La difficulté et le fait de devoir repousser les limites forge notre caractère et intelligence. Déjà que les réseaux sociaux nous abrutissent, alors que dire d'une formation par procuration ? Le pire dans tout cela c'est que ce sont de jeunes en devenir qui souhaitent aller dans ce sens, alors même que ce sont eux les premiers, de par leur inexpérience, qui sont les plus remplaçable par l'IA, et privés par là-même de leur opportunité de gagner en expérience. Qu'un prof utilise l'IA ne me gène pas ― il a déjà toute l'expérience et recul nécessaire pour cela, il n'a rien à prouver ; qu'un étudiant l'utilise pour se faire «*souffler*» les réponse sans effort, c'est se mentir à soi-même : il restera incapable de relever de nouveaux défis et justifie par là-même son remplacement par l'IA dans l'argumentaire d'entreprises en recherche de véritables talents. Quelle décadence du savoir…

Note : et je suis heureux de ne pas avoir eu besoin de l'IA pour rédiger ce post.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 04/02/2026 à 21:44
Qu'ils laissent préparer l'écrit comme d'habitude, mais évaluent les étudiants à l'oral sur la base de ce qui a été écrit. L'important est qu'ils apprennent : qu'ils utilisent l'IA ou pas à l'écrit, tant qu'ils retiennent ce qu'il faut le boulot est fait. Et au passage ça remettra l'humain au centre.
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Avatar de Escapetiger
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 29/03/2025 à 19:35
Citation Envoyé par totozor Voir le message
Certains diront que les jeunes sont de plus en plus bêtes, preuve que les craintes étaient fondées.

« L’école est malade, l’Éducation nationale impose la bêtise et la nullité générale » – Aude Denizot

Epoch Times France

27 fév.2025

Aude Denizot est professeur agrégé en droit privé à l’université du Mans. Elle a aussi enseigné l’économie et la gestion au lycée il y a quelques années. Elle est l’auteur du livre « Pourquoi nos étudiants ne savent-ils plus écrire ? » (éd. Enrick B).

Un ouvrage dans lequel elle analyse les causes de la chute du niveau des élèves, notamment en français, tout en proposant des solutions pour enrayer l’effondrement du système scolaire...

« J’ai peu à peu constaté que le niveau de français se dégradait. Les fautes devenaient de plus en plus graves et de plus en plus nombreuses, les phrases ne voulaient plus rien dire, les mots n’avaient plus aucun sens, explique-t-elle. Chaque année, nous découvrons des erreurs de français qui, jusqu’à présent, n’avaient jamais été commises. »

Outre de sérieuses lacunes en orthographe, en conjugaison et en grammaire, Aude Denizot souligne que le vocabulaire des étudiants s’est aussi « considérablement appauvri », ce qui induit notamment des « problèmes de compréhension en lecture, avec des difficultés à mesurer ce que dit un texte pourtant assez simple » et des étudiants qui confondent des mots usuels.

« La baisse du niveau est extrêmement inquiétante puisqu'on arrive à un point où le langage écrit et oral ne permet plus de communiquer, souligne la professeure de droit. On a des enfants qui sont hors-sol. »

Des difficultés que l’on retrouve d'ailleurs dans toutes les disciplines, selon Aude Denizot.

« J'échange beaucoup avec une professeure en filière informatique. Elle est absolument effrayée par le niveau de mathématiques de ses étudiants qui sont incapables de faire le moindre calcul. Pour multiplier par dix ou diviser par dix, les étudiants prennent la calculatrice », explique-t-elle.

« Les professeurs d'histoire vous diront la même chose. Les étudiants mélangent un peu tout, ils ont une vision très caricaturale, ils connaissent quelques thématiques, mais il n'y a pas de connaissances historiques. [...] certains étudiants pensent que le Chili est en Afrique, ils n'ont aucune connaissance du monde, de la planète en général. »

D’après Aude Denizot, la chute du niveau scolaire n’épargne personne : « Tout le monde est concerné, y compris les très bons élèves qui sont, certes, très bons aujourd'hui, mais qui sont moins bons que ne l'étaient les très bons élèves d'il y a dix, vingt ou trente ans. »

Si le constat de la baisse du niveau des élèves semble largement partagé, les classements TIMSS et PISA témoignant du décrochage de la France, l'Éducation nationale ne ferait rien pour régler problème, selon Aude Denizot.

« L'idée, c'est que la masse – tout le monde sauf les enfants des élites, bien sûr, qui arrivent à échapper à cela –, soit dans le même moule totalitaire, avec des idées toutes faites, une certaine idéologie, des cours d'histoire un peu orientés, mais surtout, je dirais, cette nullité. Les enfants ne savent ni écrire ni lire, ni compter, donc c'est vraiment l'empire de la bêtise et on veut imposer ça à tous pour qu'il y ait très peu de têtes qui dépassent. » ...

Journaliste : Henri-Michel Thalamy
👉 / hm_thalamy
📩 Pour sponsoriser l’émission : epochtv@epochtimes.fr

00:00 Intro
01:47 Le niveau des élèves a-t-il vraiment baissé ces dernières années ?
05:25 Des étudiants incapables de maîtriser des règles apprises en CP ou en CE1
08:01 Un vocabulaire de plus en plus pauvre
12:56 Des livres réécrits et simplifiés pour que les écoliers puissent les comprendre
15:50 Des élèves qui ont besoin d’une calculatrice pour diviser ou multiplier par dix
17:54 Quand des élèves pensent que le Chili est en Afrique
19:25 Aucun élève n'est épargné
21:32 L’illusion de l’école privée
24:15 Les écoles hors contrat, bêtes noires de l’Éducation nationale
28:08 Quand l’Éducation nationale impose la nullité générale
30:36 L’empire de la bêtise, sauf pour les élites
34:03 La France en pointe des inégalités scolaires
37:50 Que valent le brevet et le baccalauréat ?
45:59 Quelles conséquences pour les jeunes générations ?
50:59 La crise des vocations parmi les professeurs
56:22 L’impact du pédagogisme sur l’effondrement du niveau
01:02:14 Des jeunes plus malléables
01:05:04 Élisabeth Borne à l’Éducation nationale
01:08:16 Les programmes d’éducation à la sexualité sont-ils indispensables ?
01:10:20 Les conséquences du développement du numérique sur les apprentissages
01:14:32 L’effondrement du système scolaire peut-il encore être évité ?
01:19:01 Le symptôme d’une crise plus profonde ?
01:24:58 Conclusion

https://www.instruire.fr/actualites/...st-malade.html
L’école malade de l’Éducation nationale – Instruire

Publié le 1 mars 2025 à 16:02, Mis à jour le 1 mars 2025 à 21:43

Thèmes abordés dans l’interview : ...

https://www.instruire.fr/le-grip/qui...mmes-nous.html

Constitué en 2003, le GRIP, Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes, rassemble des professeurs enseignant à tous les niveaux, de la maternelle à l’université.

L’objectif premier du GRIP, comme son nom l’indique, est d’élaborer des programmes scolaires. Ceux que nous avons pour l’instant rédigés (mathématique, grammaire et géographie) et testés dans les classes S.L.E.C.C. (Savoir Lire, Écrire, Compter, Calculer) se caractérisent par leur exigence, leur cohérence disciplinaire et des progressions rationnelles. Ils s’appuient à la fois sur l’intuition enfantine et l’art des praticiens qui permet d’en tirer parti...
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Avatar de Brarbri
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 08/12/2025 à 10:44
L'intelligence artificielle est le croisement des mathématiques, de l'informatique et de larges bibliothèques. Lequel(s) des trois vous voulez interdire aux universités ?
Bien sûr, il faut former les jeunes à son utilisation, et faire de la prévention sur les risques. Ça permettra à une génération de faire des choix éclairés sur l'utilisation ou la régulation de l'outil.
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Avatar de ninow
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 13/03/2026 à 10:01
Parce que c'est une question d'honnêteté envers les étudiants.
Pourquoi le professeur se permet il d'agir ainsi ? Ou est la morale ?
L'apprentissage se fait aussi par l'exemple. Il n'y a rien de pédagogique d'agir ainsi.
Encore une fois, ils n'ont pas les mêmes objectifs:
L'etudiant doit prouver qu'il a acquis une capacité: l'usage d'un LLM fait disparaitre l'interet même du devoir en question, il est normal que cet outil soit interdit dans ce cas là.
Le prof doit fournir un cours qu'il juge pertinent pour l'apprentissage des éléves: dans ce cas là le LLM n'est qu'un outil de plus à ça disposition, comme le sont depuis toujours les livres, manuels et articles existants. Ce n'est pas de la triche ou du plagiat et le but n'est pas que le prof montre qu'il a travaillé aussi dur que ces éléves pour faire son cours mais simplement que le taf soit fait.

Le seul point qui merite de jeter l'opprobre sur un prof s'aidant de l'IA pour générer son cours c'est si son travail n'est pas au niveau attendu: ça reste de sa responsabilité de s'en assurer. L'outil importe peu c'est la qualité du livrable qui est importante ici.
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Avatar de totozor
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 18/03/2025 à 7:20
J'ai connu ces débats sur les ordinateurs puis sur internet.
Certains diront que les jeunes sont de plus en plus bêtes, preuve que les craintes étaient fondées.
Mais si chaque génération est plus bête que la précédente, je n'ose imaginer à quel point Neandertal était brillant.
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Avatar de Eric80
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 19/05/2025 à 12:18
Citation Envoyé par archqt Voir le message
Cela veut donc dire que les enfants ne doivent plus apprendre les tables de multiplication ?
Il faut forcément apprendre les bases, il est évident que la plupart des demandes seront réalisées rapidement par l'IA surtout en sciences.
RenarddeFeu a pourtant raison. Qui a survécu à une école d'ingénieur française (pour prendre ce que je connais, mais il y a 25 ans!) a compris la stratégie des examens: outre la complexité, la gestion du temps est cruciale. Tu avais souvent accès à des supports de cours papier et une calculatrice élémentaire (type collège), mais aucun outil informatique.
Si tu n'avais pas digéré les cours, tu n avais pas le temps d'éplucher tes notes pour réussir l exercice!

Et l analogie avec l apprentissage d une table de multiplication fonctionne aussi bien: si tu n es pas capable de répondre immédiatement en calcul mental et prend le temps de taper sur une calculatrice, tu as perdu!

Est ce que des examens qui se font que avec un crayon et du papier existent encore?
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Avatar de lecorr
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 31/05/2025 à 11:34
Citation Envoyé par jnspunk Voir le message
Une solution plus intelligente serait de rendre obligatoire l'utilisation des modèles de langage pour les devoirs et examens. Cela permettrait de relever le niveau et de permettre aux étudiants d'apprendre des choses plus utiles, car on les évaluerait sur ce que le modèle de langage sera incapable de faire. Si on empêche l'utilisation de ces modèles de langage à l'école, on empêche alors aux étudiants d'apprendre un outil qui sera vite obligatoire dans la vie professionnelle.

Imaginez qu'à l'invention de la tronçonneuse, on force les apprentis bûcherons à couper un arbre avec une scie ? Ils n'auront rien appris de l'outil qui sera pourtant leur principal outil de travail.
Je suis certain que vous serez tout à fait rassuré quand vous apprendrez que votre opération à coeur ouvert sera réalisée par un chirurgien qui a eu son diplôme grâce à l'IA...
Blague à part, si on veut l'IA dans les classes, alors autant noter l'IA.
Je travaille dans l'informatique, presque tout ce que je fais est nouveau... Quand je demande à l'IA des informations sur mon propre domaine, elle a une forte tendance à me recracher presque texto mon propre site web. www theopuproject com...
C'est ça les limites de l'IA... L'incapacité à inventer quelque chose. Et aussi, de vous exposer à de grosses amendes pour plagiat.
Donc, même si l'IA peut être utile dans des cas limités, elle ne sert à rien pour les inventeurs et créateurs (pour rappel, un créateur crée un 'objet' original, pas une copie volée à quelqu'un d'autre).
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Avatar de floyer
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 02/12/2025 à 14:44
Et lorsque l’IA aura plus de contenu généré par IA pour se former que de contenu de première main… on peut craindre le pire.
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Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 04/02/2026 à 9:58
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si tu n'es pas capable de le faire toi même, c'est que tu n'es pas si doué que ça. Ce n'est quand même pas compliqué de s'exprimer de manière incorrecte ou maladroite.

Bientôt, il va falloir fournir trois versions de son devoir :
  • une rédigée normalement comme d'habitude
  • la réponse de l'IA "telle que"
  • puis un mélange des deux premières, avec les fautes d'orthographe ajoutées par IA


On n'arrête pas le "progrès".
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